Archives de janvier 2007

Les Simpson – saison 8

Je termine le visionnage de la saison 8 en DVD. Des épisodes que j’avais déjà vu, certains plusieurs fois, certains très récemment sur W9. Le plaisir demeure toujours intact. Revenons sur deux épisodes particulièrement marquants

4F20 – Les vrais-faux Simpson (Simpsons Spin-off Showcase)

Dans le commentaire, Matt Groening reconnaît avoir été réticent à la mise en oeuvre de cet épisode car il n’a jamais vraiment souhaité que la série montre les Simpson en tant qu’acteur d’une série. Deux possibilités : soit il ne peut empêcher un épisode de se faire, soit il est très ouvert. En tant que fan naïf, j’opterai pour la deuxième possibilité. L’épisode en question, présenté par Troy McClure, se divise en trois parties qui sont des séries dérivées : une série policière, une sitcom et un show (à l’américaine je dirais). Le résultat est comme souvent prodigieux.

Les références sont bien sur multiples. Les vrais-faux Simpson est un festival de gags mais plus encore, c’est la précision de la réalisation qui est démente. Les trois segments reprennent à leur compte toutes les figures imposées dans chacun de leur genre respectif jusque dans le style des dialogues, les situations et l’ambiance du générique du début au gag de fin. Un bonheur à chaque vision (je l’ai vu trois fois en deux jours).

beavers

4F19 – L’ennemi d’Homer (Homer’s Enemy)

C’est peut-être un épisode essentiel. La première fois que j’ai vu L’Ennemi d’Homer, en 1998, ce fut presque un choc, comme l’impression que les créateurs de la série avait tenté quelque chose. Le commentaire nous le confirme et résume l’étrangeté de cet épisode par un concept finalement simple : que se passerait-il si un personnage de la vie « réelle » venait travailler avec Homer ? Le personnage en question est Frank Grimes, un homme austère et malchanceux qui travaille énormément pour s’en sortir. Face à Homer, fumiste totale mais finalement beaucoup plus heureux et aisé que lui, il finira par le hair.

Il faut voir plusieurs fois cette épisode parce qu’au fond elle est comme souvent remplies de gags aussi hilarants qu’absurdes. Faisant une sorte de contrepoids, la deuxième intrigue relate les aventures de Bart avec une usine désaffectée qu’il a acheté dans une vente aux enchères. C’est une bonne idée mais peut-être difficilement étirable sur un tiers d’épisode. Quelques gags simpsonniens font cependant mouche.

Mais vraiment, c’est le jusqu’auboutisme de l’intrigue et sa noirceur qui marquent les esprits. Frank Grimes souligne la vie privilégiée, en se référant à son illustre passé (notamment sa rencontre avec Gerald Ford dans l’épisode sur George Bush, assez controversé également, ainsi que son voyage dans l’espace) et l’injustice totale de sa situation : « Vous ne faîtes que vampiriser les gens honnêtes qui travaillent dur comme moi. Si vous viviez dans n’importe quel autre pays, vous seriez mort de faim depuis longtemps. ». Des remarques peut-être pertinentes mais qui dans la série plongera Grimes dans la folie lors d’une séquence où on rit plus ou moins jaune, jusqu’à une issue fatale.

Le conseil de Matt Groening pour cet épisode est que chacun soit un peu plus Homer. Peut-être a t’il raison mais aimerions-nous Homer si c’était notre collègue de bureau ? Cette connexion avec ce qui est finalement le monde réel et ses frustrations est plutôt perturbante. L’Ennemi d’Homer est un grand et audacieux épisode.

vice-president

Guide des épisodes de cette exceptionnelle saison 8

On laissera le mot de la fin à un groupe qui m’étonne de plus en plus, The Bloodhound Gang, qui après avoir rendu hommage à Chasey Lain, loue Ralph Wiggum. Voir le clip ici.

