Archives de septembre 2007
La rentrĂ©e, l’automne reviennent. GĂ©nĂ©ralement, les films qui sortent Ă cette pĂ©riode sont meilleurs que ceux sortis en Ă©tĂ©. Revenons de suite sur quelques-uns des films que j’ai pu voir.
Hot Fuzz
Vu le 24/7/2007 Ă l’UGC OdĂ©on salle 2 en VO
Le superflic Nicholas Angel (quel nom!) est mutĂ© dans un petit village de province, loin de la frĂ©nĂ©sie londonnienne oĂą son zèle exemplaire finissait par taper sur les nerfs de ses collègues et supĂ©rieurs moins bons. Heureusement pour le spectateur, la charmante bourgade n’est peut-ĂŞtre pas si tranquille.
Après l’hilarant et fantastique Shaun of the dead, Edgar Wright et Simon Pegg, qui co-signe le scĂ©nario, s’attaquent pour notre plus grand bonheur au film d’action. La rĂ©ussite est totale. Hot Fuzz est hilarant que ce soit dans l’humour anglais que dans le plus pur potache ou l’histoire abracadabrante. C’est Ă©galement un film assez attachant par sa description plutĂ´t bien vue de l’amitiĂ© naissante entre les flics Nicholas et Danny. Et enfin, cĂ´tĂ© action, Hot Fuzz nous offre tout simplement une des plus grandes fusillades jamais vue Ă la fois bourrine, gore, drĂ´le et tendue au bon moment et introduite par une arrivĂ©e iconique du hĂ©ros Ă cheval, cure-dent dans la bouche et fusils sur le dos !
Cette fusion rĂ©ussie entre l’hommage, la parodie et l’action pure ne doit rien au hasard mais Ă une mise en scène rigoureuse et sincère car Edgar Wright aime visiblement tous les films du genre mettant mĂŞme en avant Bad Boys 2 et Point Break auquel il rend explicitement hommage. Hot Fuzz est d’ailleurs truffĂ©e de dizaines de rĂ©fĂ©rences et respecte tous les codes. Finalement, le film pourrait mĂŞme faire figure de modèle. Chapeau.

Mi$e Ă prix
Vu le 2/8/2007 Ă l’UGC Odeon Salle 1 en VO
Buddy ‘Aces’ Israel va lâcher tout ce qu’il sait sur le milieu Ă la police. Sa tĂŞte est mise Ă prix et les meilleurs tueurs, i.e. les plus atypiques, se mettent sur le coup.
Sur le papier, et au vu de certains rebondissements, on pourrait croire Ă un film Ă la Snatch ce qui serait dĂ©jĂ pas mal du tout mais Joe Carnahan semble ne pas avoir voulu seulement s’amuser. Avec des images très colorĂ©es et constrastĂ©es et une mise en situation très rythmĂ©e et « cool », Mi$e Ă Prix nous invite pourtant dans un univers ludico-violent peuplĂ© de personnages bien barrĂ©s. Au coeur du film, les sĂ©quences d’action dans l’hĂ´tel frĂ´lent l’anthologie particulièrement lors d’un duel dans un ascenseur puis d’une fusillade dĂ©mente depuis l’immeuble en face.
C’est par la caractĂ©risation de certains personnages et leurs relations que Joe Carnahan apporte de l’humanitĂ© Ă son film. Une amitiĂ© entre deux flics, l’amour d’une tueuse pour une autre, la culpabilitĂ© de Aces lorsqu’il nĂ©gocie avec la police ou mĂŞme la curieuse solidaritĂ© au sein d’une fratrie nĂ©o-nazi… le rĂ©alisateur de Narc n’a pas fait un film « fun » mais presque un film choral oĂą les protagonistes font transparaĂ®tre leur mal-ĂŞtre et leurs espĂ©rances aussi bien par les armes que par leur attitude.
Ce mĂ©lange serieux/ludique/mĂ©lancolique n’est d’ailleurs pas sans rappeler le sympathique, et un peu moins dĂ©bridĂ©, Dernières heures Ă Denver (soit en anglais le joli titre Things to do in Denver when you are dead) avec dĂ©jĂ Andy Garcia.
Evidemment, on peut avoir l’impression de voir deux films ce qui peut-ĂŞtre dĂ©routant. Le scĂ©nario alambiquĂ© nous laisse difficilement faire la part des choses. L’important est qu’on passe un bon moment et que le film conserve son curieux Ă©quilibre jusqu’au bout. Ainsi, après une rĂ©solution des plus tarabiscotĂ©es Ă la fois amusante et pathĂ©tique, Mi$e Ă prix se conclue par un plan très digne et original, variation autour d’une figure imposĂ©e dans les films avec des policiers, ultime preuve qu’au delĂ des apparences, Joe Carnahan a beaucoup de sensibilitĂ©.

