Archives de juin 2008
Le nouvel opus de James Bond a enfin un teaser pĂ©taradant. Après un Casino Royale intĂ©ressant , trouver Marc Forster Ă la tĂŞte de cette grosse machine est assez Ă©tonnant. De lui, j’ai vu le mĂ©lo sordide A l’ombre de la haine (un vrai calvaire) puis le touchant Neverland et enfin le bon Harold Crick Ă©voquĂ© dans ce blog . Il a Ă©galement rĂ©alisĂ© un thriller, Stay . Tout est donc ouvert entre un auteur qui a sa vision du hĂ©ros ou un rĂ©alisateur qui fait ce qu’on lui dit de faire. Le teaser est donc pĂ©taradant avec ce qu’il faut d’hĂ©ros ambivalent, cachĂ© dans l’ombre. Non vraiment, elle est bien cette bande-annonce mais cela pourrait ĂŞtre exactement le teaser de Jason Bourne 4. Certes, cette sĂ©rie n’a pas inventĂ© la latte Ă main nues et les sauts de toit en toit mais l’impression gĂ©nĂ©rale du teaser demeure cette Ă©trange similitude avec Jason en plus arrogant quand mĂŞme Ă l’image du dernier plan de Casino Royale repris sur la première affiche de ce film et dans la bande-annonce. Bond n’a pas tout Ă fait perdu son âme… et cette direction, plus « sombre » avec un hĂ©ros « torturé », suit l’air du temps et n’est pas en soi mauvaise. Un dernier mot sur le mĂ©chant de l’histoire interprĂ©tĂ© par le frenchy Mathieu Almaric. Il apparaĂ®t très furtivement. Mais j’y crois très fort ! Rendez-vous en Novembre.
Par Pascal
30 juin 2008 Catégories: Articles CinĂ©ma
Vu le 23/6/2008 Ă l’UGC George V Salle 3 en VO
Sarah Marshall dĂ©cide un beau jour de plaquer son petit ami fou amoureux Peter Bretter. Ce dernier est inconsolable et part pour HawaĂŻ se ressourcer. Mais il est dans le mĂŞme hĂ´tel que Sarah et son amant…
Par la suite, Peter va rencontrer une fille plus sympa. Sans Sarah, Rien ne va est en effet une comĂ©die romantique. C’est surtout dans la comĂ©die que le film est plutĂ´t rĂ©ussi. On retrouve sans mal le ton des Productions/RĂ©alisations de Judd Apatow, presque un genre en soi. Les gags sont souvent crus et hilarants, parfois inattendus. Ils apparaissent souvent comme vrais, spontanĂ©s. Car c’est bien l’authenticitĂ© de ces dialogues très sexuĂ©s et des situations, pourtant improbables sur le papier, qui font la force et le style Apatow. Cette rĂ©ussite est très liĂ©e au cĂ´tĂ© improvisĂ© et aux personnages masculins interprĂ©tĂ©s par des comiques souvent au physique atypique (Jonah Hill, hĂ©ros de Supergrave , est merveilleux en fan de Rock timide).
Ce style est bien prĂ©sent dans le film de Nicholas Stoller : la mise en scène a laissĂ© une grande place Ă l’improvisation. Pour se faire, outre les stars du petit Ă©cran, on retrouve des pros du stand up (Russell Brand) et des transfuges de l’inĂ©branlable Saturday Night Live. On a donc une brochette de personnages un peu losers variĂ©e et drĂ´le de Paul Rudd en surfeur illuminĂ© au jeune mariĂ© (Jack McBrayer) totalement paralysĂ© par une femme nymphomane.
