Archives de novembre 2006
Vu le 22/11/2006 Ã l’UGC George 5 salle 9 en VO
On peut difficilement passer outre les nombreuses scènes de sexe non simulées du film. Le réalisateur John Cameron Mitchell ne cherche cependant pas à faire dans la pose et l’érotisme et c’est tout à son honneur.
Comme pour s’affranchir de ces scènes, pour sortir de la provocation facile, et à la manière de David Cronenberg dans Crash, il annonce la couleur dès le tout début du métrage où on copule joyeusement (ou brutalement ou seul).
Certaines scènes peuvent rebuter (je parle en connaissance de cause), d’autres peuvent faire rire et même les deux à la fois comme la partie à trois de James, Jamie et Ceth avec une interprétation fort originale de l’hymne américain.
Ainsi dans ce film New Yorkais, John Cameron Mitchell souhaite parler de sexe, ou plutôt de sexualité, pour mieux révéler ses personnages, pour mieux nous parler d’amour mais Shortbus ne raconte rien de nouveau ni sur le sexe, ni sur l’amour, les personnages étant souvent réduit à des stéréotypes. Les intrigues tournent rapidement à plat et le fameux Shortbus ne devient plus qu’un vague lieu de rencontre un peu échangiste où l’on peut faire l’amour en public et s’amuser à l’intellectuel. Le nouveau think tank du 21è siècle?
Mais dans ce flot de générosité naïve filmé sans arrière pensée, on trouvera quand même pas mal de choses ainsi ce dialogue post 11 septembre entre un vieil homme, ancien maire de la grande pomme, et un jeune éphèbe ou ces jolis survols d’un joli New York coloré. Et, bien sur, il y a cette fin bordélique à la joie plutôt communicative image d’un message d’amour libertaire et (très) libertin de John Cameron Mitchell, un message malgré tout peu convaincant.

Site Officiel (avec une bonne interview du réalisateur)
Par Pascal
26 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 21/11/2006 Ã l’UGC George V salle 5
J’adore les poursuites à pied. Celles des deux Les Rivières Pourpres sont bonnes surtout dans premier film ou comment transformer un banal deux cents mètres en une scène haletante avec une chute drôle et inattendue. Dans Les Marchands de sables de Pierre Salvadori, Mathieu Demy tente désespérément de se sortir des rues parisiennes sombres et labyrinthiques pour échapper à des truands. Côté américain figurent entre autre l’introduction de Narc très cut et la poursuite dans Memento où le héros se demande s’il poursuit quelqu’un ou s’il est poursuivi! Plus récemment, la longue course de Tom Cruise dans Mission Impossible 3 dans une rue en Chine est très haletante.
On peut déjà sans doute dire que la longue poursuite dans Ne le dis à personne, morceau de bravoure du film, va faire autorité, surtout sa conclusion très bien vue dans une cité et la traversée du périphérique parisien où Alex (François Cluzet) provoque un carambolage affolant.
Après un premier film, Mon Idole, inégal, pas très rythmé mais vraiment sympathique et plutôt imaginatif, Guillaume Canet change de genre et adapte le best seller Ne le dis à personne de Harlan Coben où un médecin veuf reçoit un email de sa femme censée être morte depuis huit ans dans des circonstances atroces… un thriller qu’on n’attendait pas forcément en France mais plutôt outre atlantique chez les hollywoodiens friands d’adaptation de livres à succès.
Guillaume Canet se prête au jeu avec panache et un souci constant du rythme et transcrit l’intrigue en lui donnant un côté très français inscrit dans le milieu rural avec ses bourgeois provinciaux corrompus, ses courses hippiques et sa loi du silence où les règlements de compte ne peuvent se faire que dans l’ombre à coup de fusil de chasse!
Son adaptation respecte aussi les codes « à l’américaine » à travers ses personnages notamment des méchants aussi énigmatiques que terrifiants et comme omniscients particulièrement toute la bande à Velanti, joué par Olivier Marchal, et la femme qui l’accompagne faisant le sale boulot. Astuce classique du thriller, l’ami-dévoué-qui-ne-pose-pas-de-question prend ici la forme d’un truand réglo des banlieues. Il est purement jouissif dès qu’il apporte son aide au héros traqué par la police. Dans ce rôle, Gilles Lellouche est incroyable et drôle.

