Star du cinĂ©ma d’aventure, l’inventeur plus ou moins du Swashbuckler au cinĂ©ma, le virevoltant Douglas Fairbanks s’empare de la lĂ©gende de Zorro. Je connaissais le Douglas Fairbanks bondissant, il fait ici des merveilles dans ce Signe de Zorro, mais le double rĂ´le Zorro/Diego permet de voir Fairbanks sous un angle comique inattendu. Don Diego ne peut rĂ©vĂ©ler son identitĂ© secrète et donc rĂ©vĂ©ler son amour Ă Lolita (Marguerite De La Motte). Toutefois, ses allures de minet, ses mouchoirs livrent un sous-texte homosexuel assez gonflĂ© surtout quand il n’accepte un mariage que par dĂ©pit : »My father insists that i get married. It’s an awful nuisance… but i suppose one must please one’s father ». Les intertitres sont d’ailleurs parmi les plus drĂ´les que j’ai lus dans un film muet. Le secret de Don Diego ne serait donc pas d’ĂŞtre Zorro mais d’ĂŞtre gay !


Sa relation avec son père, qui considère Diego comme un faible, est Ă©galement intĂ©ressante. Fairbanks trouve les mines les plus justes et touchantes dans les scènes plus graves, parfois assez douloureuses. Et Ă©videmment, il est un Zorro crĂ©dible et magnifique. Peu avant sa première apparition, quand Diego sort d’un bar dans l’ombre, de dos avec son manteau noir, il est dĂ©jĂ Zorro. Il est mĂŞme un Zorro quelque peu frivole au dĂ©but et assez peu concernĂ© par le sort des pauvres si ce n’est par son discours (un politicien quoi) mais arrange tout sur la fin en ralliant Ă sa cause les nobles de Californie (!). Moment drĂ´le, ou cynique : quand il part libĂ©rer ses alliĂ©s et sa belle de prison, il ne libère pas tous les prisonniers de la cellule, les laissant Ă leur triste sort !
Derrière la camĂ©ra, Fred Niblo laisse Douglas Fairbanks assurer le spectacle mais impose quelques scènes excellentes typiques de l’Ă©poque d’oĂą peut jaillir une violence inattendue (les coups de fouet sur le moine) et un travail sur les ombres ici très rĂ©ussi. Accusant parfois son âge, nanti d’une musique un peu kitch, Le Signe de Zorro avec son joli dernier moment romantique (avec un baiser « au mouchoir ») est un bon film d’aventure, Ă voir pour un Douglas Fairbanks « total ».






Par Pascal
23 juillet 2010 Catégories: Articles Cape et d'Ă©pĂ©e CinĂ©ma

Chef d’oeuvre. Ceux qui ne voient dans le cinĂ©ma français des annĂ©es 80 qu’une succession de films auteurisant bas de gamme et de grosses comĂ©dies doivent voir ce joyau de Claude Miller et, pourquoi pas, son meilleur film (j’ai vu six films du rĂ©alisateur). Il faut prendre ce titre, Mortelle RandonnĂ©e, au pied de la lettre puisqu’il s’agit de l’Oeil (Michel Serrault), dĂ©tective devenant ange gardien, suivant Catherine (Isabelle Adjani). La jeune femme est prise dans une spirale meurtrière, parcourant une Europe dĂ©senchantĂ©e oĂą l’on croise des personnages drĂ´lement dĂ©concertants (et des acteurs tous authentiquement incroyables) avec des noms Ă l’avenant : Madame Schmidt-Boulanger, Ralph Forbes, Michel de Meyerganz, Cora Palenbrg, Voragine…