Les films Apatow (40 toujours puceaux, En cloque, Supergrave ) ne sont pas exempts de dĂ©fauts. On retrouve parfois des moments de flottement. GĂ©nĂ©ralement les scènes sans gags sont principalement utilitaires et surtout les personnages fĂ©minins sont rarement rĂ©ussis ou attachants. En cloque est un exemple type. Le film est bon, très amusant mĂŞme, mais Ă©tait un peu longuet et non Katherine Heigl n’est pas drĂ´le. Si les auteurs ont peut-ĂŞtre cernĂ© le mystère fĂ©minin (certaines rĂ©actions des personnages fĂ©minins sont incomprĂ©hensibles), cela passe mal Ă l’Ă©cran.
Sans surprise, on retrouve ces problèmes dans Sans Sarah rien ne va qui n’est pas vraiment romantique. La rĂ©alisation privilĂ©gie le comique dans toutes les situations, comme la sĂ©quence de la rupture, et les situations sĂ©rieuses, l’ « étude » des relations dans le couple, sont sans intĂ©rĂŞts, purement utilitaires, quand elles ne sont pas mauvaises Ă l’image de l’irrĂ©aliste explication de Sarah Ă Peter sur leur couple et tous ses efforts pour le sauver.
Il faut cependant savoir que depuis son rĂ´le dans la saison 2 de Heroes , je n’aime pas Kristen Bell (Elle est plus drĂ´le que Heigl cependant). Elle n’a pas encore le beau rĂ´le ici ce qui me convient tout Ă fait. Elle est donc LA Sarah, la vedette d’un show poussif, le post-gĂ©nĂ©rique, ou plutĂ´t pendant-gĂ©nĂ©rique, est pathĂ©tiquement drĂ´le, qui plaque Peter pour convoler avec un rocker incarnĂ© par Russell Brand, monumental en personnage totalement dĂ©connectĂ© du monde et de fait invulnĂ©rable.
C’est finalement l’enthousiasme qui l’emporte grâce Ă l’auteur/acteur Jason Segel. GĂ©nial dans le grand sitcom du moment, How I met your mother, il se donne totalement dans le film, particulièrement physiquement, et affine le personnage de ces comĂ©dies crues soit l’homme timorĂ© et prostrĂ©, sans ambition, qui dĂ©cide de prendre sa vie en main, ici Ă travers la musique avec une Ă©tonnante et sincère prouesse musicale dans les derniers moments du film.
Par Pascal
28 juin 2008 Catégories: CinĂ©ma
C’est le nombre d’entrĂ©es en France, pas uniquement Ă Paris, en première semaine du film des frères Wachowski, Speed Racer . Certes, le box office en gĂ©nĂ©ral est plutĂ´t très moribond, presque sinistrĂ© pour ce dĂ©but d’Ă©tĂ©. MĂŞme en tenant compte des mauvais rĂ©sultats sur le sol amĂ©ricain, le rĂ©sultat est on ne peut plus catastrophique et mĂŞme la fĂŞte du cinĂ©ma ne risque pas d’inverser la tendance. Il faut pourtant voir ce film absolument dans les salles obscures. C’est une expĂ©rience unique.
Par Pascal
26 juin 2008 Catégories: Brèves
Grâce Ă Christophe Dechavanne et ses supers prime-times, on connaĂ®t bien la frĂ©nĂ©sie du monde pour les listes et classements de tout type. Le cinĂ©ma n’Ă©chappe Ă©videmment pas Ă la règle et doit mĂŞme en fait ĂŞtre un prĂ©curseur dans le genre au succès rarement dĂ©menti. Il suffit de lire les articles les plus populaires d’un des blogs amĂ©ricain sur le cinĂ©ma les plus connus (the movie blog ) : 5 sur 10 sont des liste.
Grand diffuseur du genre (dont un très intĂ©ressant classement de 40 fins parfaites ), Entertainment Weekly a donc publiĂ© un classement des 100 meilleurs films de 1983 Ă 2008 nous permettant de nous Ă©carter quelque peu des listes dĂ©finitives. J’en ai vu 78 ce qui n’est pas si mal et il y a seulement trois films dont je n’ai jamais entendu parler : deux documentaires dont Crumb de Terry Zwigoff sur le dessinateur Robert Crumb et qui rĂ©cidivera avec l’Ă©tonnant docu-fiction American Splendor , et une comĂ©die : Waiting for guffman de Christopher Guest (par ailleurs mari de Jamie Lee Curtis ce qui lui vaut d’entrĂ©e mon admiration).
