Archives de mai 2007
Jericho Saison 1 Episode 3
Four Horsemen
Réalisé par James Whitmore Jr., écrit par Dan Shotz, Dan O’Shannon, Dan O’Shea
Appréciation : *
La pluie radioactive s’abat sur Jericho et les différents abris sont dans l’expectative. Jake retrouve Stanley trempé par la pluie et possiblement irradié. Dans la mine, un vieil homme ressent fortement les syndromes de la claustrophobie et panique. Pendant ce temps, Robert Hawkins profite de la pluie pour aller chercher, revêtu d’une combinaison anti-radiation, une grande caisse dans un garage, baril qu’il emmurera chez lui.
Après la pluie, la communauté a besoin plus que jamais d’informations extérieures. Stanley aurait aperçu cinq chars tandis la télévision diffuse très brièvement un communiqué chinois avec les ce qui apparaît comme les impacts des missiles sur le territoire américain. Jake organise alors le départ d’éclaireurs dans quatre directions. La référence aux quatre cavaliers de l’Apocalypse est évoquée.
Toujours plus isolés, les habitants subissent une attente pesante. La mort va à nouveau frapper via le personnage de Scott Rennie, le claustrophobe dans la mine, dont le décès par crise cardiaque après avoir été mis à l’écart par Gray et Shep inquiète profondément Heather présente sur les lieux. Et si c’était un meurtre? La mort rôde également autour de Stanley dont le salut n’est peut-être que l’iode qu’il a bu peu après son retour chez lui.

Cet épisode de Jericho se réfère en outre à la guerre froide avec le couple Green senior qui se remémorent les leçons qu’ils avaient apprises à l’école en cas d’alerte nucléaire. Gail, plus tristement ironiquement, se demande à propos des victimes des bombes : « Ont-ils eu le temps de se cacher sous leur bureau ? ».
Réalisé par un spécialiste des séries, James Whitmore Jr., Four Horsemen distille avec parcimonie des informations sur la catastrophe et les personnages pouvant être impliqués ou au courant, principalement Robert Hawkins. Mais les multiples intrigues abordées dans l’épisode, après un bon premier quart d’heure sous la pluie, et leurs enjeux semblent trop circonscrits dans l’épisode notamment tout ce qui est lié à Gray Anderson, peut-être impliqué dans la mort de Scott Renie et adversaire du maire. On peut cependant penser que ces histoires vont resurgir dans les épisodes à venir. De la même manière, le sujet-titre de l’épisode n’est que partiellement abordé et devrait être sans doute ré-introduit par la suite vu que seul un des quatre « cavaliers » revient à la fin de l’épisode. A noter que cet épisode est celui de la rencontre entre Jake et Robert.
D’autres histoires de cet épisode inégal sont nettement plus faibles comme la romance de Skylar et Dale, trop connue, et à comparer à celle beaucoup mieux amorcée entre Stanley et sa contrôleur fiscal Mimi Clark, ou la peur d’Emily face à la mort possible de son mari et qui donne lieu à une très mauvaise scène de confrontation entre elle et Jake ainsi qu’à une résolution artificielle. Dommage que celle-ci soit associée à la plus marquante image de l’épisode : les avions sur la route.
La conclusion ouverte est assez faible mais elle est en lien avec un enjeu fondamental : l’utilisation des ressources désormais très limitées de Jericho soit sans doute un premier pas vers les questions essentielles de propriété et de solidarité/redistribution. Exemple révélateur d’un développement possible de cet enjeu : Gracie, forcée de céder le stock de nourriture de son épicerie sans contrepartie et organisant une barbecue pour finir sa viande bientôt avariée, n’est jamais remerciée…
Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
29 mai 2007 Catégories: Jericho Séries
Jericho Saison 1 Episode 2
Fallout
Réalisé par Jon Turteltaub, écrit par Stephen Chbosky
Appréciation : **
Après une nuit qui porte conseil, la vie commence à peine à se réorganiser à Jericho que déjà l’imminence de l’arrivée du nuage radioactif est annoncée. Les habitants doivent s’enfermer chez eux ou rejoindre les deux abris anti-atomiques et finalement la mine à proximité de la ville.
