Archives de novembre 2007

99 F

Vu le 1/10/2007 à l’UGC George V Salle 1
Film français (2007) de Jan Kounen avec Jean Dujardin, Jocelyn Quivrin, Patrick Mille, Vahina Gioccante, Elisa Tovati, Nicolas Marié, Dominique Bettenfield…

Je n’ai pas vraiment aimé le livre de Frédéric Beigbeder soit une sorte de fausse autobiographie, avec un double dénonçant qui il est, soit un acteur du système cynique et qui en profite finalement bien jusqu’à en devenir dans la vraie vie une de ses créations. L’écrivain est en effet l’archétype du people. Il faut sans doute voir les affiches pour les galeries Lafayette comme du troisième ou quatrième degré… Même si c’est sans doute un tort, je n’ai jamais été à l’aise avec ce paradoxe. Pour ma part, je trouve que notre société, occidentale au sens large et au-delà des très nombreux défauts de notre bel état tentaculaire, est la meilleure qu’on est connue à moins qu’elle soit terriblement addictive. De fait, cracher dans la soupe ou vouloir détruire le système, certes perfectible, me semble idiot sinon dangereux. Au fond, je dois être moi-même un pur produit du système dans la mesure où je pourrais vivre difficilement dans un autre. En ce sens, 99 F n’est pas vraiment mauvais. Au demeurant le livre est souvent drôle et si le dernier acte me semblait inadaptable, beaucoup de ces passages étaient faits pour le cinema.

Le choix de Jan Kounen à la réalisation était intéressant. Ses films, le drôle Doberman et l’étrangement raté Blueberry, ne sont pas des monuments et a vrai dire je doute même qu’ils passent l’épreuve du temps. On ressent cependant pas mal de libertés, un sens de l’image certain et beaucoup d’aisance et d’assurance a la caméra bref on peut espérer une vision réussie, un regard tranché sur le roman. Pas de miracle hélas, on en reste a l’essai raté, qui n’a rien de déshonorant surtout pour une production française et il mérite d’être vu jusque qu’après son générique, il mérite même d’être vu rapidement puisque le film pourrait aussi tomber dans l’oubli.

Comme pour le livre, le film de Jan Kounen ne manque pas de qualités. Le propos est souvent précis, drôle et imaginatif. Les scènes de réunion chez madone sont vraiment géniales tout comme deux délirants passages, l’un tire du roman et nous livrant une création-minute, l’autre originale ou nous tombons littéralement dans une pub pour une barre chocolatée bien connue. Ce sont les moments forts de 99 F, ceux dont on parle facilement après le film garantissant ainsi une certaine adhésion et un bon bouche à oreille. Et leur force n’est pas sans rapport avec le fait que Kounen parle d’un milieu qu’il connaît aussi. puisqu’il a été réalisateur de films publicitaires.

Un des points clé du film, et du livre, demeure l’histoire d’amour entre Octave et Sophie (excellente Vahina Giocante). Cet amour est assez bien rendu. cette relation aurait pu, du, être vouée à la superficialité. Or, il en ressort quelque chose de bien plus fort, de l’amour, un amour salvateur qui conduit à une scène décisive de choix et d’espoir pour octave. Ce dernier va pourtant renoncer à cette chance de s’évader de son monde.

Ce renoncement sonne comme une fatalité et Octave en veut autant a lui même, en fantasmant son ex dont il est encore amoureux, qu’au monde qui a fait de lui la personne qu’il est. La suite ne sera que fantasmes et cauchemars, Kounen truffant alors de plus en plus son films de scènes évoquant regrets et amour perdu avec des séquences d’hallucinations post prise de drogue qui rappellent parfois les trips chamaniques de Blueberry. Et il n’y a pas a dire, c’est du bel ouvrage. Les « voyages » sont tous bien réalisés. L’intrusion dans une pub et la mise en abîme inattendue étant, nous l’avons vu, LE morceau de bravoure du film.

Où le bat blesse alors ? Déjà, autour de cet amour, pas mal de comédie mais assez caricatural à l’image de ses personnages caricaturaux : chef de produit étriqué, directeur artistique maléfique, binôme jovial et pdg d’un groupe alimentaire puant. C’est parfois drôle mais tout ce qui pourrait être grinçant tombe le plus souvent à l’eau quand ça ne flirte pas avec le mauvais goût (le « passé » d’Octave par exemple) et le saugrenu ((la plongée dans le placenta qui rappelle aussi bien Trainspotting que l’aventure intérieure)
Seul commercial faussement cool mais vraiment stressé est assez attachant. Libéré de son côté arrogant (comme le montrait une scène de la bande annonce coupée au montage), il semble représenter la limite entre notre monde et celui d’Octave.

