Archives de juin 2007

Foul King

Foul King
Vu le 28/6/2007 en DVD en VO
Film coréen (2000 – Banchikwang) de Kim Ji-woon avec Song Kang-ho, Chang Jin-Young, Park Sang-Myun, Jeong Woong-in

Mauvais employé de banque rabaissé par son patron et mal aimé par son père, Dae-Ho tente de trouver une seconde vie en jouant au catch sous l’identité du Foul King, spécialiste des coups bas, comme utiliser une fourchette en plein combat.

La première heure de Foul King est un véritable spectacle comique. Très peu de scènes ne comportent pas un gag. Des gags absurdes, pathétiques et/ou visuels du téléphone qui sonne quand on fait semblant de téléphoner au test d’endurance grâce à la position du jockey. Et il y a tout ces gags impensables allant jusqu’au gore lors d’un combat qui tourne, drôlement, mal.

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Si on rit beaucoup, Dae-Ho, lui, prend très au sérieux sa passion et s’entraîne plus que jamais dans son nouveau rôle. En portant le masque, il espère surmonter ses difficultés : déclarer sa flamme à une de ses collègues, faire face à son patron et tout simplement tenir bon quand son collègue tout aussi perdu que lui finit par craquer.

Et de fait, la deuxième partie du film est plus sérieuse. Beaucoup de films abordent ce thème du masque pour permettre à des personnages de se dépasser ou d’être enfin eux-mêmes. Dae-Ho a cet espoir. Une séquence de karaoké tournant mal nous ramène à une réalité cruelle et Kim Ji-woon semble nous dire que le masque ne sert plus à grand chose dans la société coréenne. L’ultime face à face entre Dae-ho et son patron est pour moi une séquence forte et pathétique, parfaitement typique de l’esprit des films coréens récents que j’ai vus. Elle évoque une société désenchantée et sclérosée où la loi du plus fort règne sans espoir d’évolution, une vision pessimiste du monde.

Après le méconnu mais pourtant très amusant Super Nacho avec Jack Black, Foul King est le deuxième film traitant du catch que j’ai vu en moins d’un an et sans doute dans toute ma vie. Il est ici traité par le réalisateur de A Bittersweet life comme un exutoire et à première vue comme un spectacle : « Un catcheur doit savoir divertir ». L’aspect chorégraphique du catch est décrit de manière très naturelle, sans aucune ironie, avec des scénarios de combat préparés à l’avance. Le réalisateur semble avoir de la tendresse pour ce milieu, particulièrement le catch amateur, et le transmet au spectateur.

Au fur et à mesure que la comédie devient moins systématique, le metteur en scène inversera son propos : « Tu crois que le catch c’est du spectacle, c’est la vie qui est un spectacle » dit-on a Dae-Ho. Le temps d’un combat incroyable, véritable apothéose du film, contre une vedette locale, le Foul King tentera une fusion désespérée traduisant une volonté immense de se sortir de sa condition. Dans ce combat, on ne joue plus du tout.

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Drôle et pessimiste, Foul King est une grande réussite. Elle est fortement liée à l’acteur Song Kang-ho dont j’avais déjà parlé dans mon commentaire sur The Host. Comique grandiose et gueule étonnante, il est vraiment l’incarnation de ce cinéma coréen tragi-comique si singulier.

Fiche IMDB du film

 Par Pascal     Commenter30 juin 2007    Catégories: Cinéma

Ne le dis à personne (2)

Revu le 27/06/2007 en DVD
Film français (2006) de Guillaume Canet avec François Cluzet, Marie-Josée Croze, Kristinn Scott Thomas, François Berléand, Nathalie Baye, Jean Rochefort, André Dussolier, Gilles Lellouche, Olivier Marchal, Florence Thomassin, Marina Hands, Jalil Lespert, Guillaume Canet…

Je fais suite à ma première critique de Ne le dis à personne où je me demandais si le film supportait bien le petit écran. Après vision du DVD, on peut dire clairement que oui. L’intrigue connue, les détails et la caractérisation très réfléchie des personnages, et allant au-delà du casting prestigieux, continue de passionner.

L’histoire d’amour apparaît encore plus comme une évidence : Ne le dis à personne est un excellent thriller mais ce qui le rend inoubliable est la symbiose de tous les talent réunis pour ce film et illustrés jusqu’au sublime dans son final d’un peu plus de deux minutes. Un final magnifié par la guitare de M, des images vives et belles, la caméra mouvante de Canet et un François Cluzet au sommet, bouleversant.

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 Par Pascal     1 commentaire30 juin 2007    Catégories: Cinéma

Jericho S112- The Day Before

Jericho Saison 1 Episode 12
Réalisé par Matt Earl Beesley, écrit par Mike Kelley
Appréciation : **

La plupart des séries font souvent appel au flash back. Si, pour certaines, souvent des sitcoms, il s’agit de reprises d’épisodes (ou plutôt de gags) précédents, pour d’autres, il s’agit de donner un nouvel éclairage à un personnage ou même à la série toute entière. Un procédé parfois ludique puisqu’il donne encore plus l’occasion au spectateur de recoller les morceaux avec les épisodes précédents. Le procédé est aussi souvent efficace narrativement, si efficace qu’il a été même inclus dans la formule de la série Lost, qui par ailleurs en a offert une variation excitante à la fin de sa saison 3.

Revenons à Jericho. The Day Before se déroule trente six heures avant les attentats. Jake Green est embarqué dans les problèmes avec un de ses amis de Ravenwood rencontré en Afghanistan tandis que Robert Hawkins reçoit son ordre de mission : déposer sa bombe dans la ville de Columbia (!) car la date des attentats a été avancée à sa grande surprise. Dès lors, la récupération de sa famille, qu’il n’a plus le droit de voir : « Tu ne dois pas t’approcher de nous à moins de 150 mètres », devient sa priorité.