Bien que la première nuit s’est finalement passée dans le calme, c’est l’urgence à nouveau qui prime à Jericho. Passé le choc du premier épisode, Fallout dévoile d’abord, particulièrement au spectateur outre-atlantique, que l’Amérique s’est préparée à ce type d’attaque. Ainsi, une ville aussi petite que Jericho, 5000 habitants, dispose de deux abris anti-atomiques datant de la guerre froide. C’est très insuffisant d’autant que celui de l’hôpital se révélera inutilisable faute de ventilation. Mais nous apprenons en même temps que, même si le gouvernement a envisagé cette éventualité quelques décennies auparavant, il est vraiment impensable de disposer de plans fiables, la mairie n’ayant finalement que des connaissances basiques sur les possibles conséquences des retombées radioactives.

Dans ce chaos d’urgences et d’improvisations, Jake Green apparaît à nouveau comme l’élément clé de l’histoire prenant des décisions et des risques tout au long de l’épisode. Cette capacité de ressources demeure cependant fort singulière et certaines personnes de son entourage s’en étonnent notamment lorsqu’il manie des explosifs comme un professionnel.
Autre personnage mis en avant, Robert Hawkins livre des informations essentielles sur les retombées radioactives ce qui accroît son côté mystérieux. Cette suspicion se confirme au moment où il parvient à recevoir des informations de l’extérieure en morse, qu’il connaît donc, sans les transmettre. Plus encore que Jack, les questions se centrent alors particulièrement sur ce personnage qui en sait beaucoup plus qu’il veut bien le laisser croire.
Sur l’évolution de la série, d’autres intrigues se précisent. Outre le danger immédiat des retombées radioactives, la question des prisonniers en fuite est abordée avec Emily qui en confond deux avec des policiers et qui les conduit chez Stanley et sa soeur sourde Bonnie qui les reçoit. Contrepoint de l’intrigue principale autour de la pluie radioactive, cette intrigue dure le temps de l’épisode et met à l’épreuve Emily face au meurtre notamment lors d’une séquence difficile sous forme de règlement de compte très western où elle se fige totalement. Par ailleurs, le fait que Jake accourt pour sauver Emily tout en flirtant avec l’institutrice précise le triangle amoureux. Enfin, l’adolescent Dale se rapproche un peu d’une fille qui le conspuait publiquement l’épisode précédent grâce à une tristesse et une inquiétudes communes.
La mise en scène mêle habilement les deux intrigues et les rapproche que dans les derniers instants. Passé quelques moments apparemment plus fonctionnels (la recherche du maire Green, peut-être une ouverture vers une autre piste de scénario pour les prochains épisodes), le suspense est bien présent et les séquences de confrontation pas encore trop appuyées. Un des principes des séries est en effet de poser des questions d’éthiques en les ramenant à des confrontations entre des personnages intimes : c’est le cas du « déménagement » des patients de l’hôpital vers l’abri de la mairie, déjà plein : la docteur responsable, April, n’est autre que la femme d’Eric, le frère de Jake et qui a la charge de l’abri et qui ne peut accepter tous les patients. Le sens de l’évocation est aussi présent à l’image du final magnifique avec les punaises sur la carte.
On pourra peut-être s’étonner que l’état de possible anarchie n’ait pas été un peu plus développé étant donné que cette pluie radioactive dont on redoute les effets provoque finalement assez peu de panique. On pourra alors se référer au mémorable épisode de La Quatrième Dimension, The Shelter, sur ce sujet précis ou tout simplement à ce qui apparaît comme son hommage dans l’excellent épisode des Simpsons La Comète de Bart.
Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
26 mai 2007 Catégories: Jericho Séries
Vu le 17/5/2007 Ã l’UGC George V salle 1 en VO
Le tueur du Zodiaque est un des plus célèbres tueurs en série de l’histoire américaine et a fait couler beaucoup d’encre. Il demeure que le nombre de ses crimes est difficile à estimer de cinq, attribués avec certitude, jusqu’à plus de quarante ! Narguant la police en envoyant des lettres codées à des journaux, jamais il n’a été arrêté. Ce tueur, qui défraya la chronique il y a bientôt quarante ans, a déjà inspiré plusieurs films dont L’Inspecteur Harry. Le policier chargé de l’enquête, considérée comme une légende, a lui-même inspiré Steeve McQueen pour Bullit.
Pour le film, David Fincher disposa d’une quantité incroyable de documentation et de rapports de police : une tâche ardue pour le scénariste James Vanderbilt qui devait livrer une histoire relatant au mieux les événements. Le résultat final est étonnant de fluidité tout en étant riche et effectivement fortement documenté. Passé l’implacable introduction, le réalisateur raconte avec beaucoup de détails et de précisions, et par l’utilisation de nombreux intertitres, l’affaire du Zodiaque au travers l’histoire des vrais protagonistes de l’enquête.
Parmi eux figure d’abord l’inspecteur David Toschi (Mark Ruffalo) chargé de l’enquête avec William Armstrong (Antony « Dr Green » Edwards) en parallèle avec le journaliste Paul Avery qui sera directement menacé par le tueur, puis par la suite, dans la deuxième partie, Zodiac suit le travail de recherche de Robert Graysmith qui fut présent dès le début de l’enquête mais comme dessinateur pour le journal San Francisco Chronicles. Il se passionna pour l’affaire au point d’en écrire deux livres, servant de base principale à David Ficher et James Vanderbilt.
Pour nous conter cette investigation, David Fincher fait preuve d’une grande sobriété. Presque pas d’esbroufe et à voir le film, l’impression que la fluidité du récit va de pair avec son cadre domine comme si le metteur en scène se contentait de poser sa caméra dans des décors existants. Bien que quelques effets sont visibles (les plans larges de San Francisco, l’aéroport, la tour en construction et les costumes), Fincher assure qu’il n’a pas cherché à faire dans la reconstitution à tout prix privilégiant les éléments intemporels. L’ambiance est cependant là surtout dans deux des grands décors du film : la rédaction du journal le San Francisco Chronicles et le commissariat.

Bien que non élucidé, David Fincher pose très clairement un point de vue sur les différents suspects se référant au point de vue de Graysmith mais aussi à ses propres investigations. Ce point de vue est totalement à l’opposé de celui de Seven où Kevin Spacey interprète un serial killer sous forme d’orfèvre illuminé et minutieux, terriblement machiavélique. En quelque sorte, Fincher démythifie le tueur. Les meurtres et tentatives de meurtres ne sont pas l’oeuvre d’un génie du Mal et de la mise en scène morbide mais au contraire ont un caractère improvisé et sec voire pathétique lorsque le tueur poignarde un couple près d’un lac dans une tenue grotesque. Fincher n’enlève cependant rien à leur caractère terrifiant surtout lors de la scène où le Zodiac (a priori puisque ce n’est pas certain que c’était lui) prend en voiture avec lui une femme et son bébé.
Zodiac au fond n’est pas un film sur un serial killer, une plongée dans son esprit surtout que celui-ci demeure a priori insaisissable. Ce qui intéresse plus Fincher est le déroulement de l’enquête et tout ce que celle-ci emporta sur son passage. Il relève le rôle des médias directement pris à parti et menacés par le tueur et qui ont le choix entre informer le public ou laisser totalement l’affaire avec la police ce qui donne lieu à plusieurs conflits jusqu’à la rétention d’information. Ainsi, Graysmith n’aura accès aux différents rapports de police que sans papier et stylo ne pouvant compter que sur sa mémoire.
