Archives de septembre 2007
La rentrée, l’automne reviennent. Généralement, les films qui sortent à cette période sont meilleurs que ceux sortis en été. Revenons de suite sur quelques-uns des films que j’ai pu voir.
Hot Fuzz
Vu le 24/7/2007 à l’UGC Odéon salle 2 en VO
Le superflic Nicholas Angel (quel nom!) est muté dans un petit village de province, loin de la frénésie londonnienne où son zèle exemplaire finissait par taper sur les nerfs de ses collègues et supérieurs moins bons. Heureusement pour le spectateur, la charmante bourgade n’est peut-être pas si tranquille.
Après l’hilarant et fantastique Shaun of the dead, Edgar Wright et Simon Pegg, qui co-signe le scénario, s’attaquent pour notre plus grand bonheur au film d’action. La réussite est totale. Hot Fuzz est hilarant que ce soit dans l’humour anglais que dans le plus pur potache ou l’histoire abracadabrante. C’est également un film assez attachant par sa description plutôt bien vue de l’amitié naissante entre les flics Nicholas et Danny. Et enfin, côté action, Hot Fuzz nous offre tout simplement une des plus grandes fusillades jamais vue à la fois bourrine, gore, drôle et tendue au bon moment et introduite par une arrivée iconique du héros à cheval, cure-dent dans la bouche et fusils sur le dos !
Cette fusion réussie entre l’hommage, la parodie et l’action pure ne doit rien au hasard mais à une mise en scène rigoureuse et sincère car Edgar Wright aime visiblement tous les films du genre mettant même en avant Bad Boys 2 et Point Break auquel il rend explicitement hommage. Hot Fuzz est d’ailleurs truffée de dizaines de références et respecte tous les codes. Finalement, le film pourrait même faire figure de modèle. Chapeau.

Mi$e à prix
Vu le 2/8/2007 à l’UGC Odeon Salle 1 en VO
Buddy ‘Aces’ Israel va lâcher tout ce qu’il sait sur le milieu à la police. Sa tête est mise à prix et les meilleurs tueurs, i.e. les plus atypiques, se mettent sur le coup.
Sur le papier, et au vu de certains rebondissements, on pourrait croire à un film à la Snatch ce qui serait déjà pas mal du tout mais Joe Carnahan semble ne pas avoir voulu seulement s’amuser. Avec des images très colorées et constrastées et une mise en situation très rythmée et « cool », Mi$e à Prix nous invite pourtant dans un univers ludico-violent peuplé de personnages bien barrés. Au coeur du film, les séquences d’action dans l’hôtel frôlent l’anthologie particulièrement lors d’un duel dans un ascenseur puis d’une fusillade démente depuis l’immeuble en face.
C’est par la caractérisation de certains personnages et leurs relations que Joe Carnahan apporte de l’humanité à son film. Une amitié entre deux flics, l’amour d’une tueuse pour une autre, la culpabilité de Aces lorsqu’il négocie avec la police ou même la curieuse solidarité au sein d’une fratrie néo-nazi… le réalisateur de Narc n’a pas fait un film « fun » mais presque un film choral où les protagonistes font transparaître leur mal-être et leurs espérances aussi bien par les armes que par leur attitude.
Ce mélange serieux/ludique/mélancolique n’est d’ailleurs pas sans rappeler le sympathique, et un peu moins débridé, Dernières heures à Denver (soit en anglais le joli titre Things to do in Denver when you are dead) avec déjà Andy Garcia.
Evidemment, on peut avoir l’impression de voir deux films ce qui peut-être déroutant. Le scénario alambiqué nous laisse difficilement faire la part des choses. L’important est qu’on passe un bon moment et que le film conserve son curieux équilibre jusqu’au bout. Ainsi, après une résolution des plus tarabiscotées à la fois amusante et pathétique, Mi$e à prix se conclue par un plan très digne et original, variation autour d’une figure imposée dans les films avec des policiers, ultime preuve qu’au delà des apparences, Joe Carnahan a beaucoup de sensibilité.

