Archives de septembre 2006

Art School confidential

La dernière fois que Terry Zwigoff et Daniel Clowes avaient travaillĂ© ensemble, c’Ă©tait pour l’adaptation de Ghost World, un des plus grand teenage movie que j’ai jamais vu.
La bande dessinée était fantastique, le film fut merveilleux. Et bien Art School confidential parvient à faire dix fois mieux.
D’abord, le scĂ©nario ne manque pas de finesse, avec cette histoire de gamin qui cherche l’amour sur un campus artistique hantĂ© par un tueur en sĂ©rie. Mais ce n’est que la trame, parce que le meilleur vient d’un humour de situation qui flingue Ă  bout touchant la plupart des clichĂ©s artistiques modernes (enfilant les clichĂ©s les uns après les autres – Ă  la Ellis) tout en gardant une certaine tendresse pour les personnages. Dans un film de Kevin Smith, ils auraient tous Ă©tĂ© grotesque, et ça aurait Ă©tĂ© l’artillerie ironique lourde qui aurait tonnĂ© (voir Chasing Amy). LĂ , on est plus dans le crĂ©neau d’Anderson, avec beaucoup de personnages Ă  la masse mais qui ne sont pas crucifiĂ©s par la mise en scène.

Art School confidential

J’aime cette attitude, en partie parce qu’elle est devenu assez rare dans le cinĂ©ma actuel.
Les acteurs sont excellent, avec en particulier un Buscemi très en forme en tenancier de bistrot, un Malkovitch sublime en artiste ratĂ© et le jeune Minghella, fils de, pasolinien en diable, qui tente de faire percer son âme artistique et son amour pour la jolie Audrey au milieu de tous ces losers et d’une intrigue policière qui s’accroit Ă©normĂ©ment dans le dernier quart d’heure du film. Pour l’instant, je dis bien pour l’instant, parce qu’il y a encore quelques concurrents pour le titre, je dis Film de l’annĂ©e 2006. Rien de moins.

 Par Laurent     1 commentaire30 septembre 2006    Catégories: CinĂ©ma

The Black Dahlia

Le Dahlia noir est un roman de James Ellroy, inspirĂ© d’un fait divers rĂ©el et de l’assassinat de sa mère. C’est le premier volet de l’excellent Quatuor de L.A. J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© ce film sur GPN.

Le Dahlia noir, d'après James Ellroy

C’est donc un film policier oĂą les gens portent des chapeaux. Ce n’est pas mauvais, il y a plein d’excellents acteurs, et le film est très fidèle au livre. Mais c’est un reader’s digest animĂ©, un peu comme pour American psycho.
Le rĂ©sultat n’est pas dĂ©cevant, mais reste un peu creux, trop de lettre, pas assez d’esprit.

IMDB

 Par Laurent     Commenter28 septembre 2006    Catégories: CinĂ©ma

Snakes on a plane

J’ai un peu honte de commencer ce blog avec ce film, alors que j’ai tant d’excellents films dont je dois parler, mais je viens de le regarder et je prĂ©fère tourner la page une bonne fois pour toute.

Snakes on a plane est un film catastrophe Ă  double-feature, orientĂ© vers les gens qui ont peur des serpents et peur de l’avion.

L’intrigue, parfaitement idiote, a fait le succès de ce film avant mĂŞme que quiconque puisse le voir : un très mĂ©chant voyou veut se dĂ©barrasser d’un tĂ©moin gĂ©nant et grâce Ă  sa très puissante organisation, fait en sorte de piĂ©ger l’avion de ligne dans lequel se trouve le tĂ©moin avec toutes sortes de serpents venimeux complètement dĂ©foncĂ©s au crack pour serpent.

Snake on a plane

Alors, c’est vrai, pas mal de gens ont tentĂ© des trucs vraiment ridicules ces derniers temps pour tuer des gens dans des avions, comme le coup de chaussures ou des boissons Ă©nergĂ©tiques explosives, mais le coup des serpents… non, soyons clairs, amis terroristes : ne tentez pas le coup, vous allez encore vous couvrir de ridicule et nous compliquer la vie dans les aĂ©roports.

Donc, oui, contre toute attente, le complot rĂ©ussit, les serpents fous se libèrent, tuent pas mal de monde, attaquent les placards techniques stratĂ©giques de l’appareil, tuent le pilote, forcent les survivants Ă  se rĂ©fugier dans l’Ă©tage de la première classe.

