Archives de mars 2009

Les sorties du 1er avril

14 films cette semaine se bousculent dont un certain nombre qui pourraient avoir des prétentions en termes d’entrées au vu des différentes des affiches dans la ville de Paris.

monstrescontrealiens safari predictions chatbotte

Les deux gros morceaux niveau marketing sont Safari et Monstres contre Aliens. Ce dernier m’a enthousiasmé dès le premier teaser délirant et hilarant et risque de faire beaucoup d’ombre à son rival de synthèse La Véritable histoire du Chat botté qui sort bêtement le même jour avec une bande-annonce assez peu drôle. Pour Safari, les nombreuses images m’ont fait sourire. Kad (acteur) et Olivier (réalisateur) semblent s’écarter du nonsense qui fit mon bonheur pour Mais, qui a tué Pamela Rose ? et Un ticket pour l’espace mais, hélas, pas le bonheur du box-office. Safari semble plus traditionnel dans son approche et sans doute moins barré. Le matraquage et la sincérité bonhomme de Kad Merad et de son « L’Afrique est un cri qui vient de l’intérieur » pourraient me faire me déplacer.
Autre film bien représenté : Prédictions, le nouveau film d’Alex Proyas qui prend son temps pour réaliser ses films. Onze ans ont passé depuis son chef d’œuvre Dark City, cinq depuis le sympa I, Robot. On reste dans le mainstream avec ce thriller apocalyptique mené par Nicolas Cage que je n’ai pas vu dans un bon film depuis Lord Of War.

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Après ces quatre films, il reste encore de la place chez JCDecaux pour Les cavaliers de l’Apocalypse, un de ces thrillers post Seven avec serial killer, torture, références bibliques à la pelle, enquêteur veuf et triste (Dennis Quaid) et la sublime Zhang Ziyi en folle furieuse. Ce sera pour la télé, peut-être. L’œil exercé apercevra sur les colonnes Morris quelques affiches de Frost / Nixon, l’heure de vérité. Sobrement intitulé Frost / Nixon aux USA, le nouveau film de Ron Howard, l’ajout français de « l’heure de vérité » ne donne que peu d’indications. Il s’agit d’une émission de télévision entre le présentateur David Frost et de Richard Nixon peu après sa démission de la présidence qui fut un record d’audience aux USA. La bande-annonce promet un haletant face-face.

Dans le métro, on aura certainement le regard attiré par le regard vide de Justin Chatwin et les couleurs horribles de l’adaptation live de Dragonball par James Wong. Je ne connais pas vraiment le dessin animé mais j’ai lu une vingtaine de tomes du manga lycéen. Autant dire que la bande-annonce la joue beaucoup plus sérieux que le manga avec plein de kung-fu et d’explosions. Bon ça a l’air quand même assez naze. Je suis sur que j’y trouverais mon compte mais ma femme…

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Enfin, il ne reste plus du tout de place, et aucune visibilité, pour Synecdoche, New York, première réalisation de Charlie Kaufman après quelques scénarios brillants et atypiques. Quand même : Dans la peau de John Malkovich, Human Nature, Adaptation, Confessions d’un homme dangereux, Eternal sunshine of the spotless mind. La bande-annonce présente un film étrange et bourrée d’idées portée par l’excellent Philip Seymour Hoffman jouant un dramaturge au bout du rouleau entouré des femmes de sa vie, mais visuellement terne à l’image de ces femmes (Samantha Morton, Catherine Keener, Emily Watson et bien d’autres…) peu joliment mises en valeur dans les quelques images qu’on peut voir.
Plus de place non plus pour Katyn, la paraît-il grande fresque d’Andrzej Wajda sur une page méconnue de l’histoire polonaise pendant la seconde guerre mondiale. Enfin, pour les très courageux qui auront déjà vu tous ces films, il restera notamment A l’aventure, une aventure érotique de Jean-Claude Brisseau. Beaucoup de fesses et de dialogues cons dans cette bande-annonce que j’aurais bien du mal à différencier avec les téléfilms de deuxième partie de soirée de RTL9. C’est bien la bande-annonce nulle de la semaine.

Par Pascal
Commenter31 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Duplicity

Vu le 25/3/2009 à l’UGC George V salle 2 en VO

Deux agents secrets, Ray et Claire, décident de démissionner de leur travail pour trouver leur place au soleil en montant un gros coup dans le privé. Ils se lancent donc dans l’espionnage industriel profitant du combat entre deux entreprises de cosmétiques où tous les coups sont permis.

Au vu de cet imbroglio apparemment comique, je pouvais avoir du mal à retrouver l’auteur de la trilogie Jason Bourne et le réalisateur de Michael Clayton. Les liens avec ce film sont pourtant évidents puisque la toile de fonds est la même : les grandes corporations. Ici, elles prennent la forme de deux entreprises se tirant dans les pattes. Tony Gilroy décrit l’espionnage industriel avec férocité : les consignes de sécurité énormes, la parano ambiante (micro et filatures), la réunion où on passe en revue les actions suspectes des employées… ou encore le patron achetant une décharge pour fouiller les ordures de ses concurrents ! Rien que par cette approche, Duplicity est presque un prolongement de Michael Clayton, en un peu plus ludique.

