Archives de novembre 2008

Mesrine : L’ennemi public n°1

Vu le 24/11/2008 au MK2 Odéon salle 1

L’ennemi public n°1 est le deuxième volet du diptyque sur Jacques Mesrine après l’instinct de mort. Il retrace les dernières annĂ©es de sa vie principalement en France jusqu’Ă  sa mort en 1979. C’est dans ce deuxième film que nous voyons naĂ®tre la « lĂ©gende » Jacques Mesrine ou du moins le personnage public, celui qui fait la une des journaux pour ses mĂ©faits parfois spectaculaires mais Ă©galement pour ses interviews et son livre l’instinct de mort qu’il Ă©crit en prison.

L’approche de Richet sur Mesrine est encore plus radicale que dans le premier film comme si nous Ă©tions au cĹ“ur du personnage Mesrine. La mise en scène suit donc le personnage au plus près, Ă©pouse son Ă©nergie et ses multiples contradictions. D’une scène Ă  l’autre, nous passons du charme Ă  la violence la plus abjecte, du spectaculaire Ă  l’intime face Ă  son père ou Ă  sa fille oĂą il peine Ă  trouver des mots. L’ennemi public n°1 est une succession de coups de gueule, de coup d’Ă©clats et de numĂ©ro de charme. Cette forme syncopĂ©e, souvent gĂ©niale (l’interview notamment) dĂ©route quand mĂŞme un peu et, bien que le film soit très dense, on ne retrouve pas l’intensitĂ© du premier film. Les ellipses sont plus abruptes rendant l’histoire très discontinue.

Plus dĂ©routant est l’humour. Mesrine fait rire au tribunal et cela fait partie de sa vie. Cependant, le rĂ©alisateur imagine Ă©galement des situations humoristiques dans toute la première partie du film notamment sur la nĂ©gociation de la rançon avec Henry Lelièvre. Les sĂ©quences fonctionnent, aèrent mĂŞme le rĂ©cit, mais elles semblent aussi donner une nature comique Ă  Jacques Mesrine et au film, dans les limites de la complaisance. La deuxième partie est plus sĂ©rieuse, pour peu qu’on oublie l’effroyable accent de GĂ©rard Lanvin dans le rĂ´le de Charlie Bauer.

Enfin une remarque mineure plus liĂ©e au spectateur : la rĂ©alisation se heurte Ă  notre connaissance des thrillers hollywoodiens ou de Hong-Kong oĂą les flics et autres hommes de main meurent en masse. Richet doit se soumettre Ă  la rĂ©alitĂ© puisqu’il s’agit malgrĂ© tout d’un biopic : si beaucoup de coups de feu sont Ă©changĂ©s lors des multiples fusillades du film, ils ne tuent presque jamais personne. Au cinĂ©ma, cela paraĂ®t peu crĂ©dible tout comme lorsque Mesrine abat de trois balles un journaliste qui finit par s’en sortir. C’est assez intĂ©ressant : ce qui paraĂ®t invraisemblable au cinĂ©ma est vrai dans la rĂ©alitĂ©…

Sur l’histoire de Mesrine, le rĂ©alisateur n’hĂ©site pas Ă  trancher sur certains points encore nĂ©buleux notamment sur son Ă©vasion de la prison de la SantĂ© ou sur sa mort. Mesrine est un truand plein de contradictions, un sanguin marchant au culot et Ă  l’esbroufe, se considĂ©rant volontiers comme une star jusqu’Ă  devenir exubĂ©rant face Ă  la police. Bien qu’obsĂ©dĂ© par les quartiers de haute sĂ©curitĂ©, son engagement politique est aussi opportuniste que peu comprĂ©hensible idĂ©ologiquement. Cet engagement est efficacement rejetĂ© par François Besse (superbe Mathieu Almaric), compagnon qui finit par prendre ses distances.

Pris isolĂ©ment, ce deuxième film laisserait sans doute une impression d’Ă©puisement un peu vain. CouplĂ© Ă  l’Instinct de Mort, il demeure Ă©prouvant et, bien que très morcelĂ©, il reste cohĂ©rent avec le personnage et nous conduit vers l’inĂ©luctable. Entre le split screen dĂ©ment du premier film, la frĂ©nĂ©sie mĂ©diatique et le gĂ©nial point de vue des policiers, comme pris au piège dans leur planque, dans le second, la mise en scène de l’exĂ©cution de Mesrine pourrait faire l’objet d’un seul article. Aucun hĂ©roĂŻsme mais un constat minutieux, pas nĂ©cessairement vĂ©ridique, mais d’une prĂ©cision chirurgicale. On trouvera au passage la reconstitution des annĂ©es 70 très jouissive. Le diptyque Mesrine est une belle rĂ©ussite et portĂ©e par un Vincent Cassel au sommet.

