Petit écran

Revues ciné et séries TV

janvier 2007 sur Petite mort

Les Simpson - saison 8

Je termine le visionnage de la saison 8 en DVD. Des épisodes que j’avais déjà vu, certains plusieurs fois, certains très récemment sur W9. Le plaisir demeure toujours intact. Revenons sur deux épisodes particulièrement marquants

4F20 – Les vrais-faux Simpson (Simpsons Spin-off Showcase)

Dans le commentaire, Matt Groening reconnaît avoir été réticent à la mise en oeuvre de cet épisode car il n’a jamais vraiment souhaité que la série montre les Simpson en tant qu’acteur d’une série. Deux possibilités : soit il ne peut empêcher un épisode de se faire, soit il est très ouvert. En tant que fan naïf, j’opterai pour la deuxième possibilité. L’épisode en question, présenté par Troy McClure, se divise en trois parties qui sont des séries dérivées : une série policière, une sitcom et un show (à l’américaine je dirais). Le résultat est comme souvent prodigieux.

Les références sont bien sur multiples. Les vrais-faux Simpson est un festival de gags mais plus encore, c’est la précision de la réalisation qui est démente. Les trois segments reprennent à leur compte toutes les figures imposées dans chacun de leur genre respectif jusque dans le style des dialogues, les situations et l’ambiance du générique du début au gag de fin. Un … lire la suite ›

Congorama

Vu le 23/01/2007 à l’UGC Rotonde Salle 1

C’est sans doute le genre de film qu’on ne peut voir qu’au cinéma. Non pas que c’est un grand spectacle mais que tout simplement il n’a que peu de chance d’avoir une bonne visibilité lorsqu’il sortira en vidéo (s’il sort) et le voir passer à la télévision à une heure décente est difficile à imaginer. Tout un pan du cinéma francophone, subventionné (le générique, avec une liste incroyablement longue de partenaires publics du Canada, de la France et de la Belgique fait presque rire) et au public restreint, suit ce chemin de l’oubli. Qui vraiment se souvient ainsi du premier film de Philippe Falardeau, La Moitié gauche du frigo, à part quelques critiques ?

Des films de ce genre, il en sort régulièrement, par exemple l’Etrangère le 10 janvier 2007 (149 entrée la semaine de sa sortie) ou Le Dernier des fous sorti la semaine précédentes (Prix Jean Vigo mais seulement 640 entrées en première semaine) que peu de gens verront sans doute. Je ne m’aventure que rarement dans ces expériences. Une des plus tristement mémorables demeure la purge Errance de Damien Odoul qui bénéficiait d’un casting haut de gamme (Laetitia Casta et … lire la suite ›

L’Incroyable destin d’Harold Crick

Vu le 22/01/2006 à l’UGC Ciné Cité Triomphe salle 1 en VO

Ca commence par une narratrice qui raconte la vie très réglée d’Harold Crick, contrôleur des impôts. Quelques minutes plus tard, on se rend compte qu’Harold Crick entend cette voix, et il est le seul. Les ennuis ne font alors que commencer…

Très vite la question de savoir si Crick est fou se posera ou peut-être alors est-il un pantin ? Une image du haut d’un immeuble donnera un élément de réponse… les rebondissements et trouvailles visuelles sont nombreuses et amusantes et il serait bien dommage de les énumérer. Car bien que son titre français soit bien paresseux, L’Incroyable destin d’Harold Crick réserve quelques surprises et varie les décors comme les genres entre romance, comédie et drame sans jamais perdre de son charme.

Au cours de ce plaisant récit, le réalisateur avec son scénariste Zach Helm développe une double réflexion sur la vie, qu’il faut prendre à bras le corps pour profiter de tous ses instants, et sur l’art et l’acte créatif où on se demande qu’elle est le prix à payer pour créer un chef d’oeuvre. Une logique et intrigante mise en abîme en découle dans le dernier tiers du métrage. … lire la suite ›

Apocalypto

Vu le 17/01/2007 à l’UGC George V salle 4 en VO

Une paisible tribu d’Amérique est attaquée et emprisonnée par des Mayas. Patte de Jaguar, qui a caché sa femme, est bien décidé à revenir auprès d’elle.

Evidemment, Apocalypto, film réalisé presque en marge (avec un budget raisonnable de 40 millions de dollars mais qui n’a rien à voir avec les grosses productions hollywoodiennes actuelles) est réalisé par l’ « ignoble » Mel Gibson ce qui donne droit en France à des critiques aussi stériles que putassières comme n’hésite pas à le faire Cécile Mury dans Télérama.
Aussi la polémique autour du film tient plus de l’homme Mel Gibson et de son précédent film, la Passion du Christ, que du film lui-même.