Bien entendu, presque toutes les histoires de Jericho sont évoquées : la rencontre (très amusante) de Mimi et Stanley, le début de maladie de Johnston, le triangle amoureux Eric/Mary/April, Emily et son copain (note personnelle : elle le traite d’égoïste cette femme, c’est vraiment le monde à l’envers, quelles sacrifices fait-elle pour lui si ce n’est finalement concéder un mariage à un homme qu’elle n’aime pas pour en oublier un autre)…

The Day Before est donc divertissant et ludique même si le procédé est connu. Ajoutons que nous n’échapperons sans doute jamais au bon vieux poncif du père qui va pas voir le match de son fils. Si nous n’avons finalement que peu de révélations au sujet de Jake, Robert devient de plus en plus étrange et menacé. Il a quand même une bombe atomique dans sa maison ! Comme souvent cette révélation soulève plus de questions qu’elle n’apporte de réponse. Et elle introduit un nouveau personnage, Sarah, qui pourrait prendre de l’importance dans la suite de la série. Elle est une des raisons du retour au présent de l’épisode avec le retour d’un autre personnage.

Notons enfin que The Day Before est idéalement placé dans la mesure où il a été programmé pour la première fois le 21 février 2007 quatre mois après l’épisode 11. Une manière de permettre au spectateur de se remémorer certaines intrigues. Cette approche n’a cependant pas permis de maintenir l’audience qui chuta alors de 20% et qui n’a jamais atteint les scores de sa première partie.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter30 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

A Bittersweet life

Vu le 25/6/2007 en DVD
Film coréen (2005 – Dalkomhan insaeng) de Kim Ji-woon avec Byung-hun Lee, Jeong-min Hwang, Ku jin, Roe-ha Kim, Mu-sung…

Sun-Won travaille depuis 7 ans pour Monsieur Kang, un chef de gang, « comme un chien fidèle ». Pourtant, ce dévouement ne sera jamais récompensé. « La moindre erreur après des années de bon travail peut briser la carrière ».

A Bittersweet life
a tout d’une histoire de vengeance et raconte l’histoire d’un homme dont le coeur vibre pour la première fois au détour de quelques images touchantes d’une jeune femme se mettant une mèche de cheveux derrière son oreille ou jouant du violoncelle. Cet espoir inattendu pour un homme froid et distant sera coupé net lors d’une longue et douloureuse torture. Viendra alors le temps de la vengeance proprement dite pour un héros décidé à aller jusqu’au bout.

Les enjeux sont à première vue abscons, les personnages étant soient opaques, soit grandiloquents à l’image de Baek, petite frappe cruelle et violente mais ne supportant pas le sang sur ses vêtements ! Mais l’absence d’explication directe finit par être comme le leitmotiv du film. En montrant des hommes rejetant explicitement les explications simplistes, il incite le spectateur à s’interroger sur ce qui mène à une telle débauche de violence. Prostrés dans les principes et l’« honneur » de la pègre, incapables d’admettre leurs torts ou tout simplement exprimer leurs sentiments, les personnages ne connaissent en effet qu’un seul langage, celui de la violence. Elle jaillit subitement comme lorsque Sun-Won énervé, s’acharne sur des inconnus dans leur voiture ou lorsqu’il dit à un de ses ex-collègues « j’ai quelque chose à te dire » pour finalement… l’abattre. Le réalisateur explore cette voie jusqu’au final furieux et beau.

Sur la forme, le film est très stylé sans être esthétisant. Les images sont léchées et les décors excellents privilégiant à plusieurs reprises les couloirs. L’absence presque systématique de figurants dans la grande ville et la très belle musique renforcent la tragédie. Comme plusieurs films coréens parvenus en Europe, on retrouve au milieu d’une grande violence, très bien réalisée, plusieurs moments incongrus d’humour noir tels cette femme de ménage balayant un hangar où Sun-Won est suspendu à une corde ou cette longue séquence russo-coréenne d’un accident stupide à l’apprentissage du démontage/remontage d’arme à feu. Par tous ces aspects, A Bittersweet life est vraiment une réussite.

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Fiche IMDB

 Par Pascal     Commenter26 juin 2007    Catégories: Cinéma

Mystère

Saison 1 Episode 1&2
Réalisé par Didier Albert
Ecrit par Malina Detcheva et Franck Ollivier

- Ca s’appelle des Croap Cirkeul
- Des quoi ?

© TF1 Galerie complète sur AlloCiné

Pas facile de trouver une photo de la série sur le net…

Didier Albert a réalisé entre autres Dolmen tandis que les scénaristes ont signé Zodiaque et sa suite. Pour son nouveau feuilleton estival, TF1 joue dans la recette gagnante « on prend les mêmes et on recommence. ». Le succès est une nouvelle fois au rendez-vous avec 40% de part de marché pour les deux premiers épisodes estivaux.

Mais que se passe t’il donc dans Mystère ? Laure de Lestrade rentre dans sa province natale. La petite prof de math, qui nous dit avoir peu de besoins mais qui roule en Beetle, souhaite vendre la maison de sa maman disparue il y a des années histoire d’en finir avec son passé. Mais celui-ci va passer tout l’été à la rattraper malgré l’admirable constance de son entourage à lui cacher la vérité.

Laure en profite pour retrouver sa famille, son père militaire très intéressé par les champs de maïs, son demi-frère qui lui en veut de lui avoir pris ce même père pendant des années, une belle mère forcément manipulatrice… Et aussi une « tante » qui l’a élevée entre ses 10 et 14 ans et qui ne s’en est visiblement pas remise vu qu’elle conserve sa chambre telle qu’elle était au départ de Laure depuis une bonne dizaine d’années, dépoussiérage compris, sans que ça n’étonne personne.