La Fille coupée en deux
Vu le 8/8/2007 à l’UGC George V Salle 1
Gabrielle Aurore Deneige est donc coupée en deux. Jeune et belle femme, folle amoureuse d’un homme beaucoup plus âgée qu’elle, Charles Saint-Denis, lubrique écrivain à succès, et obsession de Paul André Claude Gaudens (excellent Benoît Magimel), riche dandy dérangé et oisif.
Comme on le dit souvent, Chabrol invite Hitchckock à sa table. Sans s’encombrer d’un fameux mcguffin, son film dégage une tension sexuelle et obsessionnelle terriblement dérangeante.
Dans un jeu d’acteurs décalé ou plutôt chabrolien, très ironique, la sincérité et l’amour de Ludivine Sagnier tranchent complètement avec les autres interprètes. La cruauté bonhomme de Charles/François Berléand rendent même improbable, ou incompréhensible, l’amour de Gabrielle pour l’écrivain si bien que leur couple inquiète surtout lorsque Gabrielle est emportée dans des « jeux » de plus en plus malsains toujours au coeur de cette bourgeoisie de province aussi irréelle que très française.
Bien que Ludivine Sagnier soit familière de ces films (elle joue une superbe débauchée dans Swimming Pool), l’actrice semble subir comme une introduction à un univers qui lui est étrangé de la même manière que l’initiation de Gabrielle dans le film. Le rebondissement avant le dernier acte et ses conséquences achèvent de nous mettre mal à l’aise. Loin de se répéter, mais toujours dans un style très reconnaissable, Claude Chabrol n’a pas fini de nous intriguer.

Planète Terreur
Vu le 20/8/2007 à l’UGC George V en VO
On passera sur la polémique du double programme bêtement tronqué car au fond, pris seul, Planète Terreur demeure un film plutôt jouissif. Alors que Tarantino avec Death Proof semble (je ne l’ai pas vu) avoir utilisé Grindhouse pour réaliser un film bavard de luxe et personnel, Robert Rodriguez a choisi de se tenir au concept de serie B avec quand même plusieurs millions de dollars supplémentaires au budget pour nous offrir du vrai spectacle à commencer par la bande-annonce du début, Machete, qui nous montre un Danny Trejo dans toute sa splendeur à l’aise avec les armes blanches et lourdes ainsi que les femmes, les mères et filles ensemble bien sur !
Planète Terreur en lui-même est un film de zombies. Généreux et sincère, Rodriguez nous offre un des dizaines d’images marquantes de la femme aux seringues à celle à la mitraillette en guise de jambe, image assez survendue vu qu’on doit attendre une bonne heure avant d’en profiter mais terriblement efficace. Nous avons aussi droit à un collectionneur de testicules, un cuisinier dégueu mais qui fait la meilleure sauce barbecue du Texas, des jumelles baby-sitters sud américaines… la liste est longue, un vrai festival de gore, de trognes et de filles sexy. On peut oublier les quelques trucs un peu artificiels pour faire vieux (parfois l’image est un peu passée, et même une bobine est manquante !) mais plutôt s’attacher au déroulement frénétique et à l’humour constant du métrage. Au final, ce Planète Terreur peut vraiment se voir comme un excellent concentré d’action sexy et gore.

Paranoïak
Vu le 27/8/2007 à l’UGC George V Salle 4 en VO
Forcé d’être cloîtré chez lui tout l’été, un adolescent observe ses voisins jusqu’à découvrir que l’un d’entre eux est peut-être un criminel.
La parenté avec Fenêtre sur Cour est évidente aussi on rigole bien quand le scénariste Christopher Landon nous parle de « son » idée : « Presque tout le monde s’extasie sur ces banlieues résidentielles aux maisons coquettes et aux pelouses manucurées. Pour ma part, je leur ai toujours trouvé un côté légèrement sinistre. En circulant de nuit dans ces rues, j’ai soudain eu l’idée d’un film où un ado, contraint de rester chez lui, commencerait à observer des choses bizarres chez l’un de ses voisins et en viendrait à le soupçonner d’être un tueur en série. ». Quelle imagination ! D’autant que personne n’a jamais pensé tourner un film montrant un autre visage des banlieues résidentielles américaines… haha.
Conscient de ne pas tenir entre les mains le nouveau Usual Suspects, D.J. Caruso a au-moins le mérite de développer un film pour ado divertissant jamais ambitieux ni embarrassant. Le point de départ, comment le héros est forcé de rester chez lui, est plutôt bien vu et bien exploité (pas de quiproquos stupide) et l’ambiance générale est plutôt bonne entre scènes de suspense bien troussées et enthousiasme adolescent.
Paranoiak vaut en fait surtout pour son trio de jeunes acteurs avec Aaron Yoo en sidekick vraiment drôle et Sarah Roemer en petite copine vraiment sexy. Et bien sur, il y a Shia LaBeouf dans son premier premier rôle (je crois) et à l’aise dans toutes les situations. Drôle, attachant, légèrement inquiétant, il est bouleversant dans la séquence d’introduction lors d’un plan où on le voit à travers de la tôle froissée. Paranoïak n’étant pas un film surprenant ni original, c’est peu de dire que le succès du film tient largement à sa prestation.