HonnĂŞtement, c’est assez amusant. Pas forcĂ©ment volontairement, d’ailleurs. Il y a pas mal de morts grotesques, deux-trois gags idiots, honnĂŞtement, je pense que cela risque d’assez bien vieillir et de se muer en un honnĂŞte nanar d’ici quelques annĂ©es.

Je conseille particulièrement la version quĂ©bĂ©coise, dans laquelle Samuel L. Jackson est doublĂ© par une pauvresse affectĂ© d’un petit dĂ©faut de prononciation, ce qui est terrible quand on doit prononcer le mot ferpent toutes les trente fecondes. Cela Ă©tant, cela humanise Samuel L. Jackson, que je trouve personnellement dĂ©testable, et permet d’allĂ©ger un peu l’habituel relent raciste et homophobe qui se trouve Ă  l’arrière-plan de tous ses films.

Fiche IMDB

Site officiel

Fiche Wikipedia

 Par Laurent     Commenter27 septembre 2006    Catégories: CinĂ©ma

Prison Break 205

Episode de transition mais contenant toujours une tension extrême, qui finit de manière surprenante, réouvrant extraordinairement le champ des possibles pour nos héros.

Attention Spoilers

Prison Break 205

1/ L’intrigue concernant l’innocence de Lincoln renaĂ®t timidement via Sara et son père, gouverneur de l’Etat de l’Illinois, susceptible de faire bouger les choses du point de vue judiciaire. Bon, il semble que cet espoir soit faible vu l’attitude du père en fin d’Ă©pisode, mais on ne sait jamais…

2/ Michael et Lincoln sont dans une sorte d’impasse quand ils dĂ©couvrent que le trĂ©sor de 5 millions de dollars est (paraĂ®t?) introuvable Ă  prĂ©sent. Comment vont-ils rĂ©agir? Michael, qui aime tant planifier le moindre Ă©vènement, va devoir improviser Ă  prĂ©sent. Je suis très curieux de voir ça.

3/ Péripéties diverses pour les autres évadés
Sucre: Plutôt dans une impasse lui aussi comme la rencontre avec sa copine a avorté.
C-Note: Tout comme Sucre, il se dirige vers le trĂ©sor, mais tous les flics du pays vont l’y attendre, ça sent le roussi.
Tweener: un peu comme les deux autres, il ne va pas faire de beaux jours au soleil.

Mention spéciale à T-Bag
T-Bag se voit dĂ©cerner par moi-mĂŞme le prix Darwin pour sa malice et son art de dĂ©jouer ses adversaires. N’empĂŞche qu’il reste un sacrĂ© pervers hein.

Les ennemis
Le FBI en très bonne voie; l’inspecteur a maintenant retrouvĂ© une trace solide vers tous les Ă©vadĂ©s en mĂŞme temps (le trĂ©sor Ă©tant le lieu de tous leurs dĂ©sirs; il suffisait de le trouver).

Bref, un excellent moment chargĂ© de grande tension, qui annonce d’importants bouleversements. Vivement la suite.

Prison Break 205

 Par Jb     Commenter24 septembre 2006    Catégories: SĂ©ries

Jericho

Jericho est une nouvelle série diffusée sur CBS, tous les mercredis soirs.
L’intrigue gĂ©nĂ©rale consiste Ă  suivre quelques personnages d’une ville de taille moyenne du Kansas, Jericho, après une attaque nuclĂ©aire sur les Etats-Unis. Leur ville Dieu merci n’est pas directement touchĂ©e par les bombes, sinon il n’y aurait pas grand chose Ă  raconter, mais Denver, la grande ville Ă  quelques centaines de miles, est touchĂ©e.

Jericho souffre des consĂ©quences indirectes de cette attaque. Plus d’Ă©lectricitĂ©, donc problème entre autres de conservation d’aliments, future pĂ©nurie d’essence, plus de radio, internet, climatisation. Invivable.
Outre les problèmes matĂ©riels, il faut aussi gĂ©rer les rĂ©actions humaines et les Ă©ventuels ennemis…

Ce qui est intĂ©ressant, c’est le point de vue de l’ignorance choisi par les scĂ©naristes. Le tĂ©lĂ©spectateur se retrouve Ă  la place des habitants, ainsi on ne sait pas ce qui se passe ailleurs dans le pays. Le contraire de Terminator oĂą l’on voit les bombes voler dans tous les sens…
Ce rĂ©alisme amène Ă  se poser pas mal de questions, ce que l’on ferait dans la mĂŞme situation bien sĂ»r. Concrètement on a envie de faire le plein d’essence, d’acheter un groupe Ă©lectrogène et des cartons de pâtes.