Le casting est d’ailleurs excellent jusqu’aux touts petits rôles. On croise Jean Noël Brouté (hilarant dans Le Parfum de la Dame en noir) en docteur et surtout un excellent Jalil Lespert en petite frappe des cités. En amoureux obstiné et embarqué dans une aventure qu’il ne comprend pas, Cluzet est parfaitement à l’aise.
Ce thriller est donc réussi de bout en bout. Guillaume Canet a été plus que généreux avec ce film sans jouer de sa belle gueule (c’est le moins que l’on puisse dire d’ailleurs vu son rôle). Et le final qu’on devine depuis le début (on revient toujours au lieu du début) demeure superbe à un cerf près et très bien illustrée par la musique de M très inspiré.
Au sujet des droits d’adaptation Harlan Coben disait : « Guillaume Canet m’a appelé pour me demander les droits du livre, mais ils étaient déjà vendus à Hollywood. Mais les droits me sont revenus, Guillaume m’a redemandé et je lui ai donné sa chance ». Il a très bien fait.
Difficile de dire si le film résistera bien à une seconde vision sur un petit écran, si l’intrigue n’est pas trop balancée sur la fin, si le pathos n’est pas trop grandiloquent… mais au fond qu’importe, Ne le dis à personne est pour moi un film parfait à voir au cinéma. C’est simple, j’étais tout fou. Bravo!
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Par Pascal
23 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 23/11/2006 Ã l’UGC Danton Salle 2 en VO
On peut aimer le roman éponyme (ainsi que toute son oeuvre) de James Ellroy pour de nombreuses raisons. Les plus évidentes seraient l’intrigue pleine de mystères sur le meurtre sanglant et jamais élucidé d’Elisabeth Short et l’obsession de certains personnages du livre, en plus de l’auteur, pour ce célèbre fait divers.
Mais c’est un roman difficile à adapter parce qu’on peut aussi l’adorer pour son style vif et addictif, qui donne l’envie voire le besoin de lire le livre d’une traite, pour sa grande brochette de personnages troubles et sa multitude d’anecdotes glauques et lucides, pour ses références à des personnages existants… autant de détails, annexes mais sans doute essentiels, qui font du Dahlia Noir un grand roman noir et autant d’éléments qui sont complexes (impossibles?) à porter à l’écran.
Le scénario de Friedman passe donc outre et se concentre dans sa plus grande partie sur quelques personnages. Quant au réalisateur, aidé par un casting quatre étoiles centré autour d’un Josh Hartnett inattendu mais tout à fait à la hauteur (et peut-être plus), le metteur en scène fait donc du cinéma.
Son cinéma : l’amateur ne sera pas dépaysé. On retrouve vite un côté un peu cru et voyeur avec toute une scène en caméra subjective et avec toujours une fenêtre ou un rideau sépare la caméra des couples folatrant quand ce n’est pas un film dans le film comme toutes les images assez dérangeantes d’Elisabeth Short (Mia Kirshner, superbe) passant des castings.
Le règlement de compte dans l’immeuble, très découpé et géométrique, rappelle celui des Incorruptibles et il y a même un moment grandiloquent et théâtral lors d’une confrontation furieuse avec les Linscott.

L’aspect visuel est également très soigné. L’intrigue de ce Dalhia Noir est bien menée et rarement confuse. Le style du réalisateur se fond très bien dans le Los Angeles d’après guerre, un Los Angeles luxueusement reconstitué avec des costumes et des voitures superbes, des rues, des appartements et des bars lesbiens clinquants parfaitement photographiés. Des plans lisses, très beaux qui nous montrent paradoxalement l’envers du décors, la vérité poisseuse que décrivait Ellroy, d’où se discernent peu à peu les fissures des principaux protagonistes à l’image de ce jeu de miroirs dans la salle de bain de Kay où Bucky (Josh Harnett) fait une découverte embarrassante ou ce féroce combat de boxe superbement orchestré et narré par Bucky.
Le Dahlia Noir est donc un bon film simplement parce que De Palma s’est approprié l’histoire d’Ellroy et a cherché à faire du cinéma. Une des raisons sans doute pour laquelle l’écrivain a aimé cette adaptation.