A l’Ă©criture, Audiard père et fils donnent le meilleur d’eux-mĂŞme pour adapter ce roman de Marc Behm, Ă©crivain vraiment intĂ©ressant (au vu de son interview dans le bonus du DVD). Son histoire fut prĂ©vue pour le cinĂ©ma mais dont il fit un livre suite au manque de motivation des producteurs US (l’adaptation sera finalement faite en 1999 avec Voyeur de Stephen Elliott avec Ewan McGregor) . Si le propos est grave, la dialogue est rĂ©jouissant Ă l’extrĂŞme, très souvent drĂ´le mais aussi poĂ©tique et triste, culte en fait. La première scène, au tĂ©lĂ©phone, est extraordinaire et met les pieds dans le plat : l’obsession de l’Oeil pour retrouver/fantasmer sa fille dĂ©cĂ©dĂ©e (Serrault et Audiard en ont chacun fait l’amère expĂ©rience quelques annĂ©es auparavant). Un mĂ©lange de dĂ©sabusement et d’amour paternel, protecteur et attentif, traverse le personnage de Michel Serrault dans ce qui est, pourquoi pas, son meilleur rĂ´le (j »ai vu a vingt-deux films de l’acteur). Ce cocktail troublant associĂ© Ă la personnalitĂ© insaisissable de Catherine, femme fatale en puissance aux mille visages, confère au film une ambiance profondĂ©ment Ă©trange.





Avec un sujet complexe et un dialogue de ce niveau, Claude Miller se devait de soigner sa mise en scène. Avec un budget consĂ©quent, il nous promène dans toute l’Europe avec des dĂ©cors chiadĂ©s aux mille dĂ©tails oĂą les tĂ©lĂ©s ne passent presque que des images d’animaux comme de curieux aquariums. Les images, magnifiĂ©s par Pierre Lhomme (qui officiait aussi sur l’ArmĂ©e des Ombres), saisissent des instants admirables. L’apparition d’Adjani près d’un manège rappelle par sa fulgurance, son montage abrupt et son cĂ´tĂ© clinquant (c’est bien une star qui surgit de l’Ă©cran) celle d’Orson Welles dans Le Troisième Homme (la première fois que je voyais un film avec lui en plus, quel choc). Miller donne aussi Ă Mortelle RandonnĂ©e des allures de film noir, de thriller (le meurtre Ă la Psychose dans la piscine, le règlement de compte avec les maĂ®tres chanteurs) tout en nous entraĂ®nant (enfermant ?) au cĹ“ur de l’esprit du dĂ©tective oĂą se chevauchent absurde (le saut dans la piscine) et fantastique (instants « autres », tĂ©lĂ©pathie).



Alors qu’il reprenait l’Ă©quipe gagnante de Garde Ă vue, sortie l’an passĂ©, avec le quatuor Miller/Audiard/Serrault/Marchand, ce film fut un Ă©chec complet Ă sa sortie. Adjani empocha le cĂ©sar de la meilleure actrice mais pour l’EtĂ© Meurtrier, tandis que l’on cĂ©lĂ©brait A nos amours de l’auteuuuur Pialat (la bande-annonce laisse songeur). Mortelle RandonnĂ©e n’est cependant pas un film qu’on risque d’oublier.



L’affiche ne rend absolument pas hommage au film.
Par Pascal
30 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Thriller
L’introduction est gĂ©niale. Alors que Vladimir Cosma reprend, peut-ĂŞtre ironiquement, le Bernard Herrmann de La Mort aux Trousses, nous assistons Ă une course poursuite en pleine ville et une mise Ă mort filmĂ©e dans le film. La mise en scène est brute, agressive. Implacable comme du Costa-Gavras. J’adore ça. Le Prix du danger raconte un futur proche : celui d’une Europe Ă l’agonie oĂą une chaine de tĂ©lĂ© pulvĂ©rise les records d’audience grâce Ă un jeu oĂą un candidat est poursuivi par d’autres jusqu’Ă ce que mort s’en suive… NumĂ©ro 42 parmi les candidats, François Jacquemard (GĂ©rard Lanvin) est sĂ©lectionnĂ© et va se retrouver au coeur d’un jeu abominable.
Il faut absolument revoir ce film qui est d’une troublante actualitĂ©. Dans des dĂ©cors de pays de l’Est (le film est tournĂ© en Yougoslavie), la sociĂ©tĂ© dĂ©crite semble uniforme, europĂ©anisĂ©e et surtout Ă bout de souffle. La pauvretĂ© est partout et il y des licenciements Ă©conomiques et un ministre du chĂ´mage, une monnaie unique (le dollar !), l’accès aux armes Ă feu, l’euthanasie (ou « suicide librement consenti » !). En parallèle, Boisset dĂ©crit Ă travers la chaine de tĂ©lĂ© produisant le Prix du danger une sociĂ©tĂ© du fric facile et de l’appât du gain, de l’audience reine et des patrons complaisants dĂ©cidant littĂ©ralement du sort des autres dans leur tour de cristal. Une partie du film se dĂ©roule donc dans le bureau du prĂ©sident de la chaĂ®ne (Bruno Cremer) avec son staff.