La Fille coupée en deux
Vu le 8/8/2007 Ă l’UGC George V Salle 1
Gabrielle Aurore Deneige est donc coupĂ©e en deux. Jeune et belle femme, folle amoureuse d’un homme beaucoup plus âgĂ©e qu’elle, Charles Saint-Denis, lubrique Ă©crivain Ă succès, et obsession de Paul AndrĂ© Claude Gaudens (excellent BenoĂ®t Magimel), riche dandy dĂ©rangĂ© et oisif.
Comme on le dit souvent, Chabrol invite Hitchckock Ă sa table. Sans s’encombrer d’un fameux mcguffin, son film dĂ©gage une tension sexuelle et obsessionnelle terriblement dĂ©rangeante.
Dans un jeu d’acteurs dĂ©calĂ© ou plutĂ´t chabrolien, très ironique, la sincĂ©ritĂ© et l’amour de Ludivine Sagnier tranchent complètement avec les autres interprètes. La cruautĂ© bonhomme de Charles/François BerlĂ©and rendent mĂŞme improbable, ou incomprĂ©hensible, l’amour de Gabrielle pour l’Ă©crivain si bien que leur couple inquiète surtout lorsque Gabrielle est emportĂ©e dans des « jeux » de plus en plus malsains toujours au coeur de cette bourgeoisie de province aussi irrĂ©elle que très française.
Bien que Ludivine Sagnier soit familière de ces films (elle joue une superbe dĂ©bauchĂ©e dans Swimming Pool), l’actrice semble subir comme une introduction Ă un univers qui lui est Ă©trangĂ© de la mĂŞme manière que l’initiation de Gabrielle dans le film. Le rebondissement avant le dernier acte et ses consĂ©quences achèvent de nous mettre mal Ă l’aise. Loin de se rĂ©pĂ©ter, mais toujours dans un style très reconnaissable, Claude Chabrol n’a pas fini de nous intriguer.

Planète Terreur
Vu le 20/8/2007 Ă l’UGC George V en VO
On passera sur la polĂ©mique du double programme bĂŞtement tronquĂ© car au fond, pris seul, Planète Terreur demeure un film plutĂ´t jouissif. Alors que Tarantino avec Death Proof semble (je ne l’ai pas vu) avoir utilisĂ© Grindhouse pour rĂ©aliser un film bavard de luxe et personnel, Robert Rodriguez a choisi de se tenir au concept de serie B avec quand mĂŞme plusieurs millions de dollars supplĂ©mentaires au budget pour nous offrir du vrai spectacle Ă commencer par la bande-annonce du dĂ©but, Machete, qui nous montre un Danny Trejo dans toute sa splendeur Ă l’aise avec les armes blanches et lourdes ainsi que les femmes, les mères et filles ensemble bien sur !
Planète Terreur en lui-mĂŞme est un film de zombies. GĂ©nĂ©reux et sincère, Rodriguez nous offre un des dizaines d’images marquantes de la femme aux seringues Ă celle Ă la mitraillette en guise de jambe, image assez survendue vu qu’on doit attendre une bonne heure avant d’en profiter mais terriblement efficace. Nous avons aussi droit Ă un collectionneur de testicules, un cuisinier dĂ©gueu mais qui fait la meilleure sauce barbecue du Texas, des jumelles baby-sitters sud amĂ©ricaines… la liste est longue, un vrai festival de gore, de trognes et de filles sexy. On peut oublier les quelques trucs un peu artificiels pour faire vieux (parfois l’image est un peu passĂ©e, et mĂŞme une bobine est manquante !) mais plutĂ´t s’attacher au dĂ©roulement frĂ©nĂ©tique et Ă l’humour constant du mĂ©trage. Au final, ce Planète Terreur peut vraiment se voir comme un excellent concentrĂ© d’action sexy et gore.

ParanoĂŻak
Vu le 27/8/2007 Ă l’UGC George V Salle 4 en VO
ForcĂ© d’ĂŞtre cloĂ®trĂ© chez lui tout l’Ă©tĂ©, un adolescent observe ses voisins jusqu’Ă dĂ©couvrir que l’un d’entre eux est peut-ĂŞtre un criminel.
