Archives de juin 2008

James Bond – Quantum of Solace en 2008

Le nouvel opus de James Bond a enfin un teaser pétaradant. Après un Casino Royale intéressant, trouver Marc Forster à la tête de cette grosse machine est assez étonnant. De lui, j’ai vu le mélo sordide A l’ombre de la haine (un vrai calvaire) puis le touchant Neverland et enfin le bon Harold Crick évoqué dans ce blog. Il a également réalisé un thriller, Stay. Tout est donc ouvert entre un auteur qui a sa vision du héros ou un réalisateur qui fait ce qu’on lui dit de faire. Le teaser est donc pétaradant avec ce qu’il faut d’héros ambivalent, caché dans l’ombre. Non vraiment, elle est bien cette bande-annonce mais cela pourrait être exactement le teaser de Jason Bourne 4. Certes, cette série n’a pas inventé la latte à main nues et les sauts de toit en toit mais l’impression générale du teaser demeure cette étrange similitude avec Jason en plus arrogant quand même à l’image du dernier plan de Casino Royale repris sur la première affiche de ce film et dans la bande-annonce. Bond n’a pas tout à fait perdu son âme… et cette direction, plus « sombre » avec un héros « torturé », suit l’air du temps et n’est pas en soi mauvaise. Un dernier mot sur le méchant de l’histoire interprété par le frenchy Mathieu Almaric. Il apparaît très furtivement. Mais j’y crois très fort ! Rendez-vous en Novembre.


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 Par Pascal     Commenter30 juin 2008    Catégories: Articles Cinéma

Sans Sarah, Rien ne va

Vu le 23/6/2008 à l’UGC George V Salle 3 en VO

Sarah Marshall décide un beau jour de plaquer son petit ami fou amoureux Peter Bretter. Ce dernier est inconsolable et part pour Hawaï se ressourcer. Mais il est dans le même hôtel que Sarah et son amant…

Par la suite, Peter va rencontrer une fille plus sympa. Sans Sarah, Rien ne va est en effet une comédie romantique. C’est surtout dans la comédie que le film est plutôt réussi. On retrouve sans mal le ton des Productions/Réalisations de Judd Apatow, presque un genre en soi. Les gags sont souvent crus et hilarants, parfois inattendus. Ils apparaissent souvent comme vrais, spontanés. Car c’est bien l’authenticité de ces dialogues très sexués et des situations, pourtant improbables sur le papier, qui font la force et le style Apatow. Cette réussite est très liée au côté improvisé et aux personnages masculins interprétés par des comiques souvent au physique atypique (Jonah Hill, héros de Supergrave, est merveilleux en fan de Rock timide).

Ce style est bien présent dans le film de Nicholas Stoller : la mise en scène a laissé une grande place à l’improvisation. Pour se faire, outre les stars du petit écran, on retrouve des pros du stand up (Russell Brand) et des transfuges de l’inébranlable Saturday Night Live. On a donc une brochette de personnages un peu losers variée et drôle de Paul Rudd en surfeur illuminé au jeune marié (Jack McBrayer) totalement paralysé par une femme nymphomane.

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Les films Apatow (40 toujours puceaux, En cloque, Supergrave) ne sont pas exempts de défauts. On retrouve parfois des moments de flottement. Généralement les scènes sans gags sont principalement utilitaires et surtout les personnages féminins sont rarement réussis ou attachants. En cloque est un exemple type. Le film est bon, très amusant même, mais était un peu longuet et non Katherine Heigl n’est pas drôle. Si les auteurs ont peut-être cerné le mystère féminin (certaines réactions des personnages féminins sont incompréhensibles), cela passe mal à l’écran.

Sans surprise, on retrouve ces problèmes dans Sans Sarah rien ne va qui n’est pas vraiment romantique. La réalisation privilégie le comique dans toutes les situations, comme la séquence de la rupture, et les situations sérieuses, l’ « étude » des relations dans le couple, sont sans intérêts, purement utilitaires, quand elles ne sont pas mauvaises à l’image de l’irréaliste explication de Sarah à Peter sur leur couple et tous ses efforts pour le sauver.
Il faut cependant savoir que depuis son rôle dans la saison 2 de Heroes, je n’aime pas Kristen Bell (Elle est plus drôle que Heigl cependant). Elle n’a pas encore le beau rôle ici ce qui me convient tout à fait. Elle est donc LA Sarah, la vedette d’un show poussif, le post-générique, ou plutôt pendant-générique, est pathétiquement drôle, qui plaque Peter pour convoler avec un rocker incarné par Russell Brand, monumental en personnage totalement déconnecté du monde et de fait invulnérable.