Et Jean Dujardin/Octave ? Il est bon et il est drôle quand il fait du Dujardin (avec ses jokes dans la boîte qui ne sont pas sans rappeler Brice de Nice). Et on ne ressent pas grand chose pour lui, ni empathie ni gêne même lorsqu’il fait venir des prostituées pour les grimer comme Sophie. De l’indifférence en somme, aucune connivence avec le spectateur malgré un amour réel du héros. Peut-être étais-ce le but ? Plus personnellement, je dirais qu’il est difficile d’émouvoir avec les états d’âme d’un homme qui a tout et qui se renferme quand il peut obtenir ce qui pourrait être le bonheur. Jean Dujardin était finalement meilleur dans OSS 117 en partie parce qu’il était au service d’une histoire et d’une vision parodique certes mais aussi très fine.

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Ce n’est pas le cas de 99 F. En digérant ses classiques (Fight Club, Trainspotting mais aussi 2001 et La Ligne Rouge pour la musique), Kounen, avec ses masturbations dans les toilettes, les prises de drogues, les meurtres en dessin animé et les fausses fins implacables cherche à choquer mais rien n’y fait, la charge sur les travers de notre société de consommation est grossière, aussi caricaturale que les personnages.

Et alors le dernier acte ? Celui du livre est assez confus dans mon esprit : il était question je crois d’une île paradisiaque comme dans Wonder Woman avec de nombreuses célébrités soi-disant mortes comme Elvis Presley et vivant dans la luxure totale incluant des parties à trois avec Ayrton Senna chevauchant Octave et sa bien aimée. Pas simple à adapter. Kounen clôture lui une deuxième fin à son film. Après une première conclusion peu convaincante, le réalisateur nous surprend en prolongeant donc son film de vingt minutes pour nous raconter l’évasion d’Octave amorcée par une publicité réalisée en commando, passée en prime-time et censée faire bouger le monde.

Mais cette pub, adaptation maladroite et simplificatrice de celle du livre, faite d’images toujours de mauvais goût (= notre société ?), ne jette aucun pavé dans la mare, ne détruit en rien ni le système, ni la compagnie, tout au plus quelques boucs émissaires dans la compagnie (le commercial) et sa pub est en effet directement récupérée par ce même système puisque l’obtention de récompenses est évoqué ! Une façon de tirer sa révérence ratée. Et ne nous voilons pas la face : si cette pub passait dans le monde réel, le buzz existerait mais ne durerait pas longtemps(qui se souvient des antipub?). La suite est un peu plus intelligente, moins grossière, soit un monde fantasmé nécessitant une adaptation, un sevrage (les scènes en solitaire sur la plage sont là pour ça) musclé. Mais ce monde fantasmé ne serait qu’un trompe l’oeil. Il est déjà trop tard. Un constat désespéré envoyé au spectateur.

Pour un peu, on passerait sur la comparaison balancée au générique entre le coût de la pub comme un cheveu sur la soupe comparé au pseudo-coût (parce qu’il ne faut pas que de l’argent pour régler le problème) pour en finir avec la faim dans le monde. Et non, je ne passe pas. Cette juxtaposition est aussi malvenue qu’idiote. Il y a quelque années, on avait mis au pilori le Front National avec son tout aussi stupide « trois millions de chômeurs, trois millions d’immigrés ». Le ressort est exactement le même. Et là Kounen finalement choque mais par son simplisme.
Apres le générique, on nous propose la première pub réalisée par les Lumières. Le clin d’oeil est amusant mais après la débile juxtaposition de la fin, Kounen essaye de nous dire que la pub s’est enracinée dans l’image. Ce n’est pas faux mais il n’y a pas de lien de cause a effet. La pub, même balbutiante, existait déjà et elle s’est emparée de ce nouveau, et prometteur, media comme le cul et la religion.