Fiche IMDB Hot Fuzz
Fiche IMDB Mi$e à prix
Fiche IMDB La Fille coupée en deux
Fiche IMDB Planète Terreur
Fiche IMBD Paranoïak
Par Pascal
23 septembre 2007
Vu le 1/8/2007 à l’UGC George V salle 1 en VO
Film d’animation américain (2007) de Brad Bird et Jan Pikava avec les voix de Guillaume Lebon (VF), Patton Oswalt (VO), Thierry Raqueneau (VF), Lou Romano (VO), Camille (VF), Janeane Garofaldo (VO)…
Les films des studios Pixar sont presque devenus un label de qualité depuis plus de dix ans. Le plus mauvais de leurs films est au pire excellent. Ce n’est pas Ratatouille qui remettra en cause leur méthode de travail.
Un film de Pixar, ce sont d’abord une idée et une histoire. On les doit à Jon Pikava, originellement réalisateur du film mais remplacé pour des raisons assez obscures par Brad Bird. Le développement et la mise en scène ont certainement été revues par ce dernier. L’idée est donc un rat parisien qui veut devenir un restaurateur. L’histoire est classiquement l’accomplissement de ce souhait. Tous les autres aspects du film se mettent au service de cette histoire, c’est d’ailleurs aussi ça la recette des Pixar, bien différente de celle d’une franchise comme Shrek (et la plupart des films d’animation de Dreamworks).
On pourrait sans doute dire beaucoup de choses de Ratatouille et de son animation, de sa fluidité et de son naturel, des prouesses techniques jamais tape à l’oeil à l’exception d’une incroyable promenade en plan séquence à travers les tuyaux de la ville de Paris. On pourrait parler du design fabuleux des rats et des décors mais aussi des progrès réalisés sur l’apparence humaine depuis Toy Story. On pourrait aussi évoquer la mise en scène judicieuse toujours portée vers l’action et l’émotion, jamais sur la pleurnicherie et les quiproquos gênants. On pourrait même admettre que le film n’est pas si drôle mais qu’il fourmille par contre de dizaines de détails et de postures qu’une seule vision ne suffira pas à déceler.
Au fond, Ratatouille fait parti de ses films dont on n’a pas vraiment besoin d’essayer de convaincre qui que ce soit que c’est un bon film à part quelques grincheux jamais contents, des adolescents pensant que trouver ce film familial nul les rendront plus adultes et enfin les éternels porteurs de la contradiction trop heureux de trouver un défi de taille puisque l’adhésion autour de Ratatouille est plus ou moins unanime.
Mais la tâche est de toute façon vaine. Pour les autres, l’émerveillement est possible. Beaucoup de films reposant sur un concept s’essoufflent dans leur dernière partie généralement parce que le concept dépasse l’histoire mais qu’il faut bien en finir avec cette dernière. Et généralement, c’est convenu. Ratatouillle n’est pas si original mais il s’y passe quelque chose de merveilleux : au deux tiers du film, le héros humain se retrouve seul dans son restaurant et sa cuisine avec tous les clients à servir. Le merveilleux, c’est un peu la résolution extraordinairement bien amenée et développée, mais c’est surtout la peur et le soulagement que ces séquences m’ont fait ressentir. D’un coup, je me suis surpris à m’être perdu dans le film. Je suis devenu ma petite soeur que j’accompagnais quinze ans plus tôt au cinéma, qui sursautait sur mes genoux et tapait sur le siège devant nous parce qu’elle se demandait vraiment comment tous ces chiots allaient échapper à Cruella.
Et un personnage du film ressent d’ailleurs la même chose. Cette mise en abîme est sidérante.
En tant qu’ancien producteur de la série, Brad Bird est sans doute pour beaucoup dans la réussite des Simpson et dans la caractérisation d’une famille déglinguée mais pourtant si proche et si pleine d’amour. Le réalisateur insuffle la même force à ce film. Ratatouille est remplie d’amour et de vie.