La parentĂ© avec FenĂŞtre sur Cour est Ă©vidente aussi on rigole bien quand le scĂ©nariste Christopher Landon nous parle de « son » idĂ©e : « Presque tout le monde s’extasie sur ces banlieues rĂ©sidentielles aux maisons coquettes et aux pelouses manucurĂ©es. Pour ma part, je leur ai toujours trouvĂ© un cĂ´tĂ© lĂ©gèrement sinistre. En circulant de nuit dans ces rues, j’ai soudain eu l’idĂ©e d’un film oĂą un ado, contraint de rester chez lui, commencerait Ă observer des choses bizarres chez l’un de ses voisins et en viendrait Ă le soupçonner d’ĂŞtre un tueur en sĂ©rie. ». Quelle imagination ! D’autant que personne n’a jamais pensĂ© tourner un film montrant un autre visage des banlieues rĂ©sidentielles amĂ©ricaines… haha.
Conscient de ne pas tenir entre les mains le nouveau Usual Suspects, D.J. Caruso a au-moins le mĂ©rite de dĂ©velopper un film pour ado divertissant jamais ambitieux ni embarrassant. Le point de dĂ©part, comment le hĂ©ros est forcĂ© de rester chez lui, est plutĂ´t bien vu et bien exploitĂ© (pas de quiproquos stupide) et l’ambiance gĂ©nĂ©rale est plutĂ´t bonne entre scènes de suspense bien troussĂ©es et enthousiasme adolescent.
Paranoiak vaut en fait surtout pour son trio de jeunes acteurs avec Aaron Yoo en sidekick vraiment drĂ´le et Sarah Roemer en petite copine vraiment sexy. Et bien sur, il y a Shia LaBeouf dans son premier premier rĂ´le (je crois) et Ă l’aise dans toutes les situations. DrĂ´le, attachant, lĂ©gèrement inquiĂ©tant, il est bouleversant dans la sĂ©quence d’introduction lors d’un plan oĂą on le voit Ă travers de la tĂ´le froissĂ©e. ParanoĂŻak n’Ă©tant pas un film surprenant ni original, c’est peu de dire que le succès du film tient largement Ă sa prestation.

Fiche IMDB Hot Fuzz
Fiche IMDB Mi$e Ă prix
Fiche IMDB La Fille coupée en deux
Fiche IMDB Planète Terreur
Fiche IMBD ParanoĂŻak
Par Pascal
23 septembre 2007 Catégories: CinĂ©ma
Vu le 1/8/2007 Ă l’UGC George V salle 1 en VO
Film d’animation amĂ©ricain (2007) de Brad Bird et Jan Pikava avec les voix de Guillaume Lebon (VF), Patton Oswalt (VO), Thierry Raqueneau (VF), Lou Romano (VO), Camille (VF), Janeane Garofaldo (VO)…
Les films des studios Pixar sont presque devenus un label de qualitĂ© depuis plus de dix ans. Le plus mauvais de leurs films est au pire excellent. Ce n’est pas Ratatouille qui remettra en cause leur mĂ©thode de travail.
Un film de Pixar, ce sont d’abord une idĂ©e et une histoire. On les doit Ă Jon Pikava, originellement rĂ©alisateur du film mais remplacĂ© pour des raisons assez obscures par Brad Bird. Le dĂ©veloppement et la mise en scène ont certainement Ă©tĂ© revues par ce dernier. L’idĂ©e est donc un rat parisien qui veut devenir un restaurateur. L’histoire est classiquement l’accomplissement de ce souhait. Tous les autres aspects du film se mettent au service de cette histoire, c’est d’ailleurs aussi ça la recette des Pixar, bien diffĂ©rente de celle d’une franchise comme Shrek (et la plupart des films d’animation de Dreamworks).
On pourrait sans doute dire beaucoup de choses de Ratatouille et de son animation, de sa fluiditĂ© et de son naturel, des prouesses techniques jamais tape Ă l’oeil Ă l’exception d’une incroyable promenade en plan sĂ©quence Ă travers les tuyaux de la ville de Paris. On pourrait parler du design fabuleux des rats et des dĂ©cors mais aussi des progrès rĂ©alisĂ©s sur l’apparence humaine depuis Toy Story. On pourrait aussi Ă©voquer la mise en scène judicieuse toujours portĂ©e vers l’action et l’Ă©motion, jamais sur la pleurnicherie et les quiproquos gĂŞnants. On pourrait mĂŞme admettre que le film n’est pas si drĂ´le mais qu’il fourmille par contre de dizaines de dĂ©tails et de postures qu’une seule vision ne suffira pas Ă dĂ©celer.