On pourra toujours me répondre que je suis tombé dans le panneau et que le système m’a bouffé comme le démontre (?) le film. Peut-être mais pour autant d’autres films parviennent à critiquer sans vulgarité ce que nous sommes. Alors ne nous en faisons pas trop et revenons au début du commentaire : on se souvient principalement de la partie comédie mais à peine du fond. Quelques happy few verront dans ce film une critique intelligente de notre monde, d’autres souhaiteront avoir la réussite d’Octave. Mais je pense que la majorité y verra un film visuellement bien fait, parfois drôle mais qui dénonce pas grand chose d’autres que ce que l’on savait déjà. Ce n’est pas plus mal quoiqu’un peu tragique : le film 99 F, comme son titre, semble sortir avec plusieurs années de retard. Comme le cinéma français ?

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 Par Pascal     1 commentaire25 novembre 2007    Catégories: Cinéma

Heroes S209 – Cautionary Tales

Heroes Saison 2 Episode 9
Réalisé par Greg Yaitanes, écrit par Joe Polaski
Appréciation : ****

«We have the power of God. That does not mean we can play God. »

Depuis l’épisode 7, la série s’emballe et le rythme est soutenu. Les histoires dans Cautionary Tales se croisent et se resserrent jusqu’à la rencontre entre la compagnie et les Bennet. Pendant ce temps, l’immortalité de Monroe, et celle éventuelle de Claire, se précise. Le sang des immortels pourrait être le nerf de la guerre comme l’illustre le cliffhanger surprenant de l’épisode !

Il est beaucoup question d’enfants et de choix dans cet épisode. D’enfants et d’enfance, d’infantilisme et de maturité. Apprenant la mort de son père, Hiro souhaite le sauver en remontant le temps avant sa mort. Lui apprenant son funeste destin, son père demande à Hiro de ne pas changer le cours du temps. Pensant le convaincre et lui montrer ce qu’il ressent en remontant le temps jusqu’à l’enterrement de sa femme, Hiro change finalement d’avis, « we cannot play God », en se rencontrant lui-même, enfant. Une scène aussi intelligente que bouleversante où Hiro, après ses difficultés à ne pas changer le passé, dessinent peu à peu les contours de son immense pouvoir tout en suivant l’enseignement de son père . Pour ce dernier, notons qu’il semble disposer d’un pouvoir sans s’en servir, tout comme la mère de Peter. Sagesse ?

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Matt suit exactement la même trajectoire mais presque malgré lui. Cherchant à tout prix les principaux fondateurs de la compagnie, il se rend compte qu’il peut influencer les gens sans qu’ils s’en rendent compte. Pouvoir terrifiant qu’il utilise pour servir ses propres intérêts et même en voyant la souffrance d’Angela Petrelli forcée de lui dire la vérité. Vérité qui, soit dit en passant, n’a rien de spectaculaire (où l’art x-filien de tout dire sans rien révéler et où on protège le monde en secret). Matt devient donc entêté, pour protéger Molly, et prend le risque du manque de discernement. Le même chemin que son père probablement. Et les mêmes erreurs…

L’épisode met aussi en place un parallèle entre Elle et Claire. Toutes semblaient destinées à devenir des rats de laboratoire. Noah affirme qu’Elle en est devenue un. L’évocation de sa (triste) vie le prouve et il veut protéger sa fille de ce (triste) sort. Deux formes d’immaturité se présentent, celle d’une fille déconnecté disposant d’un trop dangereux pouvoir et celle d’une ado se déclarant blessée par son père pour rester auprès d’un amour naissant. La rencontre de ces filles lors de la géniale scène dite « règlement de compte à Costa Verde » se soldent pour elles deux par une expérience de la vérité. Face à deux pères qui les aiment, «You touch my daughter, i kill yours and then i kill you. », Elle va douter et Claire regretter ses actes passés.

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Dommage que la plupart des scènes avec les filles soient plutôt mauvaises. Heroes a décidément des difficultés à construire ses personnages féminins. Elle est agaçante au possible. Entre grimaces minaudantes et dialogues casse-gueules, « can i keep it ? » en parlant de Mohinder, on finit par se réjouir de la voir se faire torturer ! Mieux servie dans cet épisode, les états d’âmes de Claire ne touchent pas. Les idées romantiques, le « sorry » en cailloux, et les bonnes répliques, « i’m just a cheerleader. » qui est beaucoup moins culcul que ça en a l’air, ne fonctionnent pas. Osons le dire : peut-être faut-il aussi mettre en cause le jeu d’Hayden Panettiere.