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C’est finalement l’enthousiasme qui l’emporte grâce à l’auteur/acteur Jason Segel. Génial dans le grand sitcom du moment, How I met your mother, il se donne totalement dans le film, particulièrement physiquement, et affine le personnage de ces comédies crues soit l’homme timoré et prostré, sans ambition, qui décide de prendre sa vie en main, ici à travers la musique avec une étonnante et sincère prouesse musicale dans les derniers moments du film.

 Par Pascal     Commenter28 juin 2008    Catégories: Cinéma

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C’est le nombre d’entrées en France, pas uniquement à Paris, en première semaine du film des frères Wachowski, Speed Racer. Certes, le box office en général est plutôt très moribond, presque sinistré pour ce début d’été. Même en tenant compte des mauvais résultats sur le sol américain, le résultat est on ne peut plus catastrophique et même la fête du cinéma ne risque pas d’inverser la tendance. Il faut pourtant voir ce film absolument dans les salles obscures. C’est une expérience unique.

 Par Pascal     Commenter26 juin 2008    Catégories: Brèves

EW Top 100 1983-2008

Grâce à Christophe Dechavanne et ses supers prime-times, on connaît bien la frénésie du monde pour les listes et classements de tout type. Le cinéma n’échappe évidemment pas à la règle et doit même en fait être un précurseur dans le genre au succès rarement démenti. Il suffit de lire les articles les plus populaires d’un des blogs américain sur le cinéma les plus connus (the movie blog) : 5 sur 10 sont des liste.

Grand diffuseur du genre (dont un très intéressant classement de 40 fins parfaites), Entertainment Weekly a donc publié un classement des 100 meilleurs films de 1983 à 2008 nous permettant de nous écarter quelque peu des listes définitives. J’en ai vu 78 ce qui n’est pas si mal et il y a seulement trois films dont je n’ai jamais entendu parler : deux documentaires dont Crumb de Terry Zwigoff sur le dessinateur Robert Crumb et qui récidivera avec l’étonnant docu-fiction American Splendor, et une comédie : Waiting for guffman de Christopher Guest (par ailleurs mari de Jamie Lee Curtis ce qui lui vaut d’entrée mon admiration).

Bien que de plus en plus gêné par l’arrogante cool&culte attitude de Quentin Tarantino, je ne suis pas surpris de trouver à la première place Pulp fiction, un film plus qu’emblématique des années 90, véritablement original à l’époque. Je ne l’ai pas vu depuis longtemps (deux fois au cinéma en fait et par morceaux à la télévision), je ne demande si le film a vieilli. Blue Velvet est à la quatrième place, film génial que je suis cependant surpris de voir si haut tout comme l’excellent Jerry Maguire à la 17ème place.

A part ça, difficile de ne pas trouver un quelconque intérêt à chacun des films cités mis à part éventuellement Naked Gun soit Y’a t’il un flic pour sauver Hollywood à la 52è place ce qui est un peu fort de café. Et on retrouve les cinéastes en vogue parfois plusieurs fois cités : Tarantino donc mais aussi Shyamalan, Cuaron, Wes et P.T Anderson, Linklater, les frères Wachowski, Nolan, Fincher, les frères Coen, Raimi…

C’est évidemment les absences qu’on peut regretter. La forte minorité de films étrangers (en gros l’asie, connaît pas si ce n’est Tigres et dragons) montre que cette liste américaine aurait pu se passer du reste du monde. Notons deux films allemands (Les ailes du désir, la vie des autres) contre zéro français. Cocorico. A la limite, on aurait pu voir sans être irréaliste Amélie Poulain sur cette liste. Et moi j’aurais bien mis « mes » films : Gattaca, Donnie Darko (elle n’est pas de moi, mais j’adhère totalement à la bannière de ce site), Brazil, Abyss, Créatures célestes, Dark City, un Jour sans fin… bon je n’ai qu’à faire ma liste !

Ici les 20 premiers, la suite c’est ici.

