Archives de février 2009
Vu le 24/2/2009 Ã l’UGC George V salle 9
Vincent travaille à l’aéroport de Roissy. Alors qu’il fouille des bagages, en quête de bien à voler, avec un collègue, ce dernier meurt lorsqu’il manipule une valise diplomatique piégée. Il se retrouve alors embarqué dans une affaire d’espionnage… Vincent devient une « source » pour la DST (que le réalisateur Nicolas Saada compare à un pigiste).
D’entrée, ce qui fait plaisir dans Espion(s), c’est la rapidité de sa mise en place, le résumé ci-dessus ne prenant qu’une poignée de minutes dans le film. Présentant quelques similarités avec Secret Défense (un espion débutant, du terrorisme), Espion(s) se distingue sans peine par une approche plus modeste et surtout plus efficace.
Avec peu d’effets (et de moyens), Nicolas Saada distille un excellent suspense. L’idée de faire se dérouler l’action à Londres avec des russes, des syriens et des français renforce un contexte sur fond terrorisme international. Le réalisateur se plie même aux conventions du genre, là où par exemple le Plaisir de chanter n’en avait joliment cure. L’air de rien, on retrouve donc dans Espion(s) quelques moments classiques du genre type James Bond. Il y a ces deux scènes de dîners, en costume, où les ennemis se jaugent sans véritablement savoir exactement à quoi s’en tenir. Et la tension s’instaure sans excès (parfois sans musique) lorsque la couverture de Vincent est mise à l’épreuve (sur sa prétendue action en Afrique) ou que son acolyte installe un micro. La réalisation est donc très soignée, précise et ne nous égare pas dans un scénario à tiroirs comme le suggérait le titre ce qui n’est pas vraiment plus mal… quoique légèrement déconcertant puisque je me suis surpris à attendre les rebondissements qui tuent. De l’importance du titre ?
Le casting est bon. Hyppolyte Girardot a très peu de scènes mais il est absolument génial en agent français lucide et cynique. Acteur de premier plan au début des années 90 (les très bons Un Monde sans pitié, Hors la vie et Confession d’un barjo), on ne le voit surtout au cinéma que dans des seconds rôles. Il mériterait pourtant largement toujours la tête d’affiche. Ne boudons cependant pas notre plaisir. Outre manche, c’est Stephen Rea qui mène la barque : tout aussi lucide, il excelle dans un registre plus triste, celui de l’agent accablé, résigné à faire le sale boulot pour son pays, jusqu’au bout.
Et il y a un très joli couple à l’écran : deux personnages au passé effleuré mais qu’on devine douloureux et comme condamné à toujours en payer le prix. Voir Claire dans le magasin de jouets rêver d’une autre vie est aussi émouvant que très habile dans la mise en scène. Vincent est lui continuellement dans l’impulsion, solitaire comme en fuite. La rencontre de ces deux âmes, est d’abord anonyme dans l’ascenseur puis de plus en plus dans l’intimité malgré les enjeux « supérieurs » autour d’eux dans le jeu classique de la mission de séduction qui brise les carapaces. Face à Géraldine Pailhas, lumineuse et pourtant si triste, Guillaume Canet est insaisissable. Entre culpabilité et amour (ou est-ce de la pitié) son attachement n’est pas sur jusqu’à cet ultime regard qui dit tout. Nicolas Saada n’a pas besoin d’aller plus loin. Avec peu, il dit beaucoup et de belle manière : un réalisateur à suivre.


Par Pascal
28 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 23/2/2009 Ã l’UGC George V salle 7 en VO
Volt est un chien adopté par la petit Penny. Ils deviennent tout deux des vedettes d’une série d’action télévisée à succès où Volt est un chien doté de super pouvoirs, protecteur de Penny. Mais Volt croit dur comme fer qu’il est vraiment super chien, les producteurs faisant tout pour qu’il en soit ainsi. Ces derniers poussant le réalisme trop loin, Volt finit par se retrouver livré à lui-même à des milliers de kilomètres d’Hollywood…
Deux qualités sortent Volt de l’ordinaire : la première peut paraître anodine mais suffisamment étrange pour que ce ne soit pas une coïncidence. L’agent de Penny et Volt est un personnage cynique très drôle. Surtout, il a des faux airs de Barney Stinson. Ce n’est pourtant pas Neil Patrick Harris qui prête sa voix mais Greg Germann, avocat cupide d’Ally Mc Beal qui, à bien y réfléchir, pourrait d’ailleurs un parent de Stinson. Et les célèbres expressions de Barney jalonnent le film à plusieurs reprises : « legendary », « wait for it », « true story », « awesome ». Que ce soit les auteurs, les réalisateurs ou les producteurs, certains d’entre eux doivent être fan du sitcom How i met your mother.
La deuxième est le dessin. Les décors d’arrière-plan sont inspirés des peintures d’Edward Hopper. Dès le début, à travers le reflet d’une vitre de magasin, nous devinons le style du peintre. Plus qu’une source d’inspiration, on ressent comme un véritable hommage, les dessinateurs reprenant directement des éléments de ses peintures : la station service, des maisons, toute cette verdure. Dès lors qu’on n’est moins absorbé par l’histoire, on peut toujours s’enthousiasmer par les aspects visuels du film et l’ambiance qui en ressort.
Pour le reste, Volt est moins original. Le déroulement de l’histoire est plutôt bon surtout lorsque Volt découvrent que ses super pouvoirs n’en sont pas mais qu’il peut être super quand même. A ce titre, l’épisode de l’incendie est bien amené et émouvant. Mais bien que rythmé, je n’ai pas accroché à toutes les péripéties. La caractérisation des personnages, surtout Volt, est plutôt sommaire et la voix de John Travolta peine à faire passer l’émotion comme l’humour. C’est d’ailleurs dans les moments où le chien ne parle pas qu’il est le plus attachant. On peut faire les mêmes remarques pour la chatte Mittens, auquel Susie Essman (habituée des séries télé) prête sa voix sans briller alors que le design du personnage est particulièrement réussi.
Le film conserve quand même de très bons moments. Même si le film n’a pas tout misé sur l’humour débridé, il fait parfois rire franchement, notamment grâce au cochon d’Inde accompagnant Volt et Mittens dans leur route vers Los Angeles. D’autres personnages sont tout aussi amusants comme les pigeons, très bien croqués, et les autres chats acteurs hélas sous-employés. Et il reste le côté émotion que Disney semble parvenir à distiller dans tous ses dessins animés quelque soit sa qualité. Le début du film, où Penny choisit Volt dans un chenil est un modèle : en dix secondes, je suis ému. Ce que Disney peut faire avec une carotte qui fait du bruit est assez prodigieux. Volt, c’est le savoir faire de Disney et l’expérience de Pixar, sa patte, que John Lasseter veut mêler. Sans bouleverser le cinéma et en étant en dessous des productions de la maison Pixar, cette première sortie est encourageante. Volt n’est pas un film de qualité ordinaire mais plutôt un film ordinaire de bonne qualité. On passe donc un bon moment.