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 Par Pascal     Commenter29 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

Mensonges d’Ă©tat

Vu le 17/11/2008 Ă  l’UGC OdĂ©on salle 3 en VO

Roger Ferris (Leonardo DiCaprio), un agent de la CIA, s’engage dans la traque d’un terroriste insaisissable en Jordanie. Il est en contact presque permanent avec Ed Hoffman (Russell Crowe), basĂ© aux USA. Rarement d’accord, les deux agents fomentent des coups de plus en plus douteux pour retrouver la trace du terroriste.

Mensonges d’Ă©tat est d’abord un thriller Ă  rebondissements très prenant. Ce n’est presque pas une surprise tant nous sommes en compagnie de pros du thriller. Le scĂ©nario de William Monahan (oscarisĂ© pour son adaptation des InfiltrĂ©s) est volontiers tortueux mais nous perd jamais et les deux stars DiCaprio et Crowe sont parfaites. A la camĂ©ra, Ridley Scott semble trouver une bonne synthèse de ses dernières productions et de celles de son frère Tony : Ennemi d’Ă©tat, Spy games et Black Hawk Down notamment. Son film est très spectaculaire et les sĂ©quences d’action sont parfaitement rĂ©alisĂ©es (et d’une grande clartĂ©). Rien que pour cela, le film mĂ©rite le dĂ©tour.

On doit cependant aller un petit peu plus loin puisque le sujet de Mensonges d’Ă©tat est très actuel puisqu’il est question de terrorisme et de l’action amĂ©ricaine. Les films traitant de ce thème très « post 11 septembre » sont assez nombreux et ont tous la particularitĂ© d’ĂŞtre des demi-succès ou des Ă©checs commerciaux sur le sol amĂ©ricain (Syriana, Lions et Agneaux, Dans la vallĂ©e d’Elah, DĂ©tention secrète et mĂŞme le World Trade Center de Oliver Stone). Mensonges d’Ă©tat n’Ă©chappe pas Ă  la règle. Ridley Scott y voit une forme de colère des amĂ©ricains face Ă  leur incomprĂ©hension. Son film Ă©voque quelque peu cet aspect.

Mensonges d’Ă©tat repose sur deux points de vue : celui depuis le terrain et celui depuis la mère patrie. Ferris et Hoffman personnifient ces deux facettes d’une mĂŞme nation. Ce sont aussi une vision locale et une vision globale qui s’opposent. La mise en scène de Ridley Scott oppose en effet constamment ces deux hommes Ĺ“uvrant pour le mĂŞme camp sans arrières-pensĂ©es. Ferris est au coeur de l’action, risque sa vie, doit toujours mentir et couvrir des actes parfois contradictoires. Il est un bras armĂ© mais très humain, de plus en plus embarrassĂ© et de plus en plus dĂ©tachĂ© de sa terre natale (il est en instance de divorce). Si on oublie son oreillette comme greffĂ©e Ă  son oreille, Hoffman est l’amĂ©ricain type, un peu bedonnant, amenant sa fille Ă  l’Ă©cole et regardant ses matchs de foot. La plupart de ses scènes renvoient Ă  la traditionnelle american way of life alors qu’il dĂ©cide du sort du monde par tĂ©lĂ©phone !

Le film de Ridley Scott n’est cependant pas binaire. Il rappelle les raisons de ce combat (des attentats en Occident, terriblement meurtriers) ainsi que la rĂ©alitĂ© sur le terrain. MalgrĂ© le chaos, Ferris s’attache au Moyen Orient et une de ses femmes (qui doit assumer des regards dĂ©sapprobateurs) tandis que le pouvoir local demeure, et ce n’est pas idiot de le rappeler, un acteur de tout premier plan. Il est reprĂ©sentĂ© par un chef de la police (excellent Mark Strong) toujours en costume impeccable et volontiers manipulateur.

Mensonge d’Ă©tat ne dĂ©livre cependant pas de message politique pĂ©remptoire mais prĂ©fère dresser un Ă©tat des lieux d’une AmĂ©rique qui se fixe un but mais qui a du mal Ă  trouver les bons moyens pour y parvenir jusqu’Ă  imaginer des coups tordus et ratĂ©s sous la forme d’un faux groupe terroriste. C’est pourtant une idĂ©e de Ferris, l’agent censĂ© connaĂ®tre le terrain (et plus ou moins gentil de l’histoire, preuve supplĂ©mentaire de la subtilitĂ© du film), illustration cinglante de la difficultĂ© des amĂ©ricains les plus pragmatiques Ă  comprendre la situation ou du moins Ă  la prendre en main.
On pourrait voir dans tout ça un propos et une prise de risque limitĂ©s mais Mensonge d’Ă©tat Ă©vite d’ĂŞtre confus comme Syriana et nuance les positions actuellement en vigueur Ă  Hollywood. C’est dĂ©jĂ  pas mal. Et il n’est pas non plus mal de voir en Mensonge d’Ă©tat un simple et bon thriller.