1. Pulp Fiction (1994)
2. The Lord of the Rings trilogy (2001-03)
3. Titanic (1997)
4. Blue Velvet (1986)
5. Toy Story (1995)
6. Saving Private Ryan (1998)
7. Hannah and Her Sisters (1986)
8. The Silence of the Lambs (1991)
9. Die Hard (1988)
10. Moulin Rouge (2001)
11. This Is Spinal Tap (1984)
12. The Matrix (1999)
13. GoodFellas (1990)
14. Crumb (1995)
15. Edward Scissorhands (1990)
16. Boogie Nights (1997)
17. Jerry Maguire (1996)
18. Do the Right Thing (1989)
19. Casino Royale (2006)
20. The Lion King (1994)

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 Par Pascal     Commenter26 juin 2008    Catégories: Cinéma

Death Race en 2008

Le remake de La course à la mort de l’an 2000 a donc été tourné. Porté par Paul W.S Anderson sur le projet depuis près de 10 ans, le rôle principal était initialement prévu par Tom Cruise ! Idée pour le moins étonnante. La raison est simple : Death Race raconte une course où le gagnant est celui qui tue le plus de personnes durant le trajet à travers une Amérique futuriste et décadente.
Suivant une mouvance entre science fiction désenchantée et politique, quelque chose entre Mad Max et Rollerball, la production Corman, pas très friquée mais très efficace, avait en tête d’affiche un David Carradine défiguré et un débutant, Sylvester Stallone, pour un résultat assez jouissif que certains pourront qualifier de culte.

Parmi les metteurs en scènes andersonniens, comme P.T Anderson (There Will be blood), Wes Anderson (La Vie Aquatique) où même Brad Anderson (The Machinist), Paul W.S n’est pas le meilleur mais il a un bon film à son actif, Event Horizon, un navet, Mortal Kombat, et des films d’action pas trop mauvais (le premier Resident Evil et Alien Vs Predator qui, quoique j’ai pu en lire, m’ont bien diverti au cinéma).

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Au vu de cette filmo, on ne peut pas espérer un pamphlet politique débridé et du politiquement incorrect et la bande-annonce le laisse penser. Nous retrouvons un Jason Statham tout en muscle dans ce qui sera un action movie au pénitencier dirigé par une Joan Allen aussi sèche que dans les deux derniers Jason Bourne. Difficile de croire que nous allons assister une histoire où on s’amuse à déposer les infirmes en travers de la route et où les compétiteurs sont accompagnés par des prostituées un peu neu-neu et vite dévêtues (dans la bande annonce, elles ont plutôt l’air de sexy girls farouches).

Il devrait probablement nous rester la lutte d’un homme contre un système injuste et évidemment des courses de bolides soit un Jour de Tonnerre un peu plus violent avec un vilain de service joué par Tyrese Gibson habitué des bolides depuis le rigolo 2 Fast 2 Furious. De ce côté là, le film risque d’être fort mouvementé et trouve sans doute sa raison d’être. Si on vient de nous apprendre que David Carradine fera un caméo dans ce nouveau Death Race, le concept de remake ne semble ici plus qu’un prétexte pour nous faire voir des voitures futuristes et meurtrières. Ce qui n’est pas une mauvaise idée en fin de compte.

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Sources :
Comme au cinéma
Bande annonce de Death Race

 Par Pascal     Commenter24 juin 2008    Catégories: Cinéma

Phénomènes

Situons un peu, j’aime beaucoup les films de M. Night Shyamalan depuis le Sixième sens. Mon préféré est Incassable et j’ai aimé la Jeune fille de l’eau le film qui semble avoir presque totalement mis à mal sa réputation à Hollywood. Si le film est parfois maladroit, il n’est pas un navet intersidéral car le réalisateur est loin d’être un manchot et ses images, ses évocations, sont toujours sincèrement superbes tout comme la fluidité, et parfois la densité, de ses intrigues.

Phénomènes débute par de dramatiques événements, des suicides collectifs d’abord dans les parcs de grandes villes puis dans tout le Nord Est des Etats-Unis. Si une attaque terroriste est d’abord évoquée, c’est bien la Nature elle-même qui semble être la cause de ces massacres.

De cette terrible menace, on ne saura finalement pas grand chose si ce n’est l’impuissance de l’homme face à celle-ci. Phénomènes se rapproche de La Guerre des Mondes et précisément du film de Spielberg avec cette famille en fuite se heurtant à une force incompréhensible et une population hostile. Un peu moins ambitieux, le film de Shyamalan ne supporte pas la comparaison avec le film de son grand admirateur mais il est tout à fait honorable et le réalisateur sait se distinguer en parvenant à insuffler de la force à son film sans effets spéciaux tonitruants mais avec simplement du vent voire un courant d’air.

