Petit écran

Revues ciné et séries TV

avril 2007 sur Petite mort

Nos Amis les Terriens

Vu le 23/4/2007 au Miramar salle 2

J’aime bien lire Bernard Werber. Ce n’est pas toujours subtil ni finement écrit mais ses romans sont souvent très prenant et son imagination est fertile quand elle n’est pas même déroutante, presque folle. Il en ressort une véritable liberté d’esprit. A lire ses livres, on n’est pas trop étonné de voir l’écrivain tenter l’expérience cinématographique sur un de ses angles d’attaque de prédilection : le renversement de point de vue comme les anges, les Dieux ou les fourmis regardant les humains dans ses livres.

Nos Amis les Terriens est donc l’histoire de l’extraterrestre Pierre Arditi qui observe les Terriens, une espèce primitive aussi intéressante qu’étrange. Tourné comme un documentaire animalier, Werber s’amuse même à le mettre en abîme, l’extraterrestre nous observe et met en cage quelques spécimens pour les étudier.
Le résultat est hélas d’un ennui profond. Ce qui aurait fait un amusant court-métrage, comme la bande-annonce, ou un bon point de départ est étiré pendant sur 1h25 à un rythme monotone faisant tomber à plat les quelques pointes d’humour et autres constatations distanciées de l’extra-terrestre. Seules la vision brute de cet abattoir de volaille ou cette naissance plein champ nous sortent de notre léthargie. … lire la suite ›

Le Candidat

Vu le 28/4/2006 à l’UGC Opéra salle 2

Candidat sur le tard, Michel Dedieu parvient au second tour des présidentielles et prépare le débat télévisé contre l’autre finaliste dans une grande maison. Le Candidat s’ouvre sur une grosse berline noire sur un chemin escarpé tandis que nous entendons une considération clé sur le jeu d’échecs par une voix-off, que nous n’entendrons plus par la suite. Cette séquence étrange et étirée est en fait issue d’une « rêverie » de l’acteur Niels Arestrup et réalisateur pour la première fois et qui lui donnera l’inspiration pour le film.

Pour ce premier essai, Niels Arestrup centre son histoire sur ce candidat critiqué, jugé inapte au poste de président. Il est entouré et soutenu plus ou moins de proches et de gardes du corps qui vont accentuer ses doutes sur ce qui semble presque être une mascarade.
La mise en scène sobre d’Arestrup coupe le film en deux parties. La première semble imposer la neutralité : le pays concerné par ces élections est imaginaire tout comme les événements à l’étranger et le propos est intemporel : des qualités pour cette partie sous forme de huis-clos, un huis-clos souvent oppressant et écrasant. Lorsqu’on sort du jeu de … lire la suite ›

Sunshine et Danny Boyle

Vu le 16/4/2007 à l’UGC Odéon Salle 2 en VO

Danny Boyle a commencé par être un réalisateur prometteur avec le drôlement noir Petits Meurtres entre amis puis très prometteur avec Trainspotting qui m’a choqué et que je n’aurais sans doute plus la force de revoir. Avec son acteur d’alors, Ewan McGregor lui-même star montante, il file vers les USA pour réaliser Une Vie moins ordinaire qui laisse peu de souvenirs si ce n’est Cameron Diaz enchaînant les Téquilas avec un sérieux forçant le respect. La notoriété du metteur en scène est sans doute à son apogée en 1999 lorsqu’il s’associe avec un Leonardo DiCaprio post Titanic, au succès titanesque, si j’ose dire. Le résultat est La Plage à la qualité toute relative et peut-être plus mauvais film de son auteur bien qu’il ait ses aficionados.

Malin, le réalisateur revient là où on ne l’attend pas : en Angleterre avec le film de zombies 28 jours plus tard. Faisant le grand écart avec des films débridés et libres, il s’attaque donc à un film de genre au pitch simple, des zombies qui court, mais fichtrement efficace. Il en profite alors pour faire d’Alex Garland, l’auteur de La Plage, son scénariste attitré, … lire la suite ›

Le Secret de Térabithia

Vu le 2/4/2007 à l’UGC George V salle 5 en VO

Le Secret de Térabithia soit une contrée formidablement bien cachée car née de l’imagination de deux enfants rêveurs. Comme ne le laisse pas du tout supposer la bande-annonce très « narnienne », la mise en place joue peu sur la débauche d’effets spéciaux mais plus justement sur la symbiose entre les deux enfants se découvrant peu à peu dans une évasion commune : Térabithia. Un monde à eux où ils incluent leurs frustrations et les injustices du quotidien.

Le film sobre du réalisateur Gabor Csupo, auteur venant de l’animation notamment celle des Simpson, n’est alors pas l’heroic fantasy annoncée mais bel et bien une chronique de l’enfance dans l’Amérique profonde. Si la famille de la jeune fille fleure bon le bonheur factice avec des parents libres et « idéaux », la description de la famille du garçon, notamment son lien avec le père (excellent Robert Patrick) est touchante. Le metteur en scène mêle alors habilement dans sa narration innocence et cruauté. Le tour plus dur qu’humiliant joué à l’ennemi juré du couple en est le meilleur exemple.