Par Pascal
26 février 2009 Catégories: Cinéma
Un petit mot sur le phénomène LOL. J’avais prédit (espéré ?) un bide et c’est tout le contraire. Le film cartonne et même ma femme veut le voir. Combien de temps avant que je cède ? « Enfin chéri, tu comprends, il y a aussi Underworld 3. ». Hum.
LA sortie de la semaine est sans contestation Gran Torino de Clint Eastwood dont j’avais déjà parlé ici et dont la bande-annonce est toujours dans notre page d’accueil. Les quelques échos que j’ai pu entendre promettent un grand film humaniste. Cette formule semble avoir fonctionné outre-altantique où Gran Torino cartonne. Il devrait devenir un des plus gros succès d’Eastwood (voire le plus gros si on ne tient pas compte de la dépréciation du dollar). A ne pas manquer.
Autre sortie remarquable, le nouveau film de Claude Chabrol qui a un mois de moins qu’Eastwood et qui semble aussi tenir la grande forme (du moins derrière la caméra). Je ne suis pas un grand connaisseur de son oeuvre mais je vais régulièrement au cinéma voir ses films depuis La Cérémonie (excellent) et mon préféré depuis est l’Ivresse du pouvoir. Son nouveau film, Bellamy, semble même de manière tortueuse enquête policière et démélés familiaux avec dans le rôle titre Gérard Depardieu. Depardieu et Chabrol n’avaient jamais tourné ensemble mais le réalisateur a fini par écrire un scénario spécialement pour lui. Il ne fait aucun doute que l’acteur va parfaitement s’imprégner de l’univers de Chabrol. La bande-annonce avait l’air de tout raconter alors j’ai regardé les 10 dernières secondes : c’était vraiment très bon. Le « non je ne parle pas de toi » de Depardieu promet ! J’espère ne pas manquer ce rendez-vous.
Les curieux pourront également aller voir le film anglais Boy A sur un jeune homme sortant de prison après plusieurs années d’incarcération alors qu’il était mineur. Ce sujet intriguant pourrait mériter qu’on s’y attarde. La bande-annonce est pas mal et rappelle la trame de A History of Violence de David Cronenberg. On trouve dans la distribution Peter Mullan, plutôt très bon acteur.
Outsider cette semaine, Miss Pettigrew raconte les aventures d’une gouvernante au service d’une jeune femme frivole à la veille de la guerre. L’époque et le lieu (Londres) associés à une certaine frénésie rappellent le très bon Madame Henderson Présente. La bande-annonce révèle un film un peu convenu mais avec la toujours impeccable Frances McDormand ainsi que Ciaran « César » Hinds. Entre eux, Amy Adams qui ne pourra être que plus élégante que dans Doute.
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Bien que les ayant vus au cinéma, je ne suis pas un grand fan d’Underworld 1&2 mais ces réalisations de Len Wiseman se laissent voir. Généralement généreux, une sorte de sous-Stephen Sommers, les films bénéficiaient de la présence de Kate Beckinsale. Pour ce troisième opus (Le soulèvement des Lycans), on perd le réalisateur et l’actrice (mari et femme dans la vraie vie) au profit de Patrick Tatopoulos, légende des effets spéciaux* dont c’est la première réalisation et Rhona Mittra, pas vu dans Doomsday. Comme souvent, cette suite est en fait une préquelle tout en bleu sombre et semble épileptique. Peu de chances de me retrouver dans une salle obscure cette fois-ci.
* et des décors dont ceux de Die Hard 4 de Len Wiseman ! Ses quelques dessins préparatoires, pour des films, que j’ai pu voir sont superbes.
Et il y a donc Cyprien, la comédie avec Elie Semoun dont j’ai déjà parlé. Le film m’attire de moins en moins, une sorte de réchauffé.
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
25 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 18/2/2009 au MK2 Odéon salle 1 en VO
Le générique nous présente le catcheur Randy « The Ram » sous forme d’articles de journaux des années 80 alors qu’il est en pleine gloire. Puis nous le retrouvons 20 après, de dos, fatigué après l’effort, se faisant payer une poignée de dollars une prestation qui semble lui coûter sa santé. Semblant l’accompagner avec sa caméra jusqu’à son domicile d’où il est temporairement expulsé pour n’avoir pas payé son loyer, Darren Aronofsky dévoile ses intentions : suivre au plus près le vieux catcheur qui sera de presque toutes les scènes, un peu comme un documentaire sur le vif. Ce principe est accentué par une image souvent en mouvement, même en plan fixe, soulignant l’effet caméra à l’épaule.
Ce procédé permet une immersion dans les coulisses du catch de seconde zone. De sa préparation à la troisième mi-temps, le premier combat de Randy auquel nous assistons est génial : dans un même vestiaire, on retrouve tous les gros bras qui vont en découdre dans le show du soir. Un manager annonce les différents duels et tous ces catcheurs préparent ensemble leur combat, la chorégraphie et les enchaînements. Considéré comme la vedette, « The Ram » est mis dans une salle à part et un jeune catcheur vient auprès de lui pour lui soumettre ses idées, toujours respecteux. Ce sont des instants de camaraderies que filme le metteur en scène, avant l’explosion de violence sur le ring où « The Ram » n’hésite pas à s’auto-mutiler à la tête pour le spectacle devant une foule hurlante. Après, ce sont les applaudissements à nouveau au vestiaire où chacun salue la performance de l’autre.
Quand nous voyons les fans, un gamin de 10 ans avec sa maman bienveillante par exemple, on se dit que nous sommes à la limite de la complaisance. Le catch n’est-il pas une sorte d’équivalent des jeux du cirque ? Que l’on ne se méprenne pas, le sport n’est pas traité avec angélisme mais comme la raison d’être de Randy. Vu de l’intérieur, le catch est décrit sans glorification avec une certaine lucidité (dont les traitements médicamenteux de choc). Aronofsky nous rappelle aussi que, tout truqué qu’il soit, ce sport fait mal, tendance masochiste (le deuxième combat est éprouvant), et peut ruiner la santé comme cela arrive à « The Ram » à qui on finit par déconseiller ce métier après une première attaque cardiaque. Ce que nous montre le réalisateur, c’est précisément l’histoire d’un homme qui ne fait pas du catch mais qui fait corps avec lui, jusqu’au bout. La réussite du film, son alchimie résident dans cette vision fusionnelle.