On voit d’ici les vannes faciles (« Yo, ton film, c’est du vent ») se profiler et pourtant la mise en scène est efficace et les bons moments ne manquent pas dès le tout début véritablement glaçant. Les images sont souvent terrifiantes, le point d’orgue étant une ultime sortie vers Princetown frappée par la mort de manière abominable mais aussi la confrontation autour d’une maison close de tout part avec une menace humaine mais aussi insaisissable et impitoyable. L’isolement est à ce titre bien perçue comme une solution pour être en sécurité mais une solution nécessairement violente et temporaire comme le montre les dernières scènes dans les profondeurs de l’Amérique. Cette approche est plus intéressante que le message écolo un peu maladroit et trop passe-partout.

En toile de fond, une histoire de couple apparemment anodine, tout en retenue (un peu comme dans les films indiens peut-être) : la femme a mangé un dessert avec un autre homme (interprété par un Shyamalan invisible) sans le dire à son mari. « ! » pourrais t’on dire, la faute est apparemment inoffensive. Et pourtant, elle au coeur du film nous rappelant l’importance de la complicité du couple. A une époque voyeuriste qui nous épargne pas grand chose à la télévision et sur Internet en matière d’énormités, la séquence presque grotesque dans la fosse aux lions vue sur un téléphone portable semble l’illustrer, le metteur en scène nous raconte l’essence même de notre humanité et l’optimisme du film est bien portée par ce couple ayant du mal à franchir le pas mais transformée par les événements autour d’eux. Classique mais joliment fait.
Parfois sublimé par la musique du fidèle James Newton Howard, Phénomènes ne marque pas un retour en force mais atteste de la maîtrise de son auteur. Et c’est surtout un très bon moment de cinéma.

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 Par Pascal     1 commentaire22 juin 2008    Catégories: Cinéma

Rome 112

Après un an, et uniquement pour des raisons d’emploi du temps, j’ai fini par achever le visionnage de la saison 1 de Rome. Cette série est pleine de qualités et très théâtrale à l’image du rapporteur, véritable voix de Rome. Le dernier épisode raconte la fin abrupte du règne du « dictateur » César ce qui n’est pas vraiment une révélation. La dernière partie de l’épisode est un sommet, chacun des moments portant l’Histoire et l’histoire de manière emblématique : la mort bien sur de César, violente et pathétique, le visage de Brutus, le départ à reculons de Marc Antoine dans l’ombre, l’annonce glorieuse de Servilia à une Atia pour la première fois de la série déconfite…

Et il reste les deux héros Lucius et Titus, deux hommes de l’ombre servant à faire l’Histoire (le sauvetage et l’enfantement de Cléopâtre par exemple est étonnant) à la manière des protagonistes des romans de James Ellroy. Passés les rebondissements narratifs, ils nous plongent dans une vision vertigineuse de la société romaine. Vertigineuse car la série Rome n’a aucun point de vue « moderne ». On retrouve souvent dans les reconstitutions historique un héros qui est figure plus contemporaine tissant un lien entre notre société et celle décrite que ce soit dans les sagas de Robert Merle ou le Kingdom of Heaven de Ridley Scott précisément raté à cause d’un Orlando Bloom en pleine crise de foi. Rien de tout ça dans Rome, la plongée est sans aucun jugement ni condamnation, sans aucune véritable attache. La mort, le meurtre, les moeurs, les castes, le mariage, la politique et la superstition… tout le mode de vie est romain. Plus qu’une recherche, nécessaire évidemment, à tout prix de la véracité historique, il découle de ce choix assez rare une très grande réussite : celle de l’authenticité.

 Par Pascal     Commenter21 juin 2008    Catégories: Brèves Séries

JCVD

Vu le 4/6/2008 au MK2 Odéon Salle 2

JCVD débute par un calamiteux et paradoxalement statique travelling façon jeu vidéo. Jean Claude Van Damme tue de nombreux ennemis et sauve l’otage. Heureusement, ce n’est qu’un film dans le film réalisé par un péteux artiste asiatique. Le ton est donné. A 47 ans, l’acteur JCVD n’y croit plus et court après un cachet pour payer son avocat et obtenir la garde, ou au-moins le droit de visite, de sa fille. Ses cartes bleues bloquées, il se retrouve à la poste pour retirer de l’argent. Pas de bol, l’agence se faisait braquer…

