Petit écran

Revues ciné et séries TV

novembre 2006 sur Petite mort

Shortbus

Vu le 22/11/2006 à l’UGC George 5 salle 9 en VO

On peut difficilement passer outre les nombreuses scènes de sexe non simulées du film. Le réalisateur John Cameron Mitchell ne cherche cependant pas à faire dans la pose et l’érotisme et c’est tout à son honneur.
Comme pour s’affranchir de ces scènes, pour sortir de la provocation facile, et à la manière de David Cronenberg dans Crash, il annonce la couleur dès le tout début du métrage où on copule joyeusement (ou brutalement ou seul).
Certaines scènes peuvent rebuter (je parle en connaissance de cause), d’autres peuvent faire rire et même les deux à la fois comme la partie à trois de James, Jamie et Ceth avec une interprétation fort originale de l’hymne américain.

Ainsi dans ce film New Yorkais, John Cameron Mitchell souhaite parler de sexe, ou plutôt de sexualité, pour mieux révéler ses personnages, pour mieux nous parler d’amour mais Shortbus ne raconte rien de nouveau ni sur le sexe, ni sur l’amour, les personnages étant souvent réduit à des stéréotypes. Les intrigues tournent rapidement à plat et le fameux Shortbus ne devient plus qu’un vague lieu de rencontre un peu échangiste où l’on peut faire l’amour en public … lire la suite ›

Ne le dis à Personne

Vu le 21/11/2006 à l’UGC George V salle 5

J’adore les poursuites à pied. Celles des deux Les Rivières Pourpres sont bonnes surtout dans premier film ou comment transformer un banal deux cents mètres en une scène haletante avec une chute drôle et inattendue. Dans Les Marchands de sables de Pierre Salvadori, Mathieu Demy tente désespérément de se sortir des rues parisiennes sombres et labyrinthiques pour échapper à des truands. Côté américain figurent entre autre l’introduction de Narc très cut et la poursuite dans Memento où le héros se demande s’il poursuit quelqu’un ou s’il est poursuivi! Plus récemment, la longue course de Tom Cruise dans Mission Impossible 3 dans une rue en Chine est très haletante.

On peut déjà sans doute dire que la longue poursuite dans Ne le dis à personne, morceau de bravoure du film, va faire autorité, surtout sa conclusion très bien vue dans une cité et la traversée du périphérique parisien où Alex (François Cluzet) provoque un carambolage affolant.

Après un premier film, Mon Idole, inégal, pas très rythmé mais vraiment sympathique et plutôt imaginatif, Guillaume Canet change de genre et adapte le best seller Ne le dis à personne de Harlan Coben où un médecin veuf … lire la suite ›

Le Dahlia Noir

Vu le 23/11/2006 à l’UGC Danton Salle 2 en VO

On peut aimer le roman éponyme (ainsi que toute son oeuvre) de James Ellroy pour de nombreuses raisons. Les plus évidentes seraient l’intrigue pleine de mystères sur le meurtre sanglant et jamais élucidé d’Elisabeth Short et l’obsession de certains personnages du livre, en plus de l’auteur, pour ce célèbre fait divers.

Mais c’est un roman difficile à adapter parce qu’on peut aussi l’adorer pour son style vif et addictif, qui donne l’envie voire le besoin de lire le livre d’une traite, pour sa grande brochette de personnages troubles et sa multitude d’anecdotes glauques et lucides, pour ses références à des personnages existants… autant de détails, annexes mais sans doute essentiels, qui font du Dahlia Noir un grand roman noir et autant d’éléments qui sont complexes (impossibles?) à porter à l’écran.

Le scénario de Friedman passe donc outre et se concentre dans sa plus grande partie sur quelques personnages. Quant au réalisateur, aidé par un casting quatre étoiles centré autour d’un Josh Hartnett inattendu mais tout à fait à la hauteur (et peut-être plus), le metteur en scène fait donc du cinéma.
Son cinéma : l’amateur ne sera pas dépaysé. On retrouve vite un … lire la suite ›

Le Labyrinthe de Pan

Vu le 14/11/2006 à l’UGC Ciné Cité Triomphe salle 3 en VO

En 1944, en Espagne, Ofelia et sa mère veuve viennent s’installer auprès du franquiste capitaine Vidal dans une grande maison. Rapidement, Ofelia devra se confronter aux épreuves que lui propose le mystérieux Pan.

Avec une construction toute similaire à son beau film l’Echine du Diable, Le Labyrinthe de Pan raconte deux contes autour du personnage d’Ofelia. Le premier est ouvertement fantastique et raconte le parcours d’Ofelia pour redevenir une princesse tandis que le second nous narre la difficile vie de la jeune fille auprès de sa mère malade et de son beau père terrifiant.