Finalement, de façon assez manichéene, l’envers du décors n’est pas le vestiaire mais bien la vie réelle. Chaque séquence dans le « monde du catch » où Randy est respecté et adulé trouve une sorte de double tragique ou triste dans le monde réel (prêt pour l’achat de médicaments/pas de prêt pour le loyer, sexe facile avec une fan / déconvenue avec une amie chère…). Cet effet miroir se poursuivra au sein même de la vie réelle quand il devra raccrocher le maillot et tenter de se racheter une nouvelle vie entre espoir et désenchantement.
Autre effet miroir : le personnage incarné Marisa Tomei. Comme Randy, elle est deux personnages, l’un en représentation, l’autre en mère de famille. Mais elle est l’inverse de Randy. Strip-teaseuse vieillissante, elle intéresse moins les clients, comme Randy, mais veut sortir de ce monde et se trouver un échappatoire dans la vraie vie. Dans ce rôle, Marisa Tomei est brillante et pousse son rôle jusqu’au bout au point que même si un bon tiers de ses scènes sont topless, elle apparaît plus triste, plus lucidement pathétique que sexy alors qu’elle est justement plus séduisante, plus « saine » comme dit Randy, quand elle n’est plus en tenue de strip-teaseuse de seconde catégorie.
Difficile de ne pas se donner à fond devant Mickey Rourke. Quelques auto-portraits déguisés ou non sur le temps qui passe sont sortis peu avant The Wrestler. JCVD pour Jean Claude Van Damme et Rocky Balboa / John Rambo pour Sylvester Stallone (c’est fou ce que ça fait moins agressif quand on met le prénom dans le titre) illustrent cette tendance. Et donc maintenant Mickey Rourke qui semble se donner au cinéma corps et âme comme son personnage pour le catch. Ici encore, une fusion s’opère et un miroir entre le cinéma et la réalité émerge à commencer par cette ellipse de vingt ans où Rourke/Randy alors au sommet semble avoir tout gâché. The Wrestler sonne alors autant comme un retour en grâce d’un grand acteur qu’une mise en garde.
Le résultat est très beau et émouvant. Parfois on frôle la performance pour l’oscar (que Rourke n’a pas eu), et l’overdose sentimentale, notamment la relation père/fille. Au même titre que la description du catch, Darren Aronofsky titille les limites entre pathos et sensibilité. Mais on oublie tout lors d’un final rare, un peu sopranoesque, précis et magnifique. Le découpage des derniers plans est bouleversant. Même bousculé, c’est la sensibilité qui l’emporte par K.O.

Par Pascal
24 février 2009 Catégories: Cinéma
Au fond, ça ne doit pas être simple de faire une affiche originale avec un visuel accrocheur. Je connaissais les affiches de dessins animés et les jeux de mots foireux, les affiches de comédies, souvent françaises, sur fond blanc avec des lettres rouges, les affiches des films d’Europa avec un gros ciel tout bleu mais je n’avais pas encore prêté attention aux affiches de thrillers bien sérieux : le gris/bleu/noir est de mise. Les similarités entre les affiches de Secret Défense et Le Premier cercle sont assez troublantes. Heureusement que ces films ne partagent pas les annonces dans le métro. C’est la présence de Vahina Giocante, et ses quelques cheveux rebelles sur le visage, qui m’a fait me rendre compte de ces ressemblances. Merci à elle.
Par Pascal
21 février 2009 Catégories: Cinéma
Comme je le dis souvent, j’aime beaucoup les comédies romantiques. Et un peu moins les romances un peu plus dramatiques soit dit en passant. Hugh Grant est mon idole. Ce que pensent les hommes n’est pas avec Hugh Grant mais c’est une comédie romantique. Et en plus une des actrices a joué avec Hugh Grant (Drew Barrymore dans l’excellent Le Come Back). C’est cool.
Les indécis peuvent se référer à cette excellente publicité sans aucune image du film pour se déplacer dans les salles obscures –> ici
Ce que pensent les hommes raconte plusieurs histoires avec des personnages plus ou moins liés : des colocataires, des copines ou de simples collègues de bureau. A part les amusants interludes et le générique de fin, la réalisation assez conventionnelle de Ken Kwapis permettra à tout amateur du genre de trouver son bonheur dans ces multiples intrigues surtout au vu du casting de stars féminines. La moins convaincante est Jennifer Aniston. Enchaînant pas mal de succès post Friends (Polly et moi, Bruce Tout Puissant, Marley and Me, ce film), elle est ici plutôt lisse. Elle s’inquiète que son copain pourtant très épris d’elle ne veut pas se marier. Ben Affleck joue ici le gars idéal, un peu comme Owen Wilson dans Mon beau père et moi mais en un peu plus premier degré. Autant dire que tout ceci est assez faiblard.
Plus de passage qu’autre chose (elle est une productrice du film), Drew Barrymore remporte le prix de la meilleure moue quand elle écoute ses deux messages au téléphone avec ses collègues de travail.
Scarlett Johansson joue de son sex appeal naturel avec un applomb confondant. Sa rivale qu’elle ne croisera jamais n’est autre que que Jennifer Connelly qui a le rôle le plus délicat de la femme mariée nerveuse et triste, une sorte de Monica Geller s’installant dans sa nouvelle maison. Le triangle amoureux est complété par Bradley Cooper, peut-être le plus heureux des acteurs. Dans la même scène, il plotera sauvagement Johansson pour ensuite se faire chevaucher par Connelly… dans la même scène ! Le fantasme le plus réjouissant qu’a sorti Hollywood ces dernières années !
La palme revient à une actrice moins connue : Ginnifer Goodwin. Vu dans la série Big Love, elle interprète avec une grande conviction la jeune fille voyant l’homme idéal chez tous les hommes. Bien que diablement craquante, mais légèrement obstinée, les déconvenues sont nombreuses mais elle finit par être coachée par un mec qui lui révèle tout du comportement des hommes. Et si le mec en question était le bon ? C’est tout simplement la meilleure histoire du film, la plus drôle, la plus touchante et la plus captivante (sans être la plus réaliste) avec même une jolie inversion des rôles. Il n’est pas étonnant que le titre français soit une référence directe à cette histoire (histoire principale du film en fait).
Et c’est à peu près tout. Comme le genre semble l’obliger, Ce que pensent les hommes est aussi consensuel et demeure très prudent dans sa morale. Il y a bien une rupture douloureuse mais le gars se révèle surtout être un vrai lâche (le personnage est au fond assez réaliste) et beaucoup de happy end dont un terriblement grossier (Aniston/Affleck). Ca ne casse donc pas les trois pattes du canard mais demeure distrayant et parfois euphorisant. C’est l’effet que me fait une bonne comédie romantique. Contrat Rempli.