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 Par Pascal     2 commentaires24 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

The New Adventures of Old Christine

Non, The New Adventures of Old Christine n’est pas le retour de la fameuse voiture hantĂ©e sortie du cerveau de Stephen King.

Il s’agit nĂ©anmoins d’un retour, celui de Julia-Louis Dreyfus, hĂ©roine de la sĂ©rie Seinfeld, dans un sitcom.

La série, débutée en 2006, en est déjà à sa quatrième saison. Ce qui devrait être en soi un gage de qualité.

Il est souvent difficile pour des comĂ©diens ayant incarnĂ© des rĂ´les mĂ©morables, des personnages remarquables par leurs caractères, et sur le très long terme – pour Seinfeld, neuf saisons, 180 Ă©pisodes – de se reconvertir.
Certains, il est vrai, font logiquement le choix d’en rester lĂ . C’est le cas de Jerry Seinfeld lui-mĂŞme, qui, incarnant son propre rĂ´le dans sa sĂ©rie, a prĂ©fĂ©rĂ© se reposer sur son tapis de millions, pour se contenter de participer Ă  des doublages de dessins animĂ©s et Ă  des publicitĂ©s extrĂŞmement rĂ©munĂ©ratrices.

DiffĂ©remment, on peut Ă©couter Jason Alexander dans un extrait bonus d’un des DVD de Seinfeld (il s’agit en en rĂ©alitĂ© d’un extrait tirĂ© de Curb your enthusiasm) expliquer Ă  Larry David combien il lui a Ă©tĂ© impossible de trouver un rĂ´le intĂ©ressant suite Ă  l’arrĂŞt de la sĂ©rie, son personnage, George Costanza, l’ayant trop imprĂ©gnĂ©.
On pourrait dire la mĂŞme chose pour James Gandolfini dans le rĂ´le de Tony Soprano.
On en vient Ă  se demander si le talent et le travail de ces acteurs, si exceptionnels, ainsi que la chance d’ĂŞtre tombĂ© sur un rĂ´le très Ă©laborĂ©, ne les ont pas finalement desservis, en les attachant trop Ă  leur personnage.

C’est Ă  mon sens le mĂŞme syndrome qui a touchĂ© Julia-Louis Dreyfus pour le rĂ´le d’Elaine Benes dans Seinfeld.
Il lui a donc fallu trouver une parade, ce qu’elle a rĂ©ussi Ă  faire, avec succès : en crĂ©ant une nouvelle sĂ©rie reprenant les caractères essentiels de son ancien personnage, accentuĂ©s avec l’âge, et se dĂ©roulant autour d’Ă©lĂ©ments extĂ©rieurs adaptĂ©s Ă  l’Ă©poque de sa vie actuelle.

Christine Campbell est donc une Elaine Benes de la quarantaine. DivorcĂ©e, un enfant, propriĂ©taire d’un club de sport.
On pouvait sentir la nĂ©vrose d’Elaine Benes se dĂ©velopper dans les dernières saisons de Seinfeld. On la retrouve ici, omniprĂ©sente. Et toujours lĂ , aussi, cette manie de se compliquer la vie, perdurer dans ses erreurs, et gâcher des opportunitĂ©s.

Il n’est pas Ă©tonnant de voir Andy Ackerman, dĂ©jĂ  producteur et rĂ©alisateur de Seinfeld, encore une fois aux manettes.

Le thème de la sĂ©rie ne va pas chercher bien loin. C’est la vie quotidienne de Christine, Ă  travers sa recherche d’une certaine paix intĂ©rieure, d’un Ă©quilibre, et d’un nouveau compagnon.
Un peu irritant est l’Ă©pisode oĂą Christine prend activement part Ă  une action de discrimination positive dans l’Ă©cole de son fils, trop « blanche » Ă  son goĂ»t. Mais Ă  part ce numĂ©ro trop politique et pĂ©nible, les intrigues sont convenues et classiques, sur les rapports humains des protagonistes.

Vous aurez compris que les aventures de Christine ne sont pas forcément destinées au public de Heroes ou de The Big bang Theory.
On vise ici l’amĂ©ricaine moyenne de la quarantaine, pour partager ses soucis et Ă©tats d’âme.

Y aurait-il un rapport, Ă  part ce dĂ©sespoir, avec Desperate Housewives? Aucun. DĂ©jĂ  dans le format, rĂ©duit ici de moitiĂ© (20 minutes). Surtout, Old Christine a beaucoup moins d’ambition que DH, dans la rĂ©alisation et les intrigues. Et il s’agit avant tout d’une sĂ©rie comique, alors que DH explore bien plus de facettes scĂ©naristiques.

Et, en effet, on rigole pas mal. Les dialogues sont fins, réussis. Les acteurs secondaires plutôt bons.
Le problème de Old Christine est finalement celui de toutes les sĂ©ries : le renouvellement rĂ©ussi des intrigues. On passe ici d’un souci quotidien Ă  un autre. Est-ce suffisant pour nous retenir?