Bien que de plus en plus gĂŞnĂ© par l’arrogante cool&culte attitude de Quentin Tarantino, je ne suis pas surpris de trouver Ă la première place Pulp fiction , un film plus qu’emblĂ©matique des annĂ©es 90, vĂ©ritablement original Ă l’Ă©poque. Je ne l’ai pas vu depuis longtemps (deux fois au cinĂ©ma en fait et par morceaux Ă la tĂ©lĂ©vision), je ne demande si le film a vieilli. Blue Velvet est Ă la quatrième place, film gĂ©nial que je suis cependant surpris de voir si haut tout comme l’excellent Jerry Maguire Ă la 17ème place.
A part ça, difficile de ne pas trouver un quelconque intĂ©rĂŞt Ă chacun des films citĂ©s mis Ă part Ă©ventuellement Naked Gun soit Y’a t’il un flic pour sauver Hollywood Ă la 52è place ce qui est un peu fort de cafĂ©. Et on retrouve les cinĂ©astes en vogue parfois plusieurs fois citĂ©s : Tarantino donc mais aussi Shyamalan, Cuaron, Wes et P.T Anderson, Linklater, les frères Wachowski, Nolan, Fincher, les frères Coen, Raimi…
C’est Ă©videmment les absences qu’on peut regretter. La forte minoritĂ© de films Ă©trangers (en gros l’asie, connaĂ®t pas si ce n’est Tigres et dragons ) montre que cette liste amĂ©ricaine aurait pu se passer du reste du monde. Notons deux films allemands (Les ailes du dĂ©sir , la vie des autres ) contre zĂ©ro français. Cocorico. A la limite, on aurait pu voir sans ĂŞtre irrĂ©aliste AmĂ©lie Poulain sur cette liste. Et moi j’aurais bien mis « mes » films : Gattaca , Donnie Darko (elle n’est pas de moi, mais j’adhère totalement Ă la bannière de ce site), Brazil , Abyss , CrĂ©atures cĂ©lestes , Dark City , un Jour sans fin … bon je n’ai qu’Ă faire ma liste !
Ici les 20 premiers, la suite c’est ici .
1. Pulp Fiction (1994)
2. The Lord of the Rings trilogy (2001-03)
3. Titanic (1997)
4. Blue Velvet (1986)
5. Toy Story (1995)
6. Saving Private Ryan (1998)
7. Hannah and Her Sisters (1986)
8. The Silence of the Lambs (1991)
9. Die Hard (1988)
10. Moulin Rouge (2001)
11. This Is Spinal Tap (1984)
12. The Matrix (1999)
13. GoodFellas (1990)
14. Crumb (1995)
15. Edward Scissorhands (1990)
16. Boogie Nights (1997)
17. Jerry Maguire (1996)
18. Do the Right Thing (1989)
19. Casino Royale (2006)
20. The Lion King (1994)
Par Pascal
26 juin 2008 Catégories: CinĂ©ma
Le remake de La course Ă la mort de l’an 2000 a donc Ă©tĂ© tournĂ©. PortĂ© par Paul W.S Anderson sur le projet depuis près de 10 ans, le rĂ´le principal Ă©tait initialement prĂ©vu par Tom Cruise ! IdĂ©e pour le moins Ă©tonnante. La raison est simple : Death Race raconte une course oĂą le gagnant est celui qui tue le plus de personnes durant le trajet Ă travers une AmĂ©rique futuriste et dĂ©cadente.