Par Pascal
20 février 2009 Catégories: Cinéma
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On commence donc par The Wrestler, le nouveau film de Darren Aronofsky se déroulant dans le milieu du catch mais vu de son côté humain, comme l’excellent Foul King. Pour ceux qui ne vont pas au cinéma voir des films comme Sin City, Desperado 2, Domino, Man on fire ou même Animal factory ou The Pledge, ce film est donc le fameux come back de Mickey Rourke. Bon, c’est vrai qu’ici il a le rôle titre. Beau joueur, l’acteur reconnaît volontiers que c’est son meilleur rôle. La bande-annonce étonne un peu : Darren le virtuose des effets semble jouer très sobre et documentaire, suivant les pas et la performance de son beau personnage. Enfin, tout ceux qui ont vu 7h58 ce samedi là savent qu’il faut aussi voir The Wrestler pour Marisa Tomei.
Comme presque chaque semaine, une comédie française sort sur les écrans. Avec des critiques peu enthousiastes mais indulgentes, Le code a changé pourrait se trouver un public comme les précédents de opus Danièle Thompson (j’ai vu au cinéma ses deux autres films chorale mais pas Décalage Horaire). Et je me dis : pourquoi pas moi ?
Le 18, on a droit aussi à deux suite à commencer par la Panthère Rose 2. Je reconnais volontiers avoir aimé le premier et j’ai même quelques souvenirs d’excellents gags. Entre deux épisodes, on perd Beyonce (tant mieux) et Kevin Kline (dommage) mais on gagne le toujours bon John Cleese, la bombe Aishwarya Rai, Andy Garcia, Jeremy Irons, Alfred Molina, Judith Godrèche (non crédité sur imdb cependant) et Johnny Halliday ! Malgré le casting, La bande-annonce mise tout sur les pitreries de Steve Martin et ce n’est pas spécialement drôle. Cette suite sera certainement reservée pour mon petit écran.
Encore une suite mais française cette fois-ci, Banlieue 13 Ultimatum suit donc à nouveau l’histoire de la banlieue 13 toujours aussi isolée du reste de notre beau pays. Passée les 20 premières minutes pétaradantes, le premier opus s’est révélé être assez minable particulièrement par son côté français. A tel point que je préfère largement les productions Europacorps dans la langue de Shakespeare. Au demeurant, par je ne sais quel plaisir coupable, je suis attiré par les productions Besson (je discute de quelques-unes ici et ici où j »exprime déjà ce sentiment). « On ne sait jamais » comme on dit et je regrette d’avoir loupé Taken au cinéma. Mais bon, ma tendre moitié ne se fera sans doute pas avoir…
Enfin, une sorte de film d’horreur débarque en France : Palace pour chien. Le comédie avec des animaux est sans doute un des genres auquel je suis le plus allergique. N’y allons pas par quatre chemins : Palace pour chien doit être une immense purge, film familial tout juste bon à faire cachetonner Lisa Kudrow et Don Cheadle. Quand je pense que ce film a déjà rapporté aux USA plus que son budget, mon poil s’hérisse. Au fait, je n’aime pas les chiens. La bande-annonce, que j’ai même subie sur grand écran, a bien mérité le titre de bande-annonce pourrie de la semaine :
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
18 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 11/2/2009 à l’UGC Ciné cité des Halles salle 14 en VO
Une fille et son père emménagent dans leur nouvel appartement sous les yeux de Oskar, un pré-adolescent solitaire. Ce dernier et la jeune fille, Eli, ne tardent pas à se lier d’amitié. Mais elle n’est pas vraiment une fille…
…Car c’est un vampire. Avec le film/livre Twilight et la série True blood, sans compter la série Underworld, les amours des vampires est un sujet à la mode jusqu’en Suède.
La Suède du réalisateur Tomas Alfredson dans les années 80 ressemble à un pays communiste de l’Est profondément triste. On retrouve un peu de l’ambiance de la Vie des autres dans ces décors maronnasses, la neige immaculée en plus isolant les personnes plus encore que les cartons mis aux fenêtres pour protéger la jeune vampire de la lumière. Tous les protagonistes sont seuls ou ont une peur terrible de la solitude. Dans Morse, la solitude c’est le rejet tandis que le groupe installe la peur du rejet. Ce constat terrifiant se retrouve entre adultes, entre enfants, entre adultes et enfants. Erik pleure la disparition de son ami Jocke (problème de morsure…), qui brise l’équilibre du groupe, au point de rejeter sa femme. Oskar s’amuse beaucoup avec son père mais dès qu’un invité se présente, le fils est immédiatement rejeté. Une bande d’enfants martyrise Oskar mais la terreur se lit sur les visages des sous-fifres face à l’enfant dominant. Et ce dernier n’est qu’un pantin tout aussi faiblard face à son grand frère.
Morse dépeint un cadre violent aussi figé que la neige où tout autorité morale semble absente (personne n’est puni). Ce contexte inspire le désenchantement. L’intervention de vampires dans cet univers déteint à peine. On est bien loin de l’élégances des Vampires d’antan ou même de Lestat. L’époque est au réalisme dès lors qu’on accepte l’existence de vampires… Tomas Alfredson se soumet aux principaux codes et contraintes de la vie de vampire : chats qui détectent leur présence, entrée dans une maison, peur du jour… et surtout le besoin vital de sang marqué par l’inquiétant gargouillement du ventre affamé. Cependant, l’amour entre la fille et son « père » (l’est-il vraiment ? Dans le roman originel, c’est un pédophile…) aidant maladroitement sa fille est réel jusqu’au bouleversant sacrifice.
La rencontre entre Eli et Oskar est la rencontre de deux êtres au creux de la vague. Oskar donne des coups de couteaux dans l’arbre, Eli est en manque de sang. Leur relation passionnée sera douloureuse et ambivalente. Douloureuse parce que cette amitié, cet amour, sont sincères jusqu’au sacrifice : dès la bouleversante scène du gâteau offert, on sait que Eli aime plus Oskar pour lui que pour son sang frais. Ambivalente car Eli a peut-être besoin uniquement comme substitut et que cette relation pousse Oskar à passer à l’acte (violent) et qu’il s’en réjouit. Au coeur de cet amour comme toujours impossible, la vampire opposera son besoin de sang (de violence) au désir de vengeance de son compagnon.
C’est peu de dire que le couple à l’écran est merveilleux et que la mise en scène de Tomas Alfredson est très poétique. On pourrait voir Morse presque que pour cette scène de rencontre où la vampire effectue un petit saut lunaire troublant, lisse soulignant naturellement sa non appartenance au monde des humains. Et on doit voir Morse pour la scène de révélation à travers une porte vitrée comme une sorte de confession amoureuse. Ce que fait faire le réalisateur au jeune Kare Hedebrant est prodigieux. Visage et regards sublimés, l’actrice Lina Leandersson irradie l’écran au fil de ses transformations physiques suivant son degré de manque de sang. Ces maquillages soignés s’accompagnent souvent d’effets visuels bluffants comme l’ascension de l’hôpital en arrière-plan ou celui de l’arbre, très animal. Les effets gores sont rares (pour un film de vampire) mais efficaces et crus.