The New Adventures of Old Christine est-elle une sĂ©rie rĂ©ussie? Oui. Mais il faut se sentir un minimum concernĂ©, s’identifier Ă  l’hĂ©roĂŻne, pour passer les premiers Ă©pisodes et devenir un habituĂ© du show.
Sans quoi, vous passerez un bon moment, tout en ayant le risque que la lassitude vous gagne rapidement.

 Par Jb     Commenter20 novembre 2008    Catégories: SĂ©ries

How i met your mother again

Comme Jb, je suis fan de How i met your mother ou Himym. Age des protagonistes, lieux (New York), situations (amoureuses et professionnelles)… tout concourt Ă©videmment Ă  comparer la sitcom avec Friends. Je vais le dire de suite : Himym est moins drĂ´le que Friends mais plus touchante. Vulgairement, si on pouvait se pisser rĂ©gulièrement dessus avec Friends, on peut pleurnicher comme un con en regardant Himym. Et celui qui n’a pas les larmes aux yeux au « Thank God ! » de la pâtissière Ă  la fin de l’Ă©pisode 13 de la saison 1 n’a pas de coeur. La romance prend en effet souvent le pas sur le rire. On s’Ă©loigne de plus en plus du concept « sitcom sur rien » cher Ă  Seinfield et dont Friends semble pour moi une variation, dĂ©jĂ , plus romancĂ©e. Dans Hymim, c’est une vie amoureuse, celle de Ted, en quĂŞte de mariage et d’enfants, qui est au cĹ“ur du rĂ©cit. Il en rĂ©sulte une forte adhĂ©sion, voire identification, et pas mal d’Ă©merveillement quand on assiste Ă  ses efforts pour conquĂ©rir l’âme sĹ“ur que ce soit une danse de la pluie (le dernier Ă©pisode de la saison 1) ou un rendez vous romantique en deux minutes chrono (Ă©pisode 13 et point culminant de la saison 3 avec en prime un rĂ´le fort drĂ´le jouĂ© par Britney Spears).

Une raison de ce constat est que Himym s’Ă©carte, un peu, de la construction théâtrale propre aux sitcoms. Himym est une histoire contemporaine racontĂ©e depuis l’annĂ©e 2030. Chaque Ă©pisode est fait d’allers et retours incessants dans le temps jusqu’au virtuose dans l’Ă©pisode 11 de la saison 3 oĂą quatre histoires sĂ©parĂ©es, mais avec le mĂŞme canevas, sont narrĂ©es. Ce n’est pas tous les jours qu’une sitcom se permet des mises en scènes parfois complexes pour le genre dans le but de raconter une histoire ou simplement d’Ă©toffer le propos d’un des protagonistes. Ces derniers sont gĂ©niaux mĂŞme si la sĂ©rie souffre d’un dĂ©sĂ©quilibre : il y a Ted et Barney et les autres. Certains oseraient mĂŞme Barney, personnage aussi original qu’improbable, et les autres. Ce ne sera pas la première sitcom oĂą un ou deux personnages sont mis en valeur. Et après tout, Himym est racontĂ© par Ted. Quant Ă  Barney, j’envisage vraiment de crĂ©er mon premier groupe facebook « i wish i was Barney Stinson ».

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Le dĂ©marrage de la saison 4 est un peu en demi-teinte. L’essoufflement serait-il Ă  nos portes ? Rien n’y fait : les personnages sont de plus en plus attachants et le dĂ©sĂ©quilibre s’estompe. Depuis que j’ai vu Sans Sarah rien ne va, j’adore Marshall. J’adore les Ă©carts de voix directifs de Lily ou l’air accablĂ© de Robin quand elle joue Ă  la prĂ©sentatrice. Les tourments amoureux de l’odieux Barney sont curieusement Ă©mouvants mĂŞme dans les situations improbables. Et depuis l’Ă©pisode 5, j’ai l’impression que ça repart. Dans celui-ci, un mariage prend place et il s’avère bien plus malin que la caricature pĂ©nible que certaines scènes me faisaient redouter. Et le personnage de Ted est plus que jamais cohĂ©rent, l’Ă©pisode 6 et son dialogue « fantasmĂ© » est superbe, et proche de nous… l’aventure continue avec confiance.


 Par Pascal     1 commentaire20 novembre 2008    Catégories: SĂ©ries TĂ©lĂ©vision

Quantum of Solace

Vu le 5/11/2008 Ă  l’UGC Normandie Salle 1 en VO

(spoiler inside)
Deux ans après un Casino Royale qui relançait la franchise, la direction empruntĂ©e par le dernier James Bond, en gros plus de sĂ©rieux et moins de gadgets, Ă©tait source de nouvelles possibilitĂ©s plutĂ´t inĂ©dites, pour la sĂ©rie, qui ne demandaient qu’Ă  ĂŞtre dĂ©veloppĂ©es. L’essai est-il transformĂ© dans ce 2(2)ème Ă©pisode ? Pas vraiment. Si Quantum of Solace est dans la continuitĂ© du premier Ă©pisode, il est dĂ©ception sur bien des aspects.