Au fond, Ratatouille fait parti de ses films dont on n’a pas vraiment besoin d’essayer de convaincre qui que ce soit que c’est un bon film Ă part quelques grincheux jamais contents, des adolescents pensant que trouver ce film familial nul les rendront plus adultes et enfin les Ă©ternels porteurs de la contradiction trop heureux de trouver un dĂ©fi de taille puisque l’adhĂ©sion autour de Ratatouille est plus ou moins unanime.
Mais la tâche est de toute façon vaine. Pour les autres, l’Ă©merveillement est possible. Beaucoup de films reposant sur un concept s’essoufflent dans leur dernière partie gĂ©nĂ©ralement parce que le concept dĂ©passe l’histoire mais qu’il faut bien en finir avec cette dernière. Et gĂ©nĂ©ralement, c’est convenu. Ratatouillle n’est pas si original mais il s’y passe quelque chose de merveilleux : au deux tiers du film, le hĂ©ros humain se retrouve seul dans son restaurant et sa cuisine avec tous les clients Ă servir. Le merveilleux, c’est un peu la rĂ©solution extraordinairement bien amenĂ©e et dĂ©veloppĂ©e, mais c’est surtout la peur et le soulagement que ces sĂ©quences m’ont fait ressentir. D’un coup, je me suis surpris Ă m’ĂŞtre perdu dans le film. Je suis devenu ma petite soeur que j’accompagnais quinze ans plus tĂ´t au cinĂ©ma, qui sursautait sur mes genoux et tapait sur le siège devant nous parce qu’elle se demandait vraiment comment tous ces chiots allaient Ă©chapper Ă Cruella.
Et un personnage du film ressent d’ailleurs la mĂŞme chose. Cette mise en abĂ®me est sidĂ©rante.
En tant qu’ancien producteur de la sĂ©rie, Brad Bird est sans doute pour beaucoup dans la rĂ©ussite des Simpson et dans la caractĂ©risation d’une famille dĂ©glinguĂ©e mais pourtant si proche et si pleine d’amour. Le rĂ©alisateur insuffle la mĂŞme force Ă ce film. Ratatouille est remplie d’amour et de vie.

Fiche IMDB
Par Pascal
13 septembre 2007 Catégories: CinĂ©ma
Vu le 25/7/2007 Ă l’UGC Montparnasse Salle 3 en VF puis le 6/8/2007 Ă l’UGC George V Salle 2 en VO
Film amĂ©ricain (2007 – The Simpsons movie) de David Silverman avec les voix de Philippe Peythieu/Dan Castellaneta, VĂ©ronique Augereau/Julie Kavner, JoĂ«lle Guigui/Nancy Cartwright, AurĂ©lia Bruno/Yeardley Smith…
Cette critique est encore moins objective que d’habitude.
Combien de temps ai-je attendu ce film ? La rumeur a bien persistĂ© pendant dix ans aussi l’annonce au dĂ©tour d’une sĂ©ance l’Age de glace 2 avec un Homer portant un tee-shirt de Superman a eu de quoi m’Ă©merveiller. Le rĂ©sultat auquel j’ai assistĂ© dans une salle comble et conquise d’avance composĂ©e exclusivement de garçons et filles de 20 Ă 30 ans, soit que des gens qui ont passĂ© leur adolescence en compagnie d’Homer, Marge, Bart et Lisa puis tous les autres trucs (le chat, le chien, Maggie et la tĂ©lĂ©), a d’ailleurs quelque chose d’unique.
Les Simpson, le film a l’allure d’un Ă©pisode version longue ce qui n’a absolument rien de pĂ©joratif. Devions-nous voir autre chose ? Un patchwork de saynètes oĂą on tenterait de mettre en Ă©quitablement en scène tous les personnages ? Un sabordage des codes de la sĂ©rie ? Je ne pense pas. On ne s’Ă©tonnera donc pas de voir finalement un film Ă la construction très classique. Et qu’ont fait les onze scĂ©naristes ? Des gags. Très nombreux dans la première partie, un peu moins dans la seconde qui se met au service de l’histoire. Les gags sont aussi d’une grande variĂ©tĂ© du pur slapstick idiot montrant Homer plantant un clou au pamphlet politique autour d’un gouverneur de Californie devenu prĂ©sident ou d’une publicitĂ© avec Tom Hanks.
A la deuxième vision, on se surprend Ă trouver de nouvelles pĂ©pites particulièrement dans la deuxième partie. Au final, le film est hilarant du tout dĂ©but jusque la fin du gĂ©nĂ©rique avec un nettoyeur de salle de cinĂ©ma qui met presque mal Ă l’aise.