JCVD c’est un peu l’autre côté du miroir où Jean-Claude Van Damme joue son propre rôle dans une fiction où il se trouve contraint de négocier avec des malfrats. L’humour le plus évident du film repose sur le décalage entre l’acteur dans la vie et l’idée que le spectateur s’en fait. Le « héros » a donc une peur terrible des flingues, a peur de mourir, ne veut surtout pas jouer au héros. Et pourtant, les occasions où les méchants baissent leur garde face à lui sont légions et on ne peut s’empêcher de se demander, tout comme l’acteur dans les derniers instants du film, ce qu’il attend pour foutre des side-kick libérateurs.
L’effet recherché est donc une réussite : en jouant son propre rôle, Jean Claude Van Damme est à contre-emploi ! Ce décalage déteint également sur les vrais malfaiteurs interprétés par des « gueules » certes mais pas forcément attendus dans le registre gangster sérieux mais minable. En petite frappe impulsive avec sa tignasse de hard rocker, Zinedine Soualem fleurte avec le ridicule. Et pourtant, lorsqu’il menace Van Damme, c’est vraiment intense. Le talent du réalisateur Mabrouk el Mechri n’est certainement pas pour rien dans cette réussite. Sa mise en scène est stylée, peut-être un peu trop d’ailleurs. La photo est bien trop esthétisante et trop terne : on ne voit vraiment pas grand chose. La prise d’otage demeure bien troussée avec des rebondissements et une résolution ironique assez bien vue reliant habilement ce casse à la vie de l’acteur. Et sans qu’on rigole tout le temps aux éclats, l’humour belge fait mouche.

Mabrouk el Mechri est aussi un authentique fan de l’acteur. Il ne fait pas grand mystère que JCVD est un écrin idéal pour l’acteur et de nombreux aspects de sa vie publique sont abordés tout comme sa lassitude, très drôle quand il reproduit pour la énième fois son coup de pied emblématique ! L’acteur est tout à fait à la hauteur mais son admirateur de metteur en scène lui en donne peut-être trop. A ce titre Le long monologue est assez embarrassant. La performance de Van Damme est très bonne, si bien qu’on se demande si tout est très écrit ou totalement improvisé. L’acteur se livre face caméra, nous fait un peu sourire (mais ce n’était sans doute pas le but), nous perd un peu aussi. Et son contenu est assez peu mémorable. Cette confession n’a rien à faire dans le film, à aucun moment. Un film au service de sa star n’est pas nécessairement mauvais, et JCVD ne l’est pas. Mais il n’est pas pertinent de l’encombrer d’une page de publicité, si sincère puisse t’elle être, pour que l’acteur nous dise qu’il est un brave type. Et pourquoi pas une pub de Tom Cruise sur la scientologie dans Mission Impossible ou un message de Wesley Snipes dans Blade nous incitant à payer nos impôts ?

JCVD n’avait pas besoin de ça d’autant plus que l’acteur est largement aussi touchant dans le film quand il explique sa vision de ses rôles à son agent ou surtout quand il subit désabusé, écrasé, les reproches de sa chauffeur de taxi, sans doute le plus beau moment du film. Jean-Claude Van Damme se révèle une star internationale belge accessible, gentille, et même polie, mais amère, triste. Malgré quelques maladresses, JCVD est souvent juste.

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 Par Pascal     Commenter14 juin 2008    Catégories: Articles Cinéma

Breaking Bad

Vous êtes habitués aux images léchées de Desperate Housewives, Prison Break, ou bien Weeds. Aux bons sentiments et personnages sans faille d’Heroes ou Lost.
Oubliez tout cela avec Breaking Bad. Une série dure, réaliste. Un décor et photographie sans fignolage, raw. Des dialogues limités, sans superflu. Et des personnages communs, mal fagotés, ridés; assez moches.

L’histoire ressemble à celle de Weeds, mais une classe (au sens marxiste) en dessous. Disparue, la mentalité libérale démocrate.
Walter White, un professeur de chimie qui a vraiment du mal à joindre les deux bouts et nourrir sa petite famille (comprenant un adolescent infirme), apprend soudainement qu’il est atteint d’un cancer des poumons.
Se sachant condamné, il décide d’utiliser ses exceptionnels talents de chimiste pour entreprendre, avec un ancien de ses élèves, un commerce de méthamphétamines. Pour ainsi engranger rapidement beaucoup d’argent et mettre sa famille à l’abri du besoin – et accessoirement payer sa chimiothérapie.