Visuellement imaginatif et très travaillé, l’histoire de cette jeune fille en quête d’immortalité est curieusement le récit le plus complexe avec ce Faune très ambigu et des épreuves étranges et terrifiantes tant dans l’arbre du crapaud que dans la grotte du « Pale Man ».

pan et Ofelia

L’autre récit est donc finalement plus limpide et, à la manière d’un conte (pour adulte), oppose clairement le Bien et le Mal, les beaux résistants et les méchants soldats en uniforme. Del Toro convainc moins lorsqu’il revendique la portée politique de son film. Le … lire la suite ›

Scoop

Vu le 8/11/2006 à l’UGC Montparanasse salle 4 en VO

Un fan peut-il être vraiment déçu d’un film de Woody Allen? Non, bien sur. Bon an, mal an, il y a toujours quelque chose à prendre. On ne peut être déçu par Scoop, l’opus de 2006. On retrouve le talent de Woody Allen pour la comédie, les dialogues et situations amusantes (le bateau de La Mort, la « course » en Smart), son métier et ses méthodes (l’intrusion « naturelle » du fantastique comme dans Alice ou La Rose Pourpre Du Caire, l’intrigue bien amenée) et enfin ses passions, ici la magie.

Woody&Scarlett

Dans Scoop, une journaliste en herbe (Scarlett Johansson) soupçonne un séduisant milliardaire (Hugh Jackman) d’être un tueur en série. Aidée par un magicien bougon (Woody Allen), elle tente de mener l’enquête. C’est sur cette trame similaire à Meurtre Mystérieux à Manhattan, avec une femme obstinée et où Woody Allen devient un père dépassé plutôt qu’un mari dépassé, que le réalisateur met en scène une histoire mêlant journalisme d’outre tombe, amour et meurtre. Sans être meilleur que cet illustre modèle, Scoop demeure un bon cru, très enlevé et Woody s’amuse de sa présence à Londres en … lire la suite ›

Mémoires de nos Pères

Vu le 5/11/2006 à l’UGC George V Salle 3 (troisième fois en trois semaines je dois être abonné à cette salle) en VO
Il y a un post générique. Le générique est très bien en fait.

Une photo de guerre connue, de celles qu’on voit souvent sans se demander l’histoire derrière celle-ci mais qui pourtant symbolise la guerre et la marche vers l’espoir et la victoire. Ce drapeau porté par une poignée d’homme fit donc le tour du monde. Clint Eastwood raconte l’histoire de cette photo et de ces hommes qui combattirent à la bataille d’Iwo Jima.

Iwo Jima

Mémoires de nos Pères est d’abord une belle réflexion sur l’héroïsme. Clint Eastwood décrit le destin parfois tourmenté de trois personnages, rescapés de la meurtrière bataille et devenus des héros pour un acte qui n’avait pourtant rien d’héroïque. Puis il raconte sans détour la récupération politique de ces jeunes hommes à travers leur tournée dans tous les USA pour soutenir l’effort de guerre. Le point de vue du réalisateur apparaît plus lucide qu’idéologique tant l’exploitation de la photo a pour but d’en finir avec la guerre, rapidement et victorieusement. Et il se rapproche respectueusement et à hauteur d’homme de ces soldats … lire la suite ›

Au Service Secret de Sa Majesté

L’unique James Bond avec George Lazenby débute sous un étrange crépuscule, magnifiquement éclairé, où Bond se fait plus ou moins éconduire par une femme : « Ca n’était jamais arrivé à l’autre » nous dit-il (enfin pas dans tous les montages du film notamment celui proposé par France 3 le 2 novembre 2006). Auto-dérision face au passé laissant place à un beau générique regorgeant d’images des précédents films avec ce qui est tout simplement le meilleur thème musical (composé par John Barry) de toute la série.

Le deuxième atout majeur du film est Diana Rigg, James Bond Girl ultime puisqu’elle est l’élue de son coeur et presque son alter ego. Leur romance, mêlée au machisme assumé du film, provoque un cocktail étonnant, parmi les plus beaux moments bondiens. Aussitôt qu’elle disparaît de l’écran pour laisser place à l’intrigue Bond Vs Blofeld/Bleuchamp, le film se traîne un peu malgré des Bond Girls à profusion et des décors superbes. Ce McGuffin autour d’une domination du monde à base de virus de stérilité et d’hypnose n’a rien de passionnant et le talent de Telly Savalas ne suffit pas à nous intriguer. Reste pas mal d’humour, quelques bonnes scènes entre Bond, parfois appelé … lire la suite ›

Prête-moi ta main

Et si je louais les services d’une femme pour faire croire à ma famille que je vais me marier? Idée saugrenue mais que Luis envisage très sérieusement pour se débarrasser une fois pour toutes des remontrances de sa mère et ses quatre soeurs. Mais il a choisi Emma…

On n’a pas eu beaucoup de comédies romantiques américaines en 2006 : Petites confidences à ma psy et La Rupture ne sont pas très bons et le magnifique Orgueil et Préjugés ne fait pas vraiment partie du genre ne se passant pas à notre époque. Une fois n’est pas coutume, ce sont les romances françaises qui sont à l’honneur. Essaye-Moi, Fauteuil d’orchestre, Quatre étoiles, Changement d’adresse, La Science des rêves (avec déjà Charlotte Gainsbourg et Alain Chabat) ou même Quand j’étais chanteur sont des bons films qui n’ont parfois pas hésité à utiliser des recettes hollywoodiennes.