La mise en scène expose les enjeux avec concision : un générique au ralenti très amusant pour exprimer la haine entre les deux corporations et un discours pour mettre en place toute l’intrigue. Quelques flash-back et un dialogue de retrouvailles brillant plusieurs fois répétés suffisent pour captiver. La réalisation de Tony Gilroy est fluide et développe une intrigue riche sans nous perdre en chemin. La force du film est également ce grand sens du détail. D’abord dans la description de l’espionnage industrielle mais aussi dans la manière de poser une ambiance à travers des décors ou des costumes. La villa de rêve à Miami ou la suite princière à Rome illustrent l’envie de luxe (et de luxure) du couple d’ex agents secrets. Un bureau minimaliste très design avec un bonsai est indissociable de son propriétaire américain (Tom Wilkinson) tandis qu’une poignée d’hommes d’affaires avec une hôtesse d’un certain âge au maintien impeccable impose tout un style européen. Ces scènes, ces plans, peuvent durer que quelques secondes secondes mais j’y ai été particulièrement sensible. On pardonnera alors aisément le tassement de l’intrigue et du suspense dans la deuxième partie (dont une scène de photocopie un peu laborieuse).

Pour les amateurs d’Hitchcock et de McGuffin, le Saint Graal de toute cette histoire est joyeusement anodin mais il n’empêche que la résolution ne l’est pas tant les derniers instants échappe à la mécanique hollywoodienne (avec cependant le même artifice que pour Michael Clayton) nous abandonnant sans bonheur factice mais avec le coeur même de toute cette histoire pas si éloignées des enchainées du maître du suspense : un couple.

Duplicity raconte surtout une histoire d’amour entre deux amants obligés de cacher leur relation. Leur attirance est évidente mais comment être sur d’avoir confiance en l’autre ? Claire dit que l’avantage de leur relation est leur lucidité que leur a conféré leur métier d’agents secrets mais il n’est qu’un rien face à leur incapacité à rendre sincère cette relation d’autant que celle-ci commence par une arnaque de Claire. Derrière l’attirance mutuelle et l’amour, le couple doit faire face à une suspicion permanente et un instinct de domination traité plutôt justement. Le couple est en déséquilibre, Claire prenant l’ascendant sur Ray, viril et confiant mais plus souvent sur la défensive et obligé de jouer ses meilleures mais peu reluisants atouts : maitre queue !
Au cours de ce jeux de dupes, Claire doit interroger une employée qui a couché avec Ray, pensant qu’il était medecin en Afrique. Claire écoute, mutique, la femme, heureuse, qui l’a rend cocue. Le travail et les déboires de la vie conjuguale sont joliment mélangées dans un étrange cocktail drôle mais amer. C’est la meilleure scène du film. Dans les films de ce style, les seconds rôles sont souvent très justement choisie. En femme célibataire buvant son martini dans un bar, Carrie Preston (que j’ai vu sans l’avoir vue dans Lost et Vicky Cristina Barcelona. Elle a un rôle principal dans la série True Blood) est fabuleuse.

Les autres seconds rôles sont tous très bons. Paul Giamatti est décidément génial en grand patron, surtout lors de sa présentation aux actionnaires. Enfin, il y a le beau couple Julia Roberts/Clive Owen, un couple déjà sexy dans Closer. Dans Duplicity, la domination est inversée (Julia Roberts à le dessus) et encore plus agressive. Clive Owen est une fois de plus parfaitement dans son élément en agent sublime mais orgueilleux dans ses attitudes. Quant à la vedette, bientôt vingt ans nous séparent de Pretty Woman. Mais Julia Roberts assure toujours une présence incroyable à l’écran. Et en une seule bête scène, elle nous rappelle qu’elle a le plus beau sourire sincère du cinéma.

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Par Pascal
Commenter30 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

L’Enquête, The International

Vu le 23/3/2009 à l’UGC George V salle 4 en VO

L’enquête, The International a bien fait de conserver son titre américain car cette enquête est très internationale : Angleterre, Usa, France, Turquie, Italie… nous voyageons beaucoup dans le film du réalisateur Tom Tykwner dans des décors souvent excellents (mention au bâtiment au pied d’une falaise et au bord de la mer). Basé sur des faits réels, nous suivons donc Louis Salinger (Clive Owen) aux quatre coins du monde, partir à la chasse d’une banque soupçonnée de blanchiment d’argent et de trafics d’armes. En cette période de crise, ce sujet tombe presque à pic pour nous rappeler une nouvelle fois du danger et du pouvoir des banques et des banquiers sans scrupule. Et la barque est vraiment chargée, la banque IBBC est quasi-assimilée à une bande organisée où les cadavres qu’elle laisse derrière elle se comptent par dizaines.

L’optique du réalisateur est, comme souvent actuellement, de revenir à une thématique politique/magouille typiquement seventies, très sérieuse (mais non exempte de quelques scènes humoristiques) et touffue. L’ensemble se tient mais tout juste puisque toute cette histoire de trafic d’arme et de real politik n’est pas toujours traitée de manière passionnante. La réalisation peine aussi à imposer vraiment un style personnel alors que le metteur en scène a par le passé montré qu’il en avait un. C’est une bonne chose de se mettre au service de l’histoire mais on aurait pu espérer qu’il se l’approprie complètement. L’amateur de thriller ne doit pas bouder son plaisir surtout que Clive Owen porte le film jouant avec conviction l’épuisement et l’accablement jusqu’aux toits d’Istanbul, revolver à la main (avec une excellente chute).

Le clou annoncé du film est bien la fusillade dans le musée Guggenheim qui sort le film du thriller tout venant. Elle n’est pas survendue : la séquence, longue et tendue, est vraiment très spectaculaire jouant avec bonheur sur l’architecture de ce lieu unique tout en s’amusant avec l’exposition où l’oeuvre centrale devient le déclencheur de toute la séquence mais également une arme ! Qu’importe toutes les invraisemblances « classiques » (la police arrive au bout de 10 vraies minutes), le professionnalisme et l’inventivité de cette fusillade n’a d’égal que le plaisir qu’elle semble avoir donné à réaliser.