Quantum of Solace commence une poignĂ©e de minutes après la fin de Casino Royale, comptant peut-ĂŞtre un peu trop sur notre mĂ©moire. Et nous sommes plongĂ©s dans une histoire gĂ©opolitisante, jeu trouble de la CIA inclus, oĂą on monnaye un coup d’Ă©tat bolivien et une portion de dĂ©sert disposant d’une ressource mystĂ©rieuse. Tout le monde croit que c’est du pĂ©trole mais c’est forcĂ©ment une fausse piste. Derrière tout ça, une mystĂ©rieuse organisation (a t’elle un nom ?) et un projet « quantum » d’oĂą plus ou moins le titre du film que Craig explique comme Ă©tant associĂ© Ă  « une once de consolation » et le fait de ne pas abandonner. Bien, bien.
De toute façon, plus encore que Casino Royale, on se fiche un peu de cette histoire d’autant plus qu’elle est traitĂ©e par-dessus la jambe. C’est un crash aĂ©rien fort Ă  propos dans le dĂ©sert qui nous rĂ©vèlera le pot aux roses. Certes les scĂ©narios des Bond sont souvent des histoires prĂ©texte Ă  des pĂ©ripĂ©ties multiples mais ici sa dimension volontairement sĂ©rieuse, presque rĂ©aliste, implique une ambition peu compatible avec cette machination sud amĂ©ricaine peu captivante.

Comme souvent, les mĂ©chants sont mieux mis en valeur que leurs coups tordus. Ici, nous nous trouvons donc confrontĂ©s Ă  une organisation Ă©voquĂ©e dans l’Ă©pisode prĂ©cĂ©dent. Elle est donc très mystĂ©rieuse, inconnue de l’Intelligence Service, mais aussi tentaculaire car un garde du corps personnel de M se rĂ©vèle ĂŞtre un traitre Ă  leur solde façon « nous sommes partout ». On Ă©vite heureusement les traĂ®tres Ă  rĂ©pĂ©tition tout au long du film façon 24. L’organisation est rĂ©vĂ©lĂ©e très joliment lors d’un opĂ©ra oĂą les conspirateurs se rĂ©unissent Ă  distance loin des meetings dans les repaires souterrains. Une bonne idĂ©e mais aussi le seul vĂ©ritable dĂ©veloppement sur cette organisation, l’action et l’intrigue prenant le pas autour du mĂ©chant Dominic Greene.

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Ce dernier est dans la tradition des mĂ©chants milliardaires et soi-disant philanthropes. L’Ă©cologie est le domaine de prĂ©dilection de Greene. Ses motivations demeurent cependant purement pĂ©cuniaires. L’interprĂ©tation de Mathieu Almaric est plutĂ´t intĂ©ressante montrant un cĂ´tĂ© effrayant mais aussi effrayĂ© face Ă  Bond notamment lors d’une rencontre fortuite Ă  l’opĂ©ra. Le revers de cette double facette est que son affrontement face Ă  Bond Ă  la hache comme Zorin dans Dangereusement votre,couinements aigus en sus (pour marquer le cĂ´tĂ© Ă©nergie du dĂ©sespoir ?), ne prĂ©sente que peu d’intĂ©rĂŞt et aucun suspense. Sa fuite dans le dĂ©sert est du coup pĂ©nible. Le super mĂ©chant est faible et lâche. En deux ellipses, on nous fait comprendre qu’il trahit tout ses « collègues » qui vont finir par l’abattre. Etant accompagnĂ© d’un homme de main encore plus faible, ça ne fonctionne tout simplement pas et on s’Ă©tonne mĂŞme, tant au niveau de la crĂ©dibilitĂ© de l’histoire que du scĂ©nario, qu’un homme si organisĂ© n’a pas de plan B et se ballade au cĹ“ur du dĂ©sert bolivien sans des dizaines de gardes du corps.

Quantum of Solace souffre au final d’un singulier manque de dĂ©veloppement de l’histoire et ses enjeux. L’intrigue autour de la mort de Vesper Lynd n’arrange rien car elle est Ă©galement très mal traitĂ©e. Bond est donc marquĂ© par la mort de Vesper et chercherait Ă  la venger. En dehors Ă©ventuellement d’un acte très cruel envers Greene (qui le lâche dans le dĂ©sert comme le Bon lâche la Brute), aucun de ses actes indique qu’il aurait agi diffĂ©remment sans cette quĂŞte de justice. Sa brutalitĂ© et son entĂŞtement sont dĂ©jĂ  deux traits de caractère du personnage et n’ont pas besoin de justifications supplĂ©mentaires. Ne reste que des dialogues fonctionnels et une photo de Vesper pour essayer de nous convaincre du contraire. C’est ratĂ© et finalement, il fait son deuil dans la dernière et courte scène face Ă  l’ex de Vesper Lynd, scène peu claire et sans rapport avec le reste de l’histoire. Quantum of Solace n’est pas un film vigilante façon Permis de tuer.

