Petit écran

Revues ciné et séries TV

octobre 2006 sur Petite mort

Blood simple (Coen comme la lune)

Blood simple est une histoire d’adultère, avec un patron de bar, sa femme, un employé et un detective tueur à gages. Il y a une scène de route que l’on retrouve chez Lynch dans Lost Highway, et sans doute ailleurs.

Blood simple

Je vais être franc : j’ai rien compris.

Fiche technique IMDB

Au service secret de Sa Majesté (Service trois pièces)

Je dois avouer à ma grande honte ne découvrir ce James Bond qu’aujourd’hui. A mon avis, c’est le meilleur.
D’abord, c’est celui avec George Lazenby. Et ensuite, c’est celui de 1969.
Donc le résultat est génial. James Bond est con, snob, égrillard, il a super mauvais goût, il est assez représentatif d’une génération de célibataires hédonistes lecteurs de PlayBoy et qui ont assez mal fini dans les années 80-90 lorsque leurs problèmes d’érection les ont laissé sur le carreau, malgré le Vi*gra.

George Lazenby, James bande

Le film est donc bougrement rétrosexuel, avec le James Bond le plus humain de la série. Si le scénario n’a ni queue ni tête (des bandits corses, un Savalas qui fait du ski et menace de déclencher un attentat biologique, des seconds rôles hilarants, des scènes et quelques répliques super graveleuses…), le film est super cool, particulièrement la scène d’intro, lorsque James allume lentement une cigarette, avant d’inhaler profondément et de balancer ses lunettes coûteuses sur le cuir de son Aston - et de faire la course avec la Cougar de Diana Rigg.

Titre principal par Armstrong, Diana Rigg en aventurière plantureuse, bombasses ultra-sexy, voitures classiques, armes suisses et bandits corses, que demander de mieux … lire la suite ›

Le Vol du Phoenix (Flambeurs de Gobi)

Le Vol du Phoenix est un film catastrophe assez sympa, un remake du film d’Aldrich de 65.
Une compagnie pétrolière décide de mettre fin à une exploitation dans le désert de Gobi et envoie un cargo pour récupérer hommes et matériel. Hélas, le très beau C-119 s’écrase dans le désert à cause du tempête de sable.

Le Vol du Phoenix, Mongolia (For ever)

Sachant qu’ils sont très loin de tout, la seule solution pour les survivants est de construire un nouvel appareil à partir de la carcasse crashée en suivant les instructions d’un ingénieur timbré.
Tout l’intérêt du film est basé sur les oppositions entre les différents personnages, la faiblesse des ressources en eau et l’environnement hostile (chaleur, vents violents, nomades pillards…). Honnêtement, on ne se fait pas trop chier, mais on est à la limite quand même. Tout est assez prévisible, mais ça reste regardable. L’esthétique clipesque est parfois assez pénible, mais une scène sur fond de Black Eyed Peas est assez fun.

Fiche technique IMDB

Magnolia (for ever)

Les douze premières minutes racontent des faits divers étranges et présentent les principaux protagonistes du film sur une magnifique chanson interprétée par Aimee Mann (« One »). Un début exceptionnel où le plaisir, peut-être le besoin, de faire du cinéma transparaît à chaque seconde.

L’intention est donnée dès ce début : Magnolia relie quelques histoires parce que cela a peut-être un sens, au delà des liens de parentés ou d’amitié qui pourraient rapprocher ses acteurs.
Dans un curieux déterminisme, chaque personnage subira un choc, une douleur qui le conduira à une confrontation. Juste avant celle-ci, lors d’une séquence fantastique, ces personnages au bout du rouleau, enfants trahis et parents blessés, rongés par le remord se retrouveront à chanter la même chanson. La confrontation puis un événement spectaculaire créera un renouveau, un petit espoir de réconciliation avec leur passé toujours présent : « C’est ça le plus difficile, qu’est-ce qu’on peut pardonner? » dira l’un d’eux.

