Petit écran

Revues ciné et séries TV

mars 2007 sur Petite mort

300

Vu le 24/3/2007 au Max Linder Salle 1 (et unique salle) en VO

Après le très bon Sin City, Frank Miller est à nouveau à l’honneur avec une nouvelle adaptation d’une de ses oeuvres. Il est donc question de la bataille de Thermopyles (« portes chaudes » si j’en crois Mad Movies) comme lieu d’une bataille d’une poignée de guerriers grecs menés par le roi de Sparte, Léonidas, face à l’immense armée perse menée par son dieu géant Xersès.

Zach Snyder, tout comme Roberto Rodriguez pour Sin City, choisit la fidélité à l’oeuvre originale. Le réalisateur de l’Armée des morts restitue au mieux l’esprit et l’image du comics de Frank Miller. N’ayant moi-même pas lu le comics, difficile de juger. Cependant, on trouvera sur ce site un intéressant comparatif comics/film mettant en évidence le remarquable travail de transcription.

300 a été intégralement tourné en studio sur fond bleu ou vert ce qui m’a toujours impressionné :

300

Et c’est bien la magie du cinéma et des effets spéciaux qui permettent à 300 de devenir une oeuvre artistique souvent jouissive avec des visions superbes, fortement iconiques ainsi ce glaçant « arbres de morts », ce Dieu Xersès efféminé et cruel, … lire la suite ›

Ensemble, c’est tout

Vu le 21/3/2007 à l’UGC Montparnasse salle 2

Dans un immense appartement parisien (un décor de studio en fait), quatre personnes se croisent, s’engueulent, s’aiment et forment une bulle à l’abri du monde. La simplicité de cette situation est son meilleur atout et Claude Berri l’a fait même couler de source.

Au roman d’Anna Gavalda, Berri apporte sa propre vie, son amour du théâtre, et lui donne des allures de comédie romantique à l’américaine avec des personnages qui ne s’aiment pas au début, ou plutôt qui se protègent des autres, et qui se trouvent peu à peu. Comme souvent dans ce type de films, c’est la qualité des acteurs qui fait la différence. De ce point de vue, Ensemble, c’est tout est une réussite totale.
En abordant le thème de la vieillesse plus frontalement que naïvement, le metteur en scène ne fait pas le coup de la grand mère pétillante et pleine de sagesse, façon La Boum par exemple, mais dresse un portrait réaliste d’une vieille femme têtue mais sincère. Françoise Bertin, mise à nue, est épatante. Le personnage « vieille france aristocrate », bègue, de Philibert est plus ancré dans la comédie. Dans le rôle, l’acteur Laurent Stocker livre une interprétation … lire la suite ›

Hyper Tension

Vu le 20/3/2007 au Publicis Cinéma salle 1 en VO
Je n’avais jamais été dans cette salle, elle est très bien avec des très beaux sièges en cuir (ou une imitation mais c’est vraiment confortable).

C’est peu de dire que Hyper Tension s’inspire du jeu vidéo et le revendique dans les génériques avec des choix de titres aux allures de jeux d’arcade old school. Ne pas manquer d’ailleurs le post générique si on est amateur. C’est donc presque naturellement que le film commence en caméra subjective et qu’en à peine trois minutes il nous plonge dans l’action la plus débridée dès lors qu’un poison chinois est inoculé dans le corps de Chev Chelios, tueur à gages faisant croire à sa copine qu’il programme des jeux vidéos…

Astuce scénaristique jouissive, Chev ne peut survivre qu’en étant perpétuellement sous tension (d’où le titre) ce qui le conduit à toute sorte d’actions extrêmes (s’électrocuter, se droguer, se battre) sans état d’âme. La référence au jeu GTA est explicite avec un héros prenant possession d’un taxi en virant son conducteur du volant (avec un « al quaida! » délicieux). Et ainsi Chev, fesses à l’air, bouscule, sniffe, tabasse, tranche et tue. Le résultat est souvent drôle et … lire la suite ›

Manhunter

1986

Réalisation: Michaël Mann

Avec William Petersen, Brian Cox, Tom Noonan

pochette Manhunter

Ce film peu populaire, surtout si on le compare au très apprécié Silence des agneaux, est un de mes films culte. Tiré du roman de Thomas Harris Dragon Rouge, il est le premier opus de trois romans policiers - et films - évoquant la recherche de tueurs en série où l’on retrouve le célèbre psychiatre-psychopathe Hanniball Lecktor (ou Lecter). En 2003 Dragon Rouge a fait l’objet d’une nouvelle adaptation cinématographique avec la présence à l’écran de stars comme Anthony Hopkins et Edward Norton. Mais je ne lui trouve pas le charme particulier, du en grande partie à son réalisateur Michael Mann, de Manhunter premier du nom.