Le scĂ©nario est comme souvent abracadabrant et centrĂ© sur Homer. Il conduit les Simpson jusqu’en Alaska. David Silverman met aussi bien que possible en scène et intègre intelligemment les dĂ©lires des scĂ©naristes. Le rĂ©cit tient donc la route si bien qu’on pardonnera plusieurs tentatives ratĂ©es de 3D (la balle façon Matrix ou la dernière scène en moto). Et cette histoire fait surtout jaillir la vĂ©ritable essence du show : la famille. Les Simpson, le film comme la sĂ©rie est une chronique familiale Ă©difiante. L’amour entre Homer et sa femme et entre Homer et son fils sont les deux ressorts du film et sont profondĂ©ment touchants. Les Simpson font rire. Mais il y a aussi beaucoup, beaucoup d’amour. C’est cela qui me touche le plus. J’aurais rĂŞvĂ© d’une exploitation plus forte du personnage de Lisa, peut-ĂŞtre mon personnage prĂ©fĂ©rĂ© (Le mariage de Lisa, Lisa la vĂ©gĂ©tarienne, La bande Ă Lisa sont des très grands Ă©pisodes) aussi j’espère que le succès du film, sans ĂŞtre colossal, assurera le dĂ©marrage d’une franchise au cinĂ©ma car les dĂ©buts sont très prometteurs.
Et sinon VO ou VF ? Les deux ont leurs charmes. Les traducteurs et les voix, depuis le temps, semblent parfaitement en osmose avec l’univers des Simpson aussi je ne suis pas certain que nous perdions quoi que ce soit en VF si ce n’est le travail vocal des acteurs amĂ©ricains, des jeux de mots et Ă©ventuellement des rĂ©fĂ©rences culturelles que je pourrais de toute façon difficilement comprendre. Et j’avoue : je trouve que les rĂ©pliques ont un meilleur rythme en français. Question d’habitude sans doute…
Fiche IMDB
Par Pascal
8 septembre 2007 Catégories: CinĂ©ma
Jericho Saison 1 Episode 22
Réalisé par Sanford Bookstaver écrit par Carol Barbee, Johnathan E. Steinberg
Appréciation : ****
La bataille entre Jericho et New Bern est dĂ©sormais ouverte et une grande bataille va avoir lieu. Le problème est que l’armĂ©e de New Bern est très supĂ©rieure en armes et en nombre. C’est peut-ĂŞtre le moment d’utiliser toutes les ressources de Jericho… Why we fight Ă©voque et montre la mort, sa douleur. La guerre est ici principalement affaire de stratĂ©gie, d’attente et de tension puis de chaos extrĂŞme.
Alors que la guerre fait rage Ă Jericho, l’Ă©pisode dĂ©veloppe un long flash back autour de la famille Green. Apparemment hors de propos, mĂŞme si nous dĂ©couvrons un Jake Green/Skeet Ulrich, vraiment beau, il prend tout son sens lors d’un Ă©vĂ©nement dramatique, et très beau, et se rĂ©vèle finalement essentiel et habilement montĂ© Ă la manière d’un très bon Ă©pisode de Lost.
Heather rĂ©apparaĂ®t aussi et nous fait dĂ©couvrir un autre monde, celui de l’armĂ©e amĂ©ricaine qui tente de rĂ©instaurer son autoritĂ©… La jeune femme tente de convaincre d’intervenir Ă Jericho. Seulement, les motivations de cette intervention pourraient se rĂ©vĂ©ler tout autres qu’humanitaires. Et voyant cette curieuse bannière Ă©toilĂ©e, elle s’interroge.

C’est cette vision du drapeau de Camp Liberty qui transcende la sĂ©rie et la rend des plus excitantes. Elle rejoint en outre des histoires post-apocalyptiques telles le Postman de Kevin Costner, film qui n’a pas eu la carrière qu’il mĂ©rite.
Surtout, c’est cette simple photo qui m’a donnĂ© envie de voir toute cette sĂ©rie. La chute de l’empire amĂ©ricain n’est sans doute pas pour demain mais sa seule Ă©vocation suffit Ă nous fasciner et nous effrayer.
Comme nous le savons depuis maintenant quelques mois. Jericho a Ă©tĂ© annulĂ©e au terme de sa première saison, alors qu’elle se termine sur un cliffhanger Ă©norme, et on ne peut que regretter que la sĂ©rie n’est pas eu sa chance pour trois ou quatre saisons au vu de la richesse des thèmes abordĂ©s pendant la première saison, et malgrĂ© des prĂ©chi-prĂ©cha familiaux (je pense ici aux Green et Ă Emily) pas vraiment Ă la hauteur.