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Par Pascal
23 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 14/11/2006 à l’UGC Ciné Cité Triomphe salle 3 en VO
En 1944, en Espagne, Ofelia et sa mère veuve viennent s’installer auprès du franquiste capitaine Vidal dans une grande maison. Rapidement, Ofelia devra se confronter aux épreuves que lui propose le mystérieux Pan.
Avec une construction toute similaire à son beau film l’Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan raconte deux contes autour du personnage d’Ofelia. Le premier est ouvertement fantastique et raconte le parcours d’Ofelia pour redevenir une princesse tandis que le second nous narre la difficile vie de la jeune fille auprès de sa mère malade et de son beau père terrifiant.
Visuellement imaginatif et très travaillé, l’histoire de cette jeune fille en quête d’immortalité est curieusement le récit le plus complexe avec ce Faune très ambigu et des épreuves étranges et terrifiantes tant dans l’arbre du crapaud que dans la grotte du « Pale Man ».

L’autre récit est donc finalement plus limpide et, à la manière d’un conte (pour adulte), oppose clairement le Bien et le Mal, les beaux résistants et les méchants soldats en uniforme. Del Toro convainc moins lorsqu’il revendique la portée politique de son film. Le manichéisme devient en effet franchement délicat quand il s’agit de l’Histoire où il n’est pas aisé d’évoquer la lutte contre le fascisme de manière aussi binaire surtout que les communistes en 1944 n’étaient pas nécessairement réputés pour leurs vertus démocratiques et leur soif de liberté.
Reste que l’histoire est formellement très aboutie. Et le Mal ici a belle figure : Sergi Lopez incarne un capitaine Vidal maître de lui, malsain et cruel. Il est dès lors difficile de ne pas frémir quand il se recoud lui-même le visage devant un miroir!
Sans les lier frontalement, le réalisateur tisse quelques liens entre les deux intrigues qui parlent un peu, beaucoup, de l’enfance et de la perte de l’innocence entre ces adultes qui ne croient plus aux contes de fée et à cette Ofelia qui se donnent de grandes responsabilités pour sauver sa mère et se sauver elle-même du monde des adultes Quelques pistes nous conduisent aussi vers une conclusion commune.
Le temps de cette conclusion véritablement magnifique dans le labyrinthe, le film de del Toro trouvera toute sa force poétique et visuelle jusqu’à cet étrange sourire déchirant, le sourire de bonheur de la petite Ofelia. Dans ces derniers moments, elle affronte son monstre dans une ultime épreuve, symbiose réussie des deux récits que nous a contés Guillermo del Toro.
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Par Pascal
23 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 8/11/2006 Ã l’UGC Montparanasse salle 4 en VO
Un fan peut-il être vraiment déçu d’un film de Woody Allen? Non, bien sur. Bon an, mal an, il y a toujours quelque chose à prendre. On ne peut être déçu par Scoop, l’opus de 2006. On retrouve le talent de Woody Allen pour la comédie, les dialogues et situations amusantes (le bateau de La Mort, la « course » en Smart), son métier et ses méthodes (l’intrusion « naturelle » du fantastique comme dans Alice ou La Rose Pourpre Du Caire, l’intrigue bien amenée) et enfin ses passions, ici la magie.

Dans Scoop, une journaliste en herbe (Scarlett Johansson) soupçonne un séduisant milliardaire (Hugh Jackman) d’être un tueur en série. Aidée par un magicien bougon (Woody Allen), elle tente de mener l’enquête. C’est sur cette trame similaire à Meurtre Mystérieux à Manhattan, avec une femme obstinée et où Woody Allen devient un père dépassé plutôt qu’un mari dépassé, que le réalisateur met en scène une histoire mêlant journalisme d’outre tombe, amour et meurtre. Sans être meilleur que cet illustre modèle, Scoop demeure un bon cru, très enlevé et Woody s’amuse de sa présence à Londres en faisant un (petit) pied de nez au happy-end hollywoodien.
Car Londres réussit à Woody Allen. La présence du même Directeur Photo, Remi Adefarasin n’y est sans doute pas étrangère à cette similaire ambiance londonienne entre Scoop et le superbe Match Point, son précédent film et le personnage de Scarlett Johansson fait même une remarque appuyée à l’intrigue de ce thriller amoureux. Et, tout en changeant de registre, l’auteur continue d’opposer anglais et américains à l’aide de répliques fort drôles.
