Archives de janvier 2009

Yes Man

Vu le 26/1/2009 Ă  l’UGC George 5 en VO

PortĂ© par Jim Carrey, Yes Man s’inscrit dans la mouvance des comĂ©dies type Menteur Menteur ou Bruce Tout-Puissant. Pas forcĂ©ment de très grands films mais de très gros succès par contre. Dans Menteur Menteur, un menteur invĂ©tĂ©rĂ© se retrouve obligĂ© de dire la vĂ©ritĂ©, son fils lui ayant jetĂ© un sort. Je n’ai pas vu Bruce Tout-Puissant mais au vu du succès et du concept (Dieu/Morgan Freeman donne Ă  Bruce/Jim Carrey ses pouvoirs), on peut deviner l’aspect Ă©norme de l’entreprise tant au niveau des gags que des bons sentiments. Car la dernière partie des deux films consiste en une grosse louche de bonnes intentions, difficilement regardable car trop Ă©difiante.

Yes Man suit ce canevas : Carl Allen, divorcĂ© et banquier, dit toujours non Ă  tout et dĂ©cide de dire toujours oui. Le film a une structure très scolaire type thèse (non), antithèse (oui) et synthèse (oui et non) ce qui est en soit un progrès par rapport Ă  Menteur Menteur (=c’est pas beau de mentir). L’Ă©lĂ©ment de modification est lui personnifiĂ© par un Terence Stamp en gourou du oui que j’ai rarement vu aussi insipide. Il est donc celui qui va convaincre Carrey de dire oui grâce Ă  un pacte de pacotille, Yes Man n’ayant pas vraiment d’argument fantastique. C’est Ă  peu près Ă  ce moment que le film dĂ©marre vraiment, le dĂ©but Ă©tant fort longuet. J’Ă©tais pourtant bien disposĂ© Ă  rire et le dĂ©but m’a vraiment effrayĂ© par la pauvretĂ© de son ton et des trois faire-valoirs amis/collègues de Carl sans intĂ©rĂŞt. Une fois la machine Ă  oui enclenchĂ©e, le film retrouve un peu de saveur (il faut toutefois se farcir une vieille nymphomane) d’oĂą Ă©merge mĂŞme l’acteur Rhys Darby très sympathique en patron fan de Harry Potter et 300.

La comĂ©die n’atteint quand mĂŞme pas des sommets (une cuite Ă  l’alcool et une autre Ă  la Red Bull) mais le film se rĂ©vèle plutĂ´t plaisant surtout quand il lorgne dans la comĂ©die romantique. L’atout charme de Yes Man est ainsi assurĂ©e par Zooey Deschanel, que je n’avais dĂ©jĂ  pas oubliĂ© dans PhĂ©nomènes et Le Secret de TĂ©rabithia. Elle joue aussi Trillian dans Le Guide Galactique. En fille lunaire, chanteuse Ă  ses heures et donnant des cours de « photofooting », elle est dĂ©finitivement craquante et forme un jolie couple avec Carrey notamment dans cette grange sous la pluie, instant fort romantique. Toute l’escapade dans une ville des USA (Lincoln je crois, j’ai totalement oubliĂ© le nom de cette ville) constitue un des moments les divertissants dont la conclusion, rebondissement du film, est une amusante idĂ©e.

Après sa rupture peu convaincante, le rĂ©alisateur Peyton Reed se montre donc mal Ă  l’aise avec ses gags vulgaires, on ressent bien que nous ne sommes pas dans une production Apatow, mais il rĂ©ussit mieux ses moments romantiques nous permettant de regarder le dernier acte du film sans subir une avalanche de guimauve. Quant Ă  la vedette Jim Carrey, elle est toujours parfaitement Ă  l’aise, comme dans son rĂ©cent Braqueurs Amateurs. Yes Man est donc beaucoup moins sirupeux que les deux comĂ©dies Menteur Menteur et Bruce Tout-Puissant. Il est aussi plus modeste et parfois ennuyeux mais finalement assez attachant.
Bonus et non des moindres : la musique dans le film, principalement par Eels, est excellente et originale pour le genre.
yesman

 Par Pascal     Commenter30 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Le Nom de la rose

Revu le 15/1 en DVD

En 1327, un moine franciscain et son Ă©lève sont invitĂ©s dans une abbaye pour rĂ©soudre la mort Ă©trange d’un moine. Les morts ne tardent pas Ă  s’accumuler.

Vu l’Ă©poque, on peut difficilement ne pas parler de la reconstitution. Le souci de rĂ©alisme qui Ă©mane du film, confirmĂ© dans le making-of du dvd, est transcendĂ© par une vision sans dĂ©tour de l’Ă©poque. Le casting est constituĂ© d’une multitude de gueules. Les moines sont pour la plupart maquillĂ©s/enlaidis, terriblement superstitieux, limitĂ©s et effrayĂ©s Ă  la moindre Ă©vocation du diable ou du dĂ©mon. Jean-Jacques Annaud transforme ce monastère de l’Italie du Nord en une espèce de repaire des canards boiteux du monde. Et que dire des villageois autour du village, de la plèbe ? EntassĂ©e dans des petites maisons d’une pièce, affamĂ©s, ils sont tout juste bons Ă  payer leur dĂ» Ă  l’abbaye, et accessoirement se prostituer. Ils ont aussi le verbe rare, limitant leur parole Ă  des grognement et des rires gras : c’est l’Ă©tat animal ou plutĂ´t l’humain qui survit coĂ»te que coĂ»te.