Pour illustrer son propos, Boisset est direct et use aussi d’un humour odieux et gĂ©nial. Ainsi, quand l’avion d’un candidat s’Ă©crase, entraĂ®nant sa mort, le prĂ©sentateur du jeu s’exclame : »C’est la dure loi du sport ». L’animateur superstar, c’est un Michel Piccoli exceptionnel, s’enflammant et cabotinant Ă outrance pour ce jeu de tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© voyeur Ă la publicitĂ© omniprĂ©sente et ultra criarde. Dans le rĂ´le très physique du candidat, GĂ©rard Lanvin est Ă©norme, hĂ©ros attirĂ© par le pognon et qui n’a pas grand chose Ă perdre, devenu enragĂ© par le système et ses règles.

En plus de Piccoli, Cremer ou Lanvin, Le Prix du Danger est un festival de tronches des annĂ©es 80 avec un casting de tueurs remplis de violence et prĂŞts Ă l’extĂ©rioriser, et un quatuor de femmes : Gabrielle Lazure, AndrĂ©a FĂ©rrĂ©ol, Catherine Lachens (vu en camionneuse nymphomane dans Je suis timide mais je me soigne) et Marie-France Pisier. MalgrĂ© un certain prĂ©ci-prĂ©cha de mauvais aloi en court de route, Pisier, qui Ă©tait insipide de l’As des As, trouve ici un rĂ´le vraiment mĂ©morable et glaçant, en phase avec son allure et ses cheveux impeccables. Le final, via son discours horriblement sincère, est terrifiant.
En transposant un thème de cinĂ©ma vieux comme Les Chasses du Comte Zaroff Ă la tĂ©lĂ©vision, Yves Boisset livre un film puissant et sans concession, expression galvaudĂ©e convenant tout Ă fait au Prix du Danger. Et mine de rien, au delĂ des tics et trucs des annĂ©es 80, il pousse Ă l’extrĂŞme des constats de son Ă©poque et finit par prĂ©figurer notre propre sociĂ©tĂ©. On peut bel et bien parler d’un film visionnaire.


Par Pascal
27 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction Thriller
Je ne suis pas sur d’ĂŞtre un grand fan de la pĂ©riode annĂ©es 80 de Belmondo. Disons que j’ai vu six de ses films : Le Guignolo, Les Morfalous, Joyeuses Pâques, Hold-up, ItinĂ©raire d’un enfant gâtĂ© et donc L’As des As. Ils ne tiennent pas tous la comparaison avec sa filmo des dĂ©cennies prĂ©cĂ©dentes. Mais l’acteur n’a vraiment pas Ă rougir non plus. A dĂ©faut de m’exalter, ces films constituent de bons divertissement (sauf Joyeuse Pâques qui n’est pas bien bon malgrĂ©, et un peu Ă cause de, Sophie Marceau).

Pas de surprise avec L’As des As, gros succès Ă sa sortie, qui fait presque figure de modèle de la pĂ©riode. Tout le film gravite autour de la star ici entraĂ®neur de l’Ă©quipe olympique de boxe et entraĂ®nĂ©e dans le sauvetage de juifs dans l’Allemagne de 1936. En dehors de Belmondo, il n’y a pas grand chose si ce n’est l’illustration d’une belle amitiĂ© entre lui et un officier nazi (Frank Hoffman), amitiĂ© forgĂ©e lors d’un combat aĂ©rien pendant la première guerre, et qui donne un Ă©tat des lieux de la nation sous Hitler avec un peuple enthousiaste, galvanisĂ©. Le gamin (Rachid Ferrache) fait ce qu’on attend de lui et l’humour potache se paye la tronche des nazis un peu comme dans Papa Schultz avec par exemple un seul acteur (GĂĽnter Meisner) interprĂ©tant Adolf Hitler et sa sĹ“ur… Enfin, Marie France Pisier est jolie mais mauvaise. Absolument.