Le rĂ©alisateur Marc Forster semble donc comme survoler le scĂ©nario. Cela se ressent d’ailleurs dans sa durĂ©e. Alors que Casino Royale s’Ă©tirait inutilement, mais spectaculairement, après la mort du super vilain, Quantum of Solace est plutĂ´t court. On passe d’ailleurs d’un extrĂŞme Ă  l’autre : Casino Royale est semble t’il le plus long film de la sĂ©rie, Quantum of Solace le plus court (1h48). Ce dernier est expĂ©diĂ©. On arrive mĂŞme au final James Bond Vs Dominic Greene presque par surprise lors d’une sĂ©quence de signature du contrat entre Greene et le future ex-prochain dictateur sud amĂ©ricain, le GĂ©nĂ©ral Medrano.

Comme tout lecteur de Franquin sait que les contrats ne peuvent ĂŞtre signĂ©s, on comprend que ça va mal se passer. Si j’ai bien compris, l’explosion de deux bouteilles d’hydrogène provoque une rĂ©action en chaĂ®ne conduisant Ă  la destruction complète d’un hĂ´tel de cent mètre de long, dĂ©cors vraiment fantastique soit dit en passant, les autres dĂ©cors ne faisant guère plus qu’assurer un dĂ©paysement de carte postale (ce qui n’est pas si mal). Cette explosion de bouteilles reste Ă  vĂ©rifier car nous arrivons au plus gros problème de Quantum of Solace : l’action. Au jeu de la mise en scène de l’action, Marc Forster prouve qu’il n’est ni Paul Greengrass (La Mort dans la peau), ni Martin Campbell (Casino Royale et Goldeneye) . C’est simple : l’action n’est pas lisible et terriblement saccadĂ©e. Les poursuites Ă  pied du dĂ©but sont incomprĂ©hensibles. On ne sait tout simplement pas oĂą sont les acteurs, particulièrement dans le souterrain. Depuis quelques temps au cinĂ©ma, c’est la fĂŞte de la course Ă  pied dans les films (Les rivières pourpres, Jason Bourne, Mission Impossible 3, Ne le dis Ă  personne…). Ca doit ĂŞtre moins cher qu’une poursuite en voitures et c’est souvent plus spectaculaire. Ce n’est Ă©videmment pas le cas ici et les poursuites dans ce Bond ne supporte pas la comparaison avec aucun des films prĂ©cĂ©demment citĂ©s. On ne sait mĂŞme pas parfois ce que fait Bond pour se tirer de situations Ă©pineuses. Si quelqu’un pouvait ainsi m’expliquer exactement la manĹ“uvre que Bond fait pour provoquer l’explosion de l’avion ennemi (Ă  part l’aveugler), je suis preneur.
Le montage est Ă©videmment Ă  l’avenant : Ă©pileptique. C’est sans doute l’air du temps qui veut ça mais lĂ  oĂą l’action de la Mort dans la peau est extrĂŞmement sensitive, celle de Quantum of Solace ne suscite que de la gĂŞne et un effort pour comprendre ce qu’il se passe Ă  l’Ă©cran.

Demeure malgrĂ© tout les balades dans le dĂ©sert et la sĂ©quence finale somme toute très explosive cinĂ©gĂ©nique avec un Bond uniquement aidĂ© par son pistolet. Daniel Craig a heureusement beaucoup d’Ă©nergie Ă  revendre et demeure parfait en toute circonstance. AidĂ© par toujours autant de technologie (ordinateurs et portables), presque maternĂ© (on ne voyais pas autant M auparavant), il acquiert plus d’indĂ©pendance et demeure le plus souvent livrĂ© Ă  lui-mĂŞme, toujours autant bornĂ© et brutal, limite rustre. Il est paradoxalement superbe en smoking dans une suite de luxe. 007 a en outre un esprit plutĂ´t « badass » quand il jette dans une benne Ă  ordures le cadavre d’un ennemi-ami sous le regard dĂ©sapprobateur de Camille :« c’est ce qu’il aurait aimĂ© ». Excellent. L’humour est mĂŞme parfois direct au dĂ©tour de quelques rĂ©pliques mais c’est assez rare.