Au final, même en étant laborieux, pas vraiment inoubliable (sauf la fusillade), L’enquête, par son savoir-faire et ses acteurs, vaut plus qu’un Secret Défense.

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Par Pascal
Commenter29 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Les thrillers en affiche (2)

Où on évoque ici un genre un peu moins général que le thriller puisqu’il s’agit de thrillers autour de grandes corporations soit une banque pour Duplicity et deux grandes entreprises de cosmétique pour Duplicity. Deux plutôt bons films qui seront l’objet des deux prochains articles de ce blog.

Leurs affiches respectives ont la même forme soit un fond uni dans lesquels sont insérés quelques images du film. Fond noir pour L’enquête : film sérieux ; Fond blanc pour Duplicity : film plus léger mais les teintes bleus écartent clairement Duplicity de la comédie pure.

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La taille des images a de l’importance : d’un côté nous mettons clairement en vedette le couple Clive Owen / Julia Roberts avec deux photos de chaque star d’égale importance et, comme une jonction, une photo avec un tête à tête passionné.
Pour L’enquête, l’affiche semble nous faire comprendre que Clive Owen est la vedette, qu’il est menacé (le flingue sur sa nuque) mais aussi menaçant et protecteur (image du bas qui n’est d’ailleurs pas dans le film si je me souviens bien). Bien que son nom sur l’affiche soit aussi grand que celui d’Owen, nous comprenons aisément que le rôle de Naomi Watts est moins important plus proche de l’alliée fidèle.

Notons aussi que les noms Owen/Watts sont beaucoup moins grands que le titre du film ce qui met en valeur une histoire plutôt que des stars. Ce n’est pas le cas de Duplicity où les noms Julia Roberts et Clive Owen sont plus grands et détachés.
Fait remarquable : les noms des réalisateurs, Tom Tykwer et Tony Gilroy, ne sont pas mis en valeur alors qu’ils sont relativement connus pour leur style ou leur précédents faits d’arme.

Autre petit thème développé par l’affiche : les multiples décors. D’un côté New York et un aéroport, de l’autre Istanbul et un immeuble ultra-moderne. Nous allons beaucoup voyagé dans ces films.

On a vu enfin que Duplicity mettait en valeur un couple. Mais les regards peu glamour, voir caché derrière des lunettes noires, et le tagline « Qui manipule qui ? » indiquent aussi un face à face. On retrouve cette approche dans le prochain film de Ron Howard qui sort la semaine prochaine : Frost-Nixon. On pourrait aussi s’amuser à remarquer les similitudes et différences avec les deux autres affiches : face à face avec des profils qui s’opposent, fonds blanc mais images en noir et blanc donc peu comique, deux couleurs pour les gros titres comme Duplicity, présence cette fois du nom du réalisateur (très connu il faut dire) ainsi que des seconds rôles puisque le « couple » vedette n’est quant à lui pas très renommé…


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Par Pascal
Commenter28 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Les sorties du 25 mars

Toujours plus fort avec 15 films à l’affiche cette semaine. Peut-être est-ce lié à l’approche des vacances. Chaque semaine je suis toujours surpris du nombre impressionnant de sorties. Certes cela fait une offre variée mais qui peut vraiment suivre à part quelques professionnels/critiques du monde du cinéma ? En ce qui me concerne, je peine à voir la moitié des films que j’ai envie de voir. Je devrais suivre un jour le destin au box-office de tous ces films vite pas vus et vite oubliés.

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Le film de la semaine est le retour de John Woo dans sa terre natale pour les Trois Royaumes narrant une guerre légendaire qui se déroula en Chine où le nombre de protagonistes prêt à en découdre se compte en centaine de milliers ! Si le film est en Asie en deux parties pour un total de quatre heures, c’est une version de 2h25 auquel nous avons droit en Europe. Mais même coupé, le film semble avoir bouleversé beaucoup de monde par son ampleur.

Seulement deux semaines après L’enquête, Clive Owen retourne sur les écrans pour un thriller d’espionnage : Duplicity. Le film marque le retour dans un premier rôle de Julia Roberts. Après le très bon Michael Clayton et les scénarios de la trilogie Jason Bourne (et celui d’Armageddon aussi), je suis étonné de voir Tony Gilroy dans un registre plus léger d’embrouilles entre ex agents secrets. Le film ne cartonne pas vraiment au Box-Office US mais c’est un peu la marque de fabrique de Clive Owen. Ca ne devrait donc pas l’empêcher d’être un bon film.

Je vais régulièrement au cinéma depuis 1995 mais il aura fallu attendre 2009 pour que je sois intrigué par un film avec Isabelle Adjani. La journée de la jupe, qui passe en même temps à la télévision et au cinéma, est un film de Jean-Paul Lilienfeld que je n’attendais pas du tout dans ce genre de film, réalisateur du « culte » quatre garçons plein d’avenir (pas le film par contre). Adjani a joué dans un film fondamental de mon cinéma (Mortelle Randonnée) mais entre 1995 et maintenant, on ne peut pas dire sa carrière a été brillante : femme fragile dans un remake à oublier (Diabolique, que j’ai vu dans la grande salle du Gaumont de Nantes avec la détestable Sharon Stone), elle était horripilante, tant son jeu que son rôle, dans le pourtant excellent Bon Voyage. Et voilà qu’elle joue une prof pétant un câble en plein cours avec un revolver à la main. Ca rappelle presque le Chute Libre de Joel Schumacher. La bande-annonce vaut le coup d’oeil :

Parlons quand même de trois comédies parce qu’elles ont toutes les chances mieux marcher que les trois films précédents (à part peut-être le film de Sophie Fillières).