Tous ces détails, ces caractérisations attentives des personnages donnent un ton très personnel au film. Morse est un film qui se ressent et qui touche au coeur. On pardonne alors les quelques défauts visibles. L’emploi de la musique est ainsi parfois maladroit comme dans la séquence de « chasse » sous le pont. Et évidemment la fameuse séquence des chats numériques pose problème à toute personne qui a grandi avec le Comité Contre les Chats des Nuls.
On essaiera même de comprendre cette fin violente et toujours bien mise en scène mais un peu granliloquente, à côté de tout le film. A la limite du genre rose bonbon hollywoodien, elle peut-être vue comme un fantasme enfantin, ces rêves d’absolu auxquels on pense naïvement où tout mode de vie, même invraisemblable, est possible sans conséquences. Le groupe se soude, la peur disparaît. Espoir mal amené où l’amour sincère se mêle à l’inconscience la plus immature et peut-être même à de l’opportunisme. Et derrière ça, une vérité sordide : vengeance et besoin se sont trouvés. L’Humanité n’en sort pas grandi et cette conclusion peut aussi se voir comme un recommencement : depuis quand elle a 12 ans est une question auquelle Eli ne répond pas… Mais qu’est que c’est beau.

Par Pascal
16 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 8 février à l’UGC Danton salle 1 en VO
Un bébé est abandonné dans une maison de retraite avec tous les symptômes de vieillesse avancée. Et l’impossible continue de se produire : le bébé grandissant rajeunit peu à peu.
Comme c’était déjà le cas dans Zodiac, le vrai et le numérique, ou simplement le maquillage ou un autre acteur, se marient de manière aussi imperceptible que spectaculaire. Notons que Cate Blanchett ne semble pas avoir de doublure dès ses 18 ans dans le film ce qui est également troublant. Le travail sur les visages est impressionnant : Même très vieilli, à partir de sa rencontre avec Elisabeth (Tilda Swinton) Pitt/Button semble retrouver son étrange air juvénile, peut-être est-ce son regard ou peut-être est-ce à ce moment que l’acteur commence à jouer ? Le voir rajeunir au fil des séquences est très étrange (d’où le film me dira t’on). Après les effets troublants dans X-Men 3, où nous croisions Patrick Stewart et Ian Mc Kellen superbement rajeunis et les expérimentations de Robert Zemeckis sur Beowulf notamment (en attendant le Tintin de Steven Spielberg), la fontaine de jouvence cinématographique va toujours plus loin au point un peu paradoxal de douter de tout ce qu’on voit à l’écran.
La photo m’a beaucoup posé problème ou alors, ce qui me paraît plus probable, l’image au cinéma était médiocre : on peinait à distinguer les personnages alors que certains éclairages, à travers des lampes dans le plan et beaucoup d’obscurité, donnaient l’impression de voir des tableaux de De La Tour. Difficile de penser que c’était l’idée de Fincher de faire en sorte qu’on distingue mal les acteurs. Dans l’ombre, les deux stars demeurent parfaites. Habitués à ne pas faire leur âge, ils sont toujours à l’aise, authentiques dans leurs sentiments.
Bourrés d’idées, le scénario nous offre des situations originales autour de ce sujet génial. Bébé vieux dans une maison de retraite, Button ne déteint pas a priori sur ses camarades. Mais l’esprit diffère. Button le narrateur décrit un monde parfaitement réglé alors que le Button de plus en plus âgé chronologiquement n’aspire qu’à découvrir ce monde qu’il ne connaît pas : les jeux, l’alcool, les amis, le sexe… On en revient finalement à une thématique classique sur … le vieillissement ! Toute la première partie n’est finalement qu’une suite d’opportunités que Button saisit au vol, parfois en se brulant les ailes (quand il joue avec Daisy enfant et qu’on le surprend lui caresser la joue), mais souvent avec des conséquences bénéfiques. La seconde partie s’attache à la maturité, à l’amour vrai, aux choix douloureux (la fuite) jusqu’à la conclusion, menée rapidement et tragiquement belle et lucide. L’étrange histoire de Benjamin Button est un récit fort bien illustré mais ne révèle pas une vision si différente du monde auquel le rapprochement avec Forrest Gump pourrait nous le faire croire. Si le film est souvent fort émouvant, rarement ennuyeux, ni profondeur, ni étonnement, passé l’idée de départ, ne ressortent. A se demander, si le sujet a vraiment été abordé.
Adaptation d’un classique, casting de stars, réalisateur renommé, immense budget (150 millions de dollars), L’étrange histoire de Benjamin Button est un pur objet hollywoodien sur le temps qui passe. Et on peut trouver alors que David Fincher a su réaliser son film le plus consensuel avec élégance. Le « chef d’oeuvre de David Fincher » démontre le talent de son auteur pour réussir un grand projet hollywoodien et cela a évidemment plu aux oscars. Le trentenaire d’Alien 3 et Seven a mûri et le réalisateur est à quelques marches de la reconnaissance de ses pairs. L’étrange histoire de Benjamin Button est une réussite artistique, critique et commerciale, il raconte une belle histoire. Il a tout pour lui à une cérémonie des oscars. C’est un film qui mérite d’être vu. Le revoir ? Il semble manquer comme l’ivresse, le voyage tant espéré… La fresque de près de trois heures accouche d’un bon film, peut-être même très bon. C’est assez triste à dire mais c’est presque une déception.

Par Pascal
12 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Ca se bouscule toujours autant au portillon des sorties de la semaine. Celle-ci demeure un peu terne mais variée : drame et comédie US, comédie française, fantastique, horreur, du social et des dessins animés. Peu de films m’attirent malgré tout ce qui pourrait me laisser le temps de voir les sorties de la semaine passée !
Cette semaine il y a donc de la comédie avec Le Séminaire, la suite d’Espace détente que j’avais déjà évoqué ici. Le film est réalisé par Charles Nemès qui avait déjà mis en scène la Tour Montparnasse infernale que j’avais adoré. Je vais peut-être me laisser tenter. Et sinon Scoop : les hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus. Ou l’inverse. Cette trouvaille vaut bien un film et c’est la raison d’être de ce Ce que pensent les hommes. Rien à voir avec Ce que veulent les femmes, le titre doit plus ou moins être opportuniste. Et il n’y a pas Mel Gibson. A la place, on a quand même du lourd : Jennifer Aniston, Jennifer Connelly, Scarlett Johansson, Drew Barrymore, Ben Affleck, Kris Kristofferson… Tout ça ne fait pas nécessairement les bons films mais Love Actually montre que la comédie chorale romantique, ça peut marcher alors pourquoi pas.