Une saison deux constituĂ©e de huit Ă©pisodes verra quand mĂŞme le jour. Ils serviront sans doute Ă clĂ´turer une histoire sans dĂ©velopper trop de nouvelles intrigues. Cela risque d’ĂŞtre un peu court mais ne crachons pas dans la soupe et remercions les fans de part le monde pour leur soutien Ă la sĂ©rie, principalement les fans amĂ©ricains et leur mobilisation Ă l’annonce de l’annulation. Dieu bĂ©nisse l’AmĂ©rique.

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
6 septembre 2007 Catégories: Jericho SĂ©ries
Jericho Saison 1 Episode 21
Réalisé par Guy Norman Bee écrit par Frank Military et Josh Schaer
Appréciation : ****
Phil Constantino dresse un ultimatum Ă Anderson lui rĂ©clamant sa soumission, des fermes et la moitiĂ© de la mine de sel. Très vite, cette menace devient tout ce qu’il y a de plus rĂ©elle. C’est une invasion.
Les tirs de mortiers sont superbement mises en scène : des sifflements soudains, des vitres se brisent, du sang et du feu. En une minute, le chaos. Peu Ă peu, les habitants de Jericho font face Ă ce qui est dĂ©sormais une guerre, Stanley le premier qui en dĂ©couvre toute l’horreur.
Cette menace de New Bern pèse sur les habitants qui rĂ©agissent comme ils peuvent. Certains tentent d’en tirer profit comme Dale, Ă©tonnant dans son discours de mobilisation (« Alors, qui veut un avenir ?») qui va lui permettre d’asseoir plus son emprise sur les richesses de Jericho. D’autres en tirent les consĂ©quences comme Robert Hawkins qui tente toujours de protĂ©ger sa famille mais qui change totalement sa stratĂ©gie :
« - Plus de secrets,
Pourquoi maintenant ?
J’ai toujours pensĂ© que je pourrais vous protĂ©ger. Mais maintenant aujourd’hui, je n’en suis plus aussi sur.»
Cet aveu d’impuissance s’impose comme une vĂ©ritable libĂ©ration d’Hawkins, ses vrais sentiments prennent le dessus.
Mais très vite, l’heure n’est plus aux discussions mais aux dĂ©cisions : « Il est temps de choisir son camp » nous dit le père Green. Deux camps se dessinent. Les rĂ©signĂ©s emmenĂ©s par un Gray Anderson accablĂ© et des fermiers espĂ©rant par la suite faire valoir leur propriĂ©tĂ© dans un Ă©tat de droit de plus en plus lointain et les rĂ©sistants, contraint de s’allier avec leurs pires ennemis.
Le nouveau monde annoncĂ© se dĂ©voile dĂ©finitivement. C’est l’AmĂ©rique qui se bat contre l’AmĂ©rique. Le pire est de s’en rendre Ă peine compte. Depuis 20 Ă©pisodes, Jericho nous parle d’un nouveau monde auquel nous nous sommes presque habituĂ©s. Aussi la sĂ©quence dans la camion oĂą l’otage menacĂ© par Johnston Green lui parle d’un concours de pĂŞche auquel ils ont participĂ© tout deux fait presque froid dans le dos tout en nous donnant cette vision finalement classique et terriblement pathĂ©tique de la guerre : opposĂ© des gens qui n’avaient rien Ă se reprocher.
Si Coalition of the Willing nous questionne intelligemment autour du thème de la guerre, il en est cependant avant tout une dĂ©monstration. C’est au final un grand Ă©pisode d’action et de mobilisation, marquĂ©e par des sĂ©quences fortes de transmission d’armes (Jake Ă Emily, Robert Ă sa fille). Il est aussi un film de guĂ©rilla avec des fusillades, des dĂ©faites et des victoires, des discours amers : « C’est une lutte pour notre survie » face Ă un ennemi imposant. C’est bien la fin de la saison et peut-ĂŞtre celle de Jericho (la ville comme la sĂ©rie d’ailleurs).

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
4 septembre 2007 Catégories: Jericho SĂ©ries
Vu le 23/7/2007 Ă l’UGC OpĂ©ra Salle 2
Film français (2007) de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud avec les voix de Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve, Danielle Darrieux, Simon Abkarian, Gabrielle Lopes Benites, François Jerosme…
Après le succès de la bande dessinĂ©e dont ce film d’animation est l’adaptation, son sujet aussi grave que porteur et sa prĂ©sence, et son prix du jury, Ă Cannes, on trouvera encore des gens dans notre belle nation s’Ă©tonner du million d’entrĂ©es au cinĂ©ma de Persepolis. Un beau succès en effet, portĂ© par un bon bouche Ă oreille, mais pas exactement une surprise.