Par Pascal
Commenter27 janvier 2007
Catégories : Séries

Congorama

Vu le 23/01/2007 à l’UGC Rotonde Salle 1

C’est sans doute le genre de film qu’on ne peut voir qu’au cinéma. Non pas que c’est un grand spectacle mais que tout simplement il n’a que peu de chance d’avoir une bonne visibilité lorsqu’il sortira en vidéo (s’il sort) et le voir passer à la télévision à une heure décente est difficile à imaginer. Tout un pan du cinéma francophone, subventionné (le générique, avec une liste incroyablement longue de partenaires publics du Canada, de la France et de la Belgique fait presque rire) et au public restreint, suit ce chemin de l’oubli. Qui vraiment se souvient ainsi du premier film de Philippe Falardeau, La Moitié gauche du frigo, à part quelques critiques ?

Des films de ce genre, il en sort régulièrement, par exemple l’Etrangère le 10 janvier 2007 (149 entrée la semaine de sa sortie) ou Le Dernier des fous sorti la semaine précédentes (Prix Jean Vigo mais seulement 640 entrées en première semaine) que peu de gens verront sans doute. Je ne m’aventure que rarement dans ces expériences. Une des plus tristement mémorables demeure la purge Errance de Damien Odoul qui bénéficiait d’un casting haut de gamme (Laetitia Casta et Benoît Magimel), vous trouverez même une critique de ma part dans les commentaires sur ce lien (trois posts, mon pseudo étant superaska). Il en ressort généralement une assez mauvaise image du cinéma d’auteur et, je dois dire, souvent à juste titre.

Dans ce paysage, Congorama fait finalement figure d’exception d’abord parce que Philippe Falardeau a écrit un récit qui se tient où il ne se contente pas de montrer quelque chose mais de raconter une histoire avec des rebondissements. Ainsi, lorsque le récit s’essouffle un peu durant les pérégrinations de Michel Roy, un accident puis un nouveau point de vue changent la donne. Aidé par l’excellent acteur Paul Ahmarani, Congorama prend des allures de thriller sur fond d’énergie renouvelable sans jamais nous laisser en route.

congorama

Entre le Québec et la Belgique, l’auteur donne une véritable dimension culturelle scrutant les moeurs villageoises (la leçon de danse traditionnelle (country?) en plein air à Sainte Cécile au Québec) et confrontant l’environnement des protagonistes à leur passé, les indiens au Québec, le Congo pour les belges.

Dès lors, Philippe Falardeau peut nous raconter une autre histoire, une histoire de famille et d’adoption, d’inné et d’acquis avec un style décalé, plutôt humoristique. Ce style évoque un ton sans doute belge rappelant l’émission Strip Tease avec un héros (Olivier Gourmet, parfait) entier et volontaire mais aussi maladroit.
Les personnages parfois atypiques (un inventeur incompris, un parano pieux, un muet paralysé…), les dialogues spontanées et les nombreuses situations incongrues renforcent cette impression et nous guident jusqu’aux dernières confrontations, nécessairement plus graves et porteuses de réflexions et d’interrogations.
Ce Congorama a donc de nombreuses qualités et Philippe Falardeau a le mérite de rendre accessible son propos en nous racontant une excellente histoire. Il est encore temps de découvrir ce film qui connaît un petit succès en salle.

Fiche Allociné

Par Pascal
Commenter27 janvier 2007
Catégories : Cinéma

L’Incroyable destin d’Harold Crick

Vu le 22/01/2006 à l’UGC Ciné Cité Triomphe salle 1 en VO

Ca commence par une narratrice qui raconte la vie très réglée d’Harold Crick, contrôleur des impôts. Quelques minutes plus tard, on se rend compte qu’Harold Crick entend cette voix, et il est le seul. Les ennuis ne font alors que commencer…

Très vite la question de savoir si Crick est fou se posera ou peut-être alors est-il un pantin ? Une image du haut d’un immeuble donnera un élément de réponse… les rebondissements et trouvailles visuelles sont nombreuses et amusantes et il serait bien dommage de les énumérer. Car bien que son titre français soit bien paresseux, L’Incroyable destin d’Harold Crick réserve quelques surprises et varie les décors comme les genres entre romance, comédie et drame sans jamais perdre de son charme.