Suivant une mouvance entre science fiction dĂ©senchantĂ©e et politique, quelque chose entre Mad Max et Rollerball , la production Corman, pas très friquĂ©e mais très efficace, avait en tĂŞte d’affiche un David Carradine dĂ©figurĂ© et un dĂ©butant, Sylvester Stallone, pour un rĂ©sultat assez jouissif que certains pourront qualifier de culte.
Parmi les metteurs en scènes andersonniens, comme P.T Anderson (There Will be blood ), Wes Anderson (La Vie Aquatique ) oĂą mĂŞme Brad Anderson (The Machinist ), Paul W.S n’est pas le meilleur mais il a un bon film Ă son actif, Event Horizon , un navet, Mortal Kombat , et des films d’action pas trop mauvais (le premier Resident Evil et Alien Vs Predator qui, quoique j’ai pu en lire, m’ont bien diverti au cinĂ©ma).
Au vu de cette filmo, on ne peut pas espĂ©rer un pamphlet politique dĂ©bridĂ© et du politiquement incorrect et la bande-annonce le laisse penser. Nous retrouvons un Jason Statham tout en muscle dans ce qui sera un action movie au pĂ©nitencier dirigĂ© par une Joan Allen aussi sèche que dans les deux derniers Jason Bourne . Difficile de croire que nous allons assister une histoire oĂą on s’amuse Ă dĂ©poser les infirmes en travers de la route et oĂą les compĂ©titeurs sont accompagnĂ©s par des prostituĂ©es un peu neu-neu et vite dĂ©vĂŞtues (dans la bande annonce, elles ont plutĂ´t l’air de sexy girls farouches).
Il devrait probablement nous rester la lutte d’un homme contre un système injuste et Ă©videmment des courses de bolides soit un Jour de Tonnerre un peu plus violent avec un vilain de service jouĂ© par Tyrese Gibson habituĂ© des bolides depuis le rigolo 2 Fast 2 Furious . De ce cĂ´tĂ© lĂ , le film risque d’ĂŞtre fort mouvementĂ© et trouve sans doute sa raison d’ĂŞtre. Si on vient de nous apprendre que David Carradine fera un camĂ©o dans ce nouveau Death Race , le concept de remake ne semble ici plus qu’un prĂ©texte pour nous faire voir des voitures futuristes et meurtrières. Ce qui n’est pas une mauvaise idĂ©e en fin de compte.
Sources :
Comme au cinéma
Bande annonce de Death Race
Par Pascal
24 juin 2008 Catégories: CinĂ©ma
Situons un peu, j’aime beaucoup les films de M. Night Shyamalan depuis le Sixième sens . Mon prĂ©fĂ©rĂ© est Incassable et j’ai aimĂ© la Jeune fille de l’eau le film qui semble avoir presque totalement mis Ă mal sa rĂ©putation Ă Hollywood. Si le film est parfois maladroit, il n’est pas un navet intersidĂ©ral car le rĂ©alisateur est loin d’ĂŞtre un manchot et ses images, ses Ă©vocations, sont toujours sincèrement superbes tout comme la fluiditĂ©, et parfois la densitĂ©, de ses intrigues.
PhĂ©nomènes dĂ©bute par de dramatiques Ă©vĂ©nements, des suicides collectifs d’abord dans les parcs de grandes villes puis dans tout le Nord Est des Etats-Unis. Si une attaque terroriste est d’abord Ă©voquĂ©e, c’est bien la Nature elle-mĂŞme qui semble ĂŞtre la cause de ces massacres.
De cette terrible menace, on ne saura finalement pas grand chose si ce n’est l’impuissance de l’homme face Ă celle-ci. PhĂ©nomènes se rapproche de La Guerre des Mondes et prĂ©cisĂ©ment du film de Spielberg avec cette famille en fuite se heurtant Ă une force incomprĂ©hensible et une population hostile. Un peu moins ambitieux, le film de Shyamalan ne supporte pas la comparaison avec le film de son grand admirateur mais il est tout Ă fait honorable et le rĂ©alisateur sait se distinguer en parvenant Ă insuffler de la force Ă son film sans effets spĂ©ciaux tonitruants mais avec simplement du vent voire un courant d’air.