Grâce à Google, Laure se rend compte que sa mère est encore en vie tandis et elle se sent menacée par un jeune homme mystique et mystérieux. Heureusement, son copain avocat a des amis flics et elle apprend que l’homme en question est recherché pour le kidnapping d’un gamin qui n’a jamais été retrouvé. Et ce kidnappeur présumé, et aussi plus ou moins pédophile présumé, est lui aussi introuvable depuis plusieurs années… cinq minutes plus tard, sans beaucoup plus d’éléments, on retrouve sa piste dans un entrepôt d’Emmaus. Ensuite, cinq ou six policiers l’encerclent dans une petite place de marché où il tente d’enlever le neveu de Laure. L’homme mystère s’échappe en prenant bien la peine de faire tomber le plus de figurants et de cyclistes sur son passage même si ça lui fait perdre du temps. De toute façon, seule Laure prend la peine de le poursuivre.

Des séquences dans le genre, Mystère en regorge d’autant plus que Laure s’avère être un sacré aimant à emmerdes avec moult disparitions dans son entourage. Évidemment tout ceci est invraisemblable et ce n’est pas la seule série dans ce cas. Au fond, tout est dans l’art de nous faire avaler la pilule.

A la vision de ces deux premiers épisodes, on peut convenir que l’introduction donne le ton : un flash back décrivant ce qui se présente comme un accident en partie fondateur de toute l’histoire. Un avion en vol, numérique et plutôt bien fait : la caméra s’en approche puis rentre à travers le hublot, une femme chouchoute son bébé et sort ostensiblement son sein pour allaiter son bébé. Un gros effet puis une grosse mamelle : un choc des cultures. Série française à l’américaine. Ou l’inverse. Mystère affiche clairement ses intentions. Et le résultat est une belle leçon d’humilité pour le spectateur comme les créateurs du feuilleton estival : ça ne suffit pas de regarder des séries américaines pour se sentir capable de s’approprier leur style, surtout quand on a moins d’argent, moins de bons acteurs, moins de scénaristes…

Le fait est que l’avion est dans la tourmente et que des « comédiens » tentent en vain de nous faire croire qu’ils sont pilotes et de nous mettre la pression sur un danger hypothétique. Une des nombreuses qualités des séries d’outre-atlantique, c’est de disposer d’une réserve de bons acteurs et de s’en servir même pour le moindre des seconds rôles à deux répliques, de ceux qui rendent crédibles toutes les situations. Les acteurs principaux dans Mystère sont très moyens alors les seconds rôles…
La caution américaine est portée par Patrick Bauchau qui joue le père de Laure, un général de l’armée française perturbé par le retour des signes dans les champs de maïs. L’acteur a débuté dans des films de la nouvelle vague. Il a aussi joué dans Emmanuelle IV et le très bon Enfants de salaud de Tonie Marshall (ce n’est pas très teen, si ce n’est la présence de Molly Breakfast Club Ringwald, mais je pense que ça plairait à Laurent). Mais il restera sans doute connu pour son interprétation de Sydney dans l’immense série Le Caméléon.

Il y a donc un problème de casting. A leur décharge, des dialogues majoritairement passe-partout, souvent mauvais et parfois risibles. La répétition de l’expression « Crop Circles », employée à tort et à travers, deviendra sûrement un monument humour involontaire. Ca ne manque pas non plus d’ironie d’écouter Babsie Hilguegue Steger nous parler d’extraterrestre (pendant que je suis sur Imdb, on note qu’Ingrid Chauvin a également joué dans Salut les musclés)!

Au niveau scénario, Les auteurs recyclent tout ce qu’il peuvent de leur propre création (la femme héroïne qui fait face aux démons de son passé) à tout ce qui a pu se faire en matière de kidnapping sur fond d’extraterrestritude ces dix dernières années. Mise à part que ce sont les français qui font l’Histoire, je pense pouvoir lancer le concours « trouve une moment original dans Mystère » sans risque de perdre quoi que ce soit.

Niveau réalisation, on sort la grosse artillerie avec tout un tas d’effets pro, comme le signalait le tout premier mouvement numérique de l’avion. Mystère est ainsi rempli de plans faits à la grue, de vues d’hélicoptères, de zooms pour faire épouvante/onirique, de bruits de vents, d’effets de ralenti et autres mouvements latéraux. Et enfin, un beau soleil reflétant les crop circles. L’ennui majeur est que rien ne fonctionne. C’est le coeur de cette leçon d’humilité. Je ne suis pas metteur en scène mais Mystère fait bien prendre conscience que tous ces effets doivent servir l’action dans une bonne série. Ici, tout semble gratuit et tout donc tout tombe à l’eau, la preuve que la mise en scène est aussi, et surtout, une affaire de savoir faire et d’expérience et non, l’équipe de Mystère ne peut pas faire une série à l’américaine. Plombée par ce trop plein, la fiction s’avère souvent ennuyeuse à suivre.

C’est même parfois vulgaire et lourd. Vulgaire quand la caméra n’hésite pas à se recentrer sur la poitrine de Toinette Laquière quand elle réajuste son décolleté, lourde quand la plupart des personnages font ressentir au spectateur le poids de leurs secrets à coup de : « je ne révèle pas ce que je sais pour te protéger ». On retrouve aussi des tentatives pathétiques de faire du suspense avec des moments sans enjeux ainsi la pseudo poursuite dans le champ de maïs avec une musique pas mal, mais beaucoup trop imposante, et une résolution improbable : Laure appelle son père, le général, et celui-ci n’hésite pas à faire déplacer ses soldats sur les lieux du drame avec deux magnifiques Hummers noirs !

Il serait malhonnête de tout jeter dans cette série. Les décors extérieurs sont par exemple souvent très bons
(contrairement à certains décors de studio très toc) que ce soit le monastère corse, l’immense bâtisse familiale ou l’entrepôt d’Emmaus. L’imposant bunker du plateau d’Albion, où travaille le père de Laure (réminiscence du centre où officiait déjà l’acteur dans Le Caméléon ?), a beaucoup d’allure. Notons qu’à chaque plan large de cette base militaire, un hélicoptère passe (ils ont du l’avoir pour la journée).

