Petit écran

Revues ciné et séries TV

octobre 2006 sur Petite mort

Les Rebelles de la forêt

Vu le 26/10/2006 à l’UGC George V salle 7

Dans un film où le marketing et le titre (français) ne se focalisent que sur ses dix dernières minutes, on comprend vite que l’originalité ou au-moins un certain savoir faire dans le récit ne sera pas de mise. Ce buddy movie confrontant un cerf bavard (qui renvoie directement à l’âne de Shrek) et un ours trop vite remis en liberté est sans style.

Ashton Kutcher

Les Rebelles de la forêt souffre également de caractères visuellement inégaux dans des décors neutres. De ce point de vue, difficile de trouver les personnages véritablement mignons ou attachants et ce n’est pas un nouveau logiciel de gestion de la fourrure de l’ours qui y changera quoi que ce soit. D’autant plus dommage qu’un des trois réalisateurs, la réalisatrice Jill Culton, travaillait sur le développement visuel de Monstres & Cie (mon dessin animé en 3d préféré) et 1001 pattes.

Heureusement, les personnages sont assez bien caractérisés et les voix (en anglais en tout cas) sont bonnes. Et puis c’est drôle et cette efficacité dans les situations comiques confirme l’idée que si Steve Allers, co-auteur sur Alladin, Chicken Little et le drôlissime Kuzco, ne fait pas des … lire la suite ›

Les Fils de l’homme

Vu le 23/10/2006 à l’UGC George V salle 3

En 2027, l’Angleterre affirme fièrement qu’elle est le dernier pays à lutter contre le chaos et invite ses sujets à dénoncer les nombreux immigrants clandestins (dont on distingue même des français!). Il faut dire que les temps sont à la panique générale : plus aucun enfant n’est né sur terre depuis plus de dix huit ans. Reste un vague espoir avant l’extinction complète de cette humanité privée d’avenir.

Au mépris d’une adaptation efficace mais neutre, Alfonso Cuaron a imposé un style et un regard oblique et tout en mouvement pour le troisième opus d’Harry Potter. Sans surprise, c’est le meilleur de la série à ce jour et le plus sensitif. Au fond le metteur en scène fait pareil sur Les Fils De L’Homme qui est d’abord un tour de force technique. Le film est en effet composé de nombreux et longs plans séquences aussi virtuoses qu’éprouvants : la terreur guette à chaque coin de rue entre explosions, voitures en feu et intense guérilla urbaine. Et les personnages vont, viennent et meurent sans prévenir. Seul semble compter le mouvement. Il n’est pas alors étonnant que Les Fils De L’Homme se transforme peu à … lire la suite ›

Les Virtuoses

La mine de Grimlet va peut-être fermer ses portes. En attendant, la fanfare de la mine poursuit ses répétitions mais jusqu’à quand? La femme d’un des membres, agacée qu’il ait finit par abandonner la lutte contre la direction de la mine, critique le fait qu’ il joue encore à l’orchestre. « Au-moins on nous écoute » répond-il.

Mark Herman raconte l’histoire d’hommes et de femmes résignés et au bord du désespoir que même l’applomb dantesque d’un ancien mineur reconverti en chef d’orchestre peine à faire oublier la réalité. Et le réalisateur surprend : sans éviter le sous-texte politique très binaire (méchants capitalistes spoliateurs contre pauvres ouvriers), il n’oublie pas de surtout s’intéresser à son beau sujet et aux personnages. Ca semble finalement si simple de choisir de faire du cinéma plutôt que du social.

deux virtuoses

Et les acteurs sont à la hauteur de cette chronique douce-amère toujours juste. Ewan McGregor, alors jeune anglais à l’avenir prometteur, a une étrange candeur juvénile face à la belle Tara Fitzgerad. Les plus touchants demeurent Stephen Tompkinson, le fils, superbe en clown triste (littéralement) et Pete Postlethwaite, le père, qui tient avec grandeur la tête d’affiche jusqu’à la toute fin. … lire la suite ›

Rafales

Comme je suis dans un cyber-café, loin de mon intérieur douillet et des mes outils habituels, voici une petite sélection de films que j’ai regardé récemment.