Le nouvel opus de François Ozon sort également sur les écrans. Le teaser est celui-ci :
Outre la bouille du bébé plutôt géniale, il y avait aussi un certain mystère dans ce Ricky. Mais en salles, pendant la but, nous pouvons voir la « suite » de ce teaser avec le mystère révélé (vous pouvez la voir ici ). En nous enlevant une partie du plaisir qu’on pouvait avoir en regardant le film pour la première fois, les as du marketing (et le réalisateur peut-être) renoncent à une partie de spectateurs intrigués pour se restreindre aux réguliers du réalisateur et quelques fans d’Alexandra Lamy. L’art de se tirer une balle dans le pied ? En revoyant la bande-annonce, il est cependant indéniable que le film peut être très poétique.
Sans tambour ni trompette le nouveau film de Costa-Gavras nous fait l’honneur des écrans. J’ai vu Amen et Le Couperet récemment et on retrouve toujours une réalisation implacable et son tryptique l’Aveu, Etat de siège et Z m’a bouleversé. Je peux difficilement passer à côté de cet Eden à l’ouest où un réfugié tente d’atteindre la ville promise : Paris (!). Les quelques images que j’ai pu voir insistent sur l’errance du héros avec une certaine ironie. Ca pourrait donc être tout à fait recommandable. Les critiques ne semblent cependant pas vraiment suivre. Et sans dire qu’il n’y a pas beaucoup de publicités, on ne sent pas un grand enthousiasme pour cette sortie. L’absence de star tels José Garcia ou Mathieu Kassovitz sans doute.
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Vacances de février oblige, les enfants auront droit à leurs dessins animés (en plus de Volt la semaine passée) soit La légende de Despereaux qui a failli être réalisé par le Sylvain Chomet des Triplette de Belleville. Ici, on semble avoir droit à un mélange de Ratatouille et des souris de Narnia 2. Bien que très réceptif, je vais m’abstenir cette fois-ci. Et, à part le prénom du héros, le dessin animé Brendan et le secret de Kells semble plus sympathique.
Vendredi 13 retourne sur les écrans ou plutôt son remake. Ca tombe bien puisque le 13 février est un vendredi. En gros, je n’ai pas vu de film d’horreur depuis Saw (excellent au demeurant). L’âge peut-être et surtout je vois tout simplement moins de films au cinéma. Le remake est réalisé par Marcus Nispel de retour au remake d’horreur (le bon Massacre à la tronçonneuse) après son bide viking Pathfinder.
Du très très lourd maintenant avec Doute soit une soeur supérieure (Meryl Streep) qui a la certitude qu’un confrère (Philip Seymour Hoffman) a abusé d’un enfant. Mais elle n’a aucune preuve. Et s’il n’avait rien fait ? Bref, du sérieux pour nominations aux oscars (ce qui est le cas). Ca semble surtout chiant comme la mousson.
Et du très très léger, quoique, avec Meilleures Ennemies soit deux supers copines qui préparent chacune leurs mariages. Problème : il a lieu le même jour d’où l’embrouille. On aura droit sans doute (héhé) à des grosses crasses et une réconciliation ad hoc sirupeuse. L’affiche est absolument nulle (vous avez vu les rictus des filles ?) et Kate Hudson a l’air profondément moche dans ce film. Où est passée la révélation de Presque Célèbre ?
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
11 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 18/1/2009 en DVD en VO
Dans la foulée du Nom de la rose, j’ai regardé pour la première fois 7 ans au Tibet que j’avais évité lors de sa sortie en salles. Pour tout dire, je n’aimais pas vraiment Brad Pitt et ses « Pitteries » dans les années 90 où Seven faisait figure d’exception. Comparé à Tom Cruise, et même Kirsten Dunst, je le trouvai vraiment falot dans Entretien avec un vampire où je le découvrais « vraiment » (sachant que je l’avais vu et oublié dans Thelma et Louise). On pourra toujours me dire qu’il avait le rôle le moins extraverti ce qui est vrai. Mais deux ans plus tard, il demeure le maillon faible de l’Armée des douze singes où ses singeries sont totalement éclipsées par un superbement sobre Bruce Willis. Il est une nouvelle fois sans intérêt face à Harrison Ford dans Ennemis rapprochés.
Ces diverses déceptions ne m’encouragèrent pas à me déplacer pour Légende d’Automne, Sleepers ou Rencontre avec Joe Black. Plus que Fight Club (j’idolatrais à l’époque Edward Norton et je le trouve encore meilleur que Pitt dans ce film), je crois que c’est son rôle de gitan dans Snatch qui m’a fait reconsidérer ma position : Brad Pitt n’est pas qu’une simple belle gueule, un pétard mouillé hollywoodien. Et depuis, je trouve même sa carrière plus intéressante que ce soit dans les sympathiques Mexicain ou Ocean Eleven, dans Babel ou lors d’une excursion réussie dans le monde des frères Coen pour Burn After Reading.
Dès lors, je tente de retrouver les prémisses de ce talent dans ses films des années 90. J’ai ainsi découvert un excellent acteur dans le magnifique Et au milieu, coule une rivère et donc dans Sept ans au Tibet.
Sept ans au Tibet est l’adaptation de deux livres de Heinrich Harrer, alpiniste autrichien qui raconta sa vie au Tibet durant la deuxième guerre mondiale jusqu’à l’invasion du Tibet par la Chine. De ces récits, Jean-Jacques Annaud dresse le portrait d’un homme arrogant, profondément égoïste que le divorce et la perte de la partenité de son fils renferme encore plus. Obsédé par ce fils qu’il n’a jamais connu, Harrer ne cherchera qu’à fuir dans les montagnes de l’Himalaya pour finalement échouer au coeur de la capitale du Tibet.
Bien qu’il reconnaîsse lui-même ses errements en tant qu’acteur avant 2000, Brad Pitt est plutôt bon, tout droit sorti du Tyrol avec sa tignasse blonde, véritable figure égocentrique s’ouvrant peu à peu à l’autre grâce à son fils par procuration que fut le Dalaï-Lama
La vision de Jean-Jacques Annaud est en fait sans ménagement pour ce nazi (par intérêt) qui rencontra le jeune Dalai-Lama qu’il écrase dans des immenses (et magnifiques) paysages tout en lui opposant un alter ego positif (David Thewlis, excellent), Peter Aufschnaiter. La mise en scène d’Annaud autour de ce duo est assez remarquable puisque si le film tourne principalement autour de Harrer (et de la star Brad Pitt), elle laisse entrevoir la possibilité d’un autre film autour de Aufschnaiter, homme de bien et, tout comme Harrer, passionné par le Tibet et sa culture. Elle met encore plus en avant la bassesse de Harrer mais aussi sa solitude, étant le « perdant » d’un triangle amoureux. Ses échanges avec le Dalai-Lama seront son salut. Destiné à être un sage pacifique et reconnu, Annaud ne cherche pas à faire du Dalai-Lama un Yoda de quelques années mais un vrai enfant, écrasé par ses responsabilités mais passionné par le monde qu’il observe, presque en cachette, depuis sa longue vue.