Fiche IMDB
Par Pascal
13 septembre 2007
Vu le 25/7/2007 à l’UGC Montparnasse Salle 3 en VF puis le 6/8/2007 à l’UGC George V Salle 2 en VO
Film américain (2007 – The Simpsons movie) de David Silverman avec les voix de Philippe Peythieu/Dan Castellaneta, Véronique Augereau/Julie Kavner, Joëlle Guigui/Nancy Cartwright, Aurélia Bruno/Yeardley Smith…
Cette critique est encore moins objective que d’habitude.
Combien de temps ai-je attendu ce film ? La rumeur a bien persisté pendant dix ans aussi l’annonce au détour d’une séance l’Age de glace 2 avec un Homer portant un tee-shirt de Superman a eu de quoi m’émerveiller. Le résultat auquel j’ai assisté dans une salle comble et conquise d’avance composée exclusivement de garçons et filles de 20 à 30 ans, soit que des gens qui ont passé leur adolescence en compagnie d’Homer, Marge, Bart et Lisa puis tous les autres trucs (le chat, le chien, Maggie et la télé), a d’ailleurs quelque chose d’unique.
Les Simpson, le film a l’allure d’un épisode version longue ce qui n’a absolument rien de péjoratif. Devions-nous voir autre chose ? Un patchwork de saynètes où on tenterait de mettre en équitablement en scène tous les personnages ? Un sabordage des codes de la série ? Je ne pense pas. On ne s’étonnera donc pas de voir finalement un film à la construction très classique. Et qu’ont fait les onze scénaristes ? Des gags. Très nombreux dans la première partie, un peu moins dans la seconde qui se met au service de l’histoire. Les gags sont aussi d’une grande variété du pur slapstick idiot montrant Homer plantant un clou au pamphlet politique autour d’un gouverneur de Californie devenu président ou d’une publicité avec Tom Hanks.
A la deuxième vision, on se surprend à trouver de nouvelles pépites particulièrement dans la deuxième partie. Au final, le film est hilarant du tout début jusque la fin du générique avec un nettoyeur de salle de cinéma qui met presque mal à l’aise.

Le scénario est comme souvent abracadabrant et centré sur Homer. Il conduit les Simpson jusqu’en Alaska. David Silverman met aussi bien que possible en scène et intègre intelligemment les délires des scénaristes. Le récit tient donc la route si bien qu’on pardonnera plusieurs tentatives ratées de 3D (la balle façon Matrix ou la dernière scène en moto). Et cette histoire fait surtout jaillir la véritable essence du show : la famille. Les Simpson, le film comme la série est une chronique familiale édifiante. L’amour entre Homer et sa femme et entre Homer et son fils sont les deux ressorts du film et sont profondément touchants. Les Simpson font rire. Mais il y a aussi beaucoup, beaucoup d’amour. C’est cela qui me touche le plus. J’aurais rêvé d’une exploitation plus forte du personnage de Lisa, peut-être mon personnage préféré (Le mariage de Lisa, Lisa la végétarienne, La bande à Lisa sont des très grands épisodes) aussi j’espère que le succès du film, sans être colossal, assurera le démarrage d’une franchise au cinéma car les débuts sont très prometteurs.
Et sinon VO ou VF ? Les deux ont leurs charmes. Les traducteurs et les voix, depuis le temps, semblent parfaitement en osmose avec l’univers des Simpson aussi je ne suis pas certain que nous perdions quoi que ce soit en VF si ce n’est le travail vocal des acteurs américains, des jeux de mots et éventuellement des références culturelles que je pourrais de toute façon difficilement comprendre. Et j’avoue : je trouve que les répliques ont un meilleur rythme en français. Question d’habitude sans doute…
Fiche IMDB
Par Pascal
8 septembre 2007
Jericho Saison 1 Episode 22
Réalisé par Sanford Bookstaver écrit par Carol Barbee, Johnathan E. Steinberg
Appréciation : ****
La bataille entre Jericho et New Bern est désormais ouverte et une grande bataille va avoir lieu. Le problème est que l’armée de New Bern est très supérieure en armes et en nombre. C’est peut-être le moment d’utiliser toutes les ressources de Jericho… Why we fight évoque et montre la mort, sa douleur. La guerre est ici principalement affaire de stratégie, d’attente et de tension puis de chaos extrême.
Alors que la guerre fait rage à Jericho, l’épisode développe un long flash back autour de la famille Green. Apparemment hors de propos, même si nous découvrons un Jake Green/Skeet Ulrich, vraiment beau, il prend tout son sens lors d’un événement dramatique, et très beau, et se révèle finalement essentiel et habilement monté à la manière d’un très bon épisode de Lost.
Heather réapparaît aussi et nous fait découvrir un autre monde, celui de l’armée américaine qui tente de réinstaurer son autorité… La jeune femme tente de convaincre d’intervenir à Jericho. Seulement, les motivations de cette intervention pourraient se révéler tout autres qu’humanitaires. Et voyant cette curieuse bannière étoilée, elle s’interroge.