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C’est fou mais en faisant cette chronique depuis seulement quelques semaines (et pour combien de temps ?), je constate qu’il sort régulièrement des films animaliers. Je pense que Le Chihuaha de Beverly Hills risque d’être le pire d’entre tous. Le titre abominable et l’affiche (« Chiots Bouillants » –> Attention film pour enfant) devraient suffire à faire fuir qui que ce soit, également les parents quelque peu attentif à leur progéniture. Je n’invite pas mes trois lecteurs à regarder la bande-annonce qui révèle sans doute le plus consternant de toute cette entreprise : les chiens parlent.

Quoiqu’on puisse dire de sa genèse et de sa sincérité, La première étoile fleure bon la comédie-idée (Un famille de noirs vont à la neige) jouant la carte de l’opposition noir/blanc. Et si le réalisateur/acteur/doubleur Lucien Jean-Baptiste a peut-être tenté de raconter quelque chose de plus universel, la bande-annonce nous fait systématiquement croire le contraire. Quelques jeux de mots font rire tandis que les réactions des spectateurs laissent entrevoir un film « coup de coeur ». La question de la couleur de peau semble cependant délicate dans le cinéma français et l’anti-racisme ambiant peut engendrer un enthousiasme exacerbé. Malgré le sujet un peu naze, La première étoile sera t’il sur ce sujet un film aussi décomplexé que les films du cinéma américain et sans message de tolérance très engagé dans le politiquement correct ?

Et donc il y a Un chat, un chat sur le thème de l’écrivain en manque d’inspiration (comme l’affiche du film). La bande-annonce n’est pas drôle donc je n’irai pas plus loin.

Et il y a d’autres films, comme Tokyo Sonata de Kyoshi Kurosawa qui semble très bien (la bande-annonce est très belle) mais je ne peux en parler, je suis passé complètement à côté de ce film. C’est assez triste.

Par Pascal
Commenter25 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Watchmen – les gardiens

Vu le 15/3/2009 à l’UGC Danton Salle 3 en VO

De Terry Gilliam à Paul Greengrass, qui fit même construire des décors (!), l’adaptation de Watchmen, a épuisé bien du monde et déchaîné les passions. Il faut dire qu’il s’agit d’un « roman graphique » nom fort pompeux qui déprécie l’image qu’on a de la BD ou du comic book sans pour autant améliorer celle de cette œuvre qu’on pourrait tout aussi bien qualifier de livre avec des images. Soit. Auréolé d’un succès sans précédent, Watchmen a été qualifié d’inadaptable par son auteur, Alan Moore (avec Dave Gibbons), déjà sur des comics adaptés comme La Ligue des gentlemen extraordinaires ou From Hell. Dans ce débat de l’impossibilité de l’adaptation, l’auteur fait plutôt figure d’extrémiste allant jusqu’à demander le retrait de son nom de l’adaptation de Watchmen. Un homme de principe.

Après le premier succès, et premier bon film, que fut l’Armée des morts, le réalisateur Zack Snyder se lança dans une adaptation « trait pour trait » de 300, autre œuvre colossale (me dit-on, je ne lis jamais de comic books ni de romans graphiques) ici signée Frank Miller, une adaptation dans la lignée de Sin City (=sur fond vert/bleu). J’ai bien aimé 300, je l’ai aimé par avance, je l’ai aimé au cinéma et je l’ai aimé quand je l’ai revu en DVD. Je ne fus pas le seul puisque cette adaptation, assez audacieuse il faut le dire, connu un succès tout aussi colossal que le comics.

Il ne fut alors pas surprenant de retrouver le metteur en scène sur l’adaptation de Watchmen. Et c’est donc avec lui que Watchmen au cinéma fut greenlighté avec 130 millions de dollars pour mettre en images animés le roman graphique. Mais si l’oeuvre d’Alan Moore a généré une grosse communauté de fans chez les geeks en tout genre, elle ne l’a pas fédéré sur les perspectives d’une adaptation au point de générer des débats un peu partout sur le web, récemment sur le blog de Rafik Djoumi (qui n’aime pas trop).

Et moi dans tout ça ? Eh bien je ne suis pas un geek (j’avais dans les 20-25 dans le test de Rafik) et je n’ai pas vraiment compris tout le tapage autour du film. J’aime cependant les films de super héros et il en faut beaucoup pour ne pas me faire me déplacer. J’aime moins le gros marketing qui anticipe les super chefs d’oeuvre à venir avec un applomb sidéral. Je n’étais donc pas forcément dans les meilleures dispositions dans la salle pour suivre cette histoire de super héros déchus enquêtant sur le meurtre de l’un d’entre eux dans un monde uchronique où Nixon en est à son troisième mandat présidentiel. Nous sommes dans les années 80.

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sur son visage… comme un livre (roman graphique ?) ouvert

Passé la première scène vu et revu dans les bande-annonces et qui évoque le meurtre du Comédien (Jeffrey Dean Morgan), mon impression est passé de l’intérêt poli à l’extatique avec un générique sensationnel articulant l’histoire récente de l’Amérique avec la naissance des premiers super héros soit des représentant de la loi ayant choisi de se déguiser pour affronter les truands qui se déguisaient eux-mêmes. Sur fond d’une belle ballade de Bob Dylan, nous assistons à une succession de tableaux mouvants avec des images très contrastées donnant comme une impression de relief. En prime, nous savons qui a assassiné Kennedy. Dès lors, je n’avais plus qu’envie d’être transporté par le récit. On m’avait promis quelque chose de dense, peut-être difficile à apprivoiser au vu de la complexité du matériau original. Qu’importe, pourvu qu’on est l’ivresse, comme dans The Dark Knight.