Au cours de ce plaisant récit, le réalisateur avec son scénariste Zach Helm développe une double réflexion sur la vie, qu’il faut prendre à bras le corps pour profiter de tous ses instants, et sur l’art et l’acte créatif où on se demande qu’elle est le prix à payer pour créer un chef d’oeuvre. Une logique et intrigante mise en abîme en découle dans le dernier tiers du métrage. Ce dernier sujet a sans doute été beaucoup mieux dépeint dans le très bon Coups de feu sur Broadway de Woody Allen. Mais qu’importe, porté par une musique éclectique, cette fantaisie de Marc Forster, après notamment son enchanteur Neverland et son par contre très lourd A l’ombre de la haine, se suit très agréablement et émeut souvent.

Harold Crick

Will Ferrell trouve ici un de ses meilleurs rôles et beaucoup diront qu’il est bon pour la première fois. Il fait pourtant partie de ce quatuor de comiques américains actuellement très en vogue, lui, Ben Stiller, Owen Wilson et Vince Vaughn, et a déjà une belle carrière faites de succès (Elf, Anchorman, Talladega Night qui ne sort malheureusement pas en France), de seconds rôles savoureux (Starky et Hutch et Serial Noceurs) et même d’un passage chez Woody Allen avec Melinda et Melinda.
A ses côtés, on trouve la terriblement craquante, surtout avec son tatouage, Maggie Gyllenhaal, les impeccables Dustin Hoffman et Emma Thompson et une reine de la comédie US : Queen Latifah. Un casting atypique pour un film plutôt original. Bonne pioche !

Fiche IMDB

Par Pascal
Commenter26 janvier 2007
Catégories : Cinéma

Apocalypto

Vu le 17/01/2007 à l’UGC George V salle 4 en VO

Une paisible tribu d’Amérique est attaquée et emprisonnée par des Mayas. Patte de Jaguar, qui a caché sa femme, est bien décidé à revenir auprès d’elle.

Evidemment, Apocalypto, film réalisé presque en marge (avec un budget raisonnable de 40 millions de dollars mais qui n’a rien à voir avec les grosses productions hollywoodiennes actuelles) est réalisé par l’ « ignoble » Mel Gibson ce qui donne droit en France à des critiques aussi stériles que putassières comme n’hésite pas à le faire Cécile Mury dans Télérama.
Aussi la polémique autour du film tient plus de l’homme Mel Gibson et de son précédent film, la Passion du Christ, que du film lui-même.

Triste constat donc qui pourrait en faire passer plus d’un à côté d’un très bon film d’aventure. Comme pour son précédent film, Gibson tourne son film dans un dialecte « d’époque », le Yucatèque, et il soigne sa reconstitution. Le résultat est foudroyant. Tels les prisonniers du film, Gibson nous précipite au coeur de cette civilisation maya, légendaire mais peu connue. Toutes la séquence dans la cité Maya et ses abords fourmillent de détails vivants : travailleurs recouverts de poussières de chaux, femmes teignant les tissus, bâtiments et pyramides tous en construction ou en réfection, vente rapide d’esclaves… toutes ces images dynamiques, appuyées par des costumes, des bijoux et des tatouages étonnants, forment une tableau superbe, mouvementé et crédible.

apocalypto

La description du metteur en scène se veut également historique puisque la civilisation Maya était sur le déclin à l’époque du film pour des raisons multiples mais pas encore clairement établies. Sans extrapoler à outrance, Gibson donne quelques pistes en se servant toujours de sa caméra plutôt que de longs dialogues. Il évoque un peuple maya en proie à la famine et aussi à la peur et à folie, entièrement soumise à des élites qui le manipulent, le jeu de regards entre les différents chefs lors de l’éclipse en dit long. Cette folie conduit à des sacrifices humains à répétition et cette frénésie a des allures de fin de règne.