C’est cette vision du drapeau de Camp Liberty qui transcende la série et la rend des plus excitantes. Elle rejoint en outre des histoires post-apocalyptiques telles le Postman de Kevin Costner, film qui n’a pas eu la carrière qu’il mérite.
Surtout, c’est cette simple photo qui m’a donné envie de voir toute cette série. La chute de l’empire américain n’est sans doute pas pour demain mais sa seule évocation suffit à nous fasciner et nous effrayer.
Comme nous le savons depuis maintenant quelques mois. Jericho a été annulée au terme de sa première saison, alors qu’elle se termine sur un cliffhanger énorme, et on ne peut que regretter que la série n’est pas eu sa chance pour trois ou quatre saisons au vu de la richesse des thèmes abordés pendant la première saison, et malgré des préchi-précha familiaux (je pense ici aux Green et à Emily) pas vraiment à la hauteur.
Une saison deux constituée de huit épisodes verra quand même le jour. Ils serviront sans doute à clôturer une histoire sans développer trop de nouvelles intrigues. Cela risque d’être un peu court mais ne crachons pas dans la soupe et remercions les fans de part le monde pour leur soutien à la série, principalement les fans américains et leur mobilisation à l’annonce de l’annulation. Dieu bénisse l’Amérique.

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
6 septembre 2007
Jericho Saison 1 Episode 21
Réalisé par Guy Norman Bee écrit par Frank Military et Josh Schaer
Appréciation : ****
Phil Constantino dresse un ultimatum à Anderson lui réclamant sa soumission, des fermes et la moitié de la mine de sel. Très vite, cette menace devient tout ce qu’il y a de plus réelle. C’est une invasion.
Les tirs de mortiers sont superbement mises en scène : des sifflements soudains, des vitres se brisent, du sang et du feu. En une minute, le chaos. Peu à peu, les habitants de Jericho font face à ce qui est désormais une guerre, Stanley le premier qui en découvre toute l’horreur.
Cette menace de New Bern pèse sur les habitants qui réagissent comme ils peuvent. Certains tentent d’en tirer profit comme Dale, étonnant dans son discours de mobilisation (« Alors, qui veut un avenir ?») qui va lui permettre d’asseoir plus son emprise sur les richesses de Jericho. D’autres en tirent les conséquences comme Robert Hawkins qui tente toujours de protéger sa famille mais qui change totalement sa stratégie :
« - Plus de secrets,
Pourquoi maintenant ?
J’ai toujours pensé que je pourrais vous protéger. Mais maintenant aujourd’hui, je n’en suis plus aussi sur.»
Cet aveu d’impuissance s’impose comme une véritable libération d’Hawkins, ses vrais sentiments prennent le dessus.
Mais très vite, l’heure n’est plus aux discussions mais aux décisions : « Il est temps de choisir son camp » nous dit le père Green. Deux camps se dessinent. Les résignés emmenés par un Gray Anderson accablé et des fermiers espérant par la suite faire valoir leur propriété dans un état de droit de plus en plus lointain et les résistants, contraint de s’allier avec leurs pires ennemis.
Le nouveau monde annoncé se dévoile définitivement. C’est l’Amérique qui se bat contre l’Amérique. Le pire est de s’en rendre à peine compte. Depuis 20 épisodes, Jericho nous parle d’un nouveau monde auquel nous nous sommes presque habitués. Aussi la séquence dans la camion où l’otage menacé par Johnston Green lui parle d’un concours de pêche auquel ils ont participé tout deux fait presque froid dans le dos tout en nous donnant cette vision finalement classique et terriblement pathétique de la guerre : opposé des gens qui n’avaient rien à se reprocher.
Si Coalition of the Willing nous questionne intelligemment autour du thème de la guerre, il en est cependant avant tout une démonstration. C’est au final un grand épisode d’action et de mobilisation, marquée par des séquences fortes de transmission d’armes (Jake à Emily, Robert à sa fille). Il est aussi un film de guérilla avec des fusillades, des défaites et des victoires, des discours amers : « C’est une lutte pour notre survie » face à un ennemi imposant. C’est bien la fin de la saison et peut-être celle de Jericho (la ville comme la série d’ailleurs).