L’As des As demeure quand mĂŞme amusant et l’abattage de la star toujours aussi rĂ©jouissant et drĂ´le portĂ© par une musique solide de Vladimir Cosma. Il nous gratifie en outre de quelques belles prouesses physiques et acrobatiques notamment en avion et c’est vraiment impressionnant. Bref mais impressionnant. On a juste le temps de faire un « oh! » puis ensuite prendre la mesure de ce que nous venons de voir. J’adore ça.





Par Pascal
17 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma ComĂ©die
Je crois aimer Claude Lelouch. Je n’ai pourtant vu que sept de ses films. J’avais conservĂ© un bon souvenir de celui-ci en l’ayant toutefois un peu oubliĂ©. Et pourtant, la première partie est vraiment mĂ©morable. La mise en scène de Lelouch est aussi vertigineuse que les prouesses des artistes de cirque qu’il filme. Les allers-retours temporelles sur cette mort qui n’en ai pas une foisonnent jusqu’Ă la rencontre en Afrique entre un homme d’affaire, Sam Lion, fuyant le monde et sa famille (Belmondo) et un jeune homme maladroit mais dĂ©cidĂ© (Richard Anconina).


Belmondo est vraiment bon dans ce film dans un rĂ´le d’un homme marquĂ©, enfant gâtĂ© qui a tout vu et vieux sage un poil tĂŞtu, ce pourquoi il essaye de reprendre les affaires de son ex-entreprise, maintenant en difficultĂ©, en mains par l’intermĂ©diaire d’Anconina. J’ai peu de souvenirs de Tchao Pantin donc je me laisse croire que c’est le meilleur film d’Anconina. Leur histoire commune est tendre et le film est souvent amusant Ă l’image la scène anthologique oĂą Sam Lion explique Ă son protĂ©gĂ© comment ne pas avoir l’air Ă©tonnĂ©. On n’oubliera pas pour autant les seconds rĂ´les, formidables, avec une mention spĂ©ciale Ă Daniel GĂ©lin, en père blasĂ© et heureux.

Et il y a cette touche personnelle, propre Ă Lelouch je pense, Ă trouver la lĂ©gèretĂ© dans des situations casse-gueules (les retrouvailles) et inventer des personnages tourmentĂ©s d’oĂą ressort paradoxalement du bonheur et du plaisir. Le rĂ©alisateur est bien un amoureux de la vie mĂŞme quand il rencontre le pire dans la chute glaçante de Partir Revenir. ItinĂ©raire d’un enfant gâtĂ© est un beau film.



Par Pascal
14 juin 2010 Catégories: Articles Aventure CinĂ©ma ComĂ©die
Uwe Boll troisième ! MalgrĂ© un acharnement critique, et publique, Uwe Boll revient en fanfare au cinĂ©ma dĂ©but 2008 pour sortir dans plus de 1500 Ă©crans aux US (un blockbuster c’est 3000) ce gros projet d’heroic fantasy Ă 60 millions de dollars. Je veux bien que les films de Boll ne soient pas des fours financiers complets mais son financement, Ă base d’astuces fiscales en Allemagne paraĂ®t-il, demeure quelque peu nĂ©buleux. Sans surprise, King Rising fut un Ă©chec complet, ne dĂ©passant pas les 10 millions de dollars de recette sur le sol amĂ©ricain.