A ce besoin de sang et de puissance s’oppose la tribu de Patte de Jaguar qui vit en harmonie sous la bienveillance des sages perpétuant une tradition orale à travers des paraboles mettant en garde les hommes qui veulent tout avoir. Les échos avec la société d’aujourd’hui sont visiblement volontaires et discutables. Je n’irai pas plus loin puisque je m’hasarderai à dire qu’on ne peut rejeter les civilisations qui vont de l’avant au profit de celles se refermant sur elles-mêmes.

Et je n’irai pas plus loin car Apocalypto est aussi et surtout un film d’action constamment en mouvement. Outre ces visions parfois démentes, comme la petite fille malade lançant une malédiction à des guerriers, Apocalypto offre une heure haletante de poursuite dans la forêt d’Amérique centrale. Bien dirigés, la fureur spontanée, presque naturelle, des acteurs, inconnus, renforce les parti pris de Mel Gisbon et le côté très physique et brutal du métrage.

J’adore les films « en mouvement » et tous ces films de poursuites/chasses en forêt m’ont toujours plu, ainsi des excellents films comme Traqué, Predator ou Le Dernier des Mohicans. J’admire ces films pour leur côté sauvage et aussi parce que cet esprit de retour à la nature conduit à des récits linéaires mais hors normes, souvent démesurés et jouissifs.
Avec la débauche de violence et de sang, la course presque inhumaine des protagonistes, les rebondissements prophétiques et les déclamations menaçantes de Patte de Jaguar, Apocalypto rentre dans cette catégorie par la grande porte. Et la conclusion revient à Mel Gibson : « Mon désir était de tourner un film d’action et d’aventure trépidant qui ne laisse aucun répit ». C’est parfaitement réussi.

Fiche IMDB

Par Pascal
2 commentaires26 janvier 2007
Catégories : Cinéma

Babel

Vu le 15/01/2007 à l’UGC George V salle 9 en VO

Alejandro González Inárritu reprend à son compte la fameuse théorie du battement d’aile du papillon pour raconter plusieurs histoires autour des conséquences d’une balle tirée au fusil. Cette balle n’est pas le seul point commun de cette histoire car le réalisateur mexicain nous amène à nous poser la question du manque de communication entre les hommes et l’isolement qui en découle au-delà des barrières culturelles.

Plastiquement, le film est irréprochable. Très découpé et limpide, chaque scène a eu une préparation minutieuse et c’est évident à l’écran. S’il devait encore le confirmer, il ne fait aucun doute que Alejandro González Inárritu est un fabuleux technicien et un excellent raconteur d’histoire. C’est aussi un bon directeur d’acteurs. Ces derniers, bousculés et mis littéralement à nu, sont tous sincères et mémorables de l’amateur à la star internationale, du Japon au Mexique.

Babel peut aussi mettre mal à l’aise puisque Inarritu fait parti finalement de ces cinéastes capable de tout (son court métrage sur les attentats du 11 septembre est inoubliable) ainsi l’issue des différents destins demeure à tout moment incertaine avec une propension légèrement cruelle à toujours en rajouter dans la fatalité et la situation qui tourne mal. Pour le spectateur naïf que je suis et souvent réceptif au récit, cet étrange suspense n’est pas toujours soutenable et plutôt énervant. C’est lié au fait que je n’aime pas les ficelles de scénario fondées sur le manque de communication aussi bien dans ce film que dans des séries comme 24 ou les dernières saisons de X-Files. Comme ici, c’est le thème du film…

Il ne fait cependant aucun doute que Babel deviendra un film majeur de l’année 2006, ses nominations aux oscars le confirment (et confirme ma théorie selon laquelle si une belle actrice joue à poil ou s’enlaidit, elle obtient une nomination). Meilleur que 21 grammes mais peut-être moins surprenant que Amours Chiennes, on découvrait alors la patte du réalisateur épaulé par son talentueux scénariste Guillermo Arriaga, la beauté de Babel et l’universalité de son propos pourrait en faire devenir un film essentiel.