Il serait impardonnable de ne pas s’attarder un peu sur Scarlett Johansson, raison d’être du film puisque Woody Allen a fait ce film pour elle en transcrivant une intrigue où le héros-journaliste était un homme. En jouant les naives dévouées, terriblement gênée quand elle est sur scène, l’actrice est parfaite. Marque d’une grande actrice en devenir : avec une simple paire de lunette (parce qu’avec des lentilles elle a peur de se mettre le doigt dans l’oeil…), elle se transforme presque complètement. Presque, parce que bien sur, qu’elle soit vamp rétro dans le Dalhia Noir, mannequin dans The Island, mélancolique dans Lost In Translation, ado pimbèche dans Ghost World ou gourde dans ce film, Scarlett Johansson est toujours très sexy et on ne peut que la saluer d’avoir donner encore plus d’inspiration à un auteur de 50 ans son aînée.

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Par Pascal
23 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 5/11/2006 à l’UGC George V Salle 3 (troisième fois en trois semaines je dois être abonné à cette salle) en VO
Il y a un post générique. Le générique est très bien en fait.
Une photo de guerre connue, de celles qu’on voit souvent sans se demander l’histoire derrière celle-ci mais qui pourtant symbolise la guerre et la marche vers l’espoir et la victoire. Ce drapeau porté par une poignée d’homme fit donc le tour du monde. Clint Eastwood raconte l’histoire de cette photo et de ces hommes qui combattirent à la bataille d’Iwo Jima.

Mémoires de nos Pères est d’abord une belle réflexion sur l’héroïsme. Clint Eastwood décrit le destin parfois tourmenté de trois personnages, rescapés de la meurtrière bataille et devenus des héros pour un acte qui n’avait pourtant rien d’héroïque. Puis il raconte sans détour la récupération politique de ces jeunes hommes à travers leur tournée dans tous les USA pour soutenir l’effort de guerre. Le point de vue du réalisateur apparaît plus lucide qu’idéologique tant l’exploitation de la photo a pour but d’en finir avec la guerre, rapidement et victorieusement. Et il se rapproche respectueusement et à hauteur d’homme de ces soldats à peine adultes.
Le récit, éclaté, s’appuie avant tout sur les histoires que racontent « ceux qui y étaient », histoires rapportées et narrées par le fils d’un des soldats et qui en fit un livre dont le film est l’adaptation. Le titre français est donc tout à fait judicieux. Mémoires de nos Pères traite du souvenir, du souvenir que l’Histoire veut laisser, ces hommes étaient des héros, mais surtout des différents souvenirs de ces anciens soldats marqués à jamais, incapables d’oublier la bataille. L’histoire de la tournée est globalement linéaire mais un bruit de fond, une acclamation ou une simple conversation peut rappeler à chacun des « héros » un souvenir, souvent violent, du théâtre des opérations. Les souvenirs deviennent aussi difficiles à oublier qu’à communiquer en somme incontrôlables même si leur évocation a un sens. C’est le tour de force de la mise en scène et du montage : donner du sens à tous ces souvenirs parcellaires comme autant d’expériences et de sensations qui accompagneront toujours ces soldats.
Mais ce n’est pas une surprise. En reprenant film après film la même équipe, la réussite « technique » du film d’Eastwood ne faisait presque aucun doute. La photo est sublime (elle rappelle celle de Million Dollar Baby toujours avec le directeur photo Tom Stern), la musique impeccable. Et la reconstitution et la mise en scène du débarquement sur l’île est parfaite surtout la terrible contre attaque des troupes japonaises. Le point de vue de ces derniers est relaté dans Letters From Iwo Jima, une façon décisive pour Eastwood d’aller au delà du Bien et du Mal dont nous parle le narrateur au début du film.

Mémoires de nos Pères fait parti de ces films qui méritent de se voir plusieurs fois. Est-ce une certaine exigence sur le fond comme sur la forme ou simplement la démystification d’un cliché célèbre qui est à l’origine de l’échec commercial du film pourtant peut-être supérieur à Million Dollar Baby? Difficile à dire. Rien qu’avec le gros plan magnifique de Ryan Philippe sur sa montagne en papier machée ou le plan final aussi simple qu’inoubliable, on sait pourtant que Clint Eastwood continue de réaliser des films qui nous parlent et nous touchent profondément.