La chute fut assez rude. Comme une impression de rien à commencer justement par l’usage de la musique. Bob Dylan passait très bien au générique et cet usage inattendu mais très fort d’une chanson rappelle la bouleversante séquence de chaos dans Metropolis (le film japonais) sur fond de Ray Charles. Mais par la suite, elle sort de l’atypique pour finalement décontenancer. L’emploi de la chevauchée des Walkyries pour les flash-back au Vietnam est trop inappropriée pour être un hommage à Apocalypse Now. Et 99 luftballons quand même (parce que nous sommes en bord de la guerre sans doute)… Ecoutez cette excellente chanson en lisant la suite :

Plusieurs indices auraient du rappeler rapidement à l’ordre à commencer par cette semptiternelle grosse voix en guise de narration. La grosse voix, c’est Rorschach, le super héros le plus impliqué par la mort du Comédien. Ce n’est qu’au bout d’1h45 et une allusion explicite du film que j’ai fait le lien avec les tests du même nom. Oui je ne suis pas très futé mais je ne dois pas, du moins j’ose le croire, être le seul. J’ai également lu que son masque fait office de révélateurs d’émotion sous la forme donc des fameuses tâches du docteur. La non lecture du comics original pose sans doute problème. Autre exemple difficile à appréhender : cette horloge de l’apocalypse placée à minuit moins cinq, objet fort symbolique dont on ne nous dit finalement pas grand chose. Et rien en fait. Une très belle idée qui tourne à vide.

Le réalisateur avait clairement indiqué une volonté d’une adaptation sans adoucir le propos. Et il le fait : on voit le Comédien tuer une femme qu’il a engrossé, deux chiens se disputer le pied d’une petite fille victime d’un pédophile et Fantômas se balader la bite à l’air. Est-ce vraiment choquant pour autant ? Non. Pourquoi ? Tout simplement parce que ceci arrive comme un cheveux sur la soupe : la femme aurait pu ne pas être enceinte sans strictement rien changer au propos, intéressant au demeurant puisqu’il souligne la perte d’humanité du docteur Manhattan ; la gamine, dont on ne voit même pas une photo me semble t’il, aurait pu être vivante mais amochée, ça aurait d’ailleurs fait plus d’effet qu’un os avec une basket au bout ; Le docteur Manhattan aurait pu porter un slip. C’est de la fausse provocation puisque nous n’avons aucune empathie pour ces personnages. Zack Snyder se targue d’avoir convaincu les producteurs de la nécessité de ces quelques instants. Leur caractère inoffensif minimise cet exploit (notons que le film est interdit au moins de 12 ans en France).


Et oui c’est bien moi, Manhattan

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On arrive sans doute au gros problème du film, surtout si son esthétique ne suscite qu’un intérêt poli : l’émotion. Watchmen ne suscite strictement aucune empathie envers ses (super) héros. Incroyablement peu sexy, le triangle amoureux est sans enjeu. La progression est très ennuyeuse et le suspense inexistant. Zach Snyder prouve sans doute involontaire qu’un rebondissement de BD ne se construit pas comme dans un film. Notons que 300 n’était d’ailleurs justement pas un film à rebondissements. Cette volonté de rester fidèle a peut-être abouti à une forme de neutralité qui nuit à Watchmen à tous les niveaux : l’humour n’est pas drôle, le Comédien éructant avec son fusil ou les mimiques précieuses du Hibou face au spectre joyeux ne font pas rire. Et l’ironie tombe absolument à l’eau quand Snyder met en scène un Nixon au gros nez dans un décor de QG identique à celui du Docteur Folamour. Il n’est pas Kubrick et Peter Sellers et George C. Scott ne sont pas dans la salle. Cette neutralité imprègne aussi le jeu sans relief des acteurs. Tous sont assez peu connus, du moins ce ne sont pas des stars, et aucun ne devrait ressortir de Watchmen comme une révélation. Billy Crudup était meilleur dans Presque Célèbre et Jeffrey Dean Morgan meilleur dans Un mari de trop. Seul Jacky Earle Haley en Rorschach émerge quelque peu quand il tombe le masque. Le constat est amer : on se fiche de leur introspection de super héros. Et qu’on ne me dise pas que c’est original, c’est un thème repris dans à peu près tous les films de genre de la décennie). Et on se fiche de leur sort tout comme le sort du monde.

Il est en effet beaucoup question du sort de l’humanité dans un contexte de Guerre Froide USA/URSS. Les bombes peuvent tomber à tout moment et tout le talent du docteur Manhattan ne sauvera pas de l’holocauste nucléaire. Mais tout au long du film, la politique dans Watchmen semble complètement détachée des tracas des super héros. A de très rares occasion dans les deux premiers tiers du métrages, grande et petite(s) histoires se mêlent en dehors de bavardages. Cela n’arrange en rien notre détachement (volontaire peut-être) envers le sort de ce petit monde jusqu’à la fin livrée sans véritable préparation ni réflexion. Les actes pourtant graves sont alors peu discutées, bien que discutables. A chacun de se faire son opinion sans doute, c’est plus facile. On pourra cependant apprécier le fait que la paix dans le monde façon « We are the World » en prend pour son grade. L’absence réelle d’humour/ironie, ou même de recul, limite hélas cette appréciation. Ainsi que l’époque : alors que le monde actuel est aussi mondialisé qu’éclaté, Snyder s’en remet au comics et demeure dans un monde bipolaire (Paul Greengrass voulait rendre l’uchronie plus contemporaine). Le réalisateur fait comme si notre monde n’avait même pas changé depuis l’époque de Marty McFly. Quand une bombe très puissante explose au coeur de Manhattan, les Twin towers restent donc debout. Ce n’est plus de l’uchronie mais de l’anachronisme.