Les oppositions continuent. Entre Noah et Mohinder, ce sont deux philosophies qui s’affrontent. Mohinder se joint à la Compagnie pour, pense t’il, sauver l’humanité, et Niki. Pour cela, il doit prendre la fille de Noah. Il pense agir pour le bien commun, l’intérêt général jusqu’à se surprendre à devenir un tueur. Noah est un tueur et défend d’abord les siens au dessus de tout autre mission, celle de détruire la compagnie n’étant qu’une conséquence de sa première priorité, ses mots face à Bob l’attestant. Quand Noah et Mohinder, nous avons presque un aperçu du combat entre bien commun et individualisme et des sacrifices auquel il pousse.
Entre les deux personnages, il existe aussi une relation d’antériorité. A ses débuts, Noah était comme Mohinder au service de la compagnie et agissait pour sauver le monde. L’amour pour sa fille l’a transformé le rendant protecteur et vindicatif. S’il peut tuer froidement, le doute et la pitié s’instaurent par l’entremise notamment de West qui conduit Noah à épargner Mohinder qui lui rendra bien.

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A la fin de la première saison, Noah est rentré dans les côtés des gentils au côté de Mohinder qui, tout comme Matt, a choisi le camp de la Compagnie dans l’épisode Five Years Gone (le meilleur épisode de la série) mais le regretta. Leurs actions respectives nous éloignent de tout manichéisme. Les meurtres de Noah et sa détermination d’une part et les doutes de Mohinder se voyant devenir menteur et assassin amateur d’autre part, apportent une passionnante ambiguïté à la série. Ambiguïté qui suit presque tous les personnages dans cette saison à commencer par l’étrange association Adam Monroe/Peter Petrelli. Jamais l’étendue des pouvoirs de nos héros favoris n’a été autant difficile. Choisir de le cacher, chercher à s’en débarrasser, en profiter, se le faire voler ou « emprunter » (le sang de Claire), ne pas l’utiliser même pour aider… des choix variés et raisonnés pour les personnages.

Les conséquences de ces choix sont des destins croisés et opposés : Matt et Hiro, Elle et Claire, Noah et Mohinder, tous marqués par la figure du père. Dans Heroes, le père est vu sous tous les angles qu’il soit alternativement absent ou mort, protecteur ou lâche, manipulateur ou honnête. Jamais simplement, mais souvent naturellement car motivés par des raisons précises, les protagonistes naviguent d’un camp à un autre. L’art pour Heroes de nous montrer des personnages complexes et de brouiller délicieusement les cartes.

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Fiche IMDB

Heroes sur Petit Ecran

 Par Pascal     4 commentaires25 novembre 2007    Catégories: Heroes

Heroes S208 – Four months ago…

Heroes Saison 2 Episode 8
Réalisé par Greg Beeman, écrit par Tim Kring
Appréciation : ***

« Shall we save the world ? »

Comme la saison dernière, et comme dans beaucoup de série d’ailleurs, Heroes nous propose un épisode flash back relatant les moments marquants, et attendus par le spectateur que je suis, entre la fin de la première saison et le début de la deuxième. L’épisode se place idéalement après la révélation incroyable de l’épisode précédent et la rencontre inattendue entre Peter Petrelli et Adam Monroe. C’est aussi un épisode moins éprouvant car le précédent était une fuite en avant quasi-frénétique et portant définitivement bien son nom : Out of Time.

En dehors de quelques surprises (la présence de D.L), Four months ago n’apporte au fond pas de révélations fracassantes ni de nouvelles connexions entre le personnages. La fonction de cet épisode est tout autre : il sert à mettre la lumière sur plusieurs zones d’ombre de la saison, une manière d’étoffer les motivations des personnages, raconter leurs (tristes) destinées et maintenir l’intérêt du spectateur.

Ainsi, nous découvrons les débuts de la cavale morbide de Maya et d’Alexandro et la convalescence de Nathan après son envol avec son frère. L’épisode s’attarde aussi sur D.L, Micah et Niki. Cette dernière rencontre Bob qui propose de jouer cartes sur table au sujet du danger qu’elle peut représenter pour sa famille. Le bonheur semble toutefois à leur porte, toujours dans le secret, mais unis, même si Micah évoque son envie qu’ils deviennent une famille de héros, « the fantastic four… minus one », et même si D.L l’utilise pour son métier. (pompier). Niki est un danger tandis que D.L une chance : tout un pan des conséquences de cette « évolution » de l’humanité nous est raconté.