Avec des dĂ©cors sublimes et des images froides, le metteur en scène nous plonge dans un Moyen Age sans concession mais aussi très conflictuel oĂą l’Ă©glise est le moteur d’une culture immense, oĂą le dogme s’oppose Ă  la connaissance (on pratique ainsi l’autopsie) en son sein. La bibliothèque labyrinthique de l’abbaye symbolise ce conflit interne : les moines y dĂ©tiendraient de nombreux livres, avant Gutemberg, mais son accès est rĂ©duit Ă  deux personnes !
Annaud fait jouer ce conflit Ă  plus haut niveau : l’abbaye est ainsi une arène oĂą vont s’opposer ces deux faces de l’Eglise alors que doit se dresser une importante rencontre entre les reprĂ©sentants du pape et ceux du courant Franciscain :« L’important n’est pas de savoir si JĂ©sus est pauvre mais si l’Eglise doit l’ĂŞtre ».

Au-dessus de cette triste mĂŞlĂ©e se trouvent quelques esprits plus vifs : un moine aveugle justement aveuglĂ© par le dogme :« j’ai entendu rire de choses risibles… » et un responsable qui voudrait ĂŞtre volontiers plus conciliant mais Ă©crasĂ© par la mĂ©diocritĂ© et la haine ambiante (excellent Michael Lonsdale). Enfin, les visiteurs extĂ©rieurs vont s’opposer. D’un cĂ´tĂ©, nous trouvons un juge de l’Inquisition. En donnant l’impression d’ĂŞtre parfaitement conscient des moyens qu’il emploie sans aucune trace de ferveur mystique, F. Murray Abraham est profondĂ©ment terrifiant, adepte des mĂ©thodes sordides et des jugements hâtifs pour rĂ©tablir rapidement l’ordre et l’autoritĂ© de l’Eglise en ces pĂ©riodes troublĂ©es oĂą les tensions sont nombreuses. L’Ă©poque du film et du roman original de Umberto Eco ne sont pas neutres. Nous sommes dans un siècle de troubles religieux (Avignon devenant la citĂ© papale) oĂą des courants s’opposent au fonctionnement de l’Eglise parfois très violemment et oĂą l’Inquisition devient facilement expĂ©ditive.

Au moine inquisiteur s’oppose un duo classique maĂ®tre/Ă©lève. Avec obstination et orgueil, le maĂ®tre Guillaume de Baskerville (Sean Connery), lui-mĂŞme ancien juge de l’inquisition qu’il a mĂŞme cautionnĂ©, se dĂ©marque de ce monde de superstition par une quĂŞte de la vĂ©ritĂ©. TĂ©moin de l’histoire, l’Ă©lève Adso (Christian Slater) est un peu le point de vue du spectateur. Il se confronte au dogme et demande son avis au maĂ®tre sur cette Ă©poque et ses codes mais aussi sur ses sentiments dont l’amour. De leurs discussions dĂ©coulent des commentaires parfois très pertinents (et amusants).

La raison de l’affrontement est cette enquĂŞte sur les morts fort suspectes au sein de l’abbaye. Le Nom de la rose est au-moins autant un thriller qu’un film historique. Ce thriller est captivant et parfois mĂŞme ludique : s’il ne lui ai pas permis de rire, Baskerville cache difficilement sa jubilation Ă  rĂ©soudre l’enquĂŞte qu’on lui a soumis et son enthousiasme Ă  percer les mystères de la bibliothèque. A ce jeu, Sean Connery est superbe, dĂ©veloppant un personnage qui donnera en partie le la de ses rĂ´les Ă  venir : un sage Ă  la fois serein et parfois troublĂ©, très souvent amusĂ© par le monde qui l’entoure. Ses Ă©changes avec Michael Lonsdale, lui-mĂŞme très majestueux, sont un dĂ©lice. Sean Connery est en plus ici un Sherlock Holmes du Moyen-Age (les allusions, parfois directes, sont multiples), un dĂ©tective au service d’une enquĂŞte vive, pleine de rebondissements, qu’Annaud construit habilement avec un flash back explicatif assez Ă©tourdissant.

Je n’ai pas vu tous les films de Jean-Jacques Annaud (L’Amant et ses deux premiers films en fait) mais je pense que Le Nom de la Rose est bien son meilleur film.

Anecdote personnelle que je me dois bien de rĂ©vĂ©ler près de 20 ans après ma première vision de cet excellent film : il y a une scène de sexe inattendue et très brute. Elle constitue un de mes Ă©mois adolescents les plus forts sur une pellicule et c’est une des raisons qui m’ont fait aller voir Sa MajestĂ© Minor en salle. Je fus, un peu, déçu de ce cĂ´tĂ©. L’âge mais aussi, disons, la multiplication des canaux d’accès Ă  ce type de « programme », m’ont sans doute rendu lĂ©gèrement plus blasĂ©…

nomdelarose

 Par Pascal     Commenter25 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Slumdog millionaire

Vu le 20/1/2009 Ă  l’UGC Danton Salle Prestige en VO

Pour ce premier visionnage de Slumdog millionaire, j’ai eu cette impression de voir le film pour la deuxième fois. L’affiche, la bande-annonce (vu une seule fois) et un buzz type « feel good movie » deluxe laisse assez peu de place au suspense d’autant que le dĂ©but, qui est presque la fin du film, permet de mettre rapidement en place tout le fil conducteur du mĂ©trage ainsi que sa conclusion. N’en soyons pas pourtant trop navrĂ©, Slumdog millionnaire tient parfaitement ses promesses. Mais il est probable que voir ce film sans vraiment connaĂ®tre son sujet doit ĂŞtre une expĂ©rience assez grisante.