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
4 septembre 2007
Vu le 23/7/2007 à l’UGC Opéra Salle 2
Film français (2007) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites, François Jerosme…
Après le succès de la bande dessinée dont ce film d’animation est l’adaptation, son sujet aussi grave que porteur et sa présence, et son prix du jury, à Cannes, on trouvera encore des gens dans notre belle nation s’étonner du million d’entrées au cinéma de Persepolis. Un beau succès en effet, porté par un bon bouche à oreille, mais pas exactement une surprise.
Persepolis raconte la jeunesse chaotique de Marjane dans un monde qui l’est encore plus soit l’Iran, tout juste devenu république islamique, des années 80 (où, niveau condition de la femme, on était loin de la chanson de Sardou) et l’Autriche libre où l’adolescente vivra paradoxalement ses pires moments. Au travers de ce destin, presque nécessairement, se dresse une chronique sur la condition de la femme et la liberté.
Au fond, de toute cette période, Persepolis ne raconte rien de bien nouveau mais il le met superbement bien mis en scène. On s’amuse de l’enfant s’intéressant, telle Mafalda, à la vie politique avec son discours ironiquement simplifié : le régime d’Iran, c’est la faute aux anglais ou son oncle revenu de Moscou avec un doctorat de Marxisme-Leninisme. Puis l’enfant grandit et l’adolescente voilée subit l’oppression en Iran, tout en écoutant Iron Maiden, puis les déceptions amoureuses en Europe.
Le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud mêle ainsi habilement des épisodes drôles, romantiques, oniriques et parfois désespérants comme l’est cette évocation de la guerre Iran-Irak. Jamais le récit s’en trouve alourdit ou dispersé, la force de la mise en scène tient justement dans ces passages du comique au tragique. Une scène illustre parfaitement cette juste alternance : pour éviter de se faire arrêter la police en pleine rue, Marjane dénonce un homme lisant son journal qui l’avait regardé impudiquement. Elle raconte en riant l’épisode à sa grand-mère qui, elle, rentre dans une colère noire la blâmant d’avoir mis en danger un innocent. Et elle dénonce finalement un monde qui ne tourne plus rond.
Que ces épisodes soient authentiques, romancés ou fantasmés, la bande dessinée Persepolis étant à la base si j’ai bien compris une autobiographie, Marjane Satrapi fait parfaitement ressentir le vécu de cette histoire qui ne peut que toucher le plus grand nombre. Persepolis est un film à l’animation élégante et élaborée dont la simplicité du trait rend cette histoire universelle.