Babel

Fiche IMDB

Par Pascal
Commenter26 janvier 2007
Catégories : Cinéma

Miss Van De Kamp

Je découvre maintenant la série Desesperate Housewifes. Les trois premiers épisodes vu sur m6 m’avaient que moyennement convaincus, les épisodes se révélant bien inégaux. Quiproquos un peu trop appuyés, personnages caricaturaux (la belle mariée au riche, la mère débordée, la mère parfaite, la gaffeuse), enfants abominables qu’un politiquement correct exacerbé empêche de baffer… une panne générale d’électricité avait achevé ma tentative de visionnage sur la petite chaîne qui monte. Seul Bree m’a totalement convaincu car son personnage stéréotypé était porté jusqu’à un niveau obsessionnel.

Je regarde maintenant la saison un en DVD. Il faut attendre l’épisode 6, « champ de bataille », pour que je sois totalement conquis. Les fissures arrivent de partout, les masquent tombent et les situations, faites de batailles frontales (assez rare finalement dans les séries), d’humour acide et de poses souvent superbes font mouches. Le macho que je suis un peu ne pourra en plus ne pas s’énerver face à la manipulation féminine omniprésente puisque celle-ci est presque exclusivement réservée aux luttes… entre les femmes !

Et si les mystères sont multiples, nous ne sommes pas frustrés (enfin j’en suis qu’à l’épisode 10), la série évitant avec élégance de mettre en avant des personnages-qui-ont-un-secret-mais-ne-peuvent-le-révéler.

Il va de soi que le personnage de Bree Van De Kamp, interprété par Marcia Cross, est de loin mon préféré. Toutes ses scènes sont pour le moment réussies entre la perfidie pure, la culpabilité et un charme presque extra-terrestre (il faut la voir avec ce manteau de fourrure).

bree Van De Kamp

Par Pascal
2 commentaires20 janvier 2007
Catégories : Cinéma

Trop top (2006)

Cette année, une baisse significative du nombre de films vus : seulement 93 soit 9 de moins que l’an passé. La faute principalement au mois de Septembre où je suis parti plusieurs semaines en vacances et à un rythme de sortie frénétique en novembre qui m’a empêché de combler mon retard. Un retard toujours d’actualité d’ailleurs puisqu’un emploi du temps vicieux me fait renoncer aux films d’animation (Souris City, Happy Feet et Arthur et les Minimoys) mais bon j’en ai quand même vu 9 cette année.
Dans ces 93 films, 51 américains et 28 français, un écart beaucoup plus resserré que l’an passé (2005 : 63/25). Je constate une chute des films asiatiques (9 en 2005, 3 en 2006). Reste 10 films européens (dont les deux films de Frears : Madame Henderson présente et The Queen) et un film canadien, l’intéressant C.R.A.Z.Y.

Je me permets de citer la phrase clé de ce classement, la même que celui de 2005 : « Le classement ci-dessous révèle surtout des séances de ciné inoubliables, au delà de la vraie qualité du film que les vrais critiques jugeront. ». Ainsi, cette année, c’est un top quinze soit quinze excellentes séances de ciné. Une immersion totale, de l’émerveillement ou cette impression de voir quelque chose de nouveau ou d’irréel, voilà des sensations beaucoup plus difficiles à trouver sur le petit écran surtout quand je repasse des chemises, voilà la raison pour lequel le cinéma demeure irremplaçable, quoique j’ai vu à la Fnac des Ternes un écran de 103 pouces… Donc oui, il est fort probable qu’un film comme Babel, par ailleurs superbe même si on nous torture un peu, est un meilleur film qu’OSS 117 mais l’impression à la sortie du ciné et pendant la séance n’a rien à voir.