Slumdog millionaire raconte donc la trajectoire d’un gamin des bidons villes (un slumdog) de Mumbai (Bombay) candidat heureux de Qui veut gagner des millions puisqu’il est Ă  une question du gros lot. Après l’horreur en Angleterre (l’horreur de la drogue pour Trainspotting et les zombies de 28 jours plus tard) et dans l’espace (Sunshine), Danny Boyle nous plonge au coeur de l’Inde et des indiens. Et c’est bien d’horreur dont on peut parler pour Jamal et son grand frère Salim, rapidement livrĂ©s Ă  eux-mĂŞmes sans aucune ressource. Le metteur en scène aborde frontalement les problèmes religieux, l’exploitation des enfants, les ordures partout, l’embrigadement dans la pègre…

Dans cet enfer tout ce qu’il y a de plus tristement rĂ©el, la rĂ©ussite de Boyle, c’est sans doute de parvenir Ă  garder cette toile de fond sordide tout en cĂ©lĂ©brant la dĂ©brouillardise des deux enfants (au Taj Mahal notamment, Ă©pisode particulièrement drĂ´le) et l’obsession du cadet pour son âme soeur Latika. Ces Ă©pisodes tragi-comique couplĂ©e Ă  cette obsession presque irationnelle du hĂ©ros dans un environnement dĂ©senchantĂ© rendent le film très picaresque.

Pour servir son propos, Danny Boyle se veut très dynamique, usant de camĂ©ra numĂ©riques et portatives comme un reportage sur le vif, avec des cadrages inattendus, mais très stylisĂ© et colorĂ©. C’est formellement discutable, on pourrait reprocher au rĂ©alisateur, et son directeur photo, une esthĂ©tique de clip MTV, mais l’aspect coup de poing l’emporte d’autant plus qu’il laisse passer Ă©tonnamment bien toutes les Ă©motions du film notamment cette fuite Ă©prouvante dans le train avec Latika sur la voie. Et si l’ensemble est donc relativement prĂ©visible, Slumdog millionaire demeure passionnant Ă  suivre et très attachant au point que Danny Boyle peut se permettre d’immortaliser le point culminant de son film avec la musique du gĂ©nĂ©rique de Qui veut gagner des millions. C’est très touchant en plus ! La musique ne se restreint cependant pas Ă  ces thèmes et impose une sorte de genre electro-oriental qui va très très au-delĂ  du easy listening qu’on passe dans les cafĂ©s Ă  la mode. Certains morceaux renforcent profondĂ©ment les images (celui de la fuite dans le train est gĂ©nial). La bande originale est vraiment Ă  acquĂ©rir.

Danny Boyle a ainsi saisi une destinĂ©e hindou mais Ă  portĂ©e universelle, un mĂ©lange dĂ©tonnant Ă  l’image de son argument majeur : Qui veut gagner des millions. En plus d’ĂŞtre un puissant et rĂ©ussi moteur narratif, la cĂ©lèbre Ă©mission est une sorte de microcosme de la mondialisation. CarrĂ©ment. PackagĂ©e parfaitement Ă  l’identique dans le monde entier (si ce n’est la langue, mĂŞme les prĂ©sentateurs semblent interchangeables), l’Ă©mission est vecteur de rĂŞve, d’Ă©vasion. Mais la culture y trouve droit de citĂ© Ă  travers les questions : très difficile pour un occidental de rĂ©pondre Ă  la toute première question alors que la dernière est Ă©vidente ! Slumdog millionaire peut donc largement passĂ© pour un feel good movie d’exception portĂ© par des acteurs très sensibles. On peut cependant voir dans le gĂ©nĂ©rique de fin, une euphorisante rĂ©fĂ©rence Ă  ce qu’un europĂ©en comme moi imagine de Bollywood, un rappel : celui que tout cette histoire est un conte pour nous Ă©chapper d’une rĂ©alitĂ© très amère. Cette Ă©trange ambivalence va comme un gant Ă  Danny Boyle. Je ne suis pas certain de ma prĂ©fĂ©rence entre Sunshine, mon prĂ©fĂ©rĂ© de Boyle, et ce film peut-ĂŞtre plus abouti. Mais le rĂ©alisateur anglais est assurĂ©ment en très grande forme.

slumdog

 Par Pascal     Commenter23 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma Emissions TĂ©lĂ©vision

Wall Street

Revu le 13 janvier en DVD

Acheté au rabais chez un revendeur en ligne, je me suis posé cette question : Faut-il revoir Wall Street quelques vingt années après sa sortie ?