Fiche IMDB
Site du film
Par Pascal
7 novembre 2006 Catégories: Cinéma
L’unique James Bond avec George Lazenby débute sous un étrange crépuscule, magnifiquement éclairé, où Bond se fait plus ou moins éconduire par une femme : « Ca n’était jamais arrivé à l’autre » nous dit-il (enfin pas dans tous les montages du film notamment celui proposé par France 3 le 2 novembre 2006). Auto-dérision face au passé laissant place à un beau générique regorgeant d’images des précédents films avec ce qui est tout simplement le meilleur thème musical (composé par John Barry) de toute la série.
Le deuxième atout majeur du film est Diana Rigg, James Bond Girl ultime puisqu’elle est l’élue de son coeur et presque son alter ego. Leur romance, mêlée au machisme assumé du film, provoque un cocktail étonnant, parmi les plus beaux moments bondiens. Aussitôt qu’elle disparaît de l’écran pour laisser place à l’intrigue Bond Vs Blofeld/Bleuchamp, le film se traîne un peu malgré des Bond Girls à profusion et des décors superbes. Ce McGuffin autour d’une domination du monde à base de virus de stérilité et d’hypnose n’a rien de passionnant et le talent de Telly Savalas ne suffit pas à nous intriguer. Reste pas mal d’humour, quelques bonnes scènes entre Bond, parfois appelé dans le film «l’Anglais », et sa hiérarchie.
Mais dès lors que l’action reprend ses droits dès une haletante poursuite à ski (il suffit de voir le plutôt mauvais Taxi 3 pour se rendre compte que filmer des séquences à ski nécessite beaucoup de savoir faire), et que la belle Diana Rigg réapparaît comme un miracle, Au Service Secret de Sa Majesté redevient un excellent Bond. Bien sur George Lazenby n’est pas aussi flamboyant que Sean Connery mais il a de la présence et pas mal de punch. Poursuites à ski (assez gore), en voiture, en bobsleigh, assaut à l’hélicoptère, le final du film de Peter Hunt (un habitué sur les plateaux de la série) est très spectaculaire. C’est pourtant sur une touche profondément mélancolique que s’achèvera ce Bond original et indispensable entre les larmes de Moneypenny et les murmures de Bond : « Nous avons toute la vie devant nous »/ « We have all the time in the world ». Bouleversant.
Une petite note amusante en passant. Dans l’épisode, nous découvrons un blason de la famille Bond avec la devise « Orbis Non Sufficit » soit « Le Monde ne suffit pas » qui sera le titre d’un des Bond avec Pierce Brosnan (le moins bon de ses quatre films d’ailleurs).
Fiche IMDB
Le Commentaire de Laurent dont ce Bond est le préféré. Pour ma part, c’est Bons baisers de Russie mon Bond préféré. Et un de mes films fétiches.
Par Pascal
4 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Et si je louais les services d’une femme pour faire croire à ma famille que je vais me marier? Idée saugrenue mais que Luis envisage très sérieusement pour se débarrasser une fois pour toutes des remontrances de sa mère et ses quatre soeurs. Mais il a choisi Emma…
On n’a pas eu beaucoup de comédies romantiques américaines en 2006 : Petites confidences à ma psy et La Rupture ne sont pas très bons et le magnifique Orgueil et Préjugés ne fait pas vraiment partie du genre ne se passant pas à notre époque. Une fois n’est pas coutume, ce sont les romances françaises qui sont à l’honneur. Essaye-Moi, Fauteuil d’orchestre, Quatre étoiles, Changement d’adresse, La Science des rêves (avec déjà Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat) ou même Quand j’étais chanteur sont des bons films qui n’ont parfois pas hésité à utiliser des recettes hollywoodiennes.
En dehors de répliques Chabatesques bien senties, Prête-moi ta main pourrait presque ne pas faire l’objet d’un remake américain tant tous les ingrédients sont déjà réunies (jsuqu’à l’affiche du film). Et la sauce prend étonnement bien. Sans surprendre, l’histoire est réjouissante et la location d’Emma aura deux emplois contraires. Dans toute comédie réussie, les seconds rôles doivent être solides et c’est bien le cas : les proches de Chabat, l’ami radin et le patron très sensible (excellents Grégoire Oesterman et Wladimir Yordanoff) agrémente l’univers professionnel de Chabat et son métier de « nez ». La réunion de travail est à ce titre très bonne, Chabat s’adressant à une pompeuse cliente décrivant n’importe comment ce qu’elle veut : « en fait, vous êtes paumé ».