Le réalisateur pointe du doigt la tendance au sensationnalisme de ces médias mais aussi les errements de la police avec la difficile communication entre les différents services et des erreurs impardonnables comme lors du meurtre du conducteur de taxi où les policiers autour des lieux du crime ont eu pour ordre de rechercher un homme de couleur noir alors que le tueur est blanc. Enfin, le réalisateur raconte les dégâts qu’a fait cette histoire sur la plupart des protagonistes, relatant toutes leurs frustrations et leurs obsessions autour de cette enquête. et même la paranoïa qui finira par s’inviter avec l’accusation faite à David Toschi de poster lui-même des fausses lettres du tueur ou la peur panique de Graysmith lorsqu’il se rend chez un témoin et qu’il le prend pour le tueur. Pour plusieurs de ces hommes et femmes, Zodiac raconte une déchéance autant morale que physique où aucun d’entre eux ne s’en sortira ni indemne ni véritablement soulagé.
Fiche IMDB
Par Pascal
19 mai 2007 Catégories: Cinéma
Jericho Saison 1 Episode 1
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Réalisé par Jon Turteltaub, écrit par Jonathan E. Steinberg, Josh Schaer et Stephen Chbosky
Le premier épisode, le pilote, d’une série est toujours important. Souvent plus spectaculaire et plus cher que les épisodes suivants, il doit poser les bases du fonctionnement de la série, présenter les personnages et leurs relations entre eux, aborder les thèmes qui seront traités par la suite… et bien sur elle doit captiver le spectateur. La mise en place de l’action et le mystère et interrogations que ce point de départ génère, dans le cas d’une série-feuilleton comme Jericho, sont essentiels. Ces amorces sont rarement complexes : un meurtre (Twin Peaks), un crash d’avion sur une île plus ou moins déserte (Lost) ou carrément la fin de l’humanité (Battlestar Galactica). Évidemment les causes et les conséquences induites par l’événement de départ vont se révéler autrement plus complexes…
Dans Jericho, c’est une explosion qui est ce déclencheur, une explosion lointaine, peut-être à Denver, sous la forme d’un champignon atomique. Les signes d’apocalypse se dessinent. c’est un spectacle qui fait fuir les animaux mais qui figent les hommes. Le temps est au ralenti et les dommages collatéraux se succèdent comme l’accident de Jack Green, de retour à Jericho auprès de sa famille après plusieurs années d’absence. La peur s’empare de tous mais on essaye de se raisonner ou de se rassurer quelque peu, ce n’est peut-être qu’un accident. Un répondeur téléphonique, où l’on entend les dernières paroles de la maintenant défunte mère d’un adolescent, Dale, mettra fin à tout doute :
- Oh je suis désolé, je ne savais pas que ta mère était à Denver.
- Elle n’était pas à Denver, elle était à Atlanta.
Le parallèle avec les deux tours du World Trade Center est évident. On comprend que « America is under attack » et nous sommes loin du « Nous sommes tous des New Yorkais ». Les habitants de Jericho sont seuls.

La petite ville en plein milieu des USA est dès lors au bord de la panique. On pense à soi, aux siens, à sa sécurité et la société. L’autorité, débordée, peut être remise en cause, inévitablement. Surtout quand les bases de la civilisation moderne vacillent comme l’électricité qui est coupée (lire à ce sujet « Quand les ténèbres viendront » d’Isaac Asimov). La peur est définitivement installée tout comme la paranoïa. « L’eau est-elle potable ?» entendons-nous dans la foule.
Dans ces conditions, les gens changent. Comme dans les guerres, comme dans toutes les situations extraordinaires. Par exemple, de nos jours, de nombreuses grandes entreprises ont des sites B, des sites de secours quand le site d’activité principal n’est plus opérationnel suite à une catastrophe (un incendie par exemple). Les experts assurent que quoiqu’il arrive, un employé sur cinq sera psychologiquement incapable de travailler. Et il est difficile de savoir comment nous allons nous comporter. La prostration étant difficilement captivante dans un show télévisé, elle est presque absente de Jericho. Mais on distingue d’autres types de comportements chez ses habitants.
Il y a ceux qui tentent de maintenir la société : ce sera peut-être le coeur de la série. Faut-il maintenir un type de société similaire à celle d’ « avant » comme on le fait par exemple dans Battlestar Galactica ? Faudra t’il inventer un nouvel ordre ? En l’absence d’informations extérieures, les autorités, la police, les pompiers se retrouvent autour de leur chef le maire Johnston Green, père de Jack, accompagné de son adjoint, son autre fils Eric. Ils se heurtent à des procédures d’urgence déjà défaillantes (prévenir la garde nationale…). La sincérité mais aussi la nécessité du secret (le bus de prisonniers accidenté) seront les clés pour le maintien ou non du pouvoir actuel.