Revoir Wall Street, c’est supporter quelques tics des annĂ©es 80. Entre autres une (inĂ©vitable ?) scène de cul en ombres chinoises avec une Daryl Hannah fort laide (si) et une musique façon Vangelis du pauvre avec un horrible « tube » au gĂ©nĂ©rique de fin. C’est aussi supporter une intrigue aussi classique que poussive soit un jeune loup, Bud Fox, pris sous l’aile d’un grand manitou du monde financier : Gekko (Michael Douglas). Peu Ă  peu, le jeune loup va se rendre compte que le sens de la vie n’est pas le nombre de zĂ©ros dans son salaire mais le bien ĂŞtre social. Le meilleur du film est Ă©videmment le personnage Gekko , archĂ©type du vrai requin en col blanc avec ses gros cigares et ses bretelles. C’est peu dire que Michael Douglas est gĂ©nial dans ce rĂ´le, cette caricature magnifique. Quand il n’est pas Ă  l’Ă©cran, Wall Street a moins d’allure d’autant que les Sheen père et fils Ă  la ville comme dans le film sont bien falots.

Enfin, en plus de dĂ©crire le monde de la finance, Oliver Stone donne son avis et raconte Wall Street Ă  travers une arnaque et des tractations illĂ©gales. On peut trouver le raccourci aussi rĂ©vĂ©lateur que facile façon provoc du style « tous pourris » avec une fin idiote (encore un coup du micro cachĂ©) avec la SEC, l’autoritĂ© de rĂ©gulation majeure des opĂ©rations boursières aux US, qui a le dernier mot : le système fonctionne. Ouf.

Faut-il voir en Wall Street un film qui a vieilli ? Pas tout Ă  fait, la toile de fond est donc Wall Street, la bourse, les golden boys. Oliver Stone dĂ©peint les dessous des marchĂ©s financiers. Volontiers sans pitiĂ©, ce monde est le repaire des coups fourrĂ©s entre milliardaires qui n’ont que faire des entreprises sur lesquelles ils spĂ©culent. Bien des points sont abordĂ©s, ou survolĂ©s : les OPA, les assemblĂ©es d’actionnaires, les licenciements abusifs, les dĂ©mantèlements, les golden parachutes… Oliver Stone raconte cet ère Reagan, ces annĂ©es frics. Les annĂ©es frics, voilĂ  ce que dĂ©peint Stone avec un certain plaisir : pas une scène oĂą on ne parle pas de pognon, qui ne pue pas le pognon. Tout le film tourne autour de ça comme une obsession. Pour la plupart des protagonistes, il est le vrai et le seul symbole de la rĂ©ussite. C’est donc aussi le culte de l’apparence que Stone illustre explicitement : un courtier doit vivre Ă  Manhattan pour ne pas passer pour un imbĂ©cile, il doit porter de beaux costards, dĂ©corer son appart Ă  la mode, avoir les poches remplies de billets…

Il faut Ă©videmment possĂ©der : les gadgets et passions de Gekko me faisaient bien marrer : la petite tĂ©lĂ© de deux pouces noir et blanc portative, le robot « Riptide style » qui sert Ă  boire et des tableaux/objets contemporains un peu partout. Plus dĂ©rangeant encore, ce dĂ©sir de possĂ©der, le fric ont tout remplacĂ© : Fox ne gagne pas la fille Ă  la fin. Bien qu’elle reconnaisse l’aimer, elle le plaque quand elle se rend compte qu’il perd pour rester sous l’aile du mec qui l’a trahi ! Et que penser de Gekko qui montre son enfant obèse comme il montre ses pistolets de collection pour finalement le remettre auprès de la nourrice comme s’il le rangeait dans une boĂ®te ? L’argent nous ferait perdre le sens des choses. C’est un lieu commun mais il est traitĂ© ici sans mĂ©nagement. Ces annĂ©es frics, ostentatoires donnent des ambitions et des exemples aux jeunes amĂ©ricains. Un film comme A la recherche du bonheur raconte finalement un tel parcours, rĂ©ussi cette fois-ci, Will Smith / Chris Gardner Ă©tant attirĂ© par ce boulot en voyant un de ces golden boys garer sa Ferrari. Stone nous rappelle qu’il y a, si j’ose dire, un prix Ă  payer.

Cette Ă©poque, vingt ans dĂ©jĂ , est-elle rĂ©volue ? Pas tant que ça, notre monde n’est pas tellement diffĂ©rent. La loi du dernier cri fait que la mini-tĂ©lĂ© noir et blanc et le robot serveur ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par l’iPhone et les produits bios et l’art contemporain n’en finit plus de flamber dans les ventes aux enchères. Tout le monde parle de fric et des marchĂ©s financiers, du grĂ©viste de Saint Lazare au prĂ©sident des USA, et veut une part du gâteau. Et, en cette pĂ©riode de crise oĂą tout le monde perd, toutes les arnaques tombent comme des mouches, des entreprises truquant leurs rĂ©sultats Ă  la fameuse arnaque Maddoff Ă  50 milliards de dollars. Une ultime (pour le moment) esbrouffe rĂ©alisĂ©e au nez et Ă  la barbe, voire peut-ĂŞtre la collaboration, de la multitude d’autoritĂ©s de rĂ©gulation dont la SEC, seul garde fou du film de Stone !

