Petit écran

Revues ciné et séries TV

février 2007 sur Petite mort

Miss Van De Kamp (2)

J’en suis à l’épisode 16 de la saison 2. Desperate Housewives n’est sans doute pas une serie totalement bouleversante mais les petites histoires sont assez bien rodées. Et on voit la plupart des personnages principaux se révéler sous leur plus mauvais jour derrière une façade de bonnes intentions. Et pendant que toutes ces femmes complotent pour leur pouvoir et règlent leurs comptes, Bree Van De Kamp a un combat bien plus désespéré, combat contre elle-même, combat pour sa survie et finalement combat pour préserver tout un mode de vie qui s’effondre.

Bien sur tout ceci n’est que de la télévision. Mais je lui envoie tous mes encouragements.

bree

Odette Toutlemonde

Vu le 07/02/2007 à l’UGC George V salle 2

Odette Toutlemonde a un nom original mais dans sa famille c’est plutôt commun comme elle dit. Et c’est par ailleurs assez commun en Belgique paraît-il. Pour sa première réalisation, Eric-emmanuel Schmitt choisit la comédie romantique où il pénètre dans l’univers du personnage d’Odette Toutlemonde.

Veuve depuis dix ans, Odette Toutlemonde a une vie un peu triste coincée dans le stand maquillage d’un grand magasin, et assument les vies de ses deux enfants et d’un gendre envahissant et idiot dans son petit appartement. Mais pourtant, elle est heureuse car à l’intérieur, elle déborde d’amour grâce à ses passions pour Joséphine Baker et pour les romans de l’auteur Balthazar Balsan auquel elle écrit une lettre de remerciement enflammée. Ce débordement d’amour finira t’il par la faire tomber dans les bras de l’écrivain ?

La force d’Odette Toutlemonde réside dans le parti pris de mélanger la vie réelle d’Odette avec sa vie intérieure ce qui donne lieu à des séquences oniriques et aériennes, au sens propre, comme en témoigne la superbe affiche du film, et de courtes discussions avec Jésus dont la vie s’entremêle avec la sienne. Ponctué de chansons jazzy de Joséphine Baker, de la belle … lire la suite ›

Molière

Vu le 05/02/2007 à l’UGC Rotonde Salle 1

Molière est une fantaisie sur une période de la jeunesse de Jean Baptiste Poquelin qui aurait échappé à ses biographes. Peu de temps après son bref passage en prison, il aurait disparu plusieurs mois. Le réalisateur Laurent Tirard nous raconte donc cette étape de la vie de l’auteur, étape charnière qui lui inspirera toute son oeuvre.

De fait, Molière est une fiction et ses auteurs, Laurent Tirard et Grégoire Vigneron, l’assument comme tels tout en encadrant celle-ci de quelques faits réels. Le film de Laurent Tirard est bien sur construit autour de l’oeuvre de Molière, ou plutôt de certaines de ses plus populaires répliques et seuls les plus puristes et/ou grincheux y verront une insulte à son talent.
Laurent Tirard ne cherche, en effet, pas à minimiser pas le talent créatif et l’imaginaire de Molière mais il choisit par contre de le filmer à hauteur d’homme, avec ses défauts et ses passions, et s’amuser à imaginer d’où a jaillit son inspiration et l’essence de ses oeuvres.

Et après son bon Mensonges et trahisons, sa mise en scène sait parfaitement tirer parti du comique des répliques de Molière en les inscrivant dans des situations souvent … lire la suite ›

A la recherche du bonheur

Vu le 01/02/2007 à l’UGC Montparnasse Salle 2 en VO

A la recherche du bonheur est l’histoire, vraie, d’un homme, Chris Gardner, déterminé à devenir courtier en bourse afin de vivre bien avec son fils.

La quête de Gardner commence par une belle scène autour d’une Ferrari où le vendeur de matériel médical demande à son heureux propriétaire comment il a fait pour réussir. Cette quête est bien sur difficile dans une Amérique de l’aube des années 80 où le président Reagan annonce une économie peu prospère. Le réalisateur Gabriele Muccino brosse alors un portrait lucide, et assez désengagé (au sens que tout film dit engagé de nos jours est contre le grand capital), de l’Amérique du très haut, les riches dans leurs immeubles ou dans les loges privilégiées des stades, jusqu’à tout en bas avec ses sans abris faisant la queue pour dormir au chaud dans un pensionnat.

Il dessine aussi le portrait d’un homme décidé à se sortir de la médiocrité lui et surtout son fils, un homme qui ne remet jamais en cause les fondements des institutions et des règles comme ses apparentes injustices et ne revendiquant que son droit inaliénable citée dans la constitution américaine : la … lire la suite ›

Everything is illuminated

Avec Elijah Wood, qui joue le rôle d’un jeune juif américain, kleptomane-obsessionnel-compulsif, qui tente de faire une recherche sur sa famille en Ukraine. C’est aussi drôle qu’Elijah Wood est sexy, même avec de grosse lunettes, en grande partie grâce aux Ukrainiens fous. Un petit côté andersonnien.