Côté vie privée, Eric Lartigau (après le récent et très amusant Un Ticket pour l’espace) s’amuse beaucoup à filmer une famille nombreuse, féminisée et castratrice, mais adorable. Son regard est touchant et chacune des femmes est assez bien caractérisée. Une telle famille appelle un film sur l’affirmation de soi et la responsabilité auxquels Luis, mais également Emma dans une sous-intrigue astucieuse, doivent faire face.

Face à un Chabat toujours aussi bon, Charlotte Gainsbourg est très bien. Elégante, elle donne un peu l’impression, comme souvent, d’être elle-même. Alain Chabat et Eric Lartigau lui on dit de jouer librement et non comme le rythme d’une comédie pourrait le demander (à la manière d’un film de Francis Veber). Le résultat est parfois savoureux, un peu étrange quand elle rote ou qu’on l’entend uriner, vraiment troublant lors d’une scène de baiser. Et, au final, on obtient un très joli couple aussi à l’aise dans l’humour que dans la séduction jusqu’à une très belle scène de déclaration et un monologue emporté d’Alain Chabat. Un bon film.
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Par Pascal
4 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Vu le 30/10/2006 Ã l’UGC Rotonde Salle 1
Le 31 août 1997, Lady Di meurt dans un accident de voiture à Paris provoquant l’indifférence de certains et la tristesse de beaucoup si bien que sa mort fut un des plus grands événements médiatiques de ces dernières années (on se souviendra du mémorable journal consacré à sa mort sur TF1 où Chazal, au moment de parler des autres informations, balance un lapidaire « il faut bien parler du reste de l’actualité »).
En Angleterre, Tony Blair (Michael Sheen, très bon) tout prend conscience de la tristesse des anglais et compatit publiquement à leur douleur tandis que la Reine Elisabeth II préfère demeurer dans son domaine de Balmoral et elle ne se prononcera que tardivement sur la tragique disparition de la mère d’un futur roi. C’est pendant cette assez courte période que se déroule The Queen. Le point de vue de Stephen Frears est très bon. Loin de décrire un protocole écrasant façon Versailles, il ancre la vie de la famille royale dans un aspect plus anglais, plus « so british », que princier même si certaines séquences prêtent à l’amusement comme lorsque Elisabeth souhaite téléphoner dans la cuisine et qu’en quelques secondes, tout le personnel disparaît! Et Stephen Frears décrit une Reine absolument digne mais très peu chaleureuse, sur la réserve raison pour laquelle elle ne comprend plus son peuple pleurer sans retenue devant Buckingham.
De la même manière, le 10 Downing Street de Tony Blair est une maison vivante, un peu bordélique où partout sont épinglés des dessins d’enfant et où Cherie Blair prépare des bâtonnets de poisson!
La relation presque maternelle entre la Reine, hautaine et dépassée, et le premier ministre, timide et admiratif, sont au coeur de The Queen. Deux personnes qui ne se comprennent pas mais qui essayent de communiquer au risque de se heurter à l’hostilité de leur entourage, cynique ou anti-monarchique chez les Blair, anti Blair chez la Reine. Frears évite de prendre position. Ou alors subtilement et pas pour ceux qu’on croit car la mort de Lady Di est pour le clan Blair surtout une affaire de médiatisation plus qu’une tragédie humaine. Au fond il y a bien plus de sincérité chez le Prince Charles, pathétique mais volontaire et vraiment endeuillé, et bien plus de noblesse chez la Reine pleurant en silence son incompréhension, seule.
Helen Mirren est parfaitement à la hauteur du rôle. Sa réserve décriée et presque naïve la rendent très attachante. L’actrice avait aussi pas mal d’expérience car elle n’en est pas à son premier rôle de reine. Elle incarna Elisabeth I l’année d’avant (!), mais elle fut aussi reine dans les dessins animés Le Prince D’Egypte et Snow Queen et la reine Charlotte dans La Folie du Roi George!