Il y a ceux qui vont tenter de tirer profit de la situation. Profiteurs de guerre ou simples opportunistes, ils voient, avec raison, dans ce type d’événement un moyen de s’élever. C’est le cas du candidat opposé au maire, Gray Anderson, dont les discours frôlent le populisme. C’est peut-être aussi le cas de Robert Hawkins sorte d’homme qui tombe à pic et dont les motivations sont encore peu claires. Peut-être altruiste ou peut-être un des hommes-mystère de la série.
L’altruisme, ça existe un peu, au-moins dans les séries. Ainsi certains se transforment littéralement souvent malgré eux. De telles personnes deviennent simplement une autre personne, des leaders ou au-moins des gens qui prennent les choses en mains et qui les organisent. Ce sont donc les vrais héros. Ou leurs pires ennemis d’ailleurs.
Cependant, dans les séries modernes, les héros ne sont pas purs et durs. On dit qu’il n’y a pas d’amour mais que des preuves d’amour. Ainsi, il n’y a pas d’héroïsmes mais des gestes héroïques. Ces gestes ont une forte valeur symbolique qui permettent d’apaiser la colère et/ou les craintes des hommes. Dans ce premier épisode le sauvetage par Jack Green du bus scolaire et de tous les enfants, avec la désormais figure classique de la trachéotomie à l’aide d’une paille (ou d’un stylo), constitue ce geste. Il permet de calmer une foule paniquée.
C’est donc le personnage de Jack Green qui s’impose naturellement comme le personnage central de la série mais ce n’est vraisemblablement pas un super héros. Il revient chez lui, « at home », après plusieurs années d’absence le jour de la catastrophe pour demander de l’argent à son père, le maire de Jericho. Les raisons de cette demande, de son départ et de ce qu’il a fait pendant son absence sont des sources de plusieurs intrigues autour du personnage, du « héros ».
Autour de lui et de la famille Green se dessinent déjà plusieurs autres sous-intrigues : Emily, vraisemblablement un ancien amour de Jack, et l’institutrice Heather (peut-être le prémisse d’un triangle amoureux), le bon ami de Jack, avec sa soeur sourde, harcelé par le fisc représenté par une femme élégante « de la ville », un adolescent vaguement solitaire et visiblement rejeté par les pétasses locales…
Et entre l’absence de Jack, les explosions ou le personnage Robert Hawkins, Jericho a de quoi tenir en haleine. Le nom de Jericho a peut-être lui aussi un sens. La ville de Cisjordanie serait une des plus vieilles cités du monde. Autour du chaos qui s’annonce, Jericho pourrait devenir aussi la dernière… ou à nouveau la première.
Cet épisode est donc très riche, très bien écrite par ses créateurs dont c’est semble t’il la première série. Le réalisateur et producteur exécutif de la série Jon Turteltaub à la filmographie pas inoubliable mais pas mauvaise avec des films comme Phénomène, Instinct ou Benjamin Gates, met en scène avec beaucoup d’efficacité et de savoir faire toute cette communauté.
Ce n’est pas non plus un pilote exceptionnel. C’est en effet devenu presque une habitude de trouver plusieurs séries américaines dignes d’intérêt chaque année dans tous les genres. La télévision n’a donc pas fini de nous épater. Jericho nous invite vraisemblablement à explorer le comportement d’une cité isolée, une leçon sans doute politique par la micro-expérimentation.
La série, bien que considérée de bonne qualité particulièrement les derniers épisodes, ne sera pas reconduite pour une nouvelle saison. Avant de peut-être tomber dans l’oubli, elle mérite que l’on s’attarde quelque peu sur ses 22 épisodes.