Combien tu m’aimes ? (La Chère est faible)

Campan vient de gagner au loto, alors il va dans un bar à putes et prend Belluci en leasing. En soi, ce n’est pas une mauvaise idée, j’ai toujours été favorable à cette solution. Cela dit, pour le prix d’une Monica Beluci, il aurait pu envisager de prendre plusieurs Bulgares, ou une seule sur une plus longue durée, ou plusieurs en rotation. Donc Campan ramène Belluci à la maison, elle lui fait des pâtes, et lui fait une crise cardiaque à chaque fois qu’elle enlève son manteau.
C’est tellement tarte, creux et artificiel que j’ai abandonné cette autoparodie de Blier juste après le second plat de pâtes.

IMDB

Payback (Le barman craquera-t-il sous la pression ?)

Payback est un film noir. Ou une parodie de film noir. Un peu à la Ellroy, quoi. Ou à la façon de Ghost dog. Je ne sais pas vraiment. Mais dans un cas ou l’autre, c’est réussi. Mel Gibson interprète un gangster indépendant, dur à cuir et un peu con (et têtu). Il se … lire la suite ›

Le Jour où la terre s’arrêta

Un extra-terrestre débarque de sa soucoupe volante à Washington pour délivrer un message important à tous les peuples de la terre. Il est accueilli avec fusils et chars d’assaut. Seul un jeune garçon, sa mère (dont le mari est mort à la guerre), et un savant lui feront confiance tandis que l’armée, les vieux réacs et un amant vaguement jaloux le traiteront avec méfiance.
Le Jour Où La Terre S’Arrêta a tout pour être un film emblématique des années 50 : soucoupes volantes, robots menaçants (et silencieux), message de paix, paranoïa, parabole atomique… tout est là, un peu naïf, mais pas sot, à une époque où l’homme commence à détenir les moyens de sa totale annihilation.

La menace

Le film tient bon l’épreuve du temps mais il est mieux de l’avoir vu enfant (c’est mon cas). L’acteur principal, Michael Rennie, est plutôt bon et les séquences avec le petit garçon sont bonnes.
C’est un film qui a d’ailleurs laissé une empreinte dans l’imaginaire des réalisateurs ainsi le célèbre « Klaatu barada nikto » permettant d’arrêter le robot Gort. Une phrase et un nom (Klaatu) que l’on retrouve dans nombreux films notamment, pour ce que j’en savais, … lire la suite ›

The Soup Nazi

Cet épisode de Seinfeld (7.06) est réputé pour être un des tout meilleurs de la série.
Un nouveau snack propose des soupes incroyablement délicieuses dont toute la ville raffole. Un léger problème cependant est le caractère excentrique du serveur, qui est très à cheval sur la tenue des clients dans son restaurant. Il est ainsi dénommé “The Soup Nazi”, n’hésitant pas à exclure un client impoli ou trop exigeant. Ainsi, Jerry, surpris à embrasser sa copine dans la file d’attente, violant donc le code et risquant la répudiation à vie du snack, préfère ignorer celle-ci pour pouvoir continuer à acheter la soupe.

« So essentially you chose soup over a woman » (Elaine)

The Soup Nazi

« No more soup for you, next! »

Wikipedia
Le script de l’épisode

Marock (Koulchi bekher)

Marock est un teen-movie franco-marocain qui se passe à Casablanca, dans une bande de lycéens fils à papa.
On pense bien sûr à Déjà mort (Nice) ou à Hell (Paris).
Marock n’est pas aussi bon que le Dahan, mais de peu. L’héroïne, Rita est une petite musulmane qui aime les garçons, mais veut rester pure jusqu’au mariage, aime bien sortir en boîte, boire de l’alcool à l’occasion, comme tous ceux de son âge. En tombant amoureux de Youri, sa situation devient assez compliquée, puisque non seulement elle couche, mais en plus elle commet l’irréparable avec un juif.