Et malgré toute cette histoire/adaptation réputée « complexe », « profonde » et « sombre », nous n’échappons pas aux artifices scénaristiques les plus triviaux tels le triangle amoureux insipide et les rebondissements au rabais (la révélation du « méchant », la fausse destruction du Docteur Manhattan) quand ils ne sont pas agaçants. A ce titre, je commence à en avoir assez de ces héros se retrouvant face à l’ordinateur à trouver un mot de passe par déduction profonde (aussi dans Espion(s) d’ailleurs, les bons films n’échappent pas à cette saloperie d’artifice) façon je mets le nom de ma femme ou de ce que je veux être. Moi, mon mot de passe au boulot c’est quelque chose comme C*Bob123+, la complexité étant obligatoire dans les environnements un tant soit peu sécurisés. Evidemment c’est moins sexy. Je préfèrerais encore une résolution évidente/sous forme de gag (pas de mot de passe du tout ou celui-ci est marqué sur un post-it – oui c’est souvent comme ça dans les bureaux cf la complexité demandée).

Au final, la séance ne fut peut-être pas une chute comme annoncée mais une descente inexorable entrecoupée d’une poignées de bonnes choses ainsi les scènes dans la prison qui rappellent, en moins bien, l’anarchie carcérale de Tueurs-nés. L’explosion de Manhattan est également très spectaculaire et belle. Je n’ai pas été très sensible à l’aspect « années 80″ : en gros je garde l’impression que la « reconstitution » était à base de télés et des lunettes. Mais quelques décors sont bons, je pense à ceux de l’Artique (le repaire du méchant en fait). Il y aussi un poncif qui est évité : le méchant annonce son plan machiavélique alors que celui-ci est enclenché ! Assez drôle, d’ailleurs le réalisateur en a tellement conscience qu’il le fait explicitement dire au méchant. Enfin, le questionnement sur l’humanité pouvait parfois être intéressant à l’image du Comédien et du Docteur Manhattan devenus des super héros et quittant donc peu à peu le monde des humains, regardant peu à peu les hommes avec plus de détachement.

Sur 2h45 de film, ce n’est quand même pas si enthousiasmant. Passé le générique prometteur (c’est vrai quand même, quel générique), la grande adaptation sans concession n’aboutit qu’à un film-somme froid comme le pôle nord. Tout ce désintérêt pour une histoire qui n’en manquait certainement pas, c’est un (pas si) beau gâchis. Par ses aspects politiques un peu uchroniques et son refus du spectaculaire, on pourrait rapprocher Watchmen d’une autre adaptation : V For Vendetta. Outre un casting bien plus inspiré et une implication émotionnelle forte, V for Vendatta avait quelque chose dont le film Watchmen est dépourvu : une âme. Et pourtant ça marche. Le film a 8.1 sur imdb. C’est certes moins que V For Vendetta mais je me dis bêtement que je suis encore passé à côté de quelque chose de grandiose.

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Par Pascal
Commenter21 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Les sorties du 18 mars

12 films encore cette semaine qui partent vaillamment (?) au casse-pipe. On va faire très court. Je ne retiendrai que 4 films.

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Le film de la semaine est Une nuit à New York. Ma femme a en ce moment deux acteurs préférés : Guillaume Canet et Michael Cera. Ce dernier joue dans cette comédie romantique et il fut entre autres père biologique dans Juno et amoureux transi dans Superbad. Michael Cera est aussi connu pour la série Arrested Developpment dont je n’ai vu qu’un demi épisode en vf. Ma femme adore Michael Cera (enfin elle est dans son fanclub sur facebook). Elle trouve que je lui ressemble. En plus vieux. Bon ce weekend, on m’a dit que je ressemblais à Stéphane Guillon. En plus jeune. Quoiqu’il en soit Une nuit à New York raconte les pérégrinations de deux jeunes qui se rencontrent et se découvrent des goûts musicaux communs. Ca me semble très bien.

The Chaser fait aussi figure de film de la semaine. Nous aimons beaucoup les films coréens enfin la poignée qui parvient dans notre fort belle nation. Nous ne manquons que rarement un de ces rendez-vous asiatique. The Chaser est un thriller avec kidnapping, chasse à l’homme et embrouilles. Vu l’origine, et les critiques très bonnes, on devine le métrage complexe et tordu. A ne pas manquer.

La fille du RER. Il y a quelque chose de curieux je trouve à retrouver André Téchiné à nous narrer un fait divers qui avait eu son petit succès il y a quelques années soit une jeune femme (Emilie Dequenne, plutôt étonnante sur l’affiche) qui simule une agression antisémite dans un RER pour des raisons qui me sont restées assez obscures. La bande-annonce est pas mal et nous parle d’une grosse baudruche politico-médiatico-boboique. Je remarque que je n’ai jamais vu un film d’André Téchiné alors que j’ai l’impression de suivre sa carrière depuis Ma saison préférée. Le film me tente assez mais je ne dois pas oublier que je n’aime pas vraiment Catherine Deneuve, qui joue la mère, et voir un troisième choix alors que je peine à voir deux films dans la semaine est une sacrée gageure.

Je conclue par la grosse comédie de la semaine, voire du mois, c’est surtout Coco de et avec Gad Elmaleh. Plus on se rapproche de l’échéance, plus le film m’inspire peu. Je n’étais pas spectaculairement enthousiaste en janvier mais tout ce battage médiatique pour un film qu’on ne dit pas spécialement mémorable et je ne parle pas seulement des critiques mais aussi des réactions aux avant-premières avec un public généralement acquis à la cause. Sur le jeu du Box Office de Cinefriends, on se demande si le film dépassera le million d’entrées en première semaine. J’ai du mal à y croire au vu de ces échos mais le marketing omniprésent, la côté d’amour d’Elmaleh, excellent client des plateaux de télé, et une bande-annonce efficace devraient suffire à garantir le succès. Bon disons que je vais miser dans les 1.1 million. Pas facile ce jeu.