Outre les personnages très réalistes, l’ambiance est tendue au possible. Le handicap du fils, la pauvreté du foyer, la maladie de Walter créent des situations difficiles. Physiquement et moralement. La communication est peu évidente dans la famille.
Puis, évidemment, le trafic de drogues et les nouvelles relations humaines qu’il engendre ne vont pas aller sans complications sérieuses.

Que dire de plus? Cette série est une sensation. Arrêtez tout et regardez-la. Yo.

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 Par Jb     1 commentaire6 juin 2008    Catégories: Séries Télévision

Sex and the City

Vu le 3/6/2008 à l’UGC George 5 Salle 1 en VO

Il est délicat de faire une critique sur un film clôturant une série télévisée que je connais à peine, disons que j’ai vu 7 ou 8 épisodes, d’autant que je n’ai rien du public cible. Ce dernier est aisément reconnaissable, il suffisait d’attendre une quinzaine de minutes devant les caisses automatiques de l’UGC George 5 la semaine de la sortie du film. C’est évidemment un public essentiellement féminin, les quelques hommes perdus accompagnant madame. Elles sont des filles et des femmes se fondant dans cette masse que nous croisons tous les jours dans la rue mais qui, une fois réunies, forment une classe étonnamment homogène et en osmose avec les quatre héroïnes de la série.

Le film Sex and the City semble donc être la conclusion de la série. Les quatre femmes sont plus ou moins installées et vivent fort richement tandis que la dernière des célibataires, Carrie (qui a souvent des tenues abominables), accepte de se marier avec Mr Big. Le jour du mariage ne se passe pas comme prévu. Il faudra alors subir le plus horrible malentendu de la décennie soit :
- Big a des doutes et appelle Carrie qui est injoignable le jour J.
- Big finalement parvient à la joindre et lui dit qu’il ne peut pas et s’en va.
- Carrie lâche son téléphone au ralenti et s’en va.
- Big change d’avis et retourne à la noce (5 minutes, dans le film, plus tard).
- Il croise Carrie en voiture qui lui balance son bouquet à la figure et s’en va.
Après, ils ne se parlent et ne se voient plus pendant huit mois. Et finalement, en une seule scène, ils se retrouvent et décident de se marier quand même. Je viens de raconter la fin, oups. Et après on me dit que le script d’Indiana Jones est mauvais !

Les histoires avec les autres filles sont du même tonneau à la limite du moralisateur façon : « Même si tu étais grosse, on t’aimerait quand même. ». Tout romantisme est exclu ou bien trop appuyé. Un néophyte peut difficilement être touché par la vie amoureuse de ces femmes.
Quant à la comédie, on rit de temps en temps et tous les acteurs font bien leur travail. On retrouve avec surprise Jennifer Hudson, après Dreamgirls, toujours aussi à l’aise à l’écran : son entretien d’embauche constitue la meilleure scène du film et la plus spontanée. Son personnage, la fille qui vient à la City pour trouver le grand amour et finit par le (re)trouver dans sa ville natale, est un joli contrepoint aux héroïnes.

Devant un tel film, on pourrait donc tranquillement dire qu’il s’agit d’un épisode version longue, édulcoré soit dit en passant. Ce n’est pas tout à fait vrai. Avec un montage un peu remanié, Sex and the City correspondrait en fait à quatre épisodes mis bout à bout (le mariage raté, la dépression, la vie sans Big fois deux qui se clôture par les retrouvailles). Tout ça pour la modique somme de soixante-cinq millions de dollars là où la production de trois épisodes en aurait coûté peut-être quatre. Strictement rien ne justifie à l’écran une telle somme. Certains se sont certainement bien servis au passage, un peu comme dans les Bronzés 3. Dans le genre série récente adaptée à l’écran, on peut dire ce qu’on veut de la qualité d’une adaptation comme X-Files mais au-moins l’argent était un peu dépensé pour l’image avec de grosses explosions et des images magnifiques.

En définitive, Sex and the city semble comme souvent réservé exclusivement aux fans. Les autres ne trouveront pas là une raison de découvrir la série. Et l’amateur de comédie romantique préférera le plus modeste Jackpot, sorti deux semaines plus tôt, et qui est à la fois plus drôle et même plus romantique.

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 Par Pascal     Commenter5 juin 2008    Catégories: Articles Cinéma


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