Persepolis raconte la jeunesse chaotique de Marjane dans un monde qui l’est encore plus soit l’Iran, tout juste devenu rĂ©publique islamique, des annĂ©es 80 (oĂą, niveau condition de la femme, on Ă©tait loin de la chanson de Sardou) et l’Autriche libre oĂą l’adolescente vivra paradoxalement ses pires moments. Au travers de ce destin, presque nĂ©cessairement, se dresse une chronique sur la condition de la femme et la libertĂ©.
Au fond, de toute cette pĂ©riode, Persepolis ne raconte rien de bien nouveau mais il le met superbement bien mis en scène. On s’amuse de l’enfant s’intĂ©ressant, telle Mafalda, Ă la vie politique avec son discours ironiquement simplifiĂ© : le rĂ©gime d’Iran, c’est la faute aux anglais ou son oncle revenu de Moscou avec un doctorat de Marxisme-Leninisme. Puis l’enfant grandit et l’adolescente voilĂ©e subit l’oppression en Iran, tout en Ă©coutant Iron Maiden, puis les dĂ©ceptions amoureuses en Europe.
Le film de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud mĂŞle ainsi habilement des Ă©pisodes drĂ´les, romantiques, oniriques et parfois dĂ©sespĂ©rants comme l’est cette Ă©vocation de la guerre Iran-Irak. Jamais le rĂ©cit s’en trouve alourdit ou dispersĂ©, la force de la mise en scène tient justement dans ces passages du comique au tragique. Une scène illustre parfaitement cette juste alternance : pour Ă©viter de se faire arrĂŞter la police en pleine rue, Marjane dĂ©nonce un homme lisant son journal qui l’avait regardĂ© impudiquement. Elle raconte en riant l’Ă©pisode Ă sa grand-mère qui, elle, rentre dans une colère noire la blâmant d’avoir mis en danger un innocent. Et elle dĂ©nonce finalement un monde qui ne tourne plus rond.
Que ces Ă©pisodes soient authentiques, romancĂ©s ou fantasmĂ©s, la bande dessinĂ©e Persepolis Ă©tant Ă la base si j’ai bien compris une autobiographie, Marjane Satrapi fait parfaitement ressentir le vĂ©cu de cette histoire qui ne peut que toucher le plus grand nombre. Persepolis est un film Ă l’animation Ă©lĂ©gante et Ă©laborĂ©e dont la simplicitĂ© du trait rend cette histoire universelle.

Fiche IMDB
Par Pascal
3 septembre 2007 Catégories: CinĂ©ma
Jericho Saison 1 Episode 20
Réalisé par Seith Mann, écrit par Joy Gregory
Appréciation : ****
L’Ă©pisode prĂ©cĂ©dent s’achevait avec des plans d’invasion au mortier et des discours guerriers. Autrement dit un situation fichtrement excitante ! Nous retrouvons les deux frères Green emprisonnĂ©s Ă New Bern et interrogĂ©s de manière très musclĂ©e tandis que Hawkins cherche Ă trouver une solution pour les libĂ©rer. Et la tension monte entre les habitants de New Bern et ceux de Jericho Ă la mine de sel jusqu’Ă l’inĂ©vitable : une fusillade.
Comme toujours, Jericho continue d’explorer la lente dĂ©gradation de la sociĂ©tĂ© blessĂ©e reprĂ©sentĂ©e par le microcosme Jericho. Le danger permanent de l’extĂ©rieur, rappelĂ©e par le retour de Maggie, prend une forme symbolique en la ville de New Bern, jadis citĂ© amie.
Mais tout a changĂ©, les illusions et l’espoir sont de plus en plus lointains et les jeux de dupe ne trompent plus personne. Les confrontations entre Johnston Green et Phil Constatino dĂ©peignent cette ambiance pesante : « Ca fait longtemps que les choses tournent mal ». La fusillade accidentelle du dĂ©but fait place Ă une fusillade intentionnelle. Elle est en outre formellement rĂ©ussie sans doute la meilleure scène d’action de la sĂ©rie.