Fiche IMDB
Jericho sur Petit Ecran
Par Pascal
17 mai 2007 Catégories: Jericho Séries
Vu le 9/5/2007 Ã l’UGC Montparnasse salle 2
Un ingénieur aéronautique minutieux tente de tuer sa femme qui l’a trompé puis est arrêté. Il parvient cependant à retourner le procès en sa faveur grâce à un plan machiavélique mettant en cause l’amant de sa femme. L’avocat de la partie civil décide de ne pas lâcher l’affaire.
On peut dire que l’introduction, qui détaille le meurtre, nous porte à croire que La Faille sera menée comme un épisode de Columbo. Ce n’est d’ailleurs pas totalement faux avec à la place du célèbre inspecteur, un avocat aux-dents-longues-mais-finalement-humain.
Le plan de l’ingénieur est donc parfait. Mais en fait non. Comme le titre l’indique, il n’est pas infaillible. Reste au réalisateur Gregory Hoblit de nous mener avec précision ce thriller avec twists et rebondissements. Mais que ce soit dans son bon Peur Primale, son sympathique Fréquence Interdite ou son mauvais Mission Evasion, on ne peut que constater que le metteur en scène laisse trop souvent au spectateur une longueur d’avance sur le déroulement de ses films. Parfois, il est ludique de regarder un film en connaissant les rebondissements à l’avance même si c’est plutôt embarrassant quand on le voit pour la première fois. Parfois non. Toutes les clés du film sont livrées au spectateurs dans les premières quinze minutes. Et quand le plus primordial est utilisé comme twist final, agrémenté d’un argument juridique déjà utilisé dans le très molasson Double Jeu, il est légitime de rester sur sa faim. Il est également légitime de se sentir parfois agacé quand sont annoncés lourdement les différents détails importants : Mais que faisait-il donc dans l’hôtel ? Pourquoi est-ce important qu’il ait été inculpé de tentative de meurtre ? Et au spectateur enfin de se demander : si le tueur est aussi génial, comment se fait-il qu’il se fasse avoir sur un détail aussi évident ?
Et si on ajoute des scènes trop étirées et inutiles (comme la toute dernière) et une sous-intrigue amoureuse sans intérêt, on peut dire que La Faille n’a pas grand chose pour lui. Mais à tout prendre, il vaut mieux voir un mauvais film américain qu’un mauvais film français. Le film de Gregory Hoblit a le mérite d’être élégant, bien éclairé parfois drôle et plutôt distrayant. Le duel entre Anthony Hopkins et Ryan Gosling fleure certes bon le sous Silence des agneaux mais les acteurs demeurent excellents. Anthony Hopkins semble s’amuser plus qu’il ne joue mais son amusement est communicatif. Quant à Ryan Gosling, encore peu connu de ce côté de l’Atlantique, il est une véritable révélation, comme pouvait l’être Edward Norton dans Peur Primale, à la fois nonchalant et déterminé avec un regard toujours particulier. Il est la bonne surprise de ce film raté.

Fiche IMDB
Par Pascal
12 mai 2007 Catégories: Cinéma
Vu le 8/5/2007 au Bretagne Salle 1
Spiderman 3commence comme un happy end. Peter Parker/Spiderman est au sommet de sa gloire, les New Yorkais l’adulent, son amour avec Mary Jane est au zénith. Mais tout s’effrite à commencer par la relation de Parker avec son ancien ami Harry Osborn puis les échecs professionnels et la jalousie de Mary Jane puis alors un photographe venu le concurrencer ainsi qu’un fugitif se présentant comme le véritable assassin de son oncle et enfin un ennemi évident : lui-même. C’est à peu près tout. Ouf.
On peut dire que Spiderman 3 est ambitieux et les réussites des deux premiers épisodes montraient que Sam Raimi et toute son équipe avaient su tirer parti au mieux du héros de comic book avec des choix risqués mais judicieux, comme choisir Tobey Maguire dans le rôle titre, et une véritable appropriation du personnage et de l’univers par le réalisateur que l’on sait généreux. Cette apparente complexité pouvait apparaître comme un sacré défi mais nous savions donc que tout les protagonistes de Spiderman étaient aptes à le relever. Les producteurs ont confiance : la durée du nouvel épisode est supérieure de plus de quinze minutes aux deux autres épisodes tandis que le budget enfle jusqu’à sans doute 300 millions de dollars.