La musique, enfin, est plutôt bonne même si elle est souvent mal utilisée (cf la scène de poursuite déjà évoquée). Mais quand une séquence fonctionne, on peut avoir une bonne surprise. C’est le cas des dix dernières minutes. La musique est bonne et le montage classique flash back / présent, très peu dialogué, fonctionne. Les lasers sont mêmes jolis. Presque un parfum de mystère. On peut par contre se demander pourquoi la bande-annonce qui suit révèle visiblement l’intégralité des rebondissements des deux prochains épisodes. En fait, on ne doit pas aimer pas les mystères à TF1.

Va t’on tirer une leçon d’humilité de cette entreprise ? Bien sur que non. Faut-il continuer à regarder cette série ? Sans doute pas même si la dernière séquence était pas si mal. La série est déjà un succès et seule un chute significative de l’audience pourrait dérouter les exécutifs de TF1. Faut-il regarder Mystère et encourager la production à essayer de faire autre chose que des Julie Lescaut pour, peut-être, finir par se trouver ? Mais en a t’on vraiment envie ? A une époque où les chaînes hertziennes osent de plus en plus diffuser des (bonnes) séries étrangères (=américaines) en prime time avec même la possibilité de les voir en VO (comme c’est le cas pour Grey’s Anatomy sur TF1), peut-être devrait-on les encourager à garder leur argent pour obtenir des droits des diffusions. Ca fait beaucoup de peut-être. Regarder ou pas regarder la suite ? Mystère.

Fiche Allociné de la série

 Par Pascal     1 commentaire24 juin 2007    Catégories: Séries

Jericho S111 – Vox Populi

Jericho Saison 1 Episode 11
Réalisé par Carol Barbee, écrit par James Whitmore Jr.
Appréciation : **

Le meurtre de Gracie provoque l’émoi dans Jericho qui se lance dans une chasse à l’homme à l’encontre du coupable tout désigné : Jonah trahi par les siens. Jake et Robert entament aussi ensemble des recherches (de courte durée). La femme de ce dernier donne le ton :
- Robert, est-ce que c’est qu’on cherchait en venant ici ? Des gens révoltés, toi courant partout avec un flingue à la main ?
- Ca n’a pas beaucoup changé.

Pendant ce temps là, Jake et Emily flirtent en se rappelant le bon vieux temps avant que Jonah complique la situation, Robert doit s’essayer à la paternité avec son fils, et choisit définitivement sa famille, et Bonnie surprend son frère dans un lit avec Mimi et veut se venger en tombant dans les bras du premier venu. Soit pas mal de poncifs plus ou moins bien traités. Ce ne sont pas ces intrigues ni même la chasse à l’homme vite expédiée qui passionnent. Car en fait tout est dans le titre.

Vox Populi développe un point crucial des conséquences de ces événements post-apocalyptiques : la tentation populiste provoquée par la peur. Et il voit en Gray Anderson l’homme qui va délivrer Jericho de cette peur. Il mène donc la chasse à l’homme avec le zèle du candidat aux élections. Gray est cette voix populiste qui parle aux citoyens, qui fait campagne pour obtenir le pouvoir, qui dit ce qu’ils veulent entendre, qui agit en conséquence et qui finalement obtient gain de cause. « Les gens se sont exprimés et ont eu ce qu’ils voulaient » nous dit Jake.

Comme nous l’avons déjà évoqué dans l’épisode Crossroads, Gray est traité négativement. Son personnage se révèle un beau parleur qui éprouve des difficultés à passer à l’acte face à Jonah. Un lâche. On peut regretter cette tendance des scénaristes à prêter les prises de positions populistes à des hommes incompétents voire arrivistes. Un personnage flamboyant aurait peut-être compliqué la situation.

Car l’attitude de Johnston Green n’est pas dénué de défauts. Il ne répond presque jamais aux provocations de Gray et persiste à le prendre toujours de haut, comme toute cette mascarade de campagne électorale. Il ne prend d’ailleurs pas vraiment part au débat, comme convaincu de sa valeur, de la justesse de ses actes et reniant en quelque sorte le jeu démocratique. Sa réflexion à Gray après l’élection en dit long : « Ca a toujours été une démocratie. C’est facile quand tout va bien. Mais quand les gens ont peur, ou paniquent, ça devient beaucoup plus dur ». Des paroles destinées à un Gray Anderson qui déjà se pose des questions sur sa nouvelle fonction mais qui finalement se retournent aussi vers Green qui s’est peut-être finalement détaché de ses concitoyens en se cachant péremptoirement derrière les intérêts de Jericho, l’ « intérêt général ».

Plus que jamais, Jericho est un miroir de l’Amérique post 11 septembre et plus généralement un miroir de nos sociétés devenus plus terrifiée et paranoïaque que jamais face à des ennemis indéfinissables, ce qui conduit à vouloir identifier tout le monde, avec ses élites presque méprisantes qui n’en ont jamais fini de se déconnecter des leurs, incapables de tirer les vrais leçons de la réalité au risque de ne pouvoir faire vraiment face à tous les Gray Anderson. Vox Populi nous donne une leçon de politique subtile. Dommage que l’intrigue soit beaucoup plus manichéenne.