Par Pascal
Commenter18 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Marley & Moi

Vu le 4/3/2009 à l’UGC George V salle 2 en VO

Un jeune couple déménage en Floride. Afin d’atténuer le désir d’enfant de sa femme, Jennifer, le mari, John, lui offre un chien. Ils ne sont pas au bout de leurs peines.

Ma femme l’a donc emporté (comme toujours) et nous nous sommes déplacés pour ce film avec un chien. On aime ou on n’aime pas le chien. Moi je n’aime pas. Le marketing du film se fondait presque exclusivement sur le chien : Marley fout le bordel dans le garage, Marley sort de la voiture en marche, Marley mange tout et même le collier qu’on est obligé de retrouver dans le caca, Marley gambade dans le jardin des voisins, Marley regarde ses maîtres faire l’amour… etc. On revoit les mêmes scènes à l’écran avec pour ainsi dire aucune autre surprise. Kathleen Turner n’apparaît ainsi qu’une seule fois et guère plus que les images de la bande-annonce qui étaient évidemment les plus drôles. Autant dire qu’un bon tiers du film n’a pas été drôle du tout, sans être irritant toutefois vu que j’étais prévenu.

Heureusement pour moi, et pour tout le monde je pense, Marley & moi est surtout une chronique familiale où Marley opère en témoin privilégié des vivissitudes du couple jusqu’à sa mort (du chien, oh mon dieu, j’ai dit la fin) soit douze ans et des enfants. Marley & moi est particulièrement centré sur le mari, le moi en fait, qui tente de trouver sa voie entre vie privée et vie professionnelle où il devient chroniqueur alors qu’il souhaitait devenir grand reporter comme son ami Sebastian. Marley & moi fait alors plutôt bonne figure dans le genre même s’il faut se farcir des horreurs (pour moi) du type « on a supporté un chien, on supportera un bébé » (je n’ai ni bébé ni chien mais non ce n’est pas pareil) et des enfants acteurs pas terribles (les garçons surtout). Le film se révèle même assez inventif le temps d’une séquence/montage assez vertigineuse où John égrène les titres de ses chroniques.

J’irai même jusqu’à dire que, passé les gaffes du début et quelques moments épars, le chien Marley n’est pas si désagréable. Il suit les peines, voire les crises, et puis le bonheur de ses maîtres qui sont intérprétés par des acteurs aussi sympathiques que sexy. Je ne louerai jamais assez Owen Wilson. Il nous rappelle ici qu’il n’est pas qu’un acteur andersonnien, ce qui serait suffisamment exceptionnel, mais aussi un comédien à succès, sobre et très touchant. J’ai aimé Marley & moi. Il ne faut jamais dire fontaine comme on dit.

marley-wilson-aniston

Par Pascal
Commenter15 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Des nouvelles de Jericho

A vrai dire, je ne m’attendais plus à aucune nouvelle de cette série dont nous avons longuement parlé il y a quelques temps déjà. Qu’on se souvienne bien, la série n’était pas toujours géniale mais elle a su prendre par un excellent bout un monde post apocalyptique, un de mes thèmes préférés (ce qui explique en partie mon adoration de Battlestar Galactica).

La saison 1 n’ayant pas obtenu le succès escompté, la série fut annulée puis repêché grâce à un étonnant soutien des fans de la série. Une saison 2 de 7 épisodes vit le jour et elle était excellente. Normale, elle devait sans doute condenser une intrigue générale qui aurait pu durer 20 ou 22 épisodes. Et le succès ne vint pas, et malgré quelques annonces ça et là sur une possible reprise sur des chaînes câblées (et fauchées) et même un film (!), Jericho tomba définitivement.

Et donc j’apprends que Jericho va revenir sous forme d’un comic book et reprendra là où la série s’est arrêtée. Pour les super fans, c’est certainement mieux que rien. Je ne pense pas que j’irai jusque là. Mais je suis heureux d’avoir pu parler, sans doute pour la dernière fois, de Jericho.

Source

jericho

Par Pascal
1 commentaire14 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

Gran Torino

Vu le 2/3/2009 à l’UGC Normandie Salle 1 en VO

Un vétéran de la guerre de Corée, Walt Kowalski se retrouve seul après la mort de sa femme, ses enfants n’ayant que peu en commun avec lui. Vivant dans un quartier peu à peu peuplé par des asiatiques, il finit par se lier avec ses voisins alors que l’un d’eux, un adolescent, tentait de voler sa voiture, une Ford Gran Torino 1972.

Commençons par dire que le film de Clint Eastwood, un de ses plus grands succès en salle, n’est pas nécessairement son meilleur (remember Un Monde Parfait ou Impitoyable) ni même son film le plus émouvant (remember Un Monde Parfait ou Sur la route de Madison). Gran Torino est cependant un excellent film, un film (très) drôle et sérieux, attachant et émouvant, remplis de bonnes ou belles scènes. Quant à Clint Eastwood l’acteur, il continue son exploration de sa propre légende. Il est une sorte de personnage récurrent avec quelques variations mais surtout une telle simplicité qu’elle en devient audacieuse. Ainsi pour jouer un vieillard grogon, Eastwood grogne. A peu près une phrase sur trois se résume à un « Grrr » renfrogné. On peut faire difficilement plus con, et plus casse-gueule, surtout dans un film quand même sérieux. Et pourtant, on marche.