Le gros morceau, et donc narrativement la raison première de cet épisode, demeure bien la relation naissante entre Peter Petrelli, sorti indemne de son implosion et récupéré par Bob, et Adam Monroe/Takezo Kensei, immortel invincible piégé dans une chambre étriquée à cause du même Bob. Sur fond de fin du monde et, plus important sans doute, de sauvegarde de son frère défiguré, Adam convainc Peter de s’évader. Une entreprise qui sera couronné de succès jusqu’à la poursuite très intelligente avec le Haitien nous ramenant au tout début de la saison : « Restart a new life Peter. ».

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Tout aussi intéressant sont les motivations de plus en plus inquiétantes de la Compagnie. L’ambiguïté de Bob, et son emprise et ses connaissances sur de nombreux protagonistes et sur toute l’histoire, demeure encore très mystérieuse : veut-il vraiment guérir tous les personnages de leur « mal » ? Mais pourquoi alors garde t’il Monroe sous le coude, pourquoi ne délivre t’il pas sa fille Elle de son pouvoir avilissant ?

Ceci nous amène aux deux défauts qui ternissent un peu la bonne tenue de cet épisode à commencer par quelques raccourcis (la femme d’Alejandro le trompant le jour de leurs noces, le destin tragique de D.L). Il est curieux de constater qu’une série en général est une expérience sur la durée où on a le temps de développer des personnages comme jamais ne le pourrait un film et que pourtant, elle est paradoxalement obligée de recourir à certaines ficelles pour tout simplement maintenir la tension et nous captiver. Même des séries « de prestige » (A part peut-être Les Soprano qui n’a jamais cédé à la facilité ou au soap), telle Six Feet Under, n’ont pas évité certains de ces écueils. Dans ces moments, le show est dans une position délicate, risquant de perdre en crédibilité, demandant aux scénaristes de véritables tours de force.
Heroes rentre donc parfois dans cette problématique d’autant plus que la série raconte beaucoup d’histoires qui doivent toutes contenir leur lot de rebondissements. Et notons enfin qu’une seule d’entre elles ne durent au final à peine plus qu’un film… L’approche choisie est d’enrober ces raccourcis par des images violentes et fortes : la rue de Saint Domingue jonchée de cadavres, l’éclaboussure de sang sur le visage de Niki. C’est réussi.

Le deuxième défaut est un personnage : Elle. L’ex Veronica Mars est donc une pétasse au sourire agaçant apportant une touche d’excentricité mal venue. Ses dialogues sont mêmes plutôt nuls au point d’entièrement gâcher la première scène entre Bob et Peter. On pourrait d’ailleurs se demander comment la Compagnie a retrouvé un Peter invisible à peine il a déposé son frère après un long vol de nuit dans New York. Parce qu’il y a pas mal d’hôpitaux à New-York quand même !

Soyons malgré tout optimiste, Elle pourrait devenir plus intéressante par la suite. Le résumé qu’elle fait de sa vie et son baiser « électrique » rappelle un peu l’impossibilité de vivre une vie normale de Rogue dans X-Men. Son pouvoir l’aurait donc rendue instable et le fait qu’elle ne soit pas soignée cache peut-être des choses.

Nous pouvons donc suivre toujours aussi passionnément la série qui poursuit sa réflexion sur le bien et le Mal et l’homme à travers ici la mémoire. Nous sommes, après tout, la seule espèce à nous soucier du passé.

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Fiche IMDB

Heroes sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire18 novembre 2007    Catégories: Heroes Séries

Heroes S207 – Out Of Time

Heroes Saison 2 Episode 7
Réalisé par Daniel Attias, écrit par Aron Eli Coleite
Appréciation : ***

« You must suppose to be a hero. »

Noah brûle le futur, Hiro se dit qu’il est peut-être temps de rentrer, Niki, Bob, Mohinder, Matt, Nathan débattent tous au sein de la Compagnie, Peter est toujours coincé en 2008 avec sa belle, West devient entreprenant et Claire réagit comme une conne.

La saison 2 de Heroes semble subir quelques critiques, elle ne serait pas au niveau de la première partie de la saison 1, et la grève des scénaristes, qui ont causé l’arrêt du développement du spin-off Heroes Origins, n’arrange rien La série pourrait même s’arrêter abruptement au bout de 11 épisodes. Malgré une érosion continue de l’audience, Autant dire tout de suite qu’Out of Time remet les pendules à l’heure. Si l’épisode précédent était assez peu satisfaisant, il ne créait pas vraiment de nouvelles connexions entre les personnages et étirait le scénario, les quelques situations laissées en suspens sont développées ici de manière magistrale. C’est le show dans toute sa splendeur que nous retrouvons avec l’évocation dantesque d’une fin du monde, un super vilain inattendu et une dernière scène qui nous parle carrément d’immortalité !