Wall Street n’est pas un film trĂ©pidant, pas toujours très fin, Oliver Stone n’est pas non plus connu pour ĂŞtre un rĂ©alisateur tout en finesse, mais on y trouvera un des meilleurs rĂ´les de Michael Douglas et une chronique de ces annĂ©es yuppies dont pas mal de choses demeurent encore d’une troublante actualitĂ©. Plus les choses changent et plus elles restent les mĂŞmes. Plikssen a une nouvelle fois raison.

wallstreet

 Par Pascal     Commenter21 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

RIP Patrick McGoohan

Patrick McGoohan est mort Ă  80 ans. Il aura eu une carrière plutĂ´t riche et variĂ©e et s’est notamment distinguĂ© dans les meilleurs Ă©pisodes de Columbo. Mais il ne se faut pas se voiler la face : l’acteur sera toujours pour moi le Prisonnier. Lui-mĂŞme le reconnaissait. Je ne ferai pas cet article autrement. En 1967, Patrick MacGoohan a créé cette courte sĂ©rie (17 Ă©pisodes) qui devint une des plus mĂ©morables de toute l’histoire de la tĂ©lĂ©vision. Une sĂ©rie sur la libertĂ© avec des instants dĂ©ments et un dernier Ă©pisode totalement fou entre psychĂ©dĂ©lisme très sixties et modernitĂ©, oĂą le chemin vers la libĂ©ration est une allĂ©e de jukebox.
Pour avoir durablement marqué ma vie devant mon petit écran, je lui rend hommage.

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 Par Pascal     Commenter17 janvier 2009    Catégories: Articles SĂ©ries

L’oeil du Mal

Vu le 12/1/2009 Ă  l’UGC George V salle 7 en VO

Je me souviens d’une critique, nĂ©gative, de TĂ©lĂ©rama sur Twister oĂą le film de Jan de Bont Ă©tait comparĂ© Ă  une fĂŞte foraine, un spectacle avec des attractions. Je n’ai jamais trop compris, enfin un peu quand mĂŞme, pourquoi il faut dĂ©nigrer ce style de film. L’oeil du Mal rentre un peu dans cette catĂ©gorie. Après son sympathique ParanoĂŻak qui se rĂ©fèrait Ă  FenĂŞtre sur cour, D.J. Caruso reprend Ă  son compte la Mort au trousse. Son film est une sorte de tour de montagnes russes. Ainsi, deux inconnus reçoivent, sĂ©parĂ©mment, un coup de tĂ©lĂ©phone et entendent une femme les ordonnant de suivre rapidement des instructions dĂ©lirantes. Ses prĂ©dictions, ses menaces et ses capacitĂ©s d’action, comme dĂ©router un mĂ©tro ou manipuler des grues, se rĂ©vèlent de plus en plus insistantes. Et c’est parti pour un tour avec deux personnes qui n’ont pas la moindre idĂ©e de leur prĂ©sence dans cette galère…

En toile de fond, il y a une histoire de terrorisme et des choix difficiles Ă  faire au Moyen Orient mais je crois qu’on peut en avoir rien Ă  faire. Seul compte la course trĂ©pidante de Jerry et Rachel. Le rythme est en effet frĂ©nĂ©tique. D.J. Caruso privilĂ©gie l’action Ă  tout va ce qui a quelques consĂ©quences dont un certain manque de lisibilitĂ© dans les grands moments d’action. On pourra aussi oublier un final très conservateur limite all american hero avec une rĂ©conciliation factice père-fils, une mĂ©daille du congrès (ou Ă©quivalent) dĂ©livrĂ©e, des responsables du dĂ©sastre qui ne sont pas mis Ă  l’Ă©cart et un baiser final certes tendre mais sur la joue. On pourrait aussi discuter de la deuxième partie du film, conçue autour d’un twist Ă  mi-parcours. Ce dernier Ă©tait relativement nĂ©cessaire, la femme au tĂ©lĂ©phone ayant une capacitĂ© un peu trop exceptionnelle d’improvisation, mais il se rĂ©vèle lĂ©gèrement invraisemblable. Il est cependant tellement ludique qu’on a vraiment envie d’y croire pour au-moins une autre heure.

Et il y a d’excellents moments de suspense particulièrement dans la salle de traitement des bagages dans un aĂ©roport, dĂ©luge de tapis roulant, rarement montrĂ© au cinĂ©ma je crois (j’ai uniquement en mĂ©moire Toy Story 2 seulement). Cet enfer de tapis roulants est pourtant très cinĂ©matograhique. Au fond, mĂŞme si on ne comprend pas toujours tout, c’est souvent jouissif.

Et comme ParanoĂŻak, le film est tirĂ© vers le haut grâce Ă  un excellent Shia Labeouf très bien Ă©paulĂ© par Michelle Monaghan. Shia Labeouf, protĂ©gĂ© de Steven Spielberg producteur du film comme il le fut pour Transformers est toujours très bon, très vif. C’est aussi un peu mon chouchou actuel, dont le nom incite Ă  me dĂ©placer dans les salles obscures. Particulièrement grâce Ă  ce couple et Ă  un plutĂ´t drĂ´le Billy Bob Thornton, on sort de la salle obscure sur les rotules et ravi : pendant deux heures, j’ai oubliĂ© mon quotidien. C’est pas la Mort au trousse hein mais Ce soir-lĂ , c’est exactement ce qu’il me fallait. Merci Shia.

eagleeye

 Par Pascal     Commenter16 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Le Bon, la Brute et le Cinglé

Vu le 6/1/2009 Ă  l’UGC George V salle 11 en VO

Trois hommes, mais aussi des gangs et une armĂ©e, se mettent en quĂŞte d’une carte au trĂ©sor, le fameux trĂ©sor de la Mandchourie.