Triste constat donc qui pourrait en faire passer plus d’un à côté d’un très bon film d’aventure. Comme pour son précédent film, Gibson tourne son film dans un dialecte « d’époque », le Yucatèque, et il soigne sa reconstitution. Le résultat est foudroyant. Tels les prisonniers du film, Gibson nous précipite au coeur de cette civilisation maya, légendaire mais peu connue. Toutes la séquence dans la cité Maya et ses abords fourmillent de détails vivants : travailleurs … lire la suite ›

Babel

Vu le 15/01/2007 à l’UGC George V salle 9 en VO

Alejandro González Inárritu reprend à son compte la fameuse théorie du battement d’aile du papillon pour raconter plusieurs histoires autour des conséquences d’une balle tirée au fusil. Cette balle n’est pas le seul point commun de cette histoire car le réalisateur mexicain nous amène à nous poser la question du manque de communication entre les hommes et l’isolement qui en découle au-delà des barrières culturelles.

Plastiquement, le film est irréprochable. Très découpé et limpide, chaque scène a eu une préparation minutieuse et c’est évident à l’écran. S’il devait encore le confirmer, il ne fait aucun doute que Alejandro González Inárritu est un fabuleux technicien et un excellent raconteur d’histoire. C’est aussi un bon directeur d’acteurs. Ces derniers, bousculés et mis littéralement à nu, sont tous sincères et mémorables de l’amateur à la star internationale, du Japon au Mexique.

Babel peut aussi mettre mal à l’aise puisque Inarritu fait parti finalement de ces cinéastes capable de tout (son court métrage sur les attentats du 11 septembre est inoubliable) ainsi l’issue des différents destins demeure à tout moment incertaine avec une propension légèrement cruelle à toujours en rajouter dans la fatalité et la situation … lire la suite ›

Miss Van De Kamp

Je découvre maintenant la série Desesperate Housewifes. Les trois premiers épisodes vu sur m6 m’avaient que moyennement convaincus, les épisodes se révélant bien inégaux. Quiproquos un peu trop appuyés, personnages caricaturaux (la belle mariée au riche, la mère débordée, la mère parfaite, la gaffeuse), enfants abominables qu’un politiquement correct exacerbé empêche de baffer… une panne générale d’électricité avait achevé ma tentative de visionnage sur la petite chaîne qui monte. Seul Bree m’a totalement convaincu car son personnage stéréotypé était porté jusqu’à un niveau obsessionnel.

Je regarde maintenant la saison un en DVD. Il faut attendre l’épisode 6, “champ de bataille”, pour que je sois totalement conquis. Les fissures arrivent de partout, les masquent tombent et les situations, faites de batailles frontales (assez rare finalement dans les séries), d’humour acide et de poses souvent superbes font mouches. Le macho que je suis un peu ne pourra en plus ne pas s’énerver face à la manipulation féminine omniprésente puisque celle-ci est presque exclusivement réservée aux luttes… entre les femmes !

Et si les mystères sont multiples, nous ne sommes pas frustrés (enfin j’en suis qu’à l’épisode 10), la série évitant avec élégance de mettre en avant des personnages-qui-ont-un-secret-mais-ne-peuvent-le-révéler.

Il va de soi que le … lire la suite ›

Trop top (2006)

Cette année, une baisse significative du nombre de films vus : seulement 93 soit 9 de moins que l’an passé. La faute principalement au mois de Septembre où je suis parti plusieurs semaines en vacances et à un rythme de sortie frénétique en novembre qui m’a empêché de combler mon retard. Un retard toujours d’actualité d’ailleurs puisqu’un emploi du temps vicieux me fait renoncer aux films d’animation (Souris City, Happy Feet et Arthur et les Minimoys) mais bon j’en ai quand même vu 9 cette année.
Dans ces 93 films, 51 américains et 28 français, un écart beaucoup plus resserré que l’an passé (2005 : 63/25). Je constate une chute des films asiatiques (9 en 2005, 3 en 2006). Reste 10 films européens (dont les deux films de Frears : Madame Henderson présente et The Queen) et un film canadien, l’intéressant C.R.A.Z.Y.

Je me permets de citer la phrase clé de ce classement, la même que celui de 2005 : « Le classement ci-dessous révèle surtout des séances de ciné inoubliables, au delà de la vraie qualité du film que les vrais critiques jugeront. ». Ainsi, cette année, c’est un top quinze soit quinze excellentes séances de ciné. … lire la suite ›

The Fountain

Vu le 10/1/2007 à l’UGC Ciné Cité la défense salle 8 en VO

« Finish it » est une sentence récurrente de The Fountain. Elle rappelle aussi la bataille du réalisateur de Pi et Requiem for a dream pour pouvoir monter son film après le désistement de dernière minute de Brad Pitt parti finalement tourner Troie ce qui n’est pas vraiment la même chose. L’auteur aura finalement passé une bonne partie de sa trentaine à réaliser sa vision de la mort, de la vie, de l’univers et tout le reste.