La réussite de Térabithia tient enfin au talent des deux petits héros : AnnaSophia … lire la suite ›

Les Patriotes

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Film français, en même temps international, car se déroulant en France, en Israel, et aux USA. On y parle l’hébreu et l’américain. Le choix intelligent a été fait de ne pas doubler les dialogues.

Je l’avais vu sur Canal+ étant ado, je devais avoir 15 ans. Mais à l’époque je n’avais pas bien suivi, il m’avait semblé flou, je ne me souviens plus bien, j’avais du m’endormir vers le milieu. Enfin, je me souviens surtout que j’avais été marqué par Sandrine Kiberlain.

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C’est l’histoire d’un agent secret qui travaille pour le MOSSAD.
L’intrigue est divisée en deux parties successives, deux missions différentes. On pourrait dire qu’il y a trois parties, avec une introductive, étant l’initiation de l’agent. Mais je ne suis pas très chaud pour affirmer cela, je dirais plutôt que c’est une mise en bouche intéressante.

Les acteurs sont très bons. On peut regretter qu’Yvan Attal, le héros, ait des carences en articulation; on comprend mal ce qu’il raconte.

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Un élément fait que le film est légèrement bancal: L’américain au centre de la seconde mission est vraiment très naïf. On se demande comment on peut travailler à la NSA et être … lire la suite ›

Soprano Home Movies

Episode 78 (Saison 6 Épisode 13)
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Je dirais que c’était très bien, j’ai apprécié cet épisode de reprise.
Edie Falco est formidable, au dessus du lot.
L’histoire est centrée sur la famille Soprano - la famille naturelle j’entends - et proche.
Reprendre la série, tant attendue, de manière si axée sur la famille et les problèmes psychologiques de Tony, fait passer un message, ou du moins tente de rappeler aux plus bourrins des téléspectateurs que The Sopranos n’est pas un film sur la mafia.

Il y a une chose qui n’a pas changé: Janice est toujours autant une plaie. J’en plaindrais Tony.

Le lac en bordure de forêt, avec la barque accrochée au ponton, où la petite famille passe le temps, me fait penser au Parrain 2. Facile.

Je sens au fur et à mesure de l’épisode que ça va péter, un clash va survenir. Donc je regarde avec appréhension. Car il y a toujours un clash avec Tony.
Edie Falco

Je souris, car c’est tellement excellent, presque les larmes aux yeux de plaisir; quand on est si proche de Tony depuis 7 ans déjà, il fait un peu partie de la famille. Et il est attachant.

Il y a … lire la suite ›

Le Come-back

Vu le 29/3/2007 à l’UGC George V salle 6 en VO

Il faut lire ce commentaire en partant de ce postulat : Hugh Grant est mon idole. J’ai vu tous ses films au cinéma depuis Notting Hill, qui fut un déclic, et je les considère tous réussi à des degrés certes différents. Je livre donc mon top Hugh Grant pour la période 1999-2007 (les deux premiers étant selon moi des chefs d’oeuvre de la comédie romantique) :

- Pour un garçon
- Notting Hill
- Love Actually
- L’Amour sans préavis
- American Dreamz
- Le Journal de Bridget Jones
- Escroc mais pas trop
- Mickey les yeux bleus
- Le Journal de Bridget Jones 2 : l’âge de raison
- Travaux

Notons que pour Travaux, le seul que je n’aurais pas un très grand plaisir à revoir, Hugh Grant, par son apparition d’une minute à la fin, sauve le film du naufrage le plus complet.

Je suis donc allé voir Le Come-back conquis d’avance mais néanmoins avec cette peur que le film soit un peu en dessous de mes attentes. Au final, Le Come-back devrait se hisser sans problème à la troisième place de mon classement. Le film réunit tous les ingrédients de la comédie romantique (très) réussie de l’idée … lire la suite ›

La Tête de maman

Vu le 28/3/2007 à l’UGC Maillot salle 1

Qu’y a t’il dans la tête de maman ? C’est la question que se pose sa fille garçon manquée Lulu et qu’elle pose au spectateur. Car La Tête de maman se déroule dans la tête de Lulu, forcée de supporter une mère dépressive et ses problèmes intestinaux. Et surtout, cette maman, Juliette (Karin Viard, encore juste, une sorte de Jodie Foster), semble avoir perdu tout instinct maternel livrant à elle-même sa fille qui le rend bien, et parfois physiquement, à son entourage.

Pour son premier film, Carine Tardieu a mis beaucoup de sa vie dans cette histoire mère/fille tout en la racontant avec du recul et la voix franche de Lulu. Un peu comme dans la jolie série Les Années coup de coeur (pour tout dire, je me souviens encore avec émotion du dernier épisode), cette voix-off donne un contrepoint intéressant à cette adolescente immature, bagarreuse et romantique.

Carine Tardieu nous invite aussi tendrement, et avec pas mal d’humour, dans le monde intérieur de Lulu peuplée de morts abominables et d’une mère de substitution qui se trouve être son idole : Jane Birkin (très… Jane Birkin, ça tombe bien). Ces fantasmes sont les … lire la suite ›