Toujours en retrait, Hiro tente toujours de recoller les morceaux de l’Histoire. Mais la trahison de Takezo, une sorte passage vindicatif vers le côté obscur, amène Hiro à effectuer un dernier combat dans le passé, un combat qui aura des répercussions vraiment surprenantes… et vertigineuses ! Jamais Hiro n’a été aussi prêt de sortir de l’enthousiasme enfantin qui le caractérise.

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Le coeur de l’épisode est la venue de Maury Parkman, toujours aussi terrifiant, au QG de la compagnie pour tuer Bob. Son fils Matt, auquel Bob révèle que son pouvoir est strictement identique à Maury, semble être le seul à pouvoir le vaincre. Leur combat mental est le meilleur de l’épisode. L’amour entre Molly et Matt prend toute son ampleur et le climax, sans aucune violence physique, est fort et d’une grande justesse, symbole de l’héritage d’un fils blessé par son père brisé : « This is not my nightmare, this is yours. ».

Autour de cette lutte, les pièces du puzzle se rassemblent. La dangerosité d’Adam Monroe se fait de plus en plus précise tout comme son identité (quelle rebondissement !) même si « Adam is complicated ». La réflexion intelligente de Nathan Petrelli, « It’s always these half-truths, no straight answers, constant manipulation. » se heurte à l’inquiétude de Bob sur le destin de la compagnie et du monde.

Oui, c’est bien de l’avenir du monde dont il est question. Projeté un an en avant, Peter découvre une catastrophe bien plus étendue que l’explosion de New York : une véritable fin du monde vaincue par la maladie (et qui rappelle le film catastrophe Virus). Une poignée de séquences dont la vision d’un hangar rempli de cadavres, nous plonge dans un enfer hors de proportion. Une vraie histoire de super héros ! Et si le tagline « Save the cheerleader, save the world » trouvait tout son sens dans cette saison ?

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Dommage que la fameuse majorette m’énerve passablement. Son copain West débarque dans la maison familiale sans prévenir et lorsque le gamin découvre que le père de Claire fut son kidnappeur passé, il prend la mouche et s’enfuie sans que Claire puisse faire quelque chose. Et elle refuse de dire la vérité à son père. Bref elle s’isole. Le spectateur sait que la vérité finira par être établie et du coup tout sonne faux et devient passablement frustrant.

Pour cette histoire de plus en plus inutilement compliquée, Out of Time n’est pas intégralement satisfaisant. Et pourtant, Claire pourrait être tellement plus intéressante surtout au vu de la manière dont est développé son « double », Takezo Sensei, et compte tenu du contenu de l’épisode. Il demeure cependant jouissif et s’impose comme le meilleur de la deuxième saison, passionnant et riche en enjeux. Heroes forever.

Fiche IMDB

Heroes sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire10 novembre 2007    Catégories: Heroes Séries

Heroes S206 – The Line

Heroes Saison 2 Episode 6
Réalisé par Jeannot Szwarc, écrit par Adam Armus & Nora Kay Foster
Appréciation : **

« i know you don’t understand me. »

Maya fait trop confiance à Gabriel/Sylar au grand dam de son frère, Mohinder refuse les expérimentations humaines, Bennet parle urkrainien (ou russe), Hiro dévoile son amour, Peter part pour Montréal et Claire nous ennuie.

The Line est réalisé par Jeannot Szwarc qui a une grosse expérience des séries télé américaines mais aussi des superhéros car il est le réalisateur du film Super Girl (et aussi de Les Dents de la Mer 2) ainsi que… de comédies franchouillardes ! La vengeance d’une blonde, Hercule et Sherlock, Les soeurs soleil, c’est lui ! Plutôt que ces comédies insipides, la télévision américaine peut se réjouir qu’il soit revenu à ses premiers amours après sa période faste de réalisation de séries dans les années 70.
Pour cet épisode, les scénaristes ne l’ont cependant pas vraiment gâté. Chacun des protagonistes va donc franchir la ligne de Claire et son père, chacun de leur côté, à Hiro et Maya.