La dernière conséquence de la mort de Gracie est plus excitante. A sa grande surprise, Dale hérite de l’épicerie. D’abord accablé, il finit par se prendre en main et de prendre la suite de Gracie. Ces soudaines responsabilités pesant sur cet adolescent assez impulsif sont de bonnes augures.Parmi les pas moins de trois cliffhangers finaux, nous assistons presque à une initiation : Dale parvient à l’âge adulte après les attaques, et peut-être grâce à elles, et finalement semble tirer les terribles leçons, et tirer profit, de ce nouveau monde.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire23 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S110 – Red Flag

Jericho Saison 1 Episode 10
Réalisé par Martha Mitchell, écrit par Michael Ostrowski
Appréciation : *

C’est Thanksgiving à Jericho, comme dans le reste du monde. Une aide inattendue vient du ciel sous forme de largages par avion de diverses denrées de première nécessité. L’origine chinoise de ces secours laisse les habitants dubitatifs.

s110-green.JPGCette aide sans doute humanitaire divise un peu mais demeure très tentante pour la population que le maire, parfaitement ridicule avec ses lunettes de soleil à verres rouges, est obligée de rappeler à l’ordre :« On est à Jericho, pas dans un village du tiers-monde ». L’opposition entre Green et Anderson, ici sur la distribution de la nourriture, est de plus en plus exacerbée et c’est le challenger au poste de maire qui monte de plus en plus en puissance.

Comme presque à chaque épisode, les habitants tentent comme ils peuvent, non pas de masquer les apparences, mais de tenter de s’accrocher à leur vie avant les bombes comme l’élection municipale toujours maintenue et les Green qui font la partie de football traditionnelle. Mais au fil des épisodes, tout se fissure, c’est donc Thanksgiving mais les dindes manquent et la partie n’est seulement qu’évoquée (au profit d’une mauvaise scène entre Eric et April). Peu à peu, le coeur n’y est plus et le chaos n’est pas si loin.

Le mot tiers-monde prononcé par le maire révèle une situation terriblement inédite pour cette Amérique qu’illustre Jericho. Ce n’est pas encore vraiment la misère mais la population se retrouve confrontée à la faim. Et la peur et la parano demeurent : cette nourriture venant du ciel n’est-elle pas empoisonnée, nos ennemis ne sont-ils pas les chinois ? Comme le rappelle Robert Hawkins, des précédents existent à travers l’Histoire à travers par exemple Henri Bouquet et les couvertures contaminées données aux indiens.

Obligée de faire appel à l’extérieure, et encore peut-être est-ce à l’initiative de la Chine elle-même, l’Amérique semble avoir perdue, comme vaincue et seule une petite guirlande de Noël redonne un semblant d’espoir. Mais ce sont les nouvelles règles du jeu qui prennent place : le vol, le chantage, les coups fourrés… c’est l’heure de gloire des petites frappes telles Mitchell Cafferty. La dernière scène qui conclue l’épisode est implacable et efface l’espérance précédente.

Red Flag n’est pas un bon épisode, l’étonnant début laisse place à un rythme en dents de scie dont le morceau de bravoure face à Jonah est désamorcé par une résolution trop prévisible. Dommage également qu’à chaque épisode, pour une romance très attachante, celle de Mimi et Stanley, le spectateur doive subir une mère, Gail, devenue un peu trop acerbe et une histoire de rupture toujours agaçante. Qui dit Thanksgiving, dit aussi grosses ficelles comme le repas chez les Hawkins où le père doit être absolument présent pour célébrer la fête aux côtés de sa famille.
Mais comme les autres épisodes, Red Flag est techniquement très bien éclairé et multiplie les signes parfois dérangeants mais crédibles, raison pour laquelle ils nous touchent, des signes qui nous montre un monde, notre monde, sombrant.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire17 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S109 – Crossroads

Jericho Saison 1 Episode 9
Crossroads
Réalisé par Paul McCrane, écrit par Robert Levine
Appréciation : ***

La société de protection privée Ravenwood fait finalement route vers Jericho cherchant à s’approprier leurs ressources. Elle donne aux habitants de Jericho un ultimatum. C’est également le jour où Emily aurait du se marier avec son fiancé disparu.

Particularité notable de Crossroads, il est réalisé par Paul McCrane, le docteur Romano de la série Urgence, et un des meilleurs personnages de cette longue série quoique exagérément et cruellement accablé par les hélicoptères du Cook County Hospital. Il a le malheur de devoir s’occuper de la scène de séparation entre Eric et April Green. Elle est rapidement expédiée et montre surtout que l’interprète d’April Green, Darby Stanchfield, n’est pas très bonne. Deux scènes bien ternes entre Gail Green, très remontée par la trahison de son fils volage, et Eric indiquent que cette histoire est loin d’être terminée

Autre gageure : illustrer les états d’âmes d’Emily qui peu à peu (re)tombent dans les bras de Jake mais qui ne parvient pas à oublier son futur mari. L’approche du réalisateur/acteur sous forme d’uchronie en continuité avec le « véritable » présent est réussie particulièrement les moments dans le bar, moments de flottement un peu déplacés cependant au vu du danger venant de l’extérieur, où on boit cyniquement à l’avenir, « A l’avenir, repose en paix », et où se révèle les nombreuses contradictions d’Emily à travers sa volonté farouche de demeurer à Jericho alors que toute sa vie semble lui dire le contraire. Ce n’est peut-être finalement que l’attente d’un amour perdu qui l’a fait rester…

Le coeur de l’épisode est bien sur le danger constitué par Ravenwood. Face à une armée certes privée mais très pro et organisée, les villageois de Jericho font logiquement pâle figure mais sont néanmoins suffisamment menaçants. Sans rentrer dans la polémique, le deuxième amendement de la constitution américaine sur le droit de posséder des armes trouve tout son sens dans ce monde post apocalyptique.
Cependant, la tentation de se renfermer, à la manière des fermiers du Moyen Age abandonnant leurs terres pour rejoindre la place forte du seigneur, est très grande d’autant plus que Jake, pour l’isolement, et Eric s’opposent sur la question. Au milieu de cet enjeu, les fermiers, représentées ici par Stanley Richmond, ne veulent pas quitter leur terre et hésitent à la défendre eux-même. La scène de dénouement de cette crise, admirable, mettra intelligemment en avant les actions séparées des trois principaux protagonistes de Jericho : Jake, Eric et Robert.