15 – L’Ivresse du Pouvoir
Il n’est pas si fréquent de voir le cinéma français aborder la politique surtout en s’inspirant de faits réels. Claude Chabrol s’empare de l’affaire Elf et livre un jeu de dupes presque parfait (presque parce que Bruel, pourtant parfois bon comme dans P.R.O.F, est vraiment horrible), jouissif et ludique mais aussi dur (Huppert’s Touch).
(mon commentaire)

14 – Vol 93
Un film immersif par excellence, la plongée au coeur d’un des plus grands drames de notre temps.

13 – The Host
(mon commentaire)

12 – Le Prestige
(mon commentaire)

11 – Orgueil et Préjugés
Une bluette parfaite avec une Keira Knighley au sommet de la minauderie.
(mon commentaire)

10 – Miami Vice
Le nouvel opus de Michael Mann est une bombe. Le réalisateur enchaîne les excellents films pour mon plus grand bonheur.

9 – Lord Of War
(mon commentaire)

8 – Brick
Ce thriller avec des teens sorti en catimini cet été s’est révélé être une formidable surprise. Certains critiques ont parlé d’exercice de style vain, tant pis pour eux.

6 – OSS117, Le Caire, nid d’espions et Borat
Deux grosses farces hilarantes qui sortent totalement de l’ordinaire avec chacun un univers propre et absurde.
(Commentaire sur Borat)

5 – Pirates des Caraïbes – Le Secret du coffre maudit
Cette suite est peut-être boursouflée et, avec le recul, pourrait s’avérer poussive. Je continue à croire que non. Le blockbuster de l’été a du panache. Et le visuel de Keira Knightley (deux films dans cette liste quand même) pour le troisième opus est superbe.

keira

4 – Ne le dis à personne
(mon commentaire)

3 – V For Vendetta

Le film n’est pas aimé par tout le monde. Je repense notamment à cette référence de « téléfilm de luxe ». Pourtant quelle séance de cinéma ! Une belle histoire d’amour sur fond de totalitarisme avec une Natalie Portman merveilleuse. Je l’ai revu récemment en DVD et la magie opère toujours.

2 – Les fils de l’homme
(mon commentaire)

1 – Le Nouveau Monde

On pourra écrire des pages et des pages sur le métrage de Malick et ses enjeux. Mais le Nouveau Monde demeurera pour moi ce film purement sensitif, semble t’il fait uniquement pour les salles obscures. Une expérience unique.
(mon commentaire)

Voilà, des déceptions, j’en ai eu quelques une comme Superman, Tideland, Les Brigades du Tigre, Selon Charlie… Pas mal de surprises aussi ainsi 13 Tzameti, Bubba Ho Tep. Citons aussi les films plébiscités cette année mais qui ne sont pas dans mon top 10 : oui, j’ai beaucoup aimé Le Labyrinthe de Pan, Babel et Little miss Sunshine. Mais malgré tout le premier est un peu trop binaire (quelle fin cependant), le second joue trop la corde « je suis un réalisateur capable de tout » et le dernier est trop estampillé « cinéma indépendant US ». Voilà.

2006 ressemble pour moi à une année de transition. Bien sur j’ai vu beaucoup de bons films mais l’enthousiasme se mêle des films censément bons mais qui m’ont peu touché au final, un manque de discernement et une frustration avec moins de films vus, du temps libre qui m’échappe (eh oui, je travaille et j’ai une vie) et des difficultés à cibler ce que j’aime vraiment. 2007, ou l’année où je vais (enfin) en finir avec mes problèmes pseudo-existentiels ?