Contrairement Ă  d’autres sĂ©ries populaires, ici il n’y a pas de retour Ă  la normale possible: il faudra toujours s’accommoder de la situation: la radioactivitĂ©, les villes dĂ©truites, les morts… La suite s’annonce originale Ă  ce titre.

Les acteurs m’ont semblĂ© bien castĂ©s, mais ils devront faire leurs preuves. Un Ă©cueil Ă  Ă©viter pour finir: la multiplication de situations critiques oĂą le hĂ©ros s’en sort miraculeusement.

Mon avis: vivement la suite.

Jericho sur Petit Écran
Jericho on CBS
IMDb

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 Par Jb     3 commentaires22 septembre 2006    Catégories: Jericho SĂ©ries

Prison Break 204

Attention, le texte suivant relate des Ă©vènements survenus dans l’Ă©pisode 4 de la saison 2 de la sĂ©rie tĂ©lĂ©visĂ©e Prison Break. Il contient donc des spoilers.

Prison Break 204

Le Premier évadé se fait attraper
John Abruzzi (le mafieu) se fait tuer par le FBI alors qu’il cherche Ă  se venger de sa balance. C’est la seconde fois qu’il est trahi, l’indice donnĂ© par ses « amis » pour retrouver sa balance Ă©tant un simulacre pour qu’il plonge Ă  nouveau.
En tant que membre important de la mafia, Abruzzi avait l’avantage, par rapport aux autres Ă©vadĂ©s, d’un rĂ©seau organisĂ© pour parvenir Ă  s’Ă©chapper, mais ce milieu comme nous le constatons est Ă  double tranchant.

Péripéties de parcours pour deux autres évadés
Tweener (David Apolskis) continue son voyage en auto-stop vers l’Utah. On croit longtemps qu’il va ĂŞtre dĂ©noncĂ© par sa conductrice qui paraĂ®t avoir des soupçons Ă  son encontre, mais finalement celle-ci craque pour lui!

T-Bag perd bĂŞtement sa voiture dans une station-service, et, alors confrontĂ© Ă  des policiers, s’en sort limite. Il reçoit l’aide inespĂ©rĂ©e d’un passant en se faisant passer pour un vĂ©tĂ©ran d’Irak (ce qui explique l’Ă©tat de sa main). Mais son instinct lui joue des tours quand il tente de sĂ©duire la fille de son protecteur, une prĂ©-adolescente. Celle-ci rĂ©agit justement et prĂ©vient son père. T-Bag le tue et s’enfuit avec la voiture.

Le Thème en exergue: l’instinct dĂ©vastateur
Abruzzi cède à sa volonté destructrice de vengeance, et T-Bag à sa perversité sexuelle.
Le Captain Bellick se fait avoir par la copine de Michael Ă  cause de son obsession sexuelle (elle lui subtilise son couteau et aide ainsi ses comparses Ă  s’Ă©vader).

Les Héros
De nouvelles péripéties dans cet épisode pour Michael et Lincoln qui tiennent en haleine, et ce dès le tout début avec une course-poursuite très sympathique.
Reprise de contact entre le hĂ©ros et l’hĂ©roĂŻne (Sara, pas la drogue – la drogue, c’est pour Sara). Ca se passe au tĂ©lĂ©phone et c’est vraiment peu enclin Ă  une suite très crĂ©dible pour le scĂ©nario, vu que tout les sĂ©pare Ă  prĂ©sent, mais Michael se laisse aller et dĂ©voile ses Ă©motions, c’est assez poignant.
Michael apparaît un peu en retrait dans cet opus mais est toujours aussi chanceux et efficace.

Les Ennemis
Le FBI avance lentement et rĂ©unit des Ă©lĂ©ments importants pour la suite. Notamment le disque dur de Michael qu’il a balancĂ© dans la rivière avant son entrĂ©e en prison.
L’inspecteur psycho du FBI fait très bonne impression face Ă  Abruzzi (excellent personnage et acteur très crĂ©dible dans le rĂ´le).
Captain Bellick et son copain gardien de prison semblent HS Ă  prĂ©sent maintenant que Michael et Lincoln s’en sont dĂ©barassĂ©s.