Fiche IMDB
Par Pascal
3 septembre 2007
Jericho Saison 1 Episode 20
Réalisé par Seith Mann, écrit par Joy Gregory
Appréciation : ****
L’épisode précédent s’achevait avec des plans d’invasion au mortier et des discours guerriers. Autrement dit un situation fichtrement excitante ! Nous retrouvons les deux frères Green emprisonnés à New Bern et interrogés de manière très musclée tandis que Hawkins cherche à trouver une solution pour les libérer. Et la tension monte entre les habitants de New Bern et ceux de Jericho à la mine de sel jusqu’à l’inévitable : une fusillade.
Comme toujours, Jericho continue d’explorer la lente dégradation de la société blessée représentée par le microcosme Jericho. Le danger permanent de l’extérieur, rappelée par le retour de Maggie, prend une forme symbolique en la ville de New Bern, jadis cité amie.
Mais tout a changé, les illusions et l’espoir sont de plus en plus lointains et les jeux de dupe ne trompent plus personne. Les confrontations entre Johnston Green et Phil Constatino dépeignent cette ambiance pesante : « Ca fait longtemps que les choses tournent mal ». La fusillade accidentelle du début fait place à une fusillade intentionnelle. Elle est en outre formellement réussie sans doute la meilleure scène d’action de la série.
Pendant ce temps à Jericho, on retrouve un couple Dale/Skylar qui se libère plus que jamais du poids de l’ « ancien monde ». Leur entrée à marche forcée vers l’âge adulte leur donne une vision lucide des hommes, du pouvoir et des amitiés complaisantes dont Skylar en fait l’amère expérience pour en ressortir grandie. L’innocence est maintenant loin mais celle-ci semble avoir donné au couple les meilleures bases pour l’avenir.
Au milieu de ces enjeux importants, Gail, dont la moue auparavant sympathique devient agaçante, ignore cordialement la copine de son fils et discute avec Emily en changeant les draps des lits de l’hôpital. A vrai dire, on s’en fiche complètement mais on remarquera malgré tout que l’intrigue concourt à cette idée d’un impossible retour en arrière et d’une tentative de regarder en face les récents bouleversements.
One if by Land se conclue dans une promenade nocturne sans beaucoup d’espoir mais avec un peu d’apaisement, comme une parenthèse. L’hiver se termine. Le blé commence à pousser. « Ecoutez ce vent, il souffle toujours, même après ce que nous avons fait » dit Johnston, « Et tout ce qui va arriver… il faut continuer » ajoute Jake. C’est donc un nouveau monde qui s’instaure. Ce nouvel ordre est accepté sinon assumé. One if by land est définitivement un épisode de prise de conscience.

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
3 septembre 2007
Jericho Saison 1 Episode 19
Réalisé par Steven DePaul, écrit par Karen Hall
Appréciation : ***
La ville de Jericho voit ses éoliennes arriver de New Bern. Stanley Richmond revient donc au bercail, et découvre que sa soeur vit avec son petit ami dans cette intrigue secondaire récurrente, et toujours aussi drôle, chez les Richmond, mais Eric Green tout comme Heather Lisinski ne sont pas revenus… Jake mène l’enquête et demande à Robert son aide dans son escapade vers New Bern. Dans le même épisode, Skylar tente de se faire émanciper afin d’obtenir le contrôle de la mine de sel que ses parents détiennent à 51%.
Après les épisodes géniaux Black Jack et Rogue River, c’est une nouvelle sortie dans une autre ville qui nous montre encore un nouveau visage de ce monde post nucléaire. Après nous avoir décrit une ville fantôme, Rogue River, et une autre nous ramenant à l’époque de la conquête de l’Ouest, Black Jack, New Bern fait vraiment figure d’une ville du tiers monde, véritable état policier renfermée sur elle-même avec des gardes armés de mitrailleuses lourdes à son entrée.
Ravagée par les batailles (leur combat contre Ravenwood), avec des enfants affamés quémandent de la nourriture dans la rue, New Bern semble n’avoir qu’une option pour assurer sa survie : la guerre et toutes ses faibles ressources se retrouvent dédiée à celle-ci. Le contexte de la série s’étoffe à nouveau et nous offre encore de nouvelles perspectives sur des villes à l’agonie et livrées, un contexte de villes-états telles les cités grecques…
Mais pour nos deux héros, c’est d’abord le mystère autour de la « disparition » d’Eric qui les intriguent au point de devoir se résoudre à outrepasser les règles de New Bern jusqu’aux pires extrémités face à un policier capturé : « Obtenir des réponses mais obtenir la vérité demande un peu d’effort »… la séquence d’interrogatoire est très forte tout comme les graves découvertes que Jake et Robert vont faire.
Une telle tension et une telle vérité font de Casus Belli un épisode idéal de fin de saison maintenant sans problème le spectateur en haleine jusqu’au season finale où tous les événements ne manqueront pas de se précipiter comme ils le commencent déjà. Le discours à la fin de l’épisode, justifiant son titre, donne clairement le ton : le destin de Jericho se jouera peut-être à la fin de la saison. Dans le sang…

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
1 septembre 2007