C’était un pari risqué que de raconter l’histoire récente mais le pari est réussi grâce à une histoire qui évite toute facilité et sensationnalisme pour mieux raconter, avec une bonne dose d’humour (le meilleur étant peut-être la discussion avec la reine-mère sur l’organisation de l’enterrement de Diana), les dessous de l’Histoire.
Fiche IMDB
Par Pascal
3 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Billy Wilder a tourné le film entre Juin et Septembre 1961 notamment à Berlin, qui est le lieu unique du film. En août de la même année, le Mur de Berlin est érigé d’où cette petite voix off d’introduction nous indiquant que le film se passe quelques mois avant sa construction.
Coincé à Berlin Ouest, C.R. MacNamara mène une vie mouvementée entre sa femme cynique et sa maîtresse qui est aussi sa secrétaire. Les choses se compliquent quand son patron lui demande, des USA, de chaperonner sa fille en visite dans la ville. Et la situation finit par devenir même intenable quand il apprend qu’elle s’est mariée en secret avec un communiste pur et dur et que son patron a décidé de se rendre dans la capitale allemande.

Deux choses frappent lorsqu’on regarde cette épatante comédie. Le ton d’abord qui est souvent très ironique. Billy Wilder épingle drôlement les deux camps. Entre autres, MacNamara, que sa femme surnomme « mein fuhrer », est un commercial travaillant pour Coca-Cola cherchant à vendre la célèbre boisson aux soviétiques alors que ses employés trop disciplinés marchent au pas et claquent des talons en niant leur appartenance à l’armée nazi… Pendant ce temps là , les communistes passent leur temps à défiler dans la rue, se surveillent les uns les autres et finalement acceptent sans rechigner le modèle capitaliste! L’art et la manière de dénoncer un système sans pour autant trop glorifier l’autre, le tout dans un film drôle de bout en bout.
Car si l’humour est la force du film, la mise en scène de Billy Wilder ne laisse en plus aucune place au répit. S’appuyant sur un scénario solide avec des dialogues piquants et des situations et autre quiproquos vraiment drôles, il enchaîne les événements à un rythme frénétique. Et qui va crescendo : dans la dernière demi-heure (1h30 pour le film), MacNamara change la garde robe du gendre, lui prépare un mariage, le fait adopter par un noble, lui donne des leçons de maintien, lui trouve un boulot, gère la presse et la police militaire, essaye de retenir sa femme, place sa secrétaire… un sommet de comédie pure parfaitement maîtrisé par le réalisateur épaulé par un immense James Cagney.
Un, deux, trois a plusieurs décennies et il n’a pas vieilli. Mieux (ou pire) encore : par son ton et son rythme, il vieillit la plupart de ces comédies modernes qui ont tendance à traîner en longueur.
Fiche IMDB
Par Pascal
3 novembre 2006 Catégories: Cinéma
Les Simpson saison 9 – 5F01 – Le Papa Flingueur (The Cartridge Family)
Le plus immédiatement jouissif dans un épisode des Simpson, c’est le début, le cheminement absurde qui conduit au coeur et au thème de l’épisode. Ici, les simpson détruisent le foot européen dans le cadre d’un match Mexique-Portugal où on apprend que les émeutes éclatent dans les stades parce que le foot, c’est chiant! Anthologique.
En tout cas, ces émeutes conduisent Homer à s’acheter un revolver pour protéger sa famille et aussi tout simplement parce que : « il faut que j’ai une arme, c’est dans la constitution. ». Imparable.
Sur ce long débat, les scénaristes tirent (haha) pas mal sur la NRA et ses adeptes. Facile mais définitivement hilarant.
Plus finement, la présence de l’arme mettra en péril le couple Homer/Marge ce qui est plutôt rare, c’est dire l’impact qu’à l’arme chez les Simpson. Se dresse un discours moins caricatural sur la responsabilité, parce qu’au fond ce n’est pas tant l’arme qu’un Homer absolument irresponsable qui est pointé du doigt, et le pouvoir des armes, la fascination qu’elles peuvent exercer. A ce titre, la fin est très astucieuse et amusante. Encore un excellent épisode avec plusieurs répliques mémorables : « J’ai pas à faire attention, j’ai un revolver. »!
Script de l’épisode
Par Pascal
1 novembre 2006 Catégories: Séries