Le tout début du film met le spectateur directement dans l’ambiance de l’horreur, la caméra à la place de la lampe du tueur surprenant la famille modèle. A noter la sourde musique languissante qui glace le sang.

Par contre j’ai rarement vu un titre de film aussi moche et peu original, vraiment pas à la hauteur du film. Manque de moyen, peut-être, en tout cas manque de maîtrise du Photoshop.

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La Cité Interdite

Vu le 14/3/2007 à l’UGC George V salle 1 en VO

Après Hero et Le Secret des poignards volants, Zhang Yimou poursuit (ou conclus peut-être comme une trilogie, cette mode mondiale) son chemin dans les productions asiatiques de films d’époque d’envergure.
Durant la dynastie des Tang au Xème siècle, les complots et les histoires sordides se multiplient au coeur même de la Cité Interdite. L’époque est bien choisie puisqu’il s’agirait d’une période fort trouble de l’histoire de la Chine. Au centre de cette tragédie, la reine (Gong Li, évidemment impériale) complote conte son époux l’empereur (Chow Yun-fat, troublant et toujours lumineux), arriviste notoire partagé sur le choix de son successeur parmi ses fils.

Cette période est aussi très faste et Zhang Yimou la transcrit par un esthétisme radical et flamboyant. Les couleurs de la Cité Interdite sont vives, presque criardes tout comme les costumes d’or ou d’argent, toujours arrogants.
La Chine est donc bien cette très grande puissance à la population immense. Si bien que pour cette poignée de personnages importants, l’empereur, sa femme et ses trois fils, ce sont des milliers d’hommes et femmes qui les servent et rythment leurs journées au son de ce groupe clamant les heures du jour et … lire la suite ›

Dreamgirls

Vu le 6/3/2007 à l’UGC George V salle 2 en VO

Soigné et clinquant, cette comédie musicale en impose dans ses effets. Peinture de la musique sixties et des seventies, Dreamgirls évoque l’explosion de la musique afro-américaine dans le monde « blanc » avec des groupes s’inspirant des Supremes et des Jackson Five et de la maison de production qui les a lancés. Le scénario de Bill Condon, après celui du flamboyant Chicago et du sympa Dr Kinsey, nous dévoile le business, un peu édulcoré, de la musique et ses coups fourrés (le vol de musique) et de l’évolution des moeurs. Toute l’efficacité hollywoodienne est là ainsi ces deux scènes de concert qui se font échos à une décennie d’intervalle où le chanteur James Early, noir, chante devant un public composé principalement de blancs. La première fois, il fait de l’oeil à un couple de blancs et celui-ci part choqué, la seconde fois, la femme glousse.

Dreamgirls ne convainc cependant pas tout à fait, faute d’une véritable émotion. Certaines scènes sont comme transparentes, sans saveur particulière, la faute notamment à une caractérisation des personnages très inégale. Ce sont alors deux seconds rôles, Jennifer Hudson et Eddie Murphy, qui volent la vedette … lire la suite ›

Blood Diamond

Vu le 13/2/2007 à l’UGC George V salle 4 en VO

L’Afrique est devenu presque un terrain de prédilection pour conter les histoires les plus sordides. Après les armes de Lord Of War et les médicaments de The Constant Gardener, Hollywood s’attaque au trafic de diamants. Edward Zwick ne nous épargne pas grand chose filmant les massacres dans les villages et la fureur de la guérilla urbaine. Nous voyons alors en action les enfants soldats, littéralement et épouvantablement dressés dans des camps d’entraînement. Et au loin, on distingue des paysages magnifiques et sauvages. TIA, nous dit-on. This Is Africa.