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Il demeure pourtant que cette crise remettra en cause de nombreuses choses jusqu’à l’autorité du maire en convalescence et la défiance de Gray Anderson dont sa vision pour protéger Jericho est tournée vers l’isolement et la méfiance à l’égard du monde extérieure trop portée sur l’anarchie. A l’inverse, le maire et son fils veulent prendre en compte les bouleversements du monde quitte à accepter des alliances troubles, comme celle avec Jonah, et des convictions menant à des actions dangereuses à l’image du coup de bluff de Jake face à Ravenwood. Et si Gray Anderson apparaît comme le « méchant » de Jericho, celui qui représenterait la déchéance de la ville, son attitude n’en demeure pas moins compréhensible. Même avec ce point de vue clairement définie, la série Jericho, et ce bon épisode, nous invitent intelligemment à réfléchir sur ces questions de survie fondamentales.

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire15 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S108 – Rogue River

Jericho Saison 1 Episode 8
Rogue River
Réalisé par Guy Norman Bee, écrit par Matthew Federman et Stephen Scaia
Appréciation : ****

Les frères Green, Eric et Jake, sont en route pour la ville de Rogue River afin de trouver des médicaments pour leur père. Pendant ce temps, Gray Anderson rend visite aux Hawkins mais malgré les apparences, elle ne ressemble en rien à une visite de courtoisie.

Osons le dire tout de suite, l’épisode Rogue River est un des meilleurs de Jericho et de loin le meilleur de ce début de série. Plus resserrée, l’action est concentrée autour de trois lieue : l’hôpital de Rogue River, la maison des Green et la maison des Hawkins.

Chez les Hawkins, Gray Anderson accompagné de Jimmy vient donc enquêter sur cette famille arrivée un peut trop fraîchement à Jericho. Jouant la carte de la personne compréhensive mais conscient de la violation de ses droits, Robert Hawkins tente de rester le plus coopératif possible en espérant que ses réactions et celles des siens ne laissera pas transparaître les choses qu’il cache. Hypocrisie, jeu de dupes, dialogues à double sens et manipulations forment l’ambiance générale pendant cette fouille qui s’éternise. Tendue à l’extrême et avec une résolution efficace, l’intrigue est exemplaire.

A la résidence des Green, le maire Johnston est entre la vie et la mort avec quatre femmes à son chevet : sa femme, sa belle fille April, Emily et Heather. La quête d’un quelconque palliatif pour gagner du temps avant l’arrivée des frères met en évidence des personnages harassés et dépassés particulièrement Heather cherchant à faire de la glace avec un protocole expérimental imaginé par un élève de son école.

Dernière intrigue, le voyage vers Rogue River est d’abord une histoire de frères dont cet épisode scelle vraiment les retrouvailles et parvient même à donner le meilleur relief possible à l’inintéressante intrigue adultère entre Eric, Mary et April. Comme toujours portés par leur sens du devoir, les frères sont surtout ici pour sauver leur père en allant cherche un médicament dans l’hôpital de Rogue River.

D’abord ponctuée d’images de désolation, la voiture arrêtée avec une femme laissée pour morte, une ville de Rogue River devenue fantôme, les maisons marquées par la FEMA, le réalisateur Guy Norman Bee plonge le téléspectateur dans l’action par des tirs de mitraillettes venant de l’hôpital et introduit deux personnages intéressants : un médecin accablé, presque fou, qui ne sauve plus personne et un militaire apeuré et marqué par les événements abominables qui se sont déroulés dans l’hôpital peu avant l’arrivée des frères. Ce militaire (superbe Theo Rossi) n’est pas un soldat de l’armée régulière mais l’employé d’une milice privée.

Rogue River décrit effectivement la baisse des effectifs de l’armée américaine et l’obligation de celle-ci d’employer des armées privées. C’est ainsi que nous est présenté Ravenwood pour laquelle Jake a travaillé en Irak, une de ces armées privées dont l’action semble peu en rapport avec le rôle qui a du leur être assigné au départ. Ce n’est rien de plus que le coeur de l’anarchie qui est évoqué où chaque situation auquelle une société à bout de souffle tente de faire face finit par dégénérer. Mais rien n’est asséné au profit de belles fusillades, avec l’arrivée de Ravenwood à l’hôpital et de moment de suspense parfaitement ficelés.

Rogue River n’est pas vraiment un épisode à révélations mais un épisode où la tension est totale. Maîtrisé de bout en bout et à la mise en scène irréprochable, il offre dans sa dernière partie quelques beaux et sincères moments d’espoir et de rédemption. Mais Rogue River n’est pas un épisode « heureux ». Presque constamment plongé dans la pénombre, et au demeurant superbement éclairé, il accentue ce qui a toujours guetté le microcosme que représente Jericho : un avenir incertain et la fin d’un monde, où les droits et les acquis sont remis en cause, et ceux qui tentent d’y survivre. Un épisode en définitive résumé par son magnifique plan final : crépusculaire et désenchanté, bouleversant.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter9 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S107 – Long live the Mayor

Jericho Saison 1 Episode 7
Long live the Mayor
Réalisé par Sanford Bookstaver, écrit par Josh Schaer et Jonathan E. Steinberg
Appréciation : ***

C’est Halloween. La ville de Jericho essaye de continuer à maintenir certaines traditions et on découpe des citrouilles pour célébrer l’événement. Mais deux retours vont troubler la fête : celui d’une part de Gray Anderson revenu de son escapade vers l’extérieur, l’histoire de la mort mystérieuse dans la mine lors de l’épisode 3 semble d’ailleurs définitivement enterrée, si j’ose dire. Et surtout, d’autre part, c’est l’arrivée d’un indésirable, Jonah, le père d’Emily, venu chercher Mitch en prison qui suscite beaucoup de questions surtout que Jericho va devoir sans doute négocier avec ce repris de justice qui semble tirer parti du chaos ambiant.