Et toujours sans surprise, le film est très mauvais. Mais Ă la diffĂ©rence de BloodRayne, le film ne dispose d’aucun niveau de lecture « nanar » et d’aucun plan fesse ou gore, la faute Ă ce gros budget justement qui impose que le film soit visible par le plus grand nombre. Le film est long et ennuyeux. Les scènes de bataille sont mornes, une sorte de spectacle de marionnettes. Les nombreux plans larges avec beaucoup de figurants tout comme les « chorĂ©graphies » n’apportent aucune ampleur, aucune Ă©motion. L’histoire n’est que bavardage, acteurs rĂ©citants leurs rĂ©pliques (la manière classique pour Boll de diriger son casting ?) et cabotinages pesants. Le vacuitĂ© en somme. Le vide. L’Ă©tat français n’aurait pas fait mieux avec tout cet argent.

Il ne reste au spectateur courageux (ou bĂŞte) que deux moyens de se divertir : l’histoire et le casting. King Rising dispose comme BloodRayne d’un casting dĂ©lirant : Jason Statham, Ron Perlman, Ray Liotta, Burt Reynolds, Claire Forlani, Leelee Sobieski, Kristinna « Rayne » Loken, Matthew Lillard, John Rhys Davis… Les impĂ´ts sont-ils passĂ©s par lĂ ? En tout cas, ils sont uniformĂ©ment nuls. Matthew Lillard est le seul Ă ne pas sortir de la torpeur gĂ©nĂ©rale et semble se toujours croire sur le tournage de Scoubidou.
Quant Ă l’histoire, King Rising est littĂ©ralement la version du Seigneur des Anneaux d’Uwe Boll. On peut donc s’amuser Ă trouver dans le film les nombreux points communs. Les orcs sont remplacĂ©s par des hommes chien (notons que nous ne voyons jamais plus d’une demi-seconde un gros plan de ces crĂ©atures – problèmes de maquillages foireux ? En fait, il s’agirait plutĂ´t de masques), Saroumane et Sauron sont remplacĂ©s par Gallian (Ray Liotta) qui effectue ses combats Ă distance, le hĂ©ros va devenir roi, les elfes sont reprĂ©sentĂ©s par des peuples de la forĂŞt acrobates (et pathĂ©tiques), Gandalf est remplacĂ© par Merick (John Rhys Davies qui passe donc du très haut au très bas dans le mĂŞme genre puisqu’il a un des rĂ´les principaux du Seigneur des Anneaux)… etc. C’est un peu amusant. Mais tout ceci ne fait pas un film. Je dĂ©conseille vivement ce film pĂ©nible Ă tout amateur de bon film, bien sur, mais aussi aux amateurs de nanars qui se rabattront avantageusement sur BloodRayne s’ils veulent dĂ©couvrir l’ « Ĺ“uvre » d’Uwe Boll.

Par Pascal
12 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique
Mon deuxième film d’Uwe Boll ici dans le genre qui le rendit plus ou moins cĂ©lèbre : l’action. Ici, nous sommes dans l’heroic fantasy avec une hĂ©roĂŻne, Rayne (Kristanna Loken), une femme mi-vampire, mi-humaine (un damphire, dont j’apprends le terme), cherche Ă vengeance et part en quĂŞte pour tuer son gĂ©niteur (Ben Kingsley). Il se trouve ĂŞtre le super vilain souhaitant soumettre le monde. Mais c’est sans compter sur Rayne donc et une poignĂ©e de combattants emmenĂ©s par Vladimir (Michael Madsen).
Et pour le coup, il faut bien convenir que le « spectacle » est vraiment gratinĂ© alignant les grosses ficelles, les ellipses douteuses, les fautes de montages, la caractĂ©risation Ă©trange des personnages (on ne sait jamais trop ce qui les motive) et les retournements de situation les plus navrants avec un soucis du non spectacle qui fait presque plaisir Ă voir. Oui, BloodRayne fait bien partie de ces nanars « si mauvais qu’ils font rire ». Dans le genre, on retiendra les combats Ă l’Ă©pĂ©e qui semblent improvisĂ©s, je veux dire que je pense ĂŞtre meilleur que Rayne au sabre, mais aussi l’aspect bien gore crade du film avec nombre importants de dĂ©capitations et d’effets sanguinolents notamment lors de l’attaque du couvent. Il y a aussi la surprise de voir un casting prestigieux : Kristinna Loken (la terminatrix de Terminator 3), Michael Madsen, Udo Kier, Meat Loaf, Billy Zane, Michelle Rodriguez, Geraldine Chaplin, Ben Kingsley… ouf ! La plupart sont en roue libre et certains se contentent tout simplement de marmonner leurs rĂ©pliques comme une simple rĂ©citation (vĂ©ridique : Michael Madsen fait vraiment ça). C’est assez stupĂ©fiant Ă voir. Ajoutons Ă ce cocktail un peu de fesse, avec un lĂ©chage de tĂ©ton que je trouve plutĂ´t anthologique (surtout quand on regarde le film dans un train bondĂ©), pour conclure que, ma foi, voir BloodRayne ne fera sans doute certainement pas plus perdre de temps au spectateur que la vision d’un film français standard sorti la mĂŞme annĂ©e (reconnaissons que BloodRayne bĂ©nĂ©ficiait quand mĂŞme d’un budget confortable de 25 millions de dollars).
Petit dĂ©tail : j’ai vu la version « Unrated ». Je ne sais pas trop ce qu’elle comporte mais je me demande si toutes les scènes encore plus gores ont Ă©tĂ© ajoutĂ©es Ă la fin. A l’issue du mĂ©trage, nous voyons Rayne se poser en vainqueur sur le trĂ´ne puis fixer un point derrière la camĂ©ra. Et le montage fait resurgir plusieurs scènes du film avec des plans très gores (vraiment dĂ©gueu) pour revenir au visage de Rayne et au gĂ©nĂ©rique. C’est un peu comme si nous avions eu droits aux scènes coupĂ©es pendant la fin du film. Incroyable !
Mieux vaut lire nanarland pour en savoir plus (et mieux).