En dehors de répliques Chabatesques bien senties, Prête-moi ta main pourrait presque ne pas faire l’objet d’un remake américain tant tous les ingrédients sont déjà réunies (jsuqu’à l’affiche du film). Et la sauce prend étonnement bien. Sans surprendre, l’histoire est réjouissante et la location d’Emma aura deux emplois contraires. Dans toute comédie réussie, les seconds … lire la suite ›

The Queen

Vu le 30/10/2006 à l’UGC Rotonde Salle 1

Le 31 août 1997, Lady Di meurt dans un accident de voiture à Paris provoquant l’indifférence de certains et la tristesse de beaucoup si bien que sa mort fut un des plus grands événements médiatiques de ces dernières années (on se souviendra du mémorable journal consacré à sa mort sur TF1 où Chazal, au moment de parler des autres informations, balance un lapidaire « il faut bien parler du reste de l’actualité »).

En Angleterre, Tony Blair (Michael Sheen, très bon) tout prend conscience de la tristesse des anglais et compatit publiquement à leur douleur tandis que la Reine Elisabeth II préfère demeurer dans son domaine de Balmoral et elle ne se prononcera que tardivement sur la tragique disparition de la mère d’un futur roi. C’est pendant cette assez courte période que se déroule The Queen. Le point de vue de Stephen Frears est très bon. Loin de décrire un protocole écrasant façon Versailles, il ancre la vie de la famille royale dans un aspect plus anglais, plus « so british », que princier même si certaines séquences prêtent à l’amusement comme lorsque Elisabeth souhaite téléphoner dans la cuisine et qu’en quelques secondes, … lire la suite ›

Un, deux, trois

Billy Wilder a tourné le film entre Juin et Septembre 1961 notamment à Berlin, qui est le lieu unique du film. En août de la même année, le Mur de Berlin est érigé d’où cette petite voix off d’introduction nous indiquant que le film se passe quelques mois avant sa construction.

Coincé à Berlin Ouest, C.R. MacNamara mène une vie mouvementée entre sa femme cynique et sa maîtresse qui est aussi sa secrétaire. Les choses se compliquent quand son patron lui demande, des USA, de chaperonner sa fille en visite dans la ville. Et la situation finit par devenir même intenable quand il apprend qu’elle s’est mariée en secret avec un communiste pur et dur et que son patron a décidé de se rendre dans la capitale allemande.

un, deux, trois

Deux choses frappent lorsqu’on regarde cette épatante comédie. Le ton d’abord qui est souvent très ironique. Billy Wilder épingle drôlement les deux camps. Entre autres, MacNamara, que sa femme surnomme « mein fuhrer », est un commercial travaillant pour Coca-Cola cherchant à vendre la célèbre boisson aux soviétiques alors que ses employés trop disciplinés marchent au pas et claquent des talons en niant leur appartenance à l’armée nazi… … lire la suite ›

Le Papa Flingueur

Les Simpson saison 9 – 5F01 – Le Papa Flingueur (The Cartridge Family)

Le plus immédiatement jouissif dans un épisode des Simpson, c’est le début, le cheminement absurde qui conduit au coeur et au thème de l’épisode. Ici, les simpson détruisent le foot européen dans le cadre d’un match Mexique-Portugal où on apprend que les émeutes éclatent dans les stades parce que le foot, c’est chiant! Anthologique.

En tout cas, ces émeutes conduisent Homer à s’acheter un revolver pour protéger sa famille et aussi tout simplement parce que : « il faut que j’ai une arme, c’est dans la constitution. ». Imparable.
Sur ce long débat, les scénaristes tirent (haha) pas mal sur la NRA et ses adeptes. Facile mais définitivement hilarant.

stand de tir

Plus finement, la présence de l’arme mettra en péril le couple Homer/Marge ce qui est plutôt rare, c’est dire l’impact qu’à l’arme chez les Simpson. Se dresse un discours moins caricatural sur la responsabilité, parce qu’au fond ce n’est pas tant l’arme qu’un Homer absolument irresponsable qui est pointé du doigt, et le pouvoir des armes, la fascination qu’elles peuvent exercer. A ce titre, la fin est très astucieuse et amusante. Encore un excellent épisode avec … lire la suite ›