Everything is illuminated

Fiche IMDb

Bobby

Vu le 30/1/2007 à l’UGC George V salle 4 en VO

Bobby suit le destin d’une galerie de personnages le 4 juin 1968 à l’Hotel Ambassador où le sénateur Robert Kennedy trouvera la mort juste après sa victoire aux élections primaires californiennes peu après minuit.

Plus qu’une petite histoire, Emilio Estevez nous donne un instantané de la fin des années soixante. Mariages rapides pour éviter de se rendre au Vietnam, prises de LSD, campagne électorale à l’ancienne, droits civiques… le tout ponctué de remarquables images de discours de Robert Kennedy. Quand on écoute ceux actuels en France, on peut vraiment dire, c’est quand même autre chose.
Il glisse également dans son film de jolis portraits de femmes, dont celui de Demi Moore, étonnante en star presque vieillissante et alcoolique, au détriment de sous-intrigues plus convenues comme l’amourette entre Lindsay Lohan et Elijah Wood ou la relation entre William H Macy et Heather Graham. Au spectateur de se laisser charmer par l’une ou l’autre de ces petites chroniques où l’élégance de la mise en scène laisse leur chance à tout ce prestigieux casting. Les acteurs se défendent tous bien comme Freddy Rodriguez (découvert dans Six feet under) en serveur sympa et surtout Nick Cannon … lire la suite ›

Pars vite et reviens tard

Vu le 29/1/2007 à l’UGC George V salle 1

Adapté d’un roman de Fred Vargas, Pars vite et reviens tard commence par une musique d’atmosphère (bonne). La première scène est une rupture, derrière sa compagne triste (Linh-dan Pham), on devine le commissaire Adamsberg (José Garcia) constamment dans l’ombre, la grande baie vitrée de son appartement épuré donnant sur un Paris très gris. Régis Wargnier ne va pas par quatre chemins pour imposer son ambiance, comme s’il avait toujours eu envie de se frotter au thriller.

L’intrigue repose sur une belle idée, un fou voudrait propager la peste à Paris, que le réalisateur narre avec une précision presque documentaire, on apprend pas mal de choses sur la peste dont certains aspects, le noir sur les victimes, font avancer l’histoire. De plus il ancre habilement le récit dans une société et un Paris très contemporains. Ses arrières plan exposent une panique sourde avec une surmédiatisation inévitable de l’enquête d’Adamsberg et un climat de peur (les masques que finissent par porter les badauds). Dommage qu’au fil de la progression, l’histoire demeure cependant que rarement haletante peu aidée par des scènes d’action franchement mollassonnes et, pour les deux dernières poursuites, sans enjeu.
On ne sera … lire la suite ›

Lost in translation

Réalisé par Sophia Coppola, avec l’excellent Bill Muray, qui est un peu le Jean Rochefort américain.

Je l’avais raté à sa sortie, et j’ai beaucoup aimé cette amourette entre deux exilés dépressifs à Tokyo, l’un un peu fatigué par la vie et la pression de la célébrité et l’autre par son absence de vie, ombre d’un jeune photographe qu’elle aperçoit de temps à autre entre deux prises de vue. C’est du Sophia C., donc c’est léché, avec une excellente B.O.

Lost in translation

Il y a pas mal de moments mous, mais c’est le genre qui veut ça, et il y a de très beaux moments (la visite du temple à Kyoto, la soirée en boîte de nuit avec les surfeurs, la séparation) et quelques uns très drôles.

Fiche IMDb

Dexter (saison 1)

La saison 1 de Dexter est sortie cet automne sur Showtime (chaîne qui passe aussi l’excellent Weeds, le pendant démocrate de Desperate Housewives). Son histoire tourne autour d’un médecin-légiste de Miami, qui, par le fait d’évènements traumatisants de son enfance, est devenu un être dépourvu de tout sentiment. Il en résulte pour Dexter une volonté irrésistible de tuer, mais avec la particularité que cette pulsion est canalisée par des règles et manières de procéder enseignées par le père adoptif de Dexter. Selon ces règles, Dexter ne devra tuer que des criminels impunis, qu’il retrouvera aisément via sa collaboration active avec la police de la ville. Dexter est donc un serial-killer justicier, si tant est que ce concept puisse être valable.
Même si j’ai appris à me méfier des films et séries policiers innombrables de type Les Experts, qui ont une forte tendance à la répétition, j’ai beaucoup apprécié ces douze épisodes de Dexter. Et ce même si la solution à l’énigme est très aisément identifiable (environ quatre épisodes avant la fin). Mais l’intrigue est très réussie, le jeu entre le justicier et le criminel prenant. C’est l’environnement qui m’a le plus marqué. Miami, des espaces clairs, paysages ensoleillés, intérieurs modernes. … lire la suite ›