On voit d’ici les vannes faciles (« Yo, ton film, c’est du vent » ) se profiler et pourtant la mise en scène est efficace et les bons moments ne manquent pas dès le tout dĂ©but vĂ©ritablement glaçant. Les images sont souvent terrifiantes, le point d’orgue Ă©tant une ultime sortie vers Princetown frappĂ©e par la mort de manière abominable mais aussi la confrontation autour d’une maison close de tout part avec une menace humaine mais aussi insaisissable et impitoyable. L’isolement est Ă ce titre bien perçue comme une solution pour ĂŞtre en sĂ©curitĂ© mais une solution nĂ©cessairement violente et temporaire comme le montre les dernières scènes dans les profondeurs de l’AmĂ©rique. Cette approche est plus intĂ©ressante que le message Ă©colo un peu maladroit et trop passe-partout.
En toile de fond, une histoire de couple apparemment anodine, tout en retenue (un peu comme dans les films indiens peut-ĂŞtre) : la femme a mangĂ© un dessert avec un autre homme (interprĂ©tĂ© par un Shyamalan invisible) sans le dire Ă son mari. « ! » pourrais t’on dire, la faute est apparemment inoffensive. Et pourtant, elle au coeur du film nous rappelant l’importance de la complicitĂ© du couple. A une Ă©poque voyeuriste qui nous Ă©pargne pas grand chose Ă la tĂ©lĂ©vision et sur Internet en matière d’Ă©normitĂ©s, la sĂ©quence presque grotesque dans la fosse aux lions vue sur un tĂ©lĂ©phone portable semble l’illustrer, le metteur en scène nous raconte l’essence mĂŞme de notre humanitĂ© et l’optimisme du film est bien portĂ©e par ce couple ayant du mal Ă franchir le pas mais transformĂ©e par les Ă©vĂ©nements autour d’eux. Classique mais joliment fait.
Parfois sublimĂ© par la musique du fidèle James Newton Howard, PhĂ©nomènes ne marque pas un retour en force mais atteste de la maĂ®trise de son auteur. Et c’est surtout un très bon moment de cinĂ©ma.
Par Pascal
22 juin 2008 Catégories: CinĂ©ma
Après un an, et uniquement pour des raisons d’emploi du temps, j’ai fini par achever le visionnage de la saison 1 de Rome . Cette sĂ©rie est pleine de qualitĂ©s et très théâtrale Ă l’image du rapporteur, vĂ©ritable voix de Rome. Le dernier Ă©pisode raconte la fin abrupte du règne du « dictateur » CĂ©sar ce qui n’est pas vraiment une rĂ©vĂ©lation. La dernière partie de l’Ă©pisode est un sommet, chacun des moments portant l’Histoire et l’histoire de manière emblĂ©matique : la mort bien sur de CĂ©sar, violente et pathĂ©tique, le visage de Brutus, le dĂ©part Ă reculons de Marc Antoine dans l’ombre, l’annonce glorieuse de Servilia Ă une Atia pour la première fois de la sĂ©rie dĂ©confite…
Et il reste les deux hĂ©ros Lucius et Titus, deux hommes de l’ombre servant Ă faire l’Histoire (le sauvetage et l’enfantement de ClĂ©opâtre par exemple est Ă©tonnant) Ă la manière des protagonistes des romans de James Ellroy. PassĂ©s les rebondissements narratifs, ils nous plongent dans une vision vertigineuse de la sociĂ©tĂ© romaine. Vertigineuse car la sĂ©rie Rome n’a aucun point de vue « moderne ». On retrouve souvent dans les reconstitutions historique un hĂ©ros qui est figure plus contemporaine tissant un lien entre notre sociĂ©tĂ© et celle dĂ©crite que ce soit dans les sagas de Robert Merle ou le Kingdom of Heaven de Ridley Scott prĂ©cisĂ©ment ratĂ© Ă cause d’un Orlando Bloom en pleine crise de foi. Rien de tout ça dans Rome, la plongĂ©e est sans aucun jugement ni condamnation, sans aucune vĂ©ritable attache. La mort, le meurtre, les moeurs, les castes, le mariage, la politique et la superstition… tout le mode de vie est romain. Plus qu’une recherche, nĂ©cessaire Ă©videmment, Ă tout prix de la vĂ©racitĂ© historique, il dĂ©coule de ce choix assez rare une très grande rĂ©ussite : celle de l’authenticitĂ©.