Magnolia

On le savait avec Boogie Nights, Paul Thomas Anderson adore faire bouger sa caméra. Associé à un montage jouissif, la réalisation se met au rythme de destins croisés, frénétique d’abord puis de plus en plus posée, des destins qui vibrent à l’unisson. … lire la suite ›

Animal House (House of the rising fun)

Animal house est un vieux teen-movie un peu navrant, tourné en 78 mais censé représenter l’ambiance d’un campus collet-monté de 1962.
Il y a un peu de politique, mais le thème central du film est surtout l’opposition des cancres (la fraternité Delta - buveurs, dragueurs, tricheurs, nuls en classe) contre le reste du monde, particulièrement la fraternité militariste Oméga.
Alors, qu’en penser ? Honnêtement, ce n’est pas très drôle, même s’il y a une ou deux scènes assez cocasses et généralement assez sordides. Les acteurs ne sont pas mauvais, mais tout est tellement cliché que ça en devient fastidieux.

Animal House

On pourra à la limite le prendre comme un brouillon des Blues Brothers, l’excellent Landis de 1980, qui utilise aussi John Belushi et une base soul, avec une thématique assez similaire (losers astucieux contre le reste du monde). Au niveau de la bande-son, on retiendra l’excellente scène du Shout durant la Toge Party. Pour les amateurs, pas mal de loches exposés, et une scène assez sensuelle de strip-tease avorté par la chute d’une échelle.

IMDB

[tags]John Belushi, Animal House, teen movie, … lire la suite ›

The Departed (Boston t’es parti)

Deux flics. Un pourri, l’autre non. Tous les deux infiltrés, l’un dans la mafia irlandaise, l’autre dans la police de Boston.

DiCaprio et Nicholson dans The Departed de Scorcese

Tout le film de Scorcese est basé sur l’antagonisme de ces deux personnages, sur la course parallèle que DiCaprio et Damon mènent l’un contre l’autre sans le savoir. Il y a évidemment le pivot central du film, le personnage exceptionnel de Nicholson, vieux mafieux cynique, très ellroyen, qui mène la guerre sur tous les fronts. Les téléphones portables sont tellement importants dans l’intrigue que du rang d’accessoires ils sont pratiquement propulsés au rang de second rôle.

Le résultat est grand. Très grand. Meilleur rôle de Nicholson ? Probablement. Meilleur Scorcese ? Claro que si.

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L’avis d’Aska

Brice de Nice (Jaune Nice)

J’ai tenté Brice de Nice par désoeuvrement, par curiosité. Pour être honnête, la très jolie Elodie Bouchez a une scène très très drôle et c’est blindé de bombasses. Voila. Le film aurait été bien s’il avait fait trois minutes quarante. Au-delà, c’est presque malsain.

Elodie Bouchez dans Brice de Nice

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Je vais bien t’en fais pas

Vu le 10/10/2006 à l’UGC La Défense Salle 5

Loïc et Lily sont jumeaux. Il est parti faire de l’escalade, elle est à Barcelone. Elle rentre mais ses parents lui annoncent que Loïc est reparti après une violente dispute avec son père (Kad Merad).

Mélanie Laurent et Julien Boisselier

La première demi-heure est finalement violente, presque pénible. Sans nouvelles de son frère, Lily (Mélanie Laurent) hurle, ne mange pas et se fait interner dans un hôpital psychiatrique. La charge contre l’institution est lourde. Les deux infirmières sont menaçantes et cruelles, le médecin est arrogant et à côté de la plaque, les droits de visites sont interdits… étrange établissement où pour soigner les gens, on les prive de tout. Une première carte postale de Loïc résout la situation. Ouf.
La deuxième partie est plus douce-amère, sensible. Les cartes de Loïc révèlent des histoires de famille, des rancoeurs, des regrets et surtout une difficulté de communiquer que le réalisateur Philippe Lioret illustre avec une certaine force comme ce moment de lâcheté de Thomas (Julien Boisselier), ami de Lily : venant à la rencontre de ses parents, il les voit regarder un divertissement du samedi soir et choisit de partir, de s’enfuir. Il … lire la suite ›