Marock

Il y a bien sûr beaucoup de conneries adolescentes, de l’alcool, un peu de drogue, des fêtes idiotes, de l’amitié, de la bonne musique, et le choc frontal entre un mode de vie hédoniste à l’occidental (et son gaspillage de moyens) et la vie traditionelle (et une certaine hypocrisie religieuse, telle qu’on pouvait sans doute la trouver dans les années 50 en France).
Le résultat est excellent.

Site officiel
Allociné
IMDB

Le Diable s’habille en Prada

Andy (Anne Hathaway) obtient un boulot d’assistante auprès de Miranda Priestly (Meryl Streep) , la rédactrice d’un grand magazine de mode. Cette dernière se révélera aussi épouvantable qu’exigeante.

C’est donc l’histoire classique de la bonne fille qui se retrouve dans un environnement, généralement superficiel et/ou à mauvaise réputation, qui ne lui sied pas mais qui y prend peu à peu goût au point d’en devenir une des plus fières représentantes. Heureusement à la fin, elle se rendra compte que cette vie n’est pas faite pour elle et retournera dans son ancienne vie. La morale est sauve et tout le monde est content. Le Diable S’Habille En Prada ne révolutionne pas vraiment cette trame.

Il y a pourtant cette excellente scène parisienne vers la fin. Dans une voiture, Miranda affirme à Andy qu’elle lui ressemble et lui explique pourquoi dans un monologue aussi convaincant que troublant. Pour un peu, on croirait, on espérerait, que le film bascule. Il en aurait fallu peu : un regard à la sortie de la voiture et sans doute une voix off comme dans des films tels Lord Of War ou le bon Thank You For Smoking. C’est important la voix off dans ces films parce qu’on … lire la suite ›

Indigènes

Vu le 16/10/2006 à l’UGC George V Salle 3

Indigènes raconte les destins de quelques soldats issus des pays colonisés durant la fin de la seconde guerre mondiale. L’entrée en matière est d’ailleurs géniale. Un vieil homme marche d’un pas décidé dans les rues de son village et exhorte les gens à le suivre pour aller à la guerre ce que va faire Saïd interprété par Jamel Debbouze.

La page d’histoire est méconnue mais pas occultée. C’est juste que la plupart d’entre nous (j’en fais parti) sont incultes. Cependant, en ces temps troublés par les débats sur l’immigration, le sujet trouvait là toute sa place sans heureusement en faire trop. Ainsi, en dehors de quelques éléments moralisateurs (notamment la fin), Indigènes fonctionne très bien en tant que fiction pure et raconte avec efficacité les inégalités de traitement, les injustices et les liens entre les soldats. Et au fond, comme dans de nombreux films de guerre, Rachid Bouchareb ne peut faire autrement que de montrer ces soldats, qu’ils soient indigènes ou non, se poser cette prosaïque question : « Qu’est ce que je viens faire dans ce merdier, loin de chez moi? ».

Les indigènes

Sans être flamboyantes, les séquences … lire la suite ›

S105 - Federal Response

Intrigue: La vie dans la petite ville de Jéricho (Kansas), post-Apocalypse nucléaire (voir cet article).
Les gens doivent s’organiser et faire face à diverses situations pour le moins exceptionnelles, comme s’abriter sous la pluie radioactive, la pénurie de pétrole, de nourriture, j’en passe et des meilleures.
Je ne comprends pas comment ni pourquoi les scénaristes sont allés inventer une histoire d’adultère au milieu de tout cela. Voilà quelque chose qui me dépasse.
La structure de chacun des épisodes est assez répétitive. Il y a des problèmes provisoires à résoudre (incendie, rescaper des enfants d’un accident de bus, alimenter l’hôpital d’électricité), le Héros qui s’en occupe brillamment, et quelques avancées discrètes sur l’intrigue par ci par là.
La musique est, comment dire, assez insignifiante, sauf à quelques moments intenses où des riffs hard rock de guitare jaillissent dont ne sait où, pour disparaître immédiatement.

Jericho

A la fin de l’épisode 5 les questions en suspend peuvent être résumées ainsi:
1/qui est à l’origine du feu nucléaire?
2/ le passé du Héros?
3/ une sombre histoire de complot secret, avec un personnage trouble.
4/ quelle drogue ont pris les scénaristes pour mettre une histoire d’adultère dans ce foutoir.