Pendant ce temps Ă Jericho, on retrouve un couple Dale/Skylar qui se libère plus que jamais du poids de l’ « ancien monde ». Leur entrĂ©e Ă marche forcĂ©e vers l’âge adulte leur donne une vision lucide des hommes, du pouvoir et des amitiĂ©s complaisantes dont Skylar en fait l’amère expĂ©rience pour en ressortir grandie. L’innocence est maintenant loin mais celle-ci semble avoir donnĂ© au couple les meilleures bases pour l’avenir.
Au milieu de ces enjeux importants, Gail, dont la moue auparavant sympathique devient agaçante, ignore cordialement la copine de son fils et discute avec Emily en changeant les draps des lits de l’hĂ´pital. A vrai dire, on s’en fiche complètement mais on remarquera malgrĂ© tout que l’intrigue concourt Ă cette idĂ©e d’un impossible retour en arrière et d’une tentative de regarder en face les rĂ©cents bouleversements.
One if by Land se conclue dans une promenade nocturne sans beaucoup d’espoir mais avec un peu d’apaisement, comme une parenthèse. L’hiver se termine. Le blĂ© commence Ă pousser. « Ecoutez ce vent, il souffle toujours, mĂŞme après ce que nous avons fait » dit Johnston, « Et tout ce qui va arriver… il faut continuer » ajoute Jake. C’est donc un nouveau monde qui s’instaure. Ce nouvel ordre est acceptĂ© sinon assumĂ©. One if by land est dĂ©finitivement un Ă©pisode de prise de conscience.

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
3 septembre 2007 Catégories: Jericho SĂ©ries
Jericho Saison 1 Episode 19
Réalisé par Steven DePaul, écrit par Karen Hall
Appréciation : ***
La ville de Jericho voit ses Ă©oliennes arriver de New Bern. Stanley Richmond revient donc au bercail, et dĂ©couvre que sa soeur vit avec son petit ami dans cette intrigue secondaire rĂ©currente, et toujours aussi drĂ´le, chez les Richmond, mais Eric Green tout comme Heather Lisinski ne sont pas revenus… Jake mène l’enquĂŞte et demande Ă Robert son aide dans son escapade vers New Bern. Dans le mĂŞme Ă©pisode, Skylar tente de se faire Ă©manciper afin d’obtenir le contrĂ´le de la mine de sel que ses parents dĂ©tiennent Ă 51%.
Après les Ă©pisodes gĂ©niaux Black Jack et Rogue River, c’est une nouvelle sortie dans une autre ville qui nous montre encore un nouveau visage de ce monde post nuclĂ©aire. Après nous avoir dĂ©crit une ville fantĂ´me, Rogue River, et une autre nous ramenant Ă l’Ă©poque de la conquĂŞte de l’Ouest, Black Jack, New Bern fait vraiment figure d’une ville du tiers monde, vĂ©ritable Ă©tat policier renfermĂ©e sur elle-mĂŞme avec des gardes armĂ©s de mitrailleuses lourdes Ă son entrĂ©e.
RavagĂ©e par les batailles (leur combat contre Ravenwood), avec des enfants affamĂ©s quĂ©mandent de la nourriture dans la rue, New Bern semble n’avoir qu’une option pour assurer sa survie : la guerre et toutes ses faibles ressources se retrouvent dĂ©diĂ©e Ă celle-ci. Le contexte de la sĂ©rie s’Ă©toffe Ă nouveau et nous offre encore de nouvelles perspectives sur des villes Ă l’agonie et livrĂ©es, un contexte de villes-Ă©tats telles les citĂ©s grecques…
Mais pour nos deux hĂ©ros, c’est d’abord le mystère autour de la « disparition » d’Eric qui les intriguent au point de devoir se rĂ©soudre Ă outrepasser les règles de New Bern jusqu’aux pires extrĂ©mitĂ©s face Ă un policier capturĂ© : « Obtenir des rĂ©ponses mais obtenir la vĂ©ritĂ© demande un peu d’effort »… la sĂ©quence d’interrogatoire est très forte tout comme les graves dĂ©couvertes que Jake et Robert vont faire.
Une telle tension et une telle vĂ©ritĂ© font de Casus Belli un Ă©pisode idĂ©al de fin de saison maintenant sans problème le spectateur en haleine jusqu’au season finale oĂą tous les Ă©vĂ©nements ne manqueront pas de se prĂ©cipiter comme ils le commencent dĂ©jĂ . Le discours Ă la fin de l’Ă©pisode, justifiant son titre, donne clairement le ton : le destin de Jericho se jouera peut-ĂŞtre Ă la fin de la saison. Dans le sang…

Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
1 septembre 2007 Catégories: Jericho SĂ©ries