Au centre de ce chaos, la recherche d’un gros diamant mais plus qu’un gros diamant, c’est la promesse d’un échappatoire qui fait courir les protagonistes. Le réalisateur du Dernier samouraï n’oublie en effet pas ses personnages et dresse au plus près le portrait des trois principaux dont le trait commun est la lutte perpétuelle. Dans un rôle assez fonctionnel, Jennifer Connelly parvient à donner une vision crédible de la chieuse indépendante ramasseuse de mauvaise conscience, journaliste idéaliste et fouille-merde antipathique mais sans doute indispensable. Yeux plissés, peau brûlée, blond comme les blés, accent du cru, DiCaprio offre une prestation une nouvelle … lire la suite ›

La Nuit au musée

Vu le 12/02/2007 à l’UGC George V salle 1 en VO

L’intrigue est archi connue. C’est l’histoire de l’homme qui cherche à reconquérir l’amour, ou plutôt l’admiration de son fils. Larry, divorcé, obtient un boulot de gardien dans un musée et se rend compte que les figurines et mannequins du lieu « prennent vie » la nuit. Outre la présence de Robin Williams en service minimum (on a quand même droit à une rigolote imitation de pygmées), difficile de ne pas trouver de points communs avec Jumanji, autre comédie au bestiaire hétéroclite.

Aux commandes de la Nuit au musée, Shawn Levy dont la filmographie parle pour elle-même : Just Married, Treize à la douzaine et la Panthère rose (parfois drôle comme je l’ai déjà évoqué, plus que ce film en fait - tiens c’est marrant mais je fais la même remarque sur Levy, à défaut d’innover, au-moins je reste cohérent). Rien que du très calibré et de fait dans la Nuit au musée, nous sommes en terrain connu. Si connu que les gags font rarement rire. La galerie de personnages et animaux est pourtant variée mais, pour un T-Rex joueur plutôt inattendu, on n’est pas obligé de s’esclaffer d’un singe … lire la suite ›

La Môme

Vu le 27/2/2007 à l’UGC George V salle 1

Tout concourt a faire de La Môme un film d’une grande qualité formelle avec des décors et costumes jamais envahissants mais vraies et luxurieux et indiquant subtilement les époques. L’image est également superbe magnifiée par la photo de Tetsuo Nagata jouant sur les ombres notamment sur l’entourage de Piaf. Je ne suis pas un spécialiste de cette discipline mais Nagata a vraiment un talent incroyable qui m’avait tapé dans l’oeil dans Laisse tes mains sur mes hanches de Chantal Lauby.

Ces qualités permettent au néophyte que je suis d’entrer élégamment dans La Môme et donc dans la vie d’Edith Piaf qui est bel et bien romanesque, de l’enfance au bordel au vieillissement, à l’épuisement, accélérée de l’artiste, de la carrière d’artiste accomplie à l’amour fou avec Marcel Cerdan. De cette vie, Dahan mélange la chronologie et en dégage des moments clé et des fulgurances logiquement montées en plan séquence. Celui de l’annonce de la mort de Cerdan où l’onirisme se mêle à la triste réalité, est beau et intense.

Le casting, riche, est évidemment au diapason. Au delà du sujet, et pour qui a vu l’intrigante bande annonce, ce n’est pas Piaf, presque … lire la suite ›

Heroes

Si j’ai bien compris, la série Heroes est une des bonnes séries de la rentrée 2006. Elle a déjà le mérite d’avoir passé le cap de la première saison qui devrait s’achever dans quelques mois. Comme son titre l’indique un peu, Heroes narre parallèlement les aventures de plusieurs personnages confrontés dans le même temps à un développement inattendu de leurs capacités. Entre autres, une pom-pom girl pimpante se découvre invulnérable, tandis qu’un infirmier est persuadé qu’il peut voler.

Les histoires sont accrocheuses. Accompagnées d’un arrière plan apocalyptique, elles se fondent entre autres sur l’apprentissage, devenir un héros et font place un peu au doute (accidentellement ?) grâce à certains personnages qui sont peut-être simplement schizo ou en fin de vie façon Travolta dans Phénomène.
Surtout, au lieu de nous égarer, ces histoires nous donnent l’impression qu’elles vont toutes converger transformant toutes ces coïncidences et rencontres fortuites des héros en un seul schéma, pari fort risqué des scénaristes mais nécessairement fascinant comme le résume William Gibson : « l’Homo sapiens vit pour l’identification des schémas. C’est un don. C’est un piège. ».

C’est peu de dire que Heroes a l’allure confiante de cet âge d’or de la série US avec des … lire la suite ›