Ca se bouscule toujours autant avec pas moins de 12 films.
Le fan de Clive Owen (cf l’exceptionnel Les Fils de l’homme) que je suis ne manquera pas de se déplacer pour L’Enquête. Je ne sais pas grand chose du film pas plus que j’ai vu la bande-annonce. Seuls quelques photos et le genre, un thriller sur fond d’espionnage/manipulation, suffisent amplement à me faire saliver. Seul ombre au tableau ; l’échec aux USA pour un film qui semble pourtant bien calibré pour le marché américain. L’Enquête est réalisé par l’allemand Tom Tykwer dont j’ai vu le bon Cours, Lola, cours et l’inégal mais atypique Heaven (que j’avais été voir pour Giovanni Ribisi). Il est aussi l’auteur d’un des meilleurs courts-métrages de Paris, je t’aime (celui avec Natalie Portman).
Sinon ça va braquer :
Après le beau Je vais bien t’en fais pas, Philippe Lioret revient au cinéma avec Welcome. Le bonus est la présence de Vincent Lindon dont, comme Clive Owen, je suis un très grand fan depuis le film La Crise, un de mes films préférés quand j’étais adolescent. Je l’ai revu récemment et bon c’est quand même un peu caricatural mais Vincent Lindon est toujours formidable et sa carrière ne m’a pour ainsi dire pas déçu avec des films qui m’ont profondément marqués tels Mercredi Folle journée (dont je pourrais faire la même remarque que pour La Crise), Fred et le récent Pour Elle. Je me rends compte que depuis 1992, j’ai quand même vu 15 de ses films la plupart au cinéma. Problème ici de taille : je n’aime pas du tout le contexte social du film (une histoire de sans papiers) et la bande-annonce est comme souvent un mini-film relatant à peu près tout. Et les flics/vigiles en plus sont vilains. Espérons que le tact de Philippe Lioret, qui m’avait touché avec son premier film Tombé du ciel, soit toujours bon car je peux difficilement manquer ce film et cette rencontre.
Pour les amateurs de sensations fortes, Unborn sort cette semaine après un petit succès aux USA et cependant un rejet inquiétant des spectateurs (4,7/10 sur imdb, ce n’est pas fameux). Unborn est réalisé par David S. Goyer plutôt connu pour ses scénarios : la trilogie Blade (et la série), Batman Begins, The Dark Knight, Dark City mais aussi Jumper (personne n’est parfait). Inutile de dire qu’on risque de rester ici dans le dark. Haha. Bon sinon, la bande-annonce fait son petit effet quoique la séance d’exorcisme semble faire dans la grosse surenchère. Les affiches sont nombreuses dans le métro et si le côté horreur semble bien présent, je crois qu’une grosse partie du marketing se fonde sur autre chose. Je vous laisse deviner avec cet indice :
Les Passagers racontent les liens entre une psychologue et les rescapés d’un crash d’avion. La bande-annonce, comme le film sans doute, tourne rapidement au thriller surnaturel. Ca n’a pas l’air d’être le nouveau Sixième sens mais plutôt de se rapprocher de films « à esprits » ennuyeux tels Dragonfly, La prophéties des ombres ou La voix des morts(si vous ne connaissez pas, ce n’est vraiment pas la peine de chercher à en savoir plus sauf si vous êtes fan absolu de, respectivement Kevin Costner, Richard Gere, Michael Keaton). Sans grand intérêt, la meilleure scène doit être celle du train que nous voyons donc dans la bande-annonce. Le réalisateur Rodrigo Garcia s’est fait la main sur des séries aussi prestigieuses que les Soprano, Carnivale, Six Feet Under ou Big Love dont il a eu l’honneur de réaliser le pilote. Tristement, son film ne semble pas avoir eu les honneurs d’une grosse sortie aux USA et sort en DVD en mars. Tout indique une sortie technique pour la France. Le casting est cependant intéressant : Anne Hathaway qui est surtout excellente dans les comédies, Patrick Wilson (que je ne connais pas en fait – il joue dans Watchmen), Dianne Wiest, David Morse, William « Smoking Man » B. Davis et Clea DuVall.
Duo féminin de charme pour le film Loin de la terre brûlée : Kim Basinger et Charlize Theron. Le propos du film n’a cependant rien de charmant et semble au moins aussi déprimant que 21 Grammes. Normal, le réalisateur Guillermo Arriaga est scénariste de ce dernier ainsi que d’Amours chiennes et Trois enterrements. La bande annonce révèle quelque peu l’ambiance (amants, filles cachées, mari violent mais qui pleure dans sa voiture et une caravane qui fait boum) et suggère également une mise en scène comme les films de Alexandro Gonalez Inarritu. Une marque de fabrique en somme.
Et on va s’arrêter là, on pourrait se laisser tenter par la comédie fantastique La ville fantôme de David Koepp, un des scénaristes les plus prisés d’Hollywood je pense (en vrac : Spider man 1&2, la guerre des mondes, indy IV, Snake eyes, Panic Room…) mais le film risque de passer inaperçu.
Et maintenant, la bande-annonce con de la semaine qu’on peut voir ici. Si ça se trouve, le film est pas mal mais faire de la pub avec exclusivement un type dans une voiture rouge…
Encore des ressemblances troublantes entre deux comédies françaises : Vilaine et Un chat un chat.
Nous ne sommes pas vraiment loin du jeu des sept différences : un chat, une fille et une poubelle (les modèles semblent identiques). Notons que Chiara Mastroianni n’a pas de tablier. La SPA s’insurgeait contre l’affiche de Vilaine, Un chat un chat est peut-être une réponse faisant suite à ce scandale national.
Le sixième épisode de la saga Harry Potter est mon préféré de la série. Dès l’introduction, on ressent de la peur, le poids des trahisons et des manipulations. Le livre est triste et parfois troublant lorsqu’il raconte l’histoire de Voldemort alors enfant mais déjà si conscient de ce qu’il devient. La dernière partie mêle action non stop, enjeux dantesques (la prise de pouvoir des sbires de Voldemort) et un face à face bouleversant que j’imagine encore au milieu des flammes et du chaos avec un Harry Potter impuissant, vaincu. Le problème est que j’ai du coup une vision très personnelle mais aussi très claire de que ce je voudrais voir à l’écran : la moitié du film sur Voldemort travaillant assidûment à son ascension, terrifiant jusqu’à sentir la présence de Potter et Dumbledore invisibles, un Harry Potter toujours spectateur des événements incapable (sauf sur la montagne où il se bat jusqu’à être à bout de forces) de changer le cours des choses, des coupes claires sur tout ce qui pourrait être « joyeux », de la fureur et du sacrifice. Et un peu de Luna Lovegood, personnage formidablement adapté dans le film précédent. Je risque d’être déçu.
De nombreuses bandes-annonces circulent. Je trouve que celle-ci est la meilleure, la plus tragique et qui répond à ce que j’espère.
Bellamy est la première rencontre de deux poids lourds du cinéma français : Gérard Depardieu et Claude Chabrol. Ce dernier a écrit spécialement le film pour Depardieu. Comme il arrive régulièrement dans ces rencontres arrangées, le résultat n’est pas étincelant et le film n’est pas un succès (il marche moins bien que les quatre précédents métrages du réalisateur). Il ne faut pas s’en détourner pour autant car il est souvent plaisant. Depardieu est donc Bellamy, un commissaire connu et réputé en vacances avec sa femme bien aimée et aimante (Marie Bunel). Mais il ne peut s’empêcher d’enquêter « à titre privé » sur une escroquerie à l’assurance où il s’intéresse au coupable présumé en cavale. Pendant ce temps, son frère (Clovis Cornillac) mal aimé lui rend visite.
De ces deux histoires, Chabrol privilégie la partie familiale plus pesante, remplis de ressentiments. Ce sont donc les tensions chez les Bellamy que Chabrol met en valeur. Presque chaque scène a son lot de sous-entendus teintée de paranoïa (Bellamy est-il trompé par sa femme ?). Ce n’est pas ennuyeux, certaines scènes sont très biens, mais ces retrouvailles m’ont laissé quelque peu de marbre. Si la sentence finale est éclatante (« J’ai trouvé de la dignité à me mépriser moi-même »), la révélation associée est décevante et la conclusion laisse autant de regrets au protagonistes qu’à moi le spectateur, un peu déçu de n’avoir pas été plus captivé. L’enquête, une histoire de sosies, illustre la première histoire : le flic Bellamy préfère régler les problèmes des autres au lieu de balayer devant sa porte. Je préfère cette enquête un peu décousue car elle est plus drôles. Les rencontres de Bellamy avec le coupable ou les apparitions de la femme fatale (excellente Vahina Giocante) sont savoureuses. Et la chute au tribunal fait preuve d’un mépris très joyeux pour la justice.
Bellamy, c’est aussi tout le savoir faire de Chabrol : l’art du décors bourgeois sous toutes ses coutures (avec l’irruption ostentatoire de l’écran plat). Les dialogues sont souvent très forts avec une certaine délectation pour les répliques délicieusement idiotes. Dans un bricomarché, Bellamy regarde des clous et une vendeuse lui dit :« Vous êtes venus pour des clous ? – J’espère pas. ». Oui, ça me fait vraiment rire tout comme le repas gastronomique chez le couple homosexuel.
Le metteur en scène fait toujours la part belle aux acteurs. Je ne connaissais pas vraiment Marie Bunel (vu pourtant dans La Fille coupée en deux) mais elle est lumineuse tout comme les deux autres femmes du film, Vahina Giocante et Adrienne Pauly. Trois femmes et tempérament forts mais tous distincts. Chez les hommes, Jacques Gamblin semble beaucoup s’amuser dans ses multiples rôles. Clovis Cornillac, déjà avec Depardieu dans Astérix 3, est toujours bon, toujours lui-même.
Et le metteur en scène fait la part belle à Depardieu/Bellamy, moteur et donc raison d’être de ce bon film. Séducteur, lubrique, ironique, drôle, triste, méprisant, curieux, amical, amusé, désagréable, lucide, chanceux, malheureux… le personnage sonne comme un portrait de l’acteur. Encore plus que le récent Diamant 13, Gérard Depardieu n’est pas gros mais imposant, immense. Certes, Bellamy n’est pas un film passionnant mais il a suffisamment de moments délicieux pour qu’on s’y attarde.
A part ça, ça fait beaucoup de Bellamy(s) dans le texte.
Semaine assez éclectique comme souvent mais assez portée à l’international i.e. quelques films autres que français/américains.
Mine de rien, il y a 14 films à l’affiche. Comment peut-on espérer que tous vont toucher un public ? A la limite une bouse US issue d’un studio aura une deuxième chance en dvd, à la location, dans un soldeur ou une deuxième partie d’une chaîne du câble. Pour les autres films, la sortie au cinéma constitue une sorte de baroud d’honneur dans le pays où il sort : le film aura quelques critiques, quelques spectateurs puis tombera dans l’oubli. C’est assez triste tous ces films qui vont au casse-pipe. Enfin ça dépend des films.
Le gros morceau de la semaine serait donc le fameux Watchmen : Les gardiens. Après le succès colossal de 300, Zach Snyder s’est lancé dans une entreprise faramineuse : l’adaptation de Watchmen. C’était il y a quand même une bonne année. Depuis la presse spécialisée et la blogosphère ne semblent jurer que par ce film. Watchmen par ci, Watchmen par là. Sincèrement, je ne crois pas qu’il s’est passé plus de deux semaines sans qu’une info soit relayée sur ce film éblouissant avant qu’on ne l’ai vu. Je suis demeuré assez circonspect. Pourquoi ? La bande-annonce nous dit « le plus grand roman graphique de tous les temps ». Eh bien moi, j’avoue mon inculture : je n’en ai jamais entendu parler de ce roman graphique. Roman graphique… « C’est une bd ? Non majesté, c’est un roman graphique. Ah. ». Bref, on ne peut pas dire que je pouvais difficilement être enthousiaste du moins pas plus que si on m’annonçait qu’un bon réalisateur allait réaliser un nouveau film. C’est son métier quand même. La deuxième bande annonce a de l’allure (très belle bande-son, musique comme bouts de dialogues), il faut bien en convenir. Watchmen semble être beau visuellement avec histoire (enquête sur fond de fin de monde) et personnages (c’est dur d’être un super héros) apparemment plus convenus. Ca me va, i will watch the watchmen. Quoi que ça dure dans les 2h40. Et voir un métrage de cette durée est assez délicat point de vue horaires (et boulot) à Paris.
Cela fait bien quinze ans que Gus Van Sant a ce Milk en tête. Il avait été par exemple prévu pour Robin Williams dans les années 90. Ce biopic retrace le parcours d’Harvey Milk (Sean Penn), politicien ouvertement homosexuel à San Francisco dans les années 70. Dans ces derniers films, Gus Van Sant n’a pas eu peur de faire du cinéma assez expérimental (Le palme d’oresque Elephant, Gerry ou dans une certaine mesure l’intéressant Psycho) mais il est certainement ici dans un registre plus traditionnel (comme le très bon Will Hunting ou le sympa A la rencontre de Forrester). Tant le sujet que le genre ne peuvent laisser indifférent les professionnels d’Hollywood. Le film a logiquement récolté plein de nominations aux Oscars et Sean Penn a finalement obtenu l’Oscar pour sa prestation.
Un film allemand est à l’honneur cette semaine : La vague. Le film s’inspire d’un fait divers qui m’a assez marqué : dans un lycée, un professeur avait fait une expérience tentant d’instaurer une idéologie fascisante (la troisième vague) auprès des élèves. En quelques jours, il avait su en endoctriner un bon nombre. L’histoire est visiblement à prendre avec des pincettes à tel point que l’article de wikipédia conclut par un ironique « D’un point de vue sociologique, le fait que le public semble prêt à accorder crédit à la « Troisième Vague » telle qu’elle est relatée dans les adaptations artistiques pourrait en lui-même provoquer un questionnement et constituer un objet d’étude. ». Le film de Dennis Gansel reprend ce thème dans une école allemande. Le concept rappelle un autre film allemand de Oliver Hirschbiegel, très tendu : L’expérience où on impose à un groupe de gens un rapport prisonnier/gardien.
Un peu d’animation japonaise maintenant avec Evangelion 1.0 : you are (not) alone. Très grande série des années 90, son créateur Hideaki Anno s’est lancé dans une curieuse aventure : revisiter sa série, 26 épisodes, en une trilogie avec les techniques d’animation modernes et, nécessairement, une synthèse de sa riche histoire. La bande-annonce, même avec une VF vraiment nulle, me rappelle quelques beaux souvenirs. Revoir le mélancolique Shinji, condamné à sauver l’humanité, est assez touchant. Le titre est joli. Reste à convaincre ma femme qu’un film avec des robots géants, ce n’est pas forcément comme regarder Goldorak chez Dorothée.
Une comédie américaine sort ce mercredi : Marley et moi qui est un gros succès outre-atlantique. Je suis un grand fan d’Owen Wilson, sorte de double du réalisateur Wes Anderson et acteur génialissime par sa simple présence, pour l’humour décalé et mélancolique qu’il dégage naturellement. Bien que je sois moins fan de Jennifer Aniston (pas brillante dans Ce que pensent les hommes), je suis toujours attaché à elle et ses amis de Friends. Marley et moi est enfin un très gros succès aux USA. Quel est le problème alors ? Mais tout simplement ça :
Eh oui, le bon coup du chien qui fait des catastrophes partout. Acheté comme une sorte de substitut à un enfant (qu’importe ce que diront les sociologues/médecins/psys… je trouve ça complètement con) qu’il ne veut pas, Marley va finir par devenir le meilleur ami du couple vedette. La bête immonde, le Mal cinématographique frappent une nouvelle fois. Même avec quelques passages drôles (Kathlenn Turner semblent très amusante), la bande-annonce n’est en plus d’aucun secours : elle ne m’épargne pas grand chose : il va falloir se farcir le chien. En plus il s’appelle Marley en l’honneur du chanteur. Je déteste Bob Marley. Mais j’aime Owen Wilson. Peut-être ferais-je un effort…
Autre comédie américaine mais romantique et londonienne : Last Chance For Love, titre « français » de Last Chance Harvey ! Un romantique atypique puisque ce ne sont pas des trentenaires mais des cinquantenaires qui mènent le bal soit Dustin Hoffman (72 ans en fait et donc en pleine forme) et Emma Thompson (50 ans). La bande-annonce fait presque comme si de rien était, le couple fait son âge mais c’est la romance qui est privilégiée. Et la bande-annonce semble elle-même une version courte du film. Mais bon, c’est une comédie romantique, pas à un thriller à rebondissements. Tout ceci semble fort charmant en tout cas.
Retour en France, dans le sud sur la riviera, avec le Premier Cercle. Comme nous le savons tous, on est là-bas truand de père en fils façon le Parrain. Eclectique (les pas mauvais Un Jeu d’enfants et Jean-Philippe), le réalisateur Laurent Tuel se prête au genre du destin de la famille de gangsters, ici des Arméniens. L’affiche et la bande-annonce sont très sérieux mais l’histoire convenue soit un fils (Gaspard Ulliel) héritier souhaitant quitter le grand banditisme et qui devra faire face à son père (Jean Reno) car il est tombé amoureux. Ah, l’amour. Je lis dans une interview du réalisateur que son ambition est de « Proposer un spectacle populaire à l’intérieur duquel j’ai tenté de convoquer tout l’éclectisme de ma passion pour le cinéma, d’aller à contre-courant de ce que le public peut attendre d’un film “de genre” et de capter l’attention des spectateurs avec une histoire dont les enjeux, aux résonances universelles, peuvent les concerner intimement. »
Très ambitieux au vu des images à l’écran. Quant au contre-courant, je pense que ce devrait être l’inverse. Je n’irai sans doute pas le vérifier.
Il y a bien d’autres films, je pense à Pour un fils avec Olivier Gourmet et Miou-Miou qui a l’air pas mal, mais c’est tout simplement impossible que je me rende dans une salle pour le ou les voir.