Avec une bonne musique de John Williams (et Debussy) et des décors montagneux, naturels ou non, magnifiques, Annaud parvient à nous émouvoir à plusieurs reprises. Les moments de joie sont peut-être un peu trop forcée (l’épisode de la montre ou la scène du retour auprès du fils) mais sont sauvées par des moments tragiques bien mieux saisis et éprouvants : le cauchemar du Dalaï-Lama sur le massacre dans son village natal ou les terribles lettres de la « famille » de Harrer. La réalisation d’Annaud est hélas plus relâchée qu’un film comme le Nom de la Rose frolant souvent la sucessions d’épisodes tragi-comiques sans fil conducteur. Mais la simplicité sincère de la relation entre Harrer et le Dalai-Lama et les fuites incessantes de l’alpiniste captivent. Le metteur en scène est enfin plus tranché sur l’occupation chinoise du Tibet qui fut meurtrière aussi bien littéralement (le film annonce un millions de morts dans son générique) que culturellement à une époque où le communisme de Mao Zedong, anti-bhouddiste, faisait des ravages. Il raconte aussi un épisode peu connu de la deuxième guerre mondiale à travers ces Allemands et Autrichiens arrêtés par les Anglais parce qu’ils sont des habitants d’un territoire ennemi.
Au final, Sept ans au Tibet est un film un peu long mais intéressant avec un Brad Pitt pas si mauvais. Il méritait bien que je le découvre.

Par Pascal
7 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Vu le 2/3/2009 l’UGC George V salle 1 en VO
En 1943, le colonel allemand Colonel Claus Von Stauffenberg (Tom Cruise) est grièvement en Afrique du Nord. Trop mutilé, il est nommé à l’état major de l’armée de réserve en Allemagne. Il s’engage alors corps et âme dans une opération visant à tuer Hitler et mettre fin au régime nazi.
A maintes reprises, Bryan Singer n’a pas caché sa fascination pour la seconde guerre mondiale et le régime nazi. Dans Un élève doué, il réssucite un ancien SS (Ian Mckellen) réfugié à travers les yeux d’un adolescent et dans X-Men, il nous apprend le passé de Magneto (toujours Ian Mckellen) dans les camps de concentration. Il dessine alors les contours du Mal absolu et sa naissance. En abordant directement pour la première fois la seconde guerre mondiale, le réalisateur change de point de vue puisqu’il n’explore pas les racines du Mal mais l’inverse où comment une poignée de conspirateurs tentent de tuer Hitler pour en finir avec une guerre qu’ils savent perdu.

De fait, Walkyrie n’est pas un film dérangeant comme pouvait l’être un élève doué mais un thriller dévoilant une tranche d’histoire assez peu connue de l’Allemagne nazi. Peu connue et sans enjeu : nous savons qu’Hitler va s’en sortir et il ne peut y avoir de Keyser Söze. Singer nous ménage cependant un suspense sobre et minutieux autour des mécanismes du stratagème monté par Von Stauffenberg. Et comme il ne peut jouer sur l’issue des événements, il insiste sur la confusion qui règne durant l’exécution du plan qui n’est pas sans des aspects presque ludiques à travers ce général de réserve avec ses ordres contradictoires. L’évocation du jeu des communications dans une salle où des dactylo reçoivent et transmettent les instructions à la chaîne illustre très bien le drame se jouant entre les conspirateurs et le pouvoir en place. La reconstitution est excellente. Le fait de tourner sur certains lieux historiques n’a ici rien d’accessoire mais fait ressortir sur tout le film un grand réalisme. Le metteur en scène parvient à nous faire ressentir l’Histoire à travers plusieurs détails à propos de la forte centralisation à Berlin de l’empire nazi ou sur la désinformation auprès Hilter (Goering annonce le 7 juin 1944 que la situation est sous contrôle en Normandie !).
Dans leurs uniformes ou leur costume de ville, les acteurs sont excellents. Le premier mot prononcé par Terence Stamp (un « please » voilé) vaut plus que toutes ses scènes dans Yes Man. Quant à Tom Cruise, quand on le trouve allongé et bandé dans son lit à l’hôpital, on pourrait croire à une note d’intention mais elle est malmenée par la scène suivante lorsqu’il revêt son uniforme d’apparât blanc : tout mutilé qu’il soit, Tom Cruise est étincelant. Et tout à fait crédible. Au-delà de la ressemblance physique, il campe un officier noble issue de l’aristocratie, droit comme une flèche, une vrai idée qu’on peut se faire d’un homme d’honneur qui fait son devoir en sacrifiant tout. Walkyrie est le portrait de cette homme, une figure du héros presque primaire, sérieuse : Von Stauffenberg ne doute jamais du bien fondé de ses actes et assume les conséquences qu’elles pourraient avoir, même pour sa famille. C’est cette certitude d’un homme au destin lui-même tragiquement certain que Tom Cruise magnifie.

Par Pascal
5 février 2009 Catégories: Articles Cinéma
Cette semaine sortent beaucoup de films que j’aimerais voir. La sélection sera dure. Evidemment, le film de la semaine est L’Etrange histoire de Benjamin Button vu par beaucoup comme le meilleur film de David Fincher. Après Zodiac, Seven ou Fight Club, ce n’est pas peu de le dire. Le teaser ci-dessous promet largement assez et la musique de Saint-Saëns le rend sublime, très poétique. Aussi je n’ai pas regardé les autres bandes-annonces, sauf le début d’une d’entre elles. Elles avaient l’air très explicatives alors qu’une bande-annonce doit faire rêver.
Après une période un peu confuse, le département animation de Disney revient sur le devant de la scène avec Volt. Il s’agit d’une des premières productions Disney, hors Pixar, portée par John Lasseter qui tente d’imposer à Burbank ses méthodes de travail et sa réussite. Volt est un chien star de films d’action hollywoodiens cependant persuadé que ces films sont la réalité. Ce sujet ressemble étrangement à celle de Buzz l’éclair dans Toy Story. On nous promet un film se rapprochant du modèle Pixar et un mélange 2D/3D avec des décors s’inspirant des peintures d’Edward Hopper que j’aime beaucoup. Audacieux.

Coincé entre un tas de films américains et très peu de temps après Twilight, Morse pourrait bien être la bonne surprise suédoise du mois (et des années à venir car je ne vois pour ainsi dire jamais de film suédois). Encensé par les quelques magazines spécialisés que je lis et surtout numéro un des films préférés de 2008 de Harry Knowles (Par comparaison, Benjamin Button est sixième !), cette histoire d’amitié et de vampire pourrait bien être un grand film.