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Quantum of Solace vaut aussi le coup d’oeil pour les amateurs de James Bond girls. Les deux copines de l’agent secret sont largement meilleures que dans Casino Royale. Olga Kurylenko est superbe, Ă©videmment, mais en plus elle tient parfaitement son rĂ´le, bien plus crĂ©dible que sa Ford Ka rutilante dans les rues dĂ©labrĂ©es de Port au Prince. Comme de plus en plus avec les James Bond rĂ©cents, ce rĂ´le fĂ©minin est un peu Ă©toffĂ© avec une intrigue sur base d’une vengeance assĂ©nĂ©e rapidement mais peut-ĂŞtre un peu plus intĂ©ressante que celle de Bond puisque plus directe. Et son combat final est plus efficace en terme de suspense que celui de Bond.

Dans ces conditions, fallait-il alors se contenter de la bonne bande-annonce ? La franchise James Bond doit certes rĂ©pondre Ă  un cahier des charges prĂ©cis mais le film que nous avons sous les yeux est terriblement formatĂ© jusqu’aux rĂ©fĂ©rences caricaturales (la fille recouverte de pĂ©trole dans son lit façon Goldfinger…). On a l’impression qu’au lieu de construire sa lĂ©gende, la franchise se sert sans imagination de ses acquis et de la mode cinĂ© actuelle. L’avenir nous le confirmera. En attendant, les indulgents, dont je fais souvent partie, verront dans ce Quantum of Solace un film d’action carrĂ©, sans fioritures et rythmĂ©. Le succès est garanti. La sĂ©ance cinĂ© n’est pas une punition et on n’est pas mĂ©content de voir un James Bond. Mais le sĂ©cheresse gĂ©nĂ©rale du film pèse lourdement et il est tout simplement impossible pour ce Quantum of Solace de s’en sortir avec un second degrĂ© salvateur. James Bond est devenu un divertissement sĂ©rieux, lourd mais pas bien solide. Dans dix ans, je me demande si je ne prĂ©fĂ©rerais pas revoir Moonraker pour me divertir… et en plus le mĂ©chant est aussi Français !

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Fortunately, James Bond will return…

 Par Pascal     2 commentaires15 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

RIP Michael Crichton

Michael Crichton s’est Ă©teint Ă  66 ans le 4 novembre, quelques heures avant l’Ă©lection de Barack Obama Ă  la prĂ©sidence des Etats-Unis. Ces deux faits sont sans rapport mais disons que le second fait beaucoup d’ombre au premier. Je dois Ă  cet Ă©crivain d’ĂŞtre Ă  la base d’un de mes plus grands chocs au cinĂ©ma Ă  savoir Jurassic Park de Steven Spielberg adaptĂ© d’un de ses plus cĂ©lèbres romans dont la lecture fut fut aussi un choc.

Dès lors, je suivis sa carrière, passionnĂ© par ses romans souvent de science fiction mais parfois non comme l’excellent Les mangeurs de morts qui donna lieu Ă©galement Ă  un non moins excellent film, et une bataille entre le romancier et le rĂ©alisateur John McTierman. Ce ne fut pas toujours le cas : Soleil Levant est, de mĂ©moire, passablement ennuyeux tandis que Congo et Sphère, romans formidables, ont une rĂ©putation peu flatteuse. Je le confirme pour Sphère que j’ai vu. C’est nul. Tout comme Harcèlement mais je n’ai pas lu le livre Ă©ponyme.

Dans un de ses ultimes romans, très bon, il exposait son scepticisme face au rĂ©chauffement climatique. D’après WikipĂ©dia, il a visiblement fait scandale en exposant son point de vue en tant qu’expert sur la question alors qu’il n’a aucune formation sur le sujet. MĂ©decin de mĂ©tier, il me paraĂ®t cependant plus crĂ©dible, et moins intĂ©ressĂ©, que l’archi-politicien Al Gore. Bon ce n’est pas très petit Ă©cran comme propos. Pour rester hors sujet, j’ai Ă©tĂ© aussi fort intriguĂ© par ses expĂ©riences personnelles, parfois mystiques, qu’il relata dans son autobiographie Voyages.

Retour au petit Ă©cran et autre rĂ©alisation majeure : la crĂ©ation de la sĂ©rie Urgences et ce pilote incroyable avec ce Ross bourrĂ© (George Clooney) et Green qui ne dort pas (Anthony Edwards) puis Carter (Noah Wyle) que j’ai vu grandir puis vieillir jusqu’Ă  son dĂ©part de la sĂ©rie (et le mien en tant que spectateur).
Enfin, je n’ai vu aucune de ses rĂ©alisations, une erreur qu’il convient de rĂ©parer en supposant que les scripts valent bien mieux que celui de Twister

On s’intĂ©resse souvent davantage aux gens quand ils disparaissent. Je suis tristement banal… mais surtout triste qu’il nous ait quittĂ©s. Je lui rend hommage.

