Petit écran

Revues ciné et séries TV

décembre 2006 sur Petite mort

Les Infiltrés

Vu le 11/12/2006 à l’UGC Montparnasse Salle 4 en VO

La police et la pègre irlandaise se tirent dans les pattes au milieu de Boston. Loin du jeu du chat et la souris, Martin Scorsese filme un peuple de rats presque tous à bout, fatigué de se tromper les uns les autres. Les faux semblants est une des idées maîtresses du film avec ses deux héros Billy (Leonardo Di Caprio) et Colin (Matt Damon). Billy est un policier qui a été incité à infilter le milieu de la pègre tandis que Colin est un beau gosse souriant, engagé brillamment dans la police mais dont le mentor n’est autre que Costello, le grand manitou de la pègre. Jack Nicholson incarne avec panache et ce qu’il faut d’outrance ce chef atypique et imprévisible, à la surexcitation presque sereine que lui confère son pouvoir et son âge.

Costello et son 'fils'

S’il y a une certaine morale dans les Infiltrés, le sujet même rend difficile et même illusoire l’existence de bons et de méchants. Colin n’est pas un salaud mais juste un gamin qui s’est trouvé un père tandis que Billy pourtant brillant est mal reçu par ses pairs policiers. Les … lire la suite ›

Black book

Vu le 12/12/2006 à l’UGC Ciné Cité les Halles salle 9 en VO

Black book est fondé sur des faits réels, l’histoire de l’avocat, cherchant à trouver un accord entre nazis et Résistance, et celle du livre noir sont par exemple authentiques. Et le sujet est plutôt rare (pour ce que j’en connais) puisque Paul Verhoeven raconte l’occupation allemande en Hollande, occupation semble t’il à l’écart de la guerre elle-même puisque l’action se déroule majoritairement à quelques semaines de la capitulation et que le pouvoir nazi demeure ici encore incontesté (on y fête même l’anniversaire du furher en grandes pompes).

Comme souvent, l’auteur fait fi du politiquement correct pour son histoire. Il décrit des officiers nazis, à l’abri de la guerre, qui cherchent à s’enrichir avant l’inévitable défaite grâce à un stratagème glauque ou qui collaborent ou manipulent les officiers alliés après la capitulation. Son regard sur la résistance est sans complaisance et sans héroïsme exacerbé. Il n’hésite même pas à faire jaillir l’antisémitisme de certains resitants et s’amuse aussi du communisme façon « c’est un socialiste mais il est sympa » ou lorsque tout le monde boit à la santé de la couronne sauf le marxiste de service. Le réalisateur raconte … lire la suite ›

Casino Royale

Vu le 6/12/2006 à l’UGC George V salle 3 en VO

(Spoiler inside)

James Bond revient avec une nouvelle tête et nécessairement, une nouvelle personnalité. Cette dernière tranche singulièrement avec le précédent. Au delà de la qualité du film, c’est cette personnalité qui devra relancer la série vers de nouveaux succès. Aussi la question la plus légitime devient : Qui est donc ce James Bond ?

James Bond

Le prégénérique de Casino Royale met en scène James Bond comme un nouvel agent double zéro. Ce choix d’un retour aux sources n’est pas anodin. Casino Royale se présente comme une préquelle à tous les autres épisodes de la série et c’est un choix qui s’inscrit directement dans la mode récente des « au commencement… » et dont l’origine doit tout simplement remonter à La Menace fantôme et la nouvelle trilogie Star Wars. Les projets de préquelles sont alors devenus légions, et dans tous les genres : Batman, L’exorciste, Massacre à la tronçonneuse, Dumb and Dumber, Bilbo le Hobbit, Hannibal Lecter…
Ici ce choix demeure judicieux notamment pour (un peu) étoffer les relations entre M et Bond mais surtout pour s’intéresser aux premiers actes d’un Bond venant d’obtenir le fameux permis de … lire la suite ›

The Host

Vu le 5/12/2006 à l’UGC George V salle 7 en VO

Après l’inoubliable Memories Of Murder, le réalisateur Joon-ho Bong passe du thriller au film de monstre. Comme dans de nombreux films du genre, The Host commence un peu dans le passé, aux origines de la création de la bête avec un méchant Américain ordonnant à un pauvre Coréen de jeter des bouteilles de formol dans l’évier qui mène directement à la rivière Han.