Conclusion, je reste encore sur ma faim, j’aimerais … lire la suite ›

Y’a t’il un pilote dans l’avion?

Les multiples visions de ce standard de la comédie parodique font sans doute qu’on ne hurle pas de rire mais Y’a t’il un pilote dans l’avion? n’a pas trop vieilli pour autant exception faite des quelques caméos de vedettes qui peuvent nous être inconnues.
On passe toujours un bon moment à guetter les blagues du second plan, rigoler pendant les flash back absurdes et admirer le sérieux des acteurs. A ce jeu, Leslie Nielsen est évidemment le meilleur et remporte la mise dès son anthologique première apparition, stéthoscope autour du cou. Presque aucun surjeu de sa part comme s’il s’était vraiment trompé de tournage. Sa déjà très longue carrière (il a 54 ans à l’époque) connut un sacré tournant et il est désormais sans doute un des symbole du genre.

Il y a encore un pilote

Mais Leslie Nielsen n’est pas le seul a avoir surfé sur la vague de la comédie parodique (le spoof movie). Il suffit de regarder les crédits du film pour trouver quelques noms qui furent par la suite à l’origine de franchises comiques. Jim Abrahams réalisa notamment les deux Hot Shots! avec à l’écran Lloyd Bridges (acteur dans … lire la suite ›

Le Parfum (Pas fin)

Le Parfum est tiré du best-seller de Süskind et raconte l’histoire d’un serial-killer, Jean-Baptiste Grenouille qui tue des femmes rousses pour leur voler les cheveux et élaborer le parfum absolu.
Bon, pour résumer vite, parce que ce film dure deux heures de trop, il y arrive, ça lui sauve plus ou moins la vie parce que le parfum a un grand pouvoir, il y a une super scène d’exécution qui vire à l’orgie et après il meurt. Et ces filtres, mon Dieu, ces filtres, il y en a presqu’autant que dans Behind enemy lines. Mais confisquez-leur !
Il y a l’excellent Rickman dans le film, il paraît, mais je ne l’ai pas reconnu. Dustin Hoffman n’est pas mauvais.

Grenouille

Fiche technique IMDB

Behind enemy lines II (Derrière extraordinaire)

Behind enemy lines II est un film de guerre qui raconte l’attaque des Américains contre la Corée du Nord pour l’empêcher de détenir un missile nucléaire.
Alors pour résumer, c’est comme un film d’après Tom Clancy, mais en gay. Ce film est super gay, je vois mal comment le décrire autrement.
Sinon, on ne s’ennuit pas vraiment, c’est un bon téléfilm, avec plein de flashbacks, des scènes de ralenti, un filtre bleu-froid pour bien faire comprendre que la Corée du Nord c’est un pays de merde. Pour le reste, c’est la géopolitique cinématographique, avec tout ce que cela implique.

Fiche technique IMDB

Les Mauvais joueurs (Sentier, sobriété)

Les Mauvais joueurs se passe dans le Sentier, dans le milieu de la confection arméniano-chinois. Pascal Elbé est amoureux d’une petite chinoise, qui sort avec un chinois après l’avoir laissé tombé. Il recupère le petit frère à la place, et assume plus ou moins un rôle de grand frère. Ca tourne mal, eh, c’est un film français, pas vrai ?

Comme dans un film de John Woo

Pour un film français, d’ailleurs, on s’en tire bien, on ne s’ennuit pas trop, il y a même quelques très bonnes idées ; le générique de fin est très bon.

Site officiel
Fiche technique IMDB

Without a paddle (Quand Oregon, Oregon)

Si je vous dis DB Cooper, une ours qui mange un téléphone portable, Kubiac en redneck cultivateur de marijuana, Seth Green en slip, des bombasses hippies qui chient dans des sacs en papier, et un trappeur homophobe, je vous aurais résumé à peu près ce film.

Without a paddle

Il y a quelques scènes amusantes (généralement aux dépens de Seth Green), mais dans l’ensemble, le film est assez mou.

Fiche technique IMDB