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Et donc oui Claire nous ennuie. Son intrigue d’humliation de la pom pom girl hautaine est nulle et téléphonée, à peine drôle. On est loin du « great power, great responsability ». Ses états d’âmes auprès de son petit ami après leur sordide forfait sont déplacés. Rien à sauver à part éventuellement une scène de chute, l’utilisation du pouvoir de Claire étant toujours amusant, et le fait de constater que le mensonge reprend ses droits chez les Bennet mais nous l’avions déjà vu dans les deux derniers épisodes.

La plupart des autres intrigues sont plus convenues mais bien mieux écrites. En dévoilant son amour, Hiro pense mettre en péril le « continuum espace temps ». S’en suit une double trahison autour du triangle amoureux. Kensei résume très bien la douleur issue de ce triangle amour : « First, you showed me that I can be harmed by no weapon and then you cut me deeper thant any blade possibly could ». Il faut reconnaître que l’amour de Hiro et son sérieux le rende un peu moins attachant.
Mohinder, quant à lui, nous en apprend plus sur Monica qui a la « mémoire musculaire absorbante » et s’oppose à l’autorité de la Compagnie et du toujours aussi mystérieux Bob (Stephen Tobolowky est délicieusement ambivalent). Rien de bien original malgré une évocation d’un personnage menaçant, Adam Monroe (le tueur ?), et la formation imposé par la compagnie d’un duo inattendu.

Les deux autres histoires sortent plus du lot. A Odessa, nous rencontrons l’homme que fut Noah Bennet face à son mentor maintenant devenu un ennemi au service de la compagnie : un agent implacable. Le coup de téléphone à Claire en plein interrogatoire est ironique et glaçant. Il accentue le caractère inhumain de cette torture mentale autour de ce qui nous touche le plus : la famille. Avec ses plans de travers en contre plongée, la tension persiste tout au long des séquences entre Bennet et son mentor, Bennet face à son passé et ses forfaits (dont la mort d’un certain « liquid man » ?)
Notons ce côté paradoxal : le Haïtien peut enlever des souvenirs précis mais justement ne pas les « récupérer », un pouvoir difficile à cerner mais jouissif.

Enfin, l’attraction entre Maya et Sylar malgré les fortes réticences d’Alejandro est assez classique. Mais l’attraction est malsaine comme si Maya était attiré par le côté obscur. Totalement affaibli, il est même malmené par Alejandro, Sylar a la beauté du diable et demeure tout aussi dangereux et fascinant. Son monologue où il dévoile ses desseins est terrifiant.

Bien que disposant toujours de nombreux bons moments et de cliffhangers toujours aussi bons, The Line est le moins bon épisode de la saison avec des intrigues aux enjeux plus convenus ou déjà évoqués. Par exemple, si la projection de Peter est assez bluffante, elle a en effet déjà été évoquée dans l’épisode précédent. Mais, plus inquiétant, toute une intrigue est ratée ce qui est plutôt rare et même inattendu. Espérons que ce n’est qu’un accident de parcours et que la menaçante grève des scénaristes à Hollywood ne jouera pas trop en défaveur de cette fabuleuse série.

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Fiche IMDB

Heroes sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire3 novembre 2007    Catégories: Heroes Séries

7h58 ce samedi-là

Vu le 8/10/2007 à l’UGC George V salle 6 en VO
Film américain (2007 – Before the Devil Knows You’re Dead) de Sidney Lumet.

Deux frères chacun dans le besoin se décident à cambrioler la bijouterie appartenant à leurs parents, ni vu ni connu. Mais le braquage tourne (très) mal.
7h58 ce samedi-là marquerait pour beaucoup le retour du réalisateur Sidney Lumet sur le devant de la scène avec un film très au dessus du lot. Je serais mal habile de parler moi-même de retour étant donné que je connais que trop peu les plus de 60 ans de carrière du vieux monsieur. Il s’attarde ici sur une tragédie familiale pleine de non dits et de ressentiments

La mise en scène est la vraie star du film
: c’est une mise en scène éclatée comme construite autour des réflexions que se font les personnages se demandant comment ils en sont arrivés là. La vie ne les épargne effectivement pas. Les acteurs, tous parfaits, portent en eux beaucoup d’amertume et des blessures indélébiles. Le film demeure évasif sur les motivations profondes des personnages notamment les relations entre les deux frères et leur père, mais en s’attardant sur la pesanteur de leur présent, c’est tout le poids du passé qui semble perpétuellement refaire surface.
Le braquage apparemment vu comme l’espoir d’une deuxième chance, de rêve d’ailleurs, devient un peu aussi une forme de vengeance. Le drame qui suit le braquage conduit les protagonistes dans une forme de purgatoire où chacun attend son jugement entre ciel et enfer. Presque chacune des situations confinent au pathétique, une des plus terribles et presque drôle étant le départ de la femme d’un des frères, qui trouve encore l’aplomb, car totalement désoeuvrée, de demander de l’argent pour son taxi à son futur ex-mari…
Les ultimes scènes sont enfin dérangeantes : le salut, mis en avant par le tout dernier plan, est accompli par un acte sordide.