Quand j’étais chanteur

Vu le 9/11/2006 à l’UGC George V salle 11
Post Générique : oui

Cécile De France dans quand j'étais chanteur

Deux scènes. L’ouverture du film d’abord. Alain (Gérard Depardieu) chante dans une boîte de nuit de province. Il aborde la jolie Marion (Cécile De France) et enchaîne maladroitement quelques pénibles lieux communs avec elle. Elle le trouve lourd. « Vous ne m’aidez pas beaucoup » lui dit-il. Le temps d’une chanson chantée suavement, Marion est intriguée. Elle sourie, minaude presque. Elle est séduite. Mais le romantisme se soustrait à la crudité (à la réalité?) : ils couchent ensemble dans une chambre d’hôtel et au matin, Marion fuit.
L’autre scène : Marion participe a un cours de danse. Alain est là en spectateur et lance un énigmatique : « Certains disent qu’ils m’ont vu danser ». Il danse avec Marion. Ils tournent l’un autour de l’autre, se regardent puis s’arrêtent et se fixent. Marion choisit une nouvelle fois la fuite.
On a vu plusieurs fois ces séquences : Un homme et une femme se séduisent, se promènent et s’amusent sur fond musical puis, par le fruit du hasard, se retrouvent face à face sur le point de s’embrasser. Et alors … lire la suite ›

Demolition Man (Stallone in the dark)

Demolition Man est probablement le meilleur rôle de Sylvester Stallone, et en tout cas son plus politique, même si Rambo était déjà très chargé, à sa façon.
John Spartan est un super-flic dans la Californie en proie à la guerre civile et au chaos des guerres de gang et il parvient à arrêter le super-villain Simon Phoenix, interprété par Wesley Snipes. Pour une raison idiote (la mort de 36 otages lui est imputée) il se retrouve condamné à une quarante d’années en cryogénisation rééducative. Il est réveillé en avance parce que Phoenix, lui aussi cryogénisé, s’est évadé et se retrouve comme un renard dans un poulailler au milieu de couilles molles futuristes, dans un monde affreux où les rues sont propres mais où il est interdit de manger du gras, de fumer ou de jurer.
Ce film est proprement génial, il a de nombreux niveaux de lectures : violence brute pour les fans de blockbusters, autodérision (Schwarznegger avait aussi tenté le coup de la mise en abîme avec son très bon et très sous-estimé Last action hero, qui était sorti à peu près en même temps, si mes souvenirs sont exacts), mais également, et … lire la suite ›

The Guardian (Bien fou)

The Guardian, c’est Top Gun, sans les avions. On suit deux plongeurs-sauveteurs des Garde-Côte, ils nagent beaucoup, ça meurt pas mal, l’ambiance est humide et froide, et on se fait un peu chier, quand même.

Kuchter et Costner en maître-nageurs-sauveteurs d'élite

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Commando (Le mal du siècle)

Commando est le chef-d’oeuvre de Schwarznegger. Bon, ok, les Terminator le sont aussi. Mais pas dans le même genre. Avec Commando, on a affaire à un vrai nanar, pas à un film d’auteur. Et Schwarznegger a le premier rôle, là.
Notre ami Arnold a une fille, une carrière de j’ai-pas-trop-compris-quoi au sein des forces spéciales, un nom ridicule (Donny Matrix), et un méchant dictateur qui veut l’utiliser pour renverser le président d’un pays sud-américain. Il enlève la fille de Schwarzy et commet donc sa première erreur dans un dispositif jusqu’alors machiavélique. Et nous on commence beaucoup à rire, parce que la machine à tuer se met en route et les vannes fusent. Matrix suit des tueurs en Porsche jaune, kidnappe une hôtesse de l’air, fait régulièrement des queues de poisson à une pauvre Renault 5, tue, beaucoup, avec constance et une certaine élégance dans sa brutalité. Il pille une armurerie et on le sent comme dans un magasin de jouet, surtout que c’est une armurerie qui vend (ou du moins stocke) des lance-roquettes. Il y a une sorte de progression dans la visibilité et le kitsch du véhicule, et cette escalade se termine en hydravion, grâce … lire la suite ›