Par Pascal
21 juin 2008 Catégories: Brèves SĂ©ries
Vu le 4/6/2008 au MK2 Odéon Salle 2
JCVD dĂ©bute par un calamiteux et paradoxalement statique travelling façon jeu vidĂ©o. Jean Claude Van Damme tue de nombreux ennemis et sauve l’otage. Heureusement, ce n’est qu’un film dans le film rĂ©alisĂ© par un pĂ©teux artiste asiatique. Le ton est donnĂ©. A 47 ans, l’acteur JCVD n’y croit plus et court après un cachet pour payer son avocat et obtenir la garde, ou au-moins le droit de visite, de sa fille. Ses cartes bleues bloquĂ©es, il se retrouve Ă la poste pour retirer de l’argent. Pas de bol, l’agence se faisait braquer…
JCVD c’est un peu l’autre cĂ´tĂ© du miroir oĂą Jean-Claude Van Damme joue son propre rĂ´le dans une fiction oĂą il se trouve contraint de nĂ©gocier avec des malfrats. L’humour le plus Ă©vident du film repose sur le dĂ©calage entre l’acteur dans la vie et l’idĂ©e que le spectateur s’en fait. Le « hĂ©ros » a donc une peur terrible des flingues, a peur de mourir, ne veut surtout pas jouer au hĂ©ros. Et pourtant, les occasions oĂą les mĂ©chants baissent leur garde face Ă lui sont lĂ©gions et on ne peut s’empĂŞcher de se demander, tout comme l’acteur dans les derniers instants du film, ce qu’il attend pour foutre des side-kick libĂ©rateurs.
L’effet recherchĂ© est donc une rĂ©ussite : en jouant son propre rĂ´le, Jean Claude Van Damme est Ă contre-emploi ! Ce dĂ©calage dĂ©teint Ă©galement sur les vrais malfaiteurs interprĂ©tĂ©s par des « gueules » certes mais pas forcĂ©ment attendus dans le registre gangster sĂ©rieux mais minable. En petite frappe impulsive avec sa tignasse de hard rocker, Zinedine Soualem fleurte avec le ridicule. Et pourtant, lorsqu’il menace Van Damme, c’est vraiment intense. Le talent du rĂ©alisateur Mabrouk el Mechri n’est certainement pas pour rien dans cette rĂ©ussite. Sa mise en scène est stylĂ©e, peut-ĂŞtre un peu trop d’ailleurs. La photo est bien trop esthĂ©tisante et trop terne : on ne voit vraiment pas grand chose. La prise d’otage demeure bien troussĂ©e avec des rebondissements et une rĂ©solution ironique assez bien vue reliant habilement ce casse Ă la vie de l’acteur. Et sans qu’on rigole tout le temps aux Ă©clats, l’humour belge fait mouche.