Pendant ce temps, les dollars sonnants et trébuchants devenant de plus en plus des bouts de papier et sans doute de plus en plus rares, il serait d’ailleurs intéressant d’étudier l’impact boursier et financier d’une telle catastrophe, le troc s’organise à l’épicerie de Gracie où les denrées de première nécessité s’échangent contre des objets précieux jusqu’à l’absurde, hélas, avec la riche Skylar échangeant une boîte à bijoux auquel sa mère tenait contre du soda light, et pas du soda tout court (!). Évidemment, elle voudra récupérer par la suite son bien…

Il est donc toujours question de propriété dans cet épisode, question cruciale, auquel Jonah apporte un éclairage lucide : « Qui possède quoi devient très subjectif, Jake ». Naturellement, il revient à Jericho de s’accrocher à ce qu’elle possède, à se protéger. Nécessité accentuée par la description du « monde extérieur » par Gray Anderson, devenu maire par intérim des suites de la lourde maladie de Johnston Green, et incarnation de cette volonté de se protéger : confirmation de l’attaque terroriste (réussie à Washington, échouée à New York) et évocation de l’anarchie générale où on tue pour de l’eau.

La mise en scène fluide de l’épisode met bien en avant cette thématique présentant un Gray Anderson choqué par ce qu’il a vu voulant couper tout lien avec l’extérieur, surtout en ne souhaitant pas négocier avec des malfrats tel Jonah, et en menant une enquête dans Jericho pour surveiller et sans doute interroger les personnes arrivées récemment à Jericho particulièrement les Hawkins…

Long live the Mayor est encore un bon épisode même si on peut regretter certains passages plus faibles comme Emily, le personnage d’Emily d’ailleurs n’est pas très bon, et ses liens avec son père Jonah. On comprend bien la volonté des auteurs, les scénaristes de cet épisode étant aussi les créateurs de la série, de nous raconter les relations troubles et les secrets d’une ville « tranquille » au milieu des USA après un événement dramatique, à la manière de Twin Peaks. Il demeure que ces « vieilles » histoires, celles d’avant la catastrophe, proches du soap, sont sans saveurs et ont tendance à alourdir au fil des épisodes un récit très prometteur.
Comme souvent maintenant, certaines « nouvelles » histoires sont beaucoup plus captivantes à l’image des relations entre Stanley et Mimi, la colère de cette dernière étant autrement plus réussie que celle d’Emily durant l’épisode 3.

On retiendra aussi de cet épisode les quelques scènes avec Gail Green, la mère de Jake. L’actrice Pamela Reed prête une dignité peu commune à cette femme à poigne face au danger encouru par son mari et ses fils à qui elle donne sa ferme bénédiction pour quitter la ville à la recherche de médicaments.

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Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter7 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S106 – 9:02

Jericho Saison 1 Episode 6
9:02
Réalisé par J. Miller Tobin, écrit par Nancy Won
Appréciation : ***

L’épisode 5 Federal Response laissait le spectateur scotché sur la vision de fusées dans le ciel. Elles se révèlent être des bombes EMP qui détruisent tous les composants électroniques. L’électricité est coupée et tous les appareils électroniques, de l’ordinateur à la voiture moderne deviennent inutilisables. Le réalisateur J. Miller Tobin sait illustrer par l’image les conséquences de la bombe avec des ados jouant au base ball avec des téléphones portables.

Les bonnes intrigues foisonnent dans cet épisode, écrit par Nancy Won, également productrice sur la série, d’abord celle « interne » à l’épisode traitant du problème de la nourriture et de récolte à la ferme des Richmond. Un problème de propriété finalement avec d’une part le fait que la production de la ferme n’ira sans doute pas à son propriétaire mais à la ville et d’autre part les tractations entre l’épicière Gracie et Stanley Richmond autour de pesticides indispensables pour sauver la récolte.

Les démons du passé reviennent après Jack en la personne de Mitch Cafferty : « La dernière fois que tu t’es battu avec Mitch Cafferty, tu as quitté la ville et un homme est mort » lui rappelle son père. L’opposition entre les deux hommes va se mêler habilement avec la première intrigue aussi bien par ses protagonistes, Dale qui travaille à l’épicerie en est un élément pivot, que thématiquement puisque des chevaux appartenant aux Green sont volés, très grave délit du temps du Far West.

Enfin, les relations entre Robert Hawkins et sa fille Allison prennent une tournure presque inattendue dès lors qu’elle finit par entrer dans la box dans sa cave et qu’elle découvre. Robert préférera en faire une alliée de choc.
Lors de la scène de résolution, porteuse d’espoir et de solidarité, on guette aussi les regards entendus entre Jake et Robert, finalement les deux personnages les plus importants de la série, sans savoir si leur relation va mener sur une alliance ou un conflit, ou peut-être un entre deux que révèle cet échange aussi mystérieux que jouissif entre Robert et Allison :
- C’est un homme bien ou mauvais ?
- Ca ne marche pas comme ça.

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Dommage que le triangle amoureux April/Eric/Mary plombe un peu le rythme de l’épisode par des scènes de confrontation sans vrai intérêt. Il apparaît pourtant malheureusement que la situation ne va pas s’arranger rapidement. Et ce triangle fait pâle figure à côté du trio Stanley/Bonnie/Mimi de plus en plus drôle et réjouissant. 9:02 demeure cependant tout à fait satisfaisant et s’impose comme le meilleur épisode depuis le tout premier.