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 Par Pascal     Commenter10 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma SĂ©ries

Up : la bande-annonce

Wall-E est sorti et a Ă©merveillĂ© le monde entier (notons que son succès est moindre que Kung-fu Panda). Il est maintenant temps de s’intĂ©resser Ă  la suite des aventures de Pixar. Et comme on dit : « And Now, something completely different ». Et on obtient Up : c’est l’histoire d’un homme qui voyage avec un boy-scout Ă  bord de sa maison transformĂ©e en une sorte de montgolfière. Dit comme ça, c’est Ă©videmment Ă©trange. Et assez gĂ©nial, Up continue de prouver la crĂ©ativitĂ© et les paris audacieux de Pixar alors qu’il ont accĂ©lĂ©rĂ© la cadence avec un film par an.

Up est rĂ©alisĂ© par Bob Peterson, « vĂ©tĂ©ran » de Pixar qui dĂ©bute dans la rĂ©alisation, et surtout Pete Docter, scĂ©nariste de Wall-E et rĂ©alisateur de Monstres et compagnie, mon prĂ©fĂ©rĂ©, encore et toujours. MĂŞme si l’effet de la bande annonce, très amusante, est moindre que le premier teaser de Wall-E, c’est peu de dire que j’ai très hâte de dĂ©couvrir l’Ă©tĂ© prochain ce Up.


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source : firstshowing.net

 Par Pascal     Commenter8 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma

Mesrine : l’instinct de Mort

Vu le 27/10/2008 Ă  l’UGC George V salle 2

La vie de Jacques Mesrine en deux films. L’instinct de mort, titre de l’autobiographie de Mesrine, raconte son parcours de l’AlgĂ©rie au Canada au dĂ©but des annĂ©es 70.

Jacques Mesrine est un personnage controversĂ©. HĂ©ros ou exemple pour certains, pourriture pour d’autres, il est toujours le sujet d’enquĂŞtes, de bios et de chansons populaires. L’instinct de mort n’est d’ailleurs pas le premier biopic Ă  l’Ă©cran de ce personnage singulier. Jean-François Richet et le producteur Thomas Langmann, qui quoique je puisse en penser (notamment sur sa version des aventures d’AstĂ©rix) a su malgrĂ© tout porter ce projet pendant plusieurs annĂ©es, ont choisi une approche brute, sans glorification, qui Ă©vite les pièges du pensum politico-hĂ©roique. PassĂ© l’excellent gĂ©nĂ©rique/Ă©pilogue, nous sommes plongĂ©s en pleine guerre d’AlgĂ©rie oĂą on l’ordonne Ă  un Jacques encore jeune d’exĂ©cuter une femme. Tout au long du film il sera confrontĂ© Ă  des situations oĂą il choisit ou assume un choix, entre famille et amis, entre vie « honnĂŞte » et vie de bandit.

Le milieu de la pègre est alors dĂ©peint dans toute sa noirceur : aucun respect, aucun principe oĂą plutĂ´t chacun vit avec ses principes dans un monde sans loi. Si Mesrine est souvent profondĂ©ment cruel voire un peu fou quand il menace sa femme, il se forge parallèlement des amitiĂ©s solides et des amours sans concessions. Et nous parvenons peut-ĂŞtre aux sources de la fascination qu’exerce Mesrine : celle d’un homme butĂ© qui dicte ses propres règles, et mĂ©prise toutes les autres. Il met au dĂ©fi une sociĂ©tĂ© tout aussi paradoxale que lui, jusqu’Ă  l’absurde quand il souhaite sauver sa compagne Jeanne ou prendre pour cible un système carcĂ©ral (auquel il contribua Ă  sa chute) !

Depuis l’Assaut sur le central 13, j’ai confiance en Jean-François Richet et il ne déçoit en rien. Sa mise en scène aux ellipses parfois gĂ©niales (comme son premier passage en prison pour un braquage dont nous ne verrons rien) est encore plus intense que son remake du film de John Carpenter. De scènes intimistes en sĂ©quences violentes, pas une seconde n’est perdue. Un exemple de film coup de poing qui devient spectaculaire lors d’une fusillade brutale dans la prison canadienne oĂą il fut enfermĂ©. Cette scène d’action en immersion complète vaut plus que toutes celles de James Bond – Quantum of Solace qui sort presque en mĂŞme temps.

EntourĂ© d’une troupe d’acteurs parfaite (on voit partout au cinĂ©ma Gilles Lelouche et GĂ©rard Depardieu), Vincent Cassel interprète Jacques Mesrine et met en avant son jeu, sa manière de jouer. Il y a bien sur une certaine recherche de mimĂ©tisme, l’acteur a pris beaucoup de poids pour le rĂ´le, mais il apporte sa propre vision. Vincent Cassel ne joue pas la comĂ©die, n’est pas non plus Mesrine, il l’incarne superbement.

Mesrine sera toujours un personnage controversĂ©. Jean-François Richet ne tranchera sans doute pas un dĂ©bat qui va jusqu’Ă  la prononciation du nom « Mesrine » mais il n’oublie pas une chose : il fait du cinĂ©ma. Du très bon. Vivement la suite.

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 Par Pascal     Commenter7 novembre 2008    Catégories: CinĂ©ma


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