Bien que largement vu comme principalement amĂ©ricain, le western, ses grands espaces et ses grandes histoires, a toujours dĂ©passĂ© les frontières jusqu’en Europe mais aussi en Asie. Le rĂ©alisateur corĂ©en Kim Ji-Woon n’a pas rĂ©sistĂ© Ă  s’attaquer au genre en citant explicitement Sergio Leone et son Le Bon, La Brute et le Truand. Mais alors que le rĂ©alisateur italien situait son film en AmĂ©rique, Kim Ji-Woon transpose l’action en Mandchourie dans les annĂ©es 30. Film cosmopolite tournĂ© en trois langues (CorĂ©en, Japonais, Chinois), le metteur en scène magnifie le dĂ©sert de Mandchourie et dresse un dĂ©corum de western traditionnel poussiĂ©reux avec un petit cĂ´tĂ© post-apocalyptique pour sa prĂ©sence d’Ă©lĂ©ments plus modernes car nous sommes dans les annĂ©es 30 : armes automatiques,motos et jeeps.

C’est donc dire s’il règne un joyeux bordel dans la première partie du film oĂą tout le monde semble l’ennemi de tout le monde jusqu’au vertige lors des fusillades diverses oĂą les diffĂ©rents camps ne sont pas toujours clairement identifiĂ©s (peut-ĂŞtre est-ce liĂ© Ă  une mĂ©connaissance culturelle). Les fusillades et sĂ©quences mouvementĂ©es sont très nombreuses dans le film avec un ton très singulier, mĂ©lange d’humour noir ou absurde (la sĂ©quence oĂą Kang-ho Song revĂŞt un casque de scaphandre est tordante) et de gore explicite, le sang jaillissant Ă  profusion. Kim Ji-Woon nous propose ainsi un cocktail mĂ©morable et imprĂ©visible.
Les moments de rĂ©pits en deviennent un peu longs, Le Bon, la Brute et le CinglĂ© a en effet un peu moins de corps dans son dĂ©veloppement mais il trouve une conclusion dantesque partant d’une chevauchĂ©e explosive et terriblement jouissive pour se terminer sur le gĂ©nial et attendu duel Ă  trois. A moins d’ĂŞtre totalement hermĂ©tique aux films d’action, Cette dernière bonne demi-heure, très bien filmĂ©e, est un vĂ©ritable bonheur.

La toile de fond est aussi intĂ©ressante puisqu’elle Ă©voque l’occupation japonaise en CorĂ©e sous la forme d’exilĂ©s en terre chinoise. Ces mercenaires corĂ©ens, tels les Ronins japonais, cherchent pour la plupart la bonne fortune et ont une vision empreinte de fatalitĂ© sur cette occupation loin des vellĂ©itĂ©s patriotiques. Il n’est alors pas Ă©tonnant que la quĂŞte de ces hommes tournent comme Ă  vide, se raccrochant Ă  quelques grandes espĂ©rances (l’argent pour le Bon, la terre et le troupeau pour le cinglĂ©, la gloire, et la vengeance, pour la brute) que le regard de Kim Ji-Woon rend pathĂ©tique. Ce cĂ´tĂ© dĂ©risoire, cette absence de sens se retrouvent donc dans ces belles images et ces fusillades sans fin. Les dĂ©racinĂ©s n’ont plus que cela Ă  faire : errer et se battre.

La rĂ©ussite du film est aussi celle du trio d’acteurs. Loin de l’ironie du « Bon » Clint Eastwood, Jung Woo-Sung interprète un chasseur de prime monolithique très proche hĂ©ros solitaire sans peur et sans reproche. CombinĂ© Ă  son sĂ©rieux Ă  toute Ă©preuve, il tranche avec les deux autres protagonistes. Mais il n’est pas sans un certain humour, le rĂ©alisateur poussant cette figure hĂ©roĂŻque Ă  massacrer Ă  lui tout seul la moitiĂ© d’un rĂ©giment japonais !
Byung-hun Lee est la brute ou plus ou moins le mĂ©chant de l’histoire aux motivations et actions tordues. Acteur principal du prĂ©cĂ©dent film de Kim Ji-woon, le bon A Bittersweet Life, l’acteur est plus survoltĂ© et inquiĂ©tant, parfait.
Enfin, j’ai dĂ©jĂ  dit Ă  deux reprises, pour The Host et Foul King (de Kim Ji-Woon Ă©galement) tout le bien que je pensais de Kang-ho Song. Excellent cinglĂ© et singulièrement comique tout au long du film et capable de changer en un regard totalement son attitude dans ses derniers instants. Star en CorĂ©e, il est tout simplement un des meilleurs acteurs actuels.

bonbrute

 Par Pascal     Commenter15 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Largo Winch

Vu le 22/12/2008 Ă  l’UGC George V salle 2

Il Ă©tait largement prĂ©visible de voir porter au grand Ă©cran la bande dessinĂ©e Largo Winch, l’enfant cachĂ© par son père qui l’adopta pour prĂ©parer la succession de son immense fortune. L’oeuvre de Jean Van Hamme et Philippe Françq a dĂ©jĂ  fait l’objet d’une adaptation tĂ©lĂ©visĂ©e mais elle ne semble pas avoir laissĂ© de grands souvenirs. Si on sent le potentiel pour un film, voire toute une saga, l’adaptation peut s’avĂ©rer dĂ©licate notamment visuellement. Il y a par exemple ce moment dans la BD oĂą Winch laisse tomber les actes de propriĂ©tĂ© de son empire du haut d’une falaise. Très belle page de BD, terriblement rĂ©vĂ©latrice mais difficile Ă  placer tel quel car trop invraisemblable.