Mabrouk el Mechri est aussi un authentique fan de l’acteur. Il ne fait pas grand mystère que JCVD est un Ă©crin idĂ©al pour l’acteur et de nombreux aspects de sa vie publique sont abordĂ©s tout comme sa lassitude, très drĂ´le quand il reproduit pour la Ă©nième fois son coup de pied emblĂ©matique ! L’acteur est tout Ă fait Ă la hauteur mais son admirateur de metteur en scène lui en donne peut-ĂŞtre trop. A ce titre Le long monologue est assez embarrassant. La performance de Van Damme est très bonne, si bien qu’on se demande si tout est très Ă©crit ou totalement improvisĂ©. L’acteur se livre face camĂ©ra, nous fait un peu sourire (mais ce n’Ă©tait sans doute pas le but), nous perd un peu aussi. Et son contenu est assez peu mĂ©morable. Cette confession n’a rien Ă faire dans le film, Ă aucun moment. Un film au service de sa star n’est pas nĂ©cessairement mauvais, et JCVD ne l’est pas. Mais il n’est pas pertinent de l’encombrer d’une page de publicitĂ©, si sincère puisse t’elle ĂŞtre, pour que l’acteur nous dise qu’il est un brave type. Et pourquoi pas une pub de Tom Cruise sur la scientologie dans Mission Impossible ou un message de Wesley Snipes dans Blade nous incitant Ă payer nos impĂ´ts ?
JCVD n’avait pas besoin de ça d’autant plus que l’acteur est largement aussi touchant dans le film quand il explique sa vision de ses rĂ´les Ă son agent ou surtout quand il subit dĂ©sabusĂ©, Ă©crasĂ©, les reproches de sa chauffeur de taxi, sans doute le plus beau moment du film. Jean-Claude Van Damme se rĂ©vèle une star internationale belge accessible, gentille, et mĂŞme polie, mais amère, triste. MalgrĂ© quelques maladresses, JCVD est souvent juste.
Par Pascal
14 juin 2008 Catégories: Articles CinĂ©ma
Vous ĂŞtes habituĂ©s aux images lĂ©chĂ©es de Desperate Housewives , Prison Break , ou bien Weeds . Aux bons sentiments et personnages sans faille d’Heroes ou Lost .
Oubliez tout cela avec Breaking Bad . Une série dure, réaliste. Un décor et photographie sans fignolage, raw . Des dialogues limités, sans superflu. Et des personnages communs, mal fagotés, ridés; assez moches.
L’histoire ressemble Ă celle de Weeds , mais une classe (au sens marxiste) en dessous. Disparue, la mentalitĂ© libĂ©rale dĂ©mocrate .
Walter White, un professeur de chimie qui a vraiment du mal Ă joindre les deux bouts et nourrir sa petite famille (comprenant un adolescent infirme), apprend soudainement qu’il est atteint d’un cancer des poumons.
Se sachant condamnĂ©, il dĂ©cide d’utiliser ses exceptionnels talents de chimiste pour entreprendre, avec un ancien de ses Ă©lèves, un commerce de mĂ©thamphĂ©tamines. Pour ainsi engranger rapidement beaucoup d’argent et mettre sa famille Ă l’abri du besoin – et accessoirement payer sa chimiothĂ©rapie.
Outre les personnages très rĂ©alistes, l’ambiance est tendue au possible. Le handicap du fils, la pauvretĂ© du foyer, la maladie de Walter crĂ©ent des situations difficiles. Physiquement et moralement. La communication est peu Ă©vidente dans la famille.
Puis, Ă©videmment, le trafic de drogues et les nouvelles relations humaines qu’il engendre ne vont pas aller sans complications sĂ©rieuses.
Que dire de plus? Cette série est une sensation. Arrêtez tout et regardez-la. Yo.
Par Jb
6 juin 2008 Catégories: SĂ©ries TĂ©lĂ©vision
Vu le 3/6/2008 Ă l’UGC George 5 Salle 1 en VO
Il est dĂ©licat de faire une critique sur un film clĂ´turant une sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e que je connais Ă peine, disons que j’ai vu 7 ou 8 Ă©pisodes, d’autant que je n’ai rien du public cible. Ce dernier est aisĂ©ment reconnaissable, il suffisait d’attendre une quinzaine de minutes devant les caisses automatiques de l’UGC George 5 la semaine de la sortie du film. C’est Ă©videmment un public essentiellement fĂ©minin, les quelques hommes perdus accompagnant madame. Elles sont des filles et des femmes se fondant dans cette masse que nous croisons tous les jours dans la rue mais qui, une fois rĂ©unies, forment une classe Ă©tonnamment homogène et en osmose avec les quatre hĂ©roĂŻnes de la sĂ©rie.