Mon quatrième choix se porte sur Grands Frères soit deux potes totalement immatures forcés de faire des leçons de moral à des enfants en détresse, une sorte des routes du paradis trash en somme. Aux USA, cette comédie semble avoir dépassé les attentes tant au niveau des zygomatiques que du boxoffice. Pas de trace de Judd Apatow au générique, chef de file du renouveau de la comédie américaine et dont j’ai parlé ici et ici, mais deux acteurs comiques que j’aime beaucoup : Paul Rudd vu dans Friends et dans beaucoup de productions Apatow justement et Seann William Scott, l’inénarrable Stifler d’American Pie. A la caméra, on trouve David Wain, réalisateur/scénaristes d’épisodes de la série Stella (dans lequel à joué Rudd d’ailleurs). Ca ne peut définitivement pas être mauvais.
On aborde maintenant les films que j’ai très peu de chances (=0) de voir dans une salle obscure. Autre film américain, Trahison raconte l’histoire d’un agent du FBI enquêtant sur un prétendu traitre sur fonds de complots, secrets et donc trahisons… On pourrait presque se déplacer pour les acteurs : Don Cheadle, Guy Pearce (Remember Memento), Saïd Tagmaoui, Jeff Daniels pour ceux que je connais. Réalisé par Jeffrey Nachmanoff, le scénariste du Jour d’après, la bande-annonce nous fait sentir bon le thriller à rebondissements avec des gentils méchants et des jeux de dupes.
Dans le genre grosse artillerie, on continue avec Push de Paul McGuigan après son intéressant Slevin. Il est question d’humains se découvrant de super pouvoirs aux prises avec une organisation secrète cherchant à les contrôler. La bande-annonce annonce (ouf) aussi tout un tas d’effets à la Matrix. J’aime bien Chris Evans (Sunshine) et Dakota Fanning (La Guerre des Mondes et Man on fire) mais cela attendra sans doute la vidéo. Le film pourrait être convenu mais pas trop pénible… en tout cas certainement moins que LOL présentée comme une boum new generation dont la bande-annonce empile les clichés de l’air du temps les plus énervants. Une comédie de plus pour Sophie Marceau qui, quelque part, n’a pas tort vu que De L’autre Côté du lit devrait approcher les 1.5 millions d’entrées cette semaine. Nous verrons si c’est plutôt Dany Boon qui a attiré les foules. Mais avec ces faux ados qui ne ressemblent à personne, une bande-annonce qui peine à rassembler quelques gags, et Sophie Marceau qu’elle pouvait faire des bides sur son nom (confère La disparue de Deauville), j’ai la vague impression que ce film n’est destiné à personne. Notons le grotesque (r) du titre indiquant le fait que LOL ou sa traduction est une marquée déposée. mdr comme on dit.
On finit par la bande-annonce pourrie de la semaine : Lucifer et moi
Il y a bien sur d’autres nouveaux films qui sortent mais je m’en fiche un peu.
Par Pascal
3 février 2009 Catégories: Cinéma
Vu le 27/1/2009 au MK2 Odéon salle 3
Commençons par la promo : la grosse affiche indique un trio Marchal/Argento/Depardieu. Ceci n’est pas tellement vrai : Asia Argento a trois ou quatre scènes et nous ne voyons Olivier Marchal que dans la première partie du film. Gérard Depardieu est lui de presque toutes les scènes ce qui n’est au fond pas plus mal. Diamant 13 raconte son histoire, celle de Mat, un flic fatigué et lucide traînant sa carcasse dans les nuits sombres de sa ville et qui se trouve à enquêter sur la mort d’un ami dont il avait refusé une proposition aussi lucrative qu’illégale la veille au soir.
Près de 20 ans après son dernier film (et des dizaines de réalisation pour la télé), Gilles Béat retourne au cinéma pour un genre qu’il semble particulièrement aimer : le polar mais le polar noir, poisseux. Le metteur en scène impose une atmosphère pesante et sérieuse au coeur d’un monde corrompu. Cette atmosphère est surtout lourde et ampoulée dès le générique épileptique et raté. Le choix du décor est plutôt emblématique. Diamant 13 se déroule dans une ville imaginaire européenne et on insiste lourdement sur ces détails qui font la différence : sur les vrais/fausses plaques d’immatriculation, les vrais/faux panneaux de signalisation (un plan d’une minute semble uniquement dédié à nous montrer un panneau « en construction »). Et comme le vrai monde est sale, on met des ordures et des graffitis partout. Et on paye en euros et on roule en BMW et en 4*4 (noires). Trop d’ambiance tue l’ambiance.
L’histoire est donc une enquête mêlant flics, flics des flics, notables, diplomates et barons de la drogue. Si on avait essayé d’apporter quelques explications, le film aurait pu être pour le moins confus mais le réalisateur se contente d’opposer tous ces gens à Mat. L’unique rebondissement du film nous ait offert qu’au travers d’une caméra cachée ce qui est toujours mieux qu’un micro caché (Aaah, le micro caché). Gênant pour la plupart des protagonistes, Mat est explicitement un mort en sursis (le baron de la drogue veut le tuer). Il s’en sort comme tranquillement dans les derniers instants, faisant un footing tranquille face à trois voitures à sa poursuite puis partant nonchalamment dans les ombres de sa ville à la fin. Bon, d’aucun me diront qu’il était plus ou moins un mort vivant et que ce n’est pas le grand bonheur non plus. Mais au vu de la situation de départ, c’est un happy end et celui-ci est peu crédible dans ce contexte très sérieux.
Ce sérieux de rigueur met aussi à mal les dialogues, surtout ceux censé apporter un peu d’humour. Ces dialogues sont des dialogues à la française où on cherche la sentence définitive façon leçon de vie. La plupart des saillies tombent cependant à l’eau. Certaines sont des lapalissades :« Je suis entré dans ton appartement. Il n’y avait personne. Je me suis dit que tu n’étais pas là . » (peut-être était-ce de l’humour volontaire ceci dit) et d’autres sont sauvées par des acteurs qui trouvent le bon ton : le « Je baise utile » de la journaliste est très bon. La plupart du casting a hélas du mal à rentrer dans cet univers. Je n’avais pas encore vu Aurélien Recoing mauvais, c’est fait. Le pire demeure Asia Argento, qui est épouvantable : nous faire passer l’actrice récitant ses dialogues en phonétique pour une super commissaire brillante était un pari beaucoup trop audacieux.
Reste Gérard Depardieu. Dans ce petit naufrage, il impose son immense présence tant physique que verbale. Le meilleur du film n’est pas quand il fait avancer son enquête mais quand il va au bar, quand il effectue ses rondes et interventions complètement désabusé (la scène du toit est le meilleur moment du film) et quand il s’attendrit pour une jeune fille perdue. Sans lui, il ne resterait vraiment pas grand chose. Il est le vrai diamant de ce film raté.

Par Pascal
1 février 2009 Catégories: Articles Cinéma