Bonne année à tous.

Par Pascal
Commenter20 janvier 2007
Catégories : Cinéma

The Fountain

Vu le 10/1/2007 à l’UGC Ciné Cité la défense salle 8 en VO

« Finish it » est une sentence récurrente de The Fountain. Elle rappelle aussi la bataille du réalisateur de Pi et Requiem for a dream pour pouvoir monter son film après le désistement de dernière minute de Brad Pitt parti finalement tourner Troie ce qui n’est pas vraiment la même chose. L’auteur aura finalement passé une bonne partie de sa trentaine à réaliser sa vision de la mort, de la vie, de l’univers et tout le reste.

fountain

Avec un budget tronqué, Darren Aronofsky a du gérer un manque évident de moyens à l’aide notamment de plan serrés, souvent verticaux et un souci constant d’esthétisme. The Fountain est un très beau film et rien que pour cela vaut le déplacement (fait quand même rare pour moi, j’ai vu plusieurs personnes sortir de la salle). On retrouve un peu le style de ses précédents films comme la répétition des mêmes images, les trois histoires du film ne représentant qu’une seule et même quête, et une puissance évocatrice incroyable. Il faut en effet beaucoup de talent pour évoquer en une seule petite scène tout l’amour de Tom (Hugh Jackman) pour Izzi ( Rachel Weisz), un flash back un peu flou montrant une Izzi pleine de vie en robe rouge déambulant dans sa maison.

S’attaquant en même temps à l’évocation du passé et du futur, le réalisateur impose une vision de l’Espagne et des conquistadors presque féérique quand la Reine est à l’écran, ensanglantée et ocre quand le Mal est décrit : l’inquisiteur recouvrant une carte d’Espagne de sang fait froid dans le dos tout comme son assemblée dans la forteresse. Et à l’aide de trucages originaux (des photos prises dans des boîtes de Petri, c’était d’ailleurs la toute première image du film que j’ai vue et qui est celle du générique de fin), son futur est un voyage dans un univers jamais vu, magnifique.

La direction artistique semble donc parfaite d’autant plus que le travail de Clint Mansell à la musique est une nouvelle fois fabuleux, ensorcelant comme étaient les thèmes de Requiem for a dream. Dans un rôle à peu près identique à celui qu’elle avait dans The Constant gardener, Rachel Weisz est merveilleuse, indispensable, tandis que Hugh Jackman colle parfaitement au personnage surtout en conquistador obsédé par sa mission. Difficile d’imaginer le résultat avec le couple Brad Pitt/Cate Blanchett (couple également dans Babel) initialement prévu.

Et tous les efforts de Darren Aronofsky sont au service d’une expérience belle et enthousiasmante s’articulant autour de l’humain, de l’immortalité et de l’Amour. Bien que se déroulant sur trois époques différentes aux séquences qui s’entremêlent, The Fountain est complexe mais fluide jusqu’à sa magnifique (et énigmatique) conclusion, trois époques pour nous montrer la volonté de Tom de sauver l’incarnation de celle qu’il aime, Izzi, qu’elle soit une reine, un pays ou un arbre. Cette obsession qui l’éloigne pourtant d’elle qui ne parviendra qu’à attirer son attention à travers des apparitions oniriques et un livre pour aboutir à une véritable prise de conscience. The Fountain devient alors une oeuvre superbe sur un apprentissage qui dure 1000 ans.

fountain

Fiche IMDB

Par Pascal
Commenter20 janvier 2007
Catégories : Cinéma

Election

Vu le 9/1/2007 à l’UGC George V salle 5 en VO

A Hong-Kong, il y a même des élections chez les truands. C’est par ce biais que procède la puissante triade Wo Shing Society pour choisir le chef. Cependant, les méthodes employées pour se faire élire et les contestations sont toutefois fort différentes de ce qu’on pourrait attendre d’une démocratie…

Johnnie To décrit donc le milieu des triades Hong-Kongaises sous de nombreux aspects (traffics, liens avec la police, la famille, modes de fonctionnement…) avec une franche ironie, parfois morbide, et sans gunfights tonitruants mais une violence froide et implacable qui peut jaillir à tout instant et un grand sens de la concision (le film dure seulement 90 minutes).