Le metteur en scène JĂ©rĂ´me Salle avait donc prĂ©venu d’entrĂ©e Jean Van Hamme que son film, qui se fonde sur les premiers albums, allait prendre quelques libertĂ©s avec la BD. Ainsi l’alliĂ© Simon Ovronnaz passe Ă  la trappe au profit d’un homme de main de l’ombre (impeccable Gilbert Melki) et un personnage de femme plus ou moins fatale interprĂ©tĂ©e par MĂ©lanie Thierry actrice superbe qui a le mĂ©rite d’avoir dernièrement tentĂ© sa chance dans des films fantastiques ratĂ©s (Chrysalis, Babylon A.D.) plutĂ´t que des films d’auteur ratĂ©s. Et il y a bien entendu Tomer Sisley qui n’a pas vraiment la carrure du personnage dessinĂ© par Philippe Francq. L’acteur très investi est Ă  l’aise dans toutes les scènes. Il est un choix crĂ©dible qui se rĂ©vèle mĂŞme fort judicieux car son allure tranche « physiquement » avec l’empire qu’il est censĂ© diriger et impose naturellement un fossĂ©.

Fort d’un matĂ©riau de base plutĂ´t riche, le scĂ©nario est solide et dose bien les rebondissements, issus pourtant d’une très vieille marmite contenant notamment le coup de l’enregistrement en micro/camĂ©ra cachĂ©. Certaines scènes explicatives sont mĂŞmes assez captivantes (la description de l’OPA) et un humour pince sans rire ressort (« Je suis le mĂ©chant de l’histoire, – vous ĂŞtes parfait »). Il demeure quelques facilitĂ©s et quelques maladresses mais elles sont mineures. JĂ©rĂ´me Salle a pris quelques distances avec la BD mais il n’a cependant pu s’empĂŞcher de faire quelques clins d’oeil aux fans Ă  travers l’apparition sans intĂ©rĂŞt de Miss Pennywinkle (dans les toilettes…) ou d’un majordome Ă  la coiffure atypique. Ces deux personnages auraient gagnĂ© Ă  ĂŞtre dĂ©veloppĂ©s. Peut-ĂŞtre pour une suite…

Le point faible de Largo Winch est l’action. Tomer Sisley affirma qu’après avoir montrĂ© son film Ă  des distributeurs amĂ©ricains, ceux-ci croyaient Ă  une production de 100 millions de dollars alors que le film n’en coĂ»ta que 34,3 (au taux du jour). Les scènes d’action sont pourtant très courtes, filmĂ©es de trop près (le premier combat est incomprĂ©hensible) et faites Ă  l’Ă©conomie. JĂ©rĂ´me Salle Ă©voque souvent son tournage d’une course Ă  pied (encore une cf ma remarque sur Quantum of Solace) dans les rue de Hong Kong sans autorisation et en Ă©quipe rĂ©duite. Cela se voit. Et en regard des standards amĂ©ricains actuels, sauter d’un bus n’est pas très spectaculaire. Reste un ultime combat très sauvage sur le toit d’un immeuble. C’est peu pour un rival de James Bond. Mais Largo Winch est moins frustrant que la dernière mission de l’agent de sa MajestĂ© et se rĂ©vèle bien supĂ©rieur dans les moments intimes. Car cet Ă©pisode de Largo Winch est avant tout une histoire de famille et du poids de l’hĂ©ritage surtout quand il est mal acceptĂ©. JĂ©rĂ´me Salle propose finalement un film assez rĂ©ussi dont on peut espĂ©rer une suite si le succès, plutĂ´t modĂ©rĂ© (Le film atteindra difficilement deux millions d’entrĂ©es en France), le permet.

largowinch

 Par Pascal     Commenter10 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma

Le temps des comédies

Comme une sorte de tradition, la pĂ©riode janvier-avril est gĂ©nĂ©ralement propice aux « grosses » comĂ©dies françaises. C’est ainsi que vont dĂ©barquer sur nos Ă©crans des pointures du rire dans des comĂ©dies packagĂ©es pour ĂŞtre de grands succès. Voici mes a priori sur quelques-unes des prochains mois. Il en faut bien car on ne peut tout voir, et comme on peut le lire sur MovieBlog, ce n’est pas un drame.

oss117

laguerredesmiss

kingguillaume

leseminaire

lecodeachange

cyprien

coco

envoyes

lit

Benoît Poelvoorde dans La guerre des miss
Le film est rĂ©alisĂ© par Patrice Leconte qui met donc en scène une lutte entre deux villages voisins.. On dit aussi du bien de la performance d’Olivia Bonamy. Mais vraiment, la bande-annonce est laborieuse et terne. Le film aussi ?
La bande annonce

Gérard Jugnot et Gérard Lanvin dans Envoyés très spéciaux
Soit deux journalistes partant pour couvrir la guerre en Irak. L’un d’eux a des problèmes maritaux. Normal, le second couche avec sa femme. La bande-annonce laisse traĂ®ner un ou deux gags qui font sourire et s’illustre par des dĂ©cors très pauvres. Surtout elle semble bien raconter 80% du film. Je risque donc de m’en contenter.
La bande-annonce

Pierre-François Martin-Laval et Florence Foresti dans King Guillaume
Un couple fauchĂ© hĂ©rite d’un titre royal sur une Ă®le de Bretagne. L’affiche est assez nulle mais, surprise, la bande-annonce m’a beaucoup bien fait rire et elle ne raconte visiblement pas tout.
La bande annonce