Mention spéciale à Lincoln Burrows
Globalement peu charismatique dans toute la sĂ©rie par rapport Ă  son frère Michael, je l’ai trouvĂ© très bon dans cet Ă©pisode, rĂ©actif, entreprenant et efficace. Il va peut-ĂŞtre prendre du relief dans la suite des Ă©vènements.

CrĂ©dibilitĂ© de l’intrigue
La sĂ©rie ne gagne pas en crĂ©dibilitĂ©: Bellick dĂ©cide de partir Ă  la recherche du trĂ©sor de 5 millions de dollars au lieu de se contenter de la prime de capture de Michael et Lincoln. La manière dont ces deux hĂ©ros s’en sortent encore une fois et l’histoire de T-Bag avec les policiers est irrĂ©aliste.
Il y a bien une volonté délibérée des scénaristes de multiplier les situations à risque quitte à perdre notablement en crédibilité lors de leurs résolutions.

Prochain épisode
Il sera sĂ»rement assez semblable Ă  l’actuel. On devrait suivre Tweener et revoir Sucre et C-note… on verra si Michael et Lincoln ont de nouvelles surprises sur la route ou bĂ©nĂ©ficieront d’un court moment de calme, ne serait-ce le temps d’un Ă©pisode.

Généralités
Alors que le thème directeur de la saison 1 Ă©tait le darwinisme, ce qui semble logique car se passant en prison, le thème directeur de cette saison 2 semble ĂŞtre celui de la dualitĂ© entre instinct et raison. L’instinct Ă©tant ce qui pousse Ă  agir les divers Ă©vadĂ©s non hĂ©ros (C-note veut revoir sa famille, Sucre sa copine, T-Bag est guidĂ© par sa perversitĂ©), et c’est souvent ce qui les a menĂ©s en prison.
Au contraire Michael et Lincoln ayant Ă©tĂ© enfermĂ©s par erreur ou Ă  dessein, sont plus rationnels et Ă©quilibrĂ©s, mĂŞme si quelquefois l’instinct reprend le dessus (sauver Burrows Jr dans le palais de justice par exemple) et les remet en danger.

Pourquoi cette série marche
Les hĂ©ros sont beaux, intelligents, victimes et rebelles, tĂ©mĂ©raires, et dotĂ©s de grandes valeurs morales (Michael veut sauver son frère, Lincoln essaie de sauver le gardien de prison dans l’Ă©pisode 107). Ils donnent envie de s’y identifier. MĂŞme les pervers peuvent se voir dans T-Bag. Il y en a pour tout le monde.
L’hĂ©roĂ®ne est belle et brillante, tout en ayant des failles, elle est touchante.
Les méchants sont très méchants.
L’intrigue principale (sauvetage du frère) est hautement morale, basĂ©e sur la tĂ©mĂ©ritĂ© et l’abnĂ©gation.
Les scĂ©naristes n’hĂ©sitent pas Ă  changer les intrigues, en abandonnant la piste des juristes (VĂ©ronica et Nick Savrinn meurent) pour pouvoir suivre les diffĂ©rents Ă©vadĂ©s plus pleinement. C’est judicieux.

Les autres séries
Alors que des sĂ©ries comme Lost ou Desperate Housewives fĂ©dèrent par leur cĂ´tĂ© « bulle », microcosme (l’Ă®le,Wisteria Lane) et fonctionnent en cercle fermĂ©, en outre elles ne prĂŞtent pas facilement Ă  identification (pour les hommes dans Desperate, et les personnages de Lost sont trop tarabiscotĂ©s).
Prison Break fonctionne aussi en circuit cloisonnĂ© du moins dans la saison 1 (la prison), et surtout met en scène des hĂ©ros stĂ©rĂ©otypĂ©s, Ă  l’ancienne. C’est la plus-value de la sĂ©rie.
Le cas de The Sopranos (sĂ©rie chère Ă  mon coeur) est particulier, car ne prĂŞtant pas Ă  identification, mais l’intrigue, basĂ©e sur la psychanalyse de Tony Soprano, est tellement originale et bien ficelĂ©e que l’on s’y attache.

 Par Jb     Commenter17 septembre 2006    Catégories: SĂ©ries


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