Los Angeles 2013 (Snake on a plane)

Los Angeles 2013 (Escape from L.A.) est à mon avis le meilleur John Carpenter, suivi de près par They live !, qui est à peine moins politisé.
Dans un monde imaginaire où les USA sont haïs par le reste du monde, dotés d’un gouvernement qui traque ses citoyens grâce aux pouvoirs d’une force de police omniprésente et moraliste, L.A. a été séparée du continent américain et transformée en une sorte de vaste zoo (qui n’est pas sans rappeller l’excellente Néo-Tokyo d’Akira) où tous les rebuts de la société sont déportés.
La fille du président détourne son avion vers L.A. pour soutenir l’infâme terroriste Cuervos avec l’aide d’une super-arme magnétique, qui pourrait réduire la toute-puissance américaine à néant.

Snake Plisken, un travelo, un loser

Snake Plisken est donc une fois de plus invité à sauver la situation, et se retrouve donc envoyé à Los Angeles, avec en bonus un virus mortel dans les veines pour le motiver et une combinaison de cuir noir SM censé le rendre indétectable, avec assez peu de succès, évidemment.
Le casting est assez excellent : Kurt Russel en aventurier solitaire, Pam Grier en travelo, l’excellent Buscemi en loser opportuniste, Bruce Campbell en chirurgien fou… il y … lire la suite ›

Canadian pie (L’Appât pie)

Canadian pie, titre français de Going the distance est un double-feature pour adolescents, puisque c’est à la fois un teenage movie et un roadtrip movie. C’est aussi un film canadien, comme le souligne subtilement le titre français.

L’histoire est simple : un jeune homme est amoureux d’une salope, qui se barre de son trou paumé pour tenter sa chance avec un réalisateur ambitieux et queutard, mais comme le jeune homme est un peu niais, il ne s’en rend pas compte et décide d’aller la retrouver à Toronto pour passer une semaine romantique avec elle et la demander en mariage.
Evidemment, ça ne va pas se passer comme ça, puisque ses deux potes vont l’embarquer dans son camping-car pour parcourir la distance par la route, et en profiter pour ramasser deux charmantes musiciennes auto-stoppeuses.
Et c’est très, très, très drôle. Vraiment. Il y a une galerie de personnages secondaires qui sont énormes (le detective privé, les parents hippies, le fermier fou du Christ et sa fille salope…), beaucoup d’humour de situation…

C’est très potache, pas mal de premier degré, mais j’aime beaucoup. Par rapport aux films franco-chiants que je me suis tapé cette semaine, c’est une vraie bouffée de fraîcheurs. … lire la suite ›

Casablanca driver (play it again, Sam)

Casablanca driver est un film Canal Plus, réalisé par Maurice Barthélémy, membre d’une des équipes de comiques de Canal +, dont j’ai oublié le nom, donc l’essentiel de l’humour du film est basé sur l’ironie et le référentiel, avec une couche d’ersatz d’absurde (du n’importe comment et du n’importe quoi qui essayent de se faire passer pour de l’absurde).

Casablanca dériveur

Le résultat est donc à peu près aussi ennuyeux que Hell, et légèrement moins drôle. Cela dit, il y a à peu près quarante secondes drôles dans le film, et il faut bien admettre qu’elles sont très drôles. A part ça, Chabat n’est pas mauvais, comme d’habitude.

IMDB