A part ce très troublant plan final, tout est donc sombre dans 7h58 ce samedi-là. Aucun personnage n’a vraiment un bon côté : mensonge, adultère, duperie, lâcheté, addiction, faiblesses en tout genre… Lumet a peut-être un peu tendance à s’acharner sur ces frères. Les personnages de l’ex-femme et de la fille de Hank, totalement haineux, marquent vraiment un excès de noirceur inopportun. Il y a des films qu’on dit trop rose bonbon, 7h58 ce samedi-là pêche dans l’excès inverse à se demander si l’histoire elle-même ne s’est pas mise au service de la mise en scène, très réussie malgré tout.
Et plus prosaïquement, l’amateur de chair ne manquera pas ce film s’il veut pouvoir admirer la belle poitrine de Marisa Tomei !

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 Par Pascal     1 commentaire2 novembre 2007    Catégories: Cinéma

Mr Brooks

Mr Brooks
Vu le 29/8/2007 à l’UGC George V salle 2 en VO
Film américain (2007) de Bruce A. Evans avec Kevin Costner, William Hurt, Demi Moore, Dane Cook, Danielle Panabaker, Reiko Aylesworth…

Kevin Costner a été, et au fond est toujours, un de mes acteurs préférés dont l’âge d’or fut sans doute la période 1987-1993 où il se distingua dans l’excellent Les Incorruptibles, obtint la reconnaissance de ses pairs avec le superbe Danse avec le loup et déplaça les foules avec ce film mais aussi l’assez moyen Bodyguard et le rigolo Robin des Bois. Au risque d’être à court d’adjectifs, on ajoutera à cela le passionnant JFK et deux grands films : Fields of Dreams et Un Monde Parfait.
Depuis, le succès s’est fait beaucoup plus discret. Si Waterworld n’est pas vraiment un four, il marque sans doute un tournant dans la carrière de l’acteur, tournant confirmé par le vrai bide public et critique du pourtant très beau Postman sorti en même temps que Titanic. Pourtant sa filmographie depuis 1993 n’a vraiment rien de déshonorant : A chacun sa guerre, Wyatt Earp, 13 jours, Open Range… autant de bons films qui n’ont pas obtenu un succès fracassant.

Mr Brooks entre dans une autre catégorie : celle des films bancals presque sauvés par sa simple présence. Il rejoint ainsi des films comme La Rumeur court, Apparitions ou Destination : Graceland(dis donc, j’en ai vu des films de Kevin Costner) où il campe un méchant d’anthologie. Dans Mr Brooks, il joue au serial killer avec un sérieux qui n’est pas empreint d’un certain humour notamment grâce aux scènes avec sa « conscience » interprétée par William Hurt. C’est le meilleur du film et c’est déjà pas mal. La réputation de Costner est sauve. Il est bon et tire vers le haut ce Mr Brooks.
Autour des deux acteurs, une femme passive, une fille qui semble avoir hérité des gênes de son papa, une flic dont le métier est en fait un passe temps (Demi Moore, indolore) et un photographe-témoin mystérieux parce que très mal caractérisé.

Si le sujet est assez intéressant, le réalisateur Bruce A. Evans semble ne pas trop savoir où il va et nous le montre bien en mélangeant les styles avec des meurtres allant de l’épuré au gore outrancier (façon film d’horreur italien, paraît-il, le terme est giallo si je ne m’abuse). Devant cette indécision, le suspense fonctionne un peu mais, en plus de filmer les (deux) scènes d’action comme un pied et de faire peur avec du gros son, les bruits des balles est vraiment assourdissant et malvenu, les nombreuses sous-intrigues sont mal développées, faute de temps. Ca aurait sans doute été un bon point de départ pour une série. Ah zut, il y a Dexter.

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Fiche IMDB

 Par Pascal     Commenter1 novembre 2007    Catégories: Cinéma


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