Le film Sex and the City semble donc être la conclusion de la série. Les quatre femmes sont plus ou moins installées et vivent fort richement tandis que la dernière des célibataires, Carrie (qui a souvent des tenues abominables), accepte de se marier avec Mr Big. Le jour du mariage ne se passe pas comme prévu. Il faudra alors subir le plus horrible malentendu de la décennie soit :
- Big a des doutes et appelle Carrie qui est injoignable le jour J.
- Big finalement parvient Ă la joindre et lui dit qu’il ne peut pas et s’en va.
- Carrie lâche son tĂ©lĂ©phone au ralenti et s’en va.
- Big change d’avis et retourne Ă la noce (5 minutes, dans le film, plus tard).
- Il croise Carrie en voiture qui lui balance son bouquet Ă la figure et s’en va.
Après, ils ne se parlent et ne se voient plus pendant huit mois. Et finalement, en une seule scène, ils se retrouvent et dĂ©cident de se marier quand mĂŞme. Je viens de raconter la fin, oups. Et après on me dit que le script d’Indiana Jones est mauvais !
Les histoires avec les autres filles sont du mĂŞme tonneau Ă la limite du moralisateur façon : « MĂŞme si tu Ă©tais grosse, on t’aimerait quand mĂŞme. ». Tout romantisme est exclu ou bien trop appuyĂ©. Un nĂ©ophyte peut difficilement ĂŞtre touchĂ© par la vie amoureuse de ces femmes.
Quant Ă la comĂ©die, on rit de temps en temps et tous les acteurs font bien leur travail. On retrouve avec surprise Jennifer Hudson, après Dreamgirls , toujours aussi Ă l’aise Ă l’Ă©cran : son entretien d’embauche constitue la meilleure scène du film et la plus spontanĂ©e. Son personnage, la fille qui vient Ă la City pour trouver le grand amour et finit par le (re)trouver dans sa ville natale, est un joli contrepoint aux hĂ©roĂŻnes.
Devant un tel film, on pourrait donc tranquillement dire qu’il s’agit d’un Ă©pisode version longue, Ă©dulcorĂ© soit dit en passant. Ce n’est pas tout Ă fait vrai. Avec un montage un peu remaniĂ©, Sex and the City correspondrait en fait Ă quatre Ă©pisodes mis bout Ă bout (le mariage ratĂ©, la dĂ©pression, la vie sans Big fois deux qui se clĂ´ture par les retrouvailles). Tout ça pour la modique somme de soixante-cinq millions de dollars lĂ oĂą la production de trois Ă©pisodes en aurait coĂ»tĂ© peut-ĂŞtre quatre. Strictement rien ne justifie Ă l’Ă©cran une telle somme. Certains se sont certainement bien servis au passage, un peu comme dans les BronzĂ©s 3 . Dans le genre sĂ©rie rĂ©cente adaptĂ©e Ă l’Ă©cran, on peut dire ce qu’on veut de la qualitĂ© d’une adaptation comme X-Files mais au-moins l’argent Ă©tait un peu dĂ©pensĂ© pour l’image avec de grosses explosions et des images magnifiques.
En dĂ©finitive, Sex and the city semble comme souvent rĂ©servĂ© exclusivement aux fans. Les autres ne trouveront pas lĂ une raison de dĂ©couvrir la sĂ©rie. Et l’amateur de comĂ©die romantique prĂ©fĂ©rera le plus modeste Jackpot , sorti deux semaines plus tĂ´t, et qui est Ă la fois plus drĂ´le et mĂŞme plus romantique.
Par Pascal
5 juin 2008 Catégories: Articles CinĂ©ma