Bruno Solo et Yvan Le Bolloc’h dans le SĂ©minaire
Ne regardant pas trop camĂ©ra cafĂ©, j’ai bien apprĂ©ciĂ© Espace DĂ©tente. Je ne l’ai pas revu et j’ai finalement assez peu de souvenirs mis Ă  part la dernière partie. Les teasers-saynètes sont plutĂ´t amusantes avec un Jean Claude Convenant outrancier comme toujours.
La bande annonce

Dany Boon et Marina Foïs dans Le Code a changé
La rĂ©alisatrice Danièle Thompson continue dans la comĂ©die chorale autour d’un dĂ®ner un peu comme dans la BĂ»che. Le teaser fleure bon la comĂ©die Ă  dialogues avec ses rĂ©pliques piquantes et Dany Boon en mari un peu innocent. Ca pourrait ĂŞtre pas mal et puis après tout La BĂ»che et Fauteuil d’orchestre n’Ă©taient pas dĂ©plaisants. Notons quand mĂŞme le budget annoncĂ© de douze millions d’euros ce qui est bien cher pour des plans dans des voitures et dans une maison mais il y a peut-ĂŞtre des choses coĂ»teuses qu’on nous montre pas…
La bande annonce

Elie Semoun dans Cyprien
Elie Semoun revient au cinĂ©ma avec son personnage cĂ©lèbre de frustrĂ© cherchant les blondes Ă  forte poitrine tout en plongeant dans l’univers des geeks/nerds. A cela s’ajoute une touche de fantastique façon Dr Jekyll et Mr Hide. La bande-annonce est une promesse de grosse caricature rendant ce Cyprien d’entrĂ©e distancĂ© par les films amĂ©ricains similaires dont le savoir faire en terme de vulgaritĂ© Ă©tonnamment bien dosĂ©e semble très supĂ©rieur. Elie Semoun n’ayant, souvent Ă  très juste titre, pas eu beaucoup de succès au grand Ă©cran, on peut rester sceptique.
La bande annonce

Gad Elmaleh dans Coco
Comme Elie Semoun, Gad Elmaleh puise dans ses sketches pour trouver des points de dĂ©part de comĂ©die. Il reprend donc ici un personnage d’un de ses spectacles dont le nom et aussi le titre du film. Gad Elmaleh l’a dĂ©jĂ  fait pour Chouchou qui fut un grand succès. Ce dernier film m’a pour ainsi dire « eu » grâce Ă  de nombreux atouts : une bande-annonce très drĂ´le, Alain Chabat et une salle de cinĂ©ma comble et acquise Ă  sa cause (qui applaudit dès le gĂ©nĂ©rique). La deuxième vision Ă  la tĂ©lĂ© rĂ©vĂ©la de nombreuses tares, un faux rythme et une histoire fort dĂ©risoire. En se mettant Ă©galement derrière la camĂ©ra, Gad Elmaleh a peut-ĂŞtre voulu prendre mieux les choses en main. Le teaser promet un abattage Ă©nergique d’un comique de tout premier plan avec sans doute une trame classique (on peut supposer que Coco rachètera ses « fautes » et lubies dans la dernière partie). Tout ceci semble un peu facile mais je lui laisse le bĂ©nĂ©fice du doute.
La bande annonce

On finit deux films Ă  commencer par ce que j’attends le plus : OSS 117 : Rio ne rĂ©pond plus
Le teaser, une scène, me fait beaucoup rire et me donne d’espoir pour retrouver l’esprit Ă©tonnant du premier Ă©pisode et un grand Jean Dujardin.

L’autre comĂ©die est celle que j’attends le moins : De l’autre cĂ´tĂ© du lit. Il faut d’abord commencer la bande annonce :

Je n’ai rien contre Dany Boon, comique aux spectacles souvent rigolos, dont le succès dĂ©mesurĂ© de ses ch’tis doit autant lui faire plaisir que l’embarrasser. Quant Ă  Sophie Marceau, je l’adore mais sa filmographie n’est pour moi pas Ă  la hauteur sans beaucoup de films inoubliables et aussi pas mal de navets. Et j’en reviens toujours Ă  regretter qu’elle n’est pas fait plus de film comme La fille de d’Artagnan, un de mes films de chevet, oĂą elle est virevoltante, tout Ă  fait dans son Ă©lĂ©ment.
Que dire finalement de ces quelques images ? Au delĂ  de l’idĂ©e de dĂ©part, assez peu originale Ă  l’ère de la tĂ©lĂ© rĂ©alitĂ© type « vis ma vie » et « on a Ă©changĂ© nos mamans », on nous remet une couche fĂ©ministe façon le mari pense que mère au foyer c’est les vacances (qui pense vraiment ça de nos jours ?) agrĂ©mentĂ© d’enfants insupportables le tout littĂ©ralement surlignĂ© au fluo (la vie de bureau, c’est tout noir et gris, la vie Ă  la maison c’est rose bonbon). Et des rĂ©pliques dĂ©jĂ  cultes : »plus de chocapic ? Et pourquoi pas une pĂ©nurie de nutella pendant que vous y ĂŞtes ? ». Je crois donc que je vais passer mon chemin ce qui est plutĂ´t agaçant tant j’aime bien Sophie Marceau.

Bonne année cinéma.

 Par Pascal     Commenter9 janvier 2009    Catégories: Articles CinĂ©ma


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