Le succès est foudroyant et avec ses 150 millions de dollars de recette lors de son premier week-end d’exploitation aux USA, cette suite participe au jeu de la surenchère des blockbusters américain, le record de recette lors du premier week-end étant amélioré presque chaque année. Les producteurs sont rassurés et la franchise pourra continuer longtemps pour peu que l’équipe accepte de remettre le couvert.

L’accueil du film est cependant moins dithyrambique et ce troisième opus m’a déçu par rapport à mes espérances. Après Spiderman 1, une genèse sous forme de sacrifice, de don de soi et Spiderman 2, une crise presque adolescente où le masque tombe, cette maturité amorcée dans cet épisode, où on règle tous ses comptes avec le passé, tombe un peu à plat.
La complexité de l’histoire est bien à mettre en cause. Non pas que ce Spiderman est confus, mais à vouloir nous en donner le plus possible, Sam Raimi finit par moment par devenir superficiel comme une sorte de survol des aventures de l’araignée plus qu’une plongée dans son coeur. De nombreux personnages sont peu développés, Gwen Stacy et son père notamment (James Cromwell doit avoir quatre ou cinq lignes de dialogue), peut-être pour mieux les faire évoluer dans les épisodes suivants. C’est par exemple le cas du professeur de Peter Parker qui serait dans les comic books un homme reptile. Mais en attendant, ces éventuels clins d’oeil aux fans du comic book peuvent dérouter le spectateur néophyte que je suis.
La plus grande faiblesse du film est sans doute le personnage de Venom. Dans son excellente critique, Harry Knowles dit que Sam Raimi ne doit pas aimer ce personnage emblématique du comic book. C’est sans doute vrai. Il n’y a pas grand chose tirer de ce super vilain photographe si ce n’est la fascination pour la puissance et ses similitudes troublantes avec Parker, comme s’il se battait symboliquement contre lui-même. Le pouvoir, la vengeance, le pardon et le choix sont les thèmes abordées dans cet opus mais leur évocation n’est plus simple mais simpliste voire balourde.
Cette faiblesse nous pousse hélas vers cette pente glissante qui est la crédibilité du récit. Il est certain que le cinéma emploie parfois des raccourcis pour mieux conduire le récit et les deux premiers Spiderman n’en sont pas exempts. Mais alors que c’est généralement l’enthousiasme qui l’emporte, on finit par s’étonner de décrypter la mécanique de la mise en scène, ses ficelles parfois très grossières, l’arrivée du symbiote dans la vie de Parker par exemple ou encore la révélation du majordome à Harry Osborne, et ses scènes maladroites ainsi Tante May inquiète au sujet de son neveu et qui décide d’aller le voir chez lui pour finalement rester lui parler une minute trente et repartir…

Spiderman 3 ne captive alors que par moment quand il nous décrit par exemple la « naissance » du Sandman. L’histoire d’amour entre Peter et Mary Jane est un peu mieux exploitée car, bien qu’elle soit à la limite du farfelu, l’irruption de Harry Osborne, naïve puis malsaine, redonne un peu de tonus au film. L’interprétation du séduisant James Franco n’est pas étrangère à cette réussite. La bataille intérieure de Peter Parker possédé par une force extérieure est également intéressante, bien que moins excitante que ce que nous promettait la bande-annonce, et curieusement Sam Raimi a surtout pris le parti d’en rire montrant un Peter Parker disco et charmeur. C’est dire si le côté « sombre » annoncé tombe à plat. Mais on se rend compte que Tobey Maguire porte toujours aussi bien le rôle et dans tous les registres et, au-moins, on rit. A ce sujet, la palme revient à Bruce Campbell, hilarant en maître d’hôtel italien.