fountain

Avec un budget tronqué, Darren Aronofsky a du gérer un manque évident de moyens à l’aide notamment de plan serrés, souvent verticaux et un souci constant d’esthétisme. The Fountain est un très beau film et rien que pour cela vaut le déplacement (fait quand même rare pour moi, j’ai vu plusieurs personnes sortir de la salle). On retrouve un peu le style de ses précédents films comme la répétition des mêmes images, les trois histoires du film ne représentant qu’une seule et même quête, et une puissance évocatrice incroyable. Il faut en effet beaucoup de talent pour évoquer en une seule petite scène tout l’amour de Tom (Hugh … lire la suite ›

Election

Vu le 9/1/2007 à l’UGC George V salle 5 en VO

A Hong-Kong, il y a même des élections chez les truands. C’est par ce biais que procède la puissante triade Wo Shing Society pour choisir le chef. Cependant, les méthodes employées pour se faire élire et les contestations sont toutefois fort différentes de ce qu’on pourrait attendre d’une démocratie…

Johnnie To décrit donc le milieu des triades Hong-Kongaises sous de nombreux aspects (traffics, liens avec la police, la famille, modes de fonctionnement…) avec une franche ironie, parfois morbide, et sans gunfights tonitruants mais une violence froide et implacable qui peut jaillir à tout instant et un grand sens de la concision (le film dure seulement 90 minutes).

Une fois la caractérisation assimilée - en plus de la barrière culturelle, c’est encore délicat pour moi de déterminer rapidement qui est qui -, difficile de ne pas être captivé par ce monde accroché à ses traditions, le fil conducteur principal du métrage étant l’obtention pour les deux candidats d’un sceptre ancestral garantissant leur autorité. Une quête qui s’achèvera autour d’une intronisation et un serment traditionnels et grandiloquents, terriblement anachronique. Parallèlement, l’honneur apparent cache des multiples trahisons, des retournements de veste et une grande cruauté. … lire la suite ›

The Holiday

Vu le 4/1/2006 à l’UGC George V salle 1

The Holiday dure 2h18 soit 10 de plus que le précédent film de la réalisatrice à succès Nancy Meyers, Tout peut arriver, qui était assez interminable. Mais le film ici se fonde sur l’échange de maisons pour les vacances pour raconter une double comédie romantique. D’un côté une américaine riche et indépendante (Cameron Diaz) s’entiche d’un éditeur sentimental (Jude Law) dans la banlieue de Londres et de l’autre Iris, la soeur de l’éditeur, (Kate Winslet), romantique dépressive, séduit le compositeur Graham (Jack Black) à Hollywood.

Variété de personnages mais peu de variations, des romantiques avec des boulots formidables comme souvent, mais auquel Nancy Meyers distille un point de vue féminin avec une vision d’un homme idéal, drôle et prévenant, au coeur d’artichaut (mais c’est moi !) où la nostalgie prend beaucoup de place ainsi toute la (très bonne) sous-intrigue autour d’Eli Wallach en vieux scénariste de l’âge d’or d’Hollywood, parfait gentleman. Nostalgie double également entre d’une part, le rappel d’un temps où les films n’étaient pas totalement tributaires de leurs entrées la semaine de leur sortie et d’autre part, une séduction un peu innocente. Ainsi, la scène où le scénariste remet une … lire la suite ›

Déjà Vu

Vu le 20/12/2006 à l’UGC George V salle 3 en VO

Déjà Vu porte bien son titre vu que nous avons cette impression pendant tout le métrage. Cette histoire un peu sf, que le producteur Jerry Bruckheimer présente comme originale, lorgne du côté de Minority Report, le but de l’agent Doug Carlin étant en quelque sorte de résoudre un meurtre qui n’a pas encore eu lieu, mais aussi de Fréquence Interdite où deux personnes communiquent à plusieurs années d’intervalle (tiens c’est aussi le sujet de Un pont entre deux rives) et avec déjà James Caviezel) et enfin Ennemi d’état (déjà de l’équipe Scott/Bruckheimer !) avec ses multiples plans en vue satellite.

Tout ça pour dire que ces recyclages ne sont pas bien graves puisque le film est plutôt bon. La touche Bruckheimer est présente : Tony Scott signe un film rythmé, moins barré et formellement jusqu’auboutiste que Domino, avec quelques séquences étonnantes comme la scène de poursuite à trois jours d’intervalle (il faut voir le film pour comprendre) et une très impressionnante explosion. Le tout est porté par quelques répliques qui croustillent et un casting solide porté par un Denzel Washington parfaitement à l’aise en flic sympa et malin, gentiment … lire la suite ›