Et là on peut se demander : « Et la bête elle était comment ?» auquel moi-même ainsi qu’Obélix répondront : « Ah, elle était bonne » (mais pas pour les mêmes raisons). C’est que le monstre dans The Host, a fière allure. Son design est original et minutieux, une bête immonde mais très agile avec sa longue queue, digérant la chair des humains mais vomissant leurs os pendant une séquence flippante… et bien repoussante.
Quant à son intégration dans le film, même si elle n’est pas toujours parfaite (notamment dès qu’il y a du feu), elle est suffisamment crédible pour enthousiasmer lors d’une première attaque sur une berge de la rivière à couper le souffle!

Il n’échappera à personne que Joon-ho Bong a inscrit une toile … lire la suite ›

Hors de prix

Vu le 4/12/2006 à l’UGC Normandie Salle 1

Jean le serveur tombe amoureux d’Irène qui ne regarde que les riches mais un malentendu les rapproche le temps de deux nuits et si Irène part dès qu’elle apprend la condition de son amant, Jean s’accroche.
L’histoire partage plusieurs similarités avec le Quatre étoiles de Christian Vincent sorti six mois plus tôt. Dans ces comédies romantiques, on appréciera la manière des auteurs de se servir du luxe comme un cadre joliment clinquant sans caricature façon critique sociale ou, pire encore, façon Hell (oh l’attaque gratuite d’un film dont je n’ai vu que la bande-annonce). Ils filment ces fastes des gens qui ont tout avec humanité soit des hommes et des femmes riches, pas malheureux mais pas dupes. A ce titre, les deux « riches » de Hors de Prix, Marie-Christine Adam et Vernon Dobtcheff sont très bons.

Pierre Salvadori annonce avoir écrit son scénario en pensant précisément au couple Tautou/Elmaleh et c’est palpable à l’écran. Gad Elmaleh affine de plus en plus son rôle de naïf burlesque et amoureux tout en démontrant un pouvoir de séduction indéniable. Il est superbe en costume. Avec ses parapluies en papier sur la tête, Audrey Tautou, tour à tour … lire la suite ›

Borat, leçons culturelles sur l’Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan

Vu le 28/11/2006 à l’UGC Odéon Salle 1 en VO
Il n’y a pas de post générique mais le générique lui-même est très bon.

L’appellation « film culte » est arrivée bien avant la sortie du film. Il faut reconnaitre que les premières images, la plupart tirées du début du film, étaient hilarantes tout comme le personnage Borat lui-même. Et même après ces mois de buzz, de scandales et de procès, le film ne déçoit aucunement.

Ce n’est pas original de brocarder les travers d’une société à partir d’un personnage totalement étranger à ses traditions et mode de vie. Ce n’est pas la première fois qu’on réalise un vrai faux documentaire, il suffit de se rappeler de C’est arrivé près de chez vous, autre film culte. Ce n’est pas novateur de voir un acteur, ici Sacha Baron Cohen, jouer le même rôle à la scène et dans la vie (publique). Le très beau Man on the Moon traite d’ailleurs de ce sujet à travers la vie du comique Andy Kaufman.
Mais il est clair que Borat, leçons culturelles sur l’Amérique au profit glorieuse nation Kazakhstan, apporte une liberté de ton rarement vue dans les politiquement correctes années 2000. Et surtout, il fait rire. … lire la suite ›

Le Prestige

Vu le 27/11/2006 à l’UGC George V Salle 7 en VO

Every great magic trick consists of three acts. The first act is called “The Pledge”; The magician shows you something ordinary, but of course… it probably isn’t. The second act is called “The Turn”; The magician makes his ordinary some thing do something extraordinary. Now if you’re looking for the secret… you won’t find it, that’s why there’s a third act called, “The Prestige”; this is the part with the twists and turns, where lives hang in the balance, and you see something shocking you’ve never seen before.

C’est ainsi que Cutter (Michaël Caine, toujours parfait) annonce le déroulement d’un tour de magie et nous montre un tour autour d’une cage d’oiseau qui disparaît dont l’explication, qui viendra par la suite, est technique et très terre à terre.
L’époque est décisive. Dans Le Prestige, Christopher Nolan filme superbement un siècle, le 19è, où la magie ainsi que la science et la technique connaissent un formidable essor. Et il nous montre les liens forts entre magie et science où les expérimentations scientifiques échappent parfois à l’entendement et où les magiciens utilisent l’ingénierie pour mettre au point leurs tours. Dans ces domaines alors … lire la suite ›