Le climax final est aussi bien fait en termes dramatiques et l’arrivée de Spiderman face à ses ennemis devant une foule de supporters constitue la seule scène véritablement mémorable du film. Et j’entends encore avec délectation les bons français de la salle grincer des dents à la vision de cet immense drapeau américain. On en arrive à cette triste conclusion : Spiderman 3 manque de moments vraiment forts et mémorables. C’est un film simplement spectaculaire, distrayant évidemment mais pas le grand moment d’évasion attendu. Ne reste plus qu’à espérer qu’il se bonifie avec du temps et du recul.
Fiche IMDB
Par Pascal
12 mai 2007 Catégories: Cinéma
Pour ceux qui ne connaissent pas, Grindhouse est un double projet porté par Quentin Tarantino et Roberto Rodriguez. Chacun des deux trublions du cinéma américain s’est engagé à réaliser un film plutôt de série B et de à les distribuer dans une seule et même séance ciné avec un entracte agrémenté de bande-annonces originales sur des films imaginaires. Des trailers de prestige puisque réalisées par des metteurs en scène en vogue soit Elie Roth, réalisateur d’Hostel, Rod Zombie et Edgar Wright estimable réalisateur du détonnant Shaun Of The Dead et de ce qui ne pourra être qu’une bombe : Hot Fuzz.
Le premier segment est le film de Quentin Tarantino : Death Proof ou en français Le Boulevard de la mort avec Kurt Russel. Le second segment est donc réalisé par Rodriguez et s’intitule Planet Terror. Les affiches des films donnent le ton :
Grindhouse est sorti sous cette forme aux USA il y a quelques semaines et peine à atteindre les 25 millions de dollars de recette pour un budget de 53 millions. Un résultat décevant mais il fait peu de doute que le film trouvera un second souffle en vidéo d’autant que le double programme a beaucoup de fans (8.2/10 sur IMDB). La durée de 3h11 est peut-être une explication de cet insuccès.
Cet insuccès et cette durée sont-elles les raisons invoquées pour décider de diffuser les deux parties de Grindhouse séparément en France et en Europe ? Cela ne fait pas de doute. Le Boulevard de la mort sortira donc chez nous le 6 juin 2007 tandis que la sortie de Planet Terror n’est pas fixée ce qui devrait nous amener à la rentrée 2007. La question des bande-annonces est peu claires. Elles seraient présentes en théorie dans chacune des parties ce qui n’a pas tellement de sens. Sinon, le spectateur pourra se contenter de youtube…
Le calcul est fort simple : la plupart des personnes alléchées par ce double programme risquent de se déplacer pour les deux films et on empoche donc deux fois plus d’argent. Les films devraient bénéficier de sorties de ce type également aux USA puisqu’il s’agit de versions rallongées pour l’occasion. Business is business bien sur mais il y a aussi une bonne dose de foutage de gueule dans ce changement aussi bien pour le spectateur que pour les concepteurs du projet.
Culturalelite met directement en cause Harvey Weinstein, faux amoureux de cinéma mais vrai homme d’affaire sans état d’âme. Je ne peux que lui donner raison. Le mépris clairement affiché du producteur pour les spectateurs (les clients?) conduit à la remarque de culturalelite sur le piratage dans son article.
Plus grave selon moi est la caution du monde du cinéma avec la présence au prochain festival de Cannes en compétition du segment de Quentin Tarantino et celui-là seulement. Mais faut-il vraiment que je m’en étonne ? Quand il s’agit de défendre mesquinement des intérêts politiques en plébiscitant des documentaires certes très efficaces mais de propagande (Fahrenheit 9/11 pour ne pas le nommer, palme d’or donnée sous la présidence de Quentin Tarantino…), on trouve du beau monde, du people. Curieusement, pour dénoncer un producteur puissant dénaturant une oeuvre et choisir de défendre le cinéma et ses expériences, on ne trouve plus personne. Un mépris qui est donc clairement affiché et en plus soutenu et cautionné. Le cinéma n’en sort certainement pas grandi.
Fiche IMDB de Grindhouse
Article Allociné sur le sujet
Par Pascal
1 mai 2007 Catégories: Cinéma