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     Commenter5 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S105 – Federal Response

Jericho Saison 1 Episode 5
Federal Response
Réalisé par Duane Clark, écrit par Michael Ostrowski
Appréciation : **


« Bonjour, ici le Secrétaire Adjoint Walsh du département de la Sécurité Intérieure. N’ayez pas peur. Si vous êtes en sécurité, restez où vous êtes. N’essayez pas de partir. Nous reprendrons contact prochainement. D’ici là, sachez que les secours sont en route. »

L’électricité est rétablie ainsi que l’eau et les communications mais uniquement pour délivrer ce message. En fait, toute les lignes ainsi que la télévision, la radio et Internet sont bloqués.

Ce retour précaire à la normal n’a pas que des effets positifs et des incendies liées à des surtension éclatent à plusieurs endroits de la ville et nécessitant des décisions difficiles. Une fois encore, le couple April et Eric Green est mis à l’épreuve autour de choix cornéliens. Alors qu’Eric est bien décidé à parler à sa femme de sa liaison pour la quitter, des choix cornéliens et des actions héroïques les rapprochent malgré eux.

Ajoutée à l’ennuyeuse amourette adolescente entre Dale et Skylar, cette intrigue à base d’héroïsme et d’amour retrouvé est très conventionnelle et convainc difficilement. Quelques touches d’humour, une adolescente se demande si Lindsay Lohan est encore en vie, Stanley prêtant son « cadeau de Noël » à Jack, réhaussent un peu le récit mais c’est surtout cette confrontation/association entre Jake et Robert qui attire l’attention, les deux apparaissant comme les personnages les plus mystérieux de la série et ils se jaugent dans la deuxième partie de l’épisode.

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La relation entre Jake et son père est également développée. Malgré les reproches que le maire a pu lui faire dans le passé, il est heureux de le retrouver et de constater qu’il est devenu un homme de bien. Il apparaît dès lors comme le fils préféré malgré les efforts d’Eric condamné à devoir toujours faire ses preuves auprès de son père et de son frère. Et si en elle-même l’intrigue sur la liaison d’Eric est effectivement faible, elle s’inscrit dans une histoire de famille forte à travers les diverses discussions avec la mère Green et la venue d’April et Eric chez les parents car contraints de déménager. En racontant les petites histoires chez les Hawkins et les Green, Jericho décrit un « monde d’après » nécessairement reposé sur ce pilier essentiel que sera toujours la famille.

Il arrive souvent dans ce type de série que le meilleur de l’épisode se trouve au début et la fin et c’est définitivement le cas pour cet épisode au contenu mineur comportant un début très intriguant avec les téléphones sonnant dans toute la ville rappelant le final ludique du film Le Cobaye. Quant aux toutes dernières images, quelques soient leurs vraies significations, elles ont une force d’évocation étonnante et feront sans doute partie des cliffhangers les plus impressionnants de la série.

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire3 juin 2007    Catégories: Jericho Séries

Jericho S104 – Walls of Jericho

Jericho Saison 1 Episode 4
Walls of Jericho
Réalisé par Martha Mitchell, écrit par Ellen Herman
Appréciation : **

Quatre jours après l’apocalypse, la vie s’organise à Jericho entre le manque d’énergie, notamment pour le groupe électrogène de l’hôpital et les événements extérieurs et cette arrivée d’un étranger irradiée semblant connaître Robert Hawkins. C’est Victor le messager : « They are coming ».

Le titre de l’épisode, quelque peu énigmatique au regard son contenu, semble être une allusion à la Bible où Joshua pris la ville de Jericho après un siège de sept jours au terme duquel ses murs tombèrent. A moins que ce ne soit tout simplement une référence au groupe de metal.

Quoi qu’il en soit, Walls Of Jericho développe donc principalement deux intrigues. La première est centrée sur Victor puis Robert Hawkins avec ce savoir faire de mise en scène si précieux, et souvent frustrant, de lâcher suffisamment d’informations, « il y a un traître parmi nous », pour nous donner envie d’en savoir plus. L’autre intrigue se focalise sur le manque de fuel et la gestion de ressources auparavant privées entre insouciance, la fête organisée par Skylar, et solidarité, le pompiste cédant l’essence appartenant à la compagnie qui l’emploie(yait).

Ces intrigues vont s’enchevêtrer autour de la relation entre April Green la doctoresse et Eric Green l’adjoint au maire, couple traversant visiblement une phase difficile que la crise exacerbe. Eric a en outre une liaison avec Mary, la tenancière du bar. Comme dans l’épisode 2, c’est un schéma finalement classique :les problèmes rencontrées par la ville de Jericho vont prendre une tournure plus intimiste dans le but d’illustrer les enjeux parfois éthiques de l’épisode : l’approvisionnement en essence de l’hôpital et surtout l’interrogatoire de Victor s’apparentant peut-être à de la torture.

On retrouve toujours en toile de fond les stigmates d’un monde agonisant et frappé par la peur à travers les images de panique tremblantes à la télévision, et la mort de masse auquel Jericho devra faire face brutalement. Au fil des épisodes, il ressort aussi des éléments de vie quotidienne immuables que l’épicerie et le bar symbolisent particulièrement, et que le manque d’électricité et de fuel et tout simplement le manque inévitable de nourriture ne menacerons sans doute pas leur existence.

Plus que pour ses révélations et ses séquences de suspense efficaces mais artificielles, Walls Of Jericho vaut surtout ses séquences plus sensibles. Dans ce qui constitue les meilleurs moments de l’épisode, nous découvrons plus précisément la famille Hawkins qui tente d’assimiler une fausse identité, expliquant ainsi le mystérieux refus du père de laisser partir ses enfants à la fête dans l’épisode précédent. Les relations entre Robert avec sa fille, rétive à l’autorité de son père après des années d’absence, puis avec son fils donnent lieu à deux très beaux instants soit la force presque constante des séries américaines à savoir se renouveler malgré des bases apparemment convenues et toucher le spectateur.

Père et Fille

Fiche IMDB

Jericho sur Petit Ecran

 Par Pascal     1 commentaire2 juin 2007    Catégories: Jericho Séries


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