Une fois la caractérisation assimilée – en plus de la barrière culturelle, c’est encore délicat pour moi de déterminer rapidement qui est qui -, difficile de ne pas être captivé par ce monde accroché à ses traditions, le fil conducteur principal du métrage étant l’obtention pour les deux candidats d’un sceptre ancestral garantissant leur autorité. Une quête qui s’achèvera autour d’une intronisation et un serment traditionnels et grandiloquents, terriblement anachronique. Parallèlement, l’honneur apparent cache des multiples trahisons, des retournements de veste et une grande cruauté. Une manière pour Johnnie To de nous dire la société moderne oblige les triades à s’adapter tout en conservant ses principes fondateurs, aussi factices qu’ils puissent paraître et qu’ils ont peut-être toujours été. Car finalement, l’âme humaine, l’âme des truands n’a, semble t’il, pas beaucoup évolué…

Election

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Par Pascal
Commenter20 janvier 2007
Catégories : Cinéma

The Holiday

Vu le 4/1/2006 à l’UGC George V salle 1

The Holiday dure 2h18 soit 10 de plus que le précédent film de la réalisatrice à succès Nancy Meyers, Tout peut arriver, qui était assez interminable. Mais le film ici se fonde sur l’échange de maisons pour les vacances pour raconter une double comédie romantique. D’un côté une américaine riche et indépendante (Cameron Diaz) s’entiche d’un éditeur sentimental (Jude Law) dans la banlieue de Londres et de l’autre Iris, la soeur de l’éditeur, (Kate Winslet), romantique dépressive, séduit le compositeur Graham (Jack Black) à Hollywood.

Variété de personnages mais peu de variations, des romantiques avec des boulots formidables comme souvent, mais auquel Nancy Meyers distille un point de vue féminin avec une vision d’un homme idéal, drôle et prévenant, au coeur d’artichaut (mais c’est moi !) où la nostalgie prend beaucoup de place ainsi toute la (très bonne) sous-intrigue autour d’Eli Wallach en vieux scénariste de l’âge d’or d’Hollywood, parfait gentleman. Nostalgie double également entre d’une part, le rappel d’un temps où les films n’étaient pas totalement tributaires de leurs entrées la semaine de leur sortie et d’autre part, une séduction un peu innocente. Ainsi, la scène où le scénariste remet une fleur à Iris juste avant une cérémonie est un des moments les plus touchants du film.

La réalisatrice a aussi quelques d’idées tant dans son scénario que dans sa mise en scène avec quelques situations vraiment romantiques et/ou drôles comme la mise en abîme du métier de Cameron Diaz (créatrice de bandes-annonces).

Black and Winslet

La présence d’un quatuor de stars et celle d’Eli Wallach réduit tous les seconds rôles à de la figuration. Mais l’abatage et le charme, chacun dans son style, de ces cinq vedettes est immense et l’alchimie entre les couples fonctionnent à merveille. Parfait, le couple Diaz/Law étonnera cependant un peu moins que le couple Kate Winslet, épatante dans un registre comique un peu inattendu, et Jack Black, beaucoup, beaucoup trop mésestimé de ce côté de l’atlantique, les maigres résultats des pourtant très bons Super Nacho et Rock Academy l’attestant.

Prises séparément, ces histoires ne vaudraient sans doute pas un film mais le charme indéniable des acteurs et un certain savoir faire de la réalisatrice convainquent. Les amateurs du genre ne peuvent être déçus.

Fiche IMDB

Par Pascal
Commenter14 janvier 2007
Catégories : Cinéma

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