Par Pascal
10 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique
Le rĂ©alisateur Uwe Boll s’est taillĂ© au fil des annĂ©es une solide rĂ©putation de plus mauvais rĂ©alisateur du monde, une sorte d’Ed Wood des annĂ©es 2000. J’ai entendu pour la première fois parler de lui pour House of the Dead. Le film avait mauvaise rĂ©putation mais en mĂŞme temps, rare sont les adaptations de jeux vidĂ©os qui ont bonne rĂ©putation. Le film ne rapporta pas beaucoup d’argent mais apparemment suffisamment pour rentrer dans ses frais d’après IMDB.
La production suivante du rĂ©alisateur fut une nouvelle adaptation de jeu, celle du cĂ©lèbre Alone in the Dark. Budget confortable (20 M$) et casting solide : Christian Slater, Stephen Dorff et une Tara Reid essayant de se diversifier après pas mal de comĂ©die pour ado. Le film est un four au Box Office et surtout un four critique. Mais Uwe Boll se spĂ©cialise pourtant dans le genre et continue d’enchaĂ®ner les films d’action parfois relativement onĂ©reux : In the Name of the King: A Dungeon Siege Tale coĂ»te quand mĂŞme 60 M$. Tout une communautĂ© d’internautes engagea une vĂ©ritable campagne de dĂ©nigrement systĂ©matique, lui suppliant mĂŞme d’arrĂŞter le cinĂ©ma. Uwe Boll les provoque en les dĂ©fiant alors Ă un combat de boxe. Ceux qui acceptèrent se prirent alors un coup de Boll, plutĂ´t un signe de malchance ici. Et Uwe Boll poursuit avec une assurance insolente sa carrière. Ca mĂ©rite qu’on s’y attarde.
Mon premier film de Uwe Boll est donc Postal soit une « grosse » comĂ©die mĂŞlant terrorisme, religion, politique et american way of life et un peu LE film d’Uwe Boll. Dans la ville de Paradise, Dude est un chĂ´meur mariĂ© Ă une obèse lubrique et vivant dans une caravane. Cherchant Ă se sortir de lĂ , il s’allie Ă ami devenu gourou d’une secte pour voler des caisses d’une cĂ©lèbre poupĂ©e allemande, Krotchy Dolls, qu’ils pourront vendre Ă prix d’or aux enchères. Mais des terroristes islamiques emmenĂ©s par Ben Laden, vivant aux USA, ont la mĂŞme idĂ©e, en vue d’un attentat Ă l’