Gran Torino est peut-être même un grand film : prenant place de nos jours et dans un quartier du Middle West, le réalisateur illustre sa vision de ses valeurs, presque un manifeste. Il y a pour moi quelque chose de douloureux dans cette description de ce monde. Au-delà du danger qu’il disparaisse, il évoque presque trait pour trait un fantasme de l’american way of life que j’admire et dont mon mode de vie demeure largement éloigné.

Le premier aspect de cette vision débute tout bêtement par le mépris qu’éprouve Walt vis à vis de l’étranger, ou plus précisément ses voisins, (les chinois dans son quartier) et de la jeune génération (ses petits enfants, le prêtre) car jugée irrespectueux : les jardins sont mal entretenus, on porte des piercings, on demande un héritage sans contrepartie. Walt a donc des a priori, une méfiance naturelle envers autrui.

Il juge et méprise mais il n’empêche pas de vivre, n’impose rien mais sans être relativiste. Il ne provoque personne tant qu’on le laisse tranquille lui et sa propriété. C’est par les actes, voire les attitudes, qu’il jauge les gens et bâtit son respect. Cela peut prendre une tournure anodine (et comique) autour d’un concours de crachat avec la vieille voisine asiatique, tout aussi taciturne que lui, ou plus sérieuse quand il voit en Sue Lor une femme déterminée face au danger (quand elle tient tête à une bande de garçons vanneurs). Le scénario fait la part belle à cette quête de respect à travers le jeune prêtre Janovich qui part son contact obstiné avec Walt finit par remettre en question ses certitudes. Et il y a surtout le frère de Sue, Thao. Parti de très bas, il a tenté de voler sa voiture, Gran Torino raconte cette amitié naissante teintée de parternalisme. Ces deux personnages, Thao et le prêtre, ont changé, voire ont été transformés, au contact de leur ainé. C’est une transmission que raconte ici Clint Eastwood.

Présentée comme telle dès le début du film, la Ford Gran Torino de Walt représente l’héritage d’Eastwood et de toutes ses valeurs, aux siens. Mieux encore, il a contribué à sa construction puisqu’il a travaillé chez Ford (notons aussi son rejet des voitures étrangères). Attention au « siens », le sien ici correspond à ses semblables et non ses héritiers juridiquement légitimes. Walt rejette l’appropriation de force (le vol) mais aussi de fait (l’héritage familial). Cette idée de transmission non acquise nous rappelle aussi une vérité encore existante en Amérique où les grosses fortunes telles Bill Gates ou Warren Buffet préfèrent transmettre leurs biens à des fondations plutôt qu’à leur progéniture. La bonne fortune et le respect se méritent, se gagnent.

grantorino-eastwood2

L’autre aspect, plus complexe, est le sacrifice. Walt est un vétéran de la guerre de Corée qui a vu la mort en face, s’est donc battu pour son pays et les valeurs qu’il prône. Gran Torino repose sur deux sacrifices. Le second sacrifice conclut le film. L’art de la mise en scène d’Eastwood le fait devenir comme un aboutissement bouleversant et logique. Il ne peut décontenancer que par le contexte dirtyharriesque d’Eastwood et la fin d’Impitoyable.

Le premier sacrifice est le plus cruel. Il n’est pas nécessairement issu d’un choix consenti. En quelques scènes brèves mais évocatrices, Eastwood nous rappelle qu’un ancien combattant ne tire aucun héroïsme de ses actes, ni même du respect (ou alors de façade) puisque Walt n’est pas en mesure de transmettre son expérience et ses blessures intérieures. Le temps qui passe, 50 ans depuis la guerre de Corée, n’efface rien. Pire, elle accentue l’incompréhension de la jeune génération qui ne cache pas une fascination morbide : les enfants qui fouillent dans la malle militaire, Thao demandant combien de personnes il a tué. Sans effets ni grands discours, on comprend alors la détresse de Walt et pourquoi certains anciens combattants auraient préféré « y rester ».

Ni pro, ni anti, Eastwood dit que la guerre est le pire des sacrifices : celui des jeunes qui en vieillissant peinent à transmettre les valeurs qu’ils ont défendus et ne parviennent à oublier les horreurs auxquels ils ont participé, les morts qu’ils ont causées et pour lesquels on les a félicités/décorés. L’incapacité à communiquer (parler de la mort notamment et de la culpabilité) devient une des sources des cassures/incompréhensions entre les générations et de la perte de valeurs essentielles. Elle est aussi un échec personnel pour Walt qui ne parvient pas à renouer avec les siens. Vivre, survivre est un poids.

Sans chercher à obtenir le pardon, Walt va se libérer au cours d’une vraie confession (à travers un grillage !) à l’issu de tout un travail de transmission vers autrui. Le sacrifice retrouve tout son sens. On ne se sacrifie pas « pour rien ». Le sacrifice se fonde sur un choix et non sur un ordre reçu ou un châtiment. Il est individuel. C’est en cela que Gran Torino est humain. Il raconte l’histoire d’un homme que la guerre a brisé, qui a fait partiellement face en fondant/élevant une famille qui se libère en s’ouvrant à ceux qui s’ouvrent à lui. Dès lors, il transmet sa mémoire, la mémoire de ses pères. Sans être une suite, Gran Torino a tout d’un prolongement de son dyptique sur Iwo Jima. Comme Mémoires de nos pères, Gran Torino sur une touche triste mais teintée d’espoir, à taille humaine. Oui, Gran Torino est sans doute un grand film.

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Par Pascal
Commenter12 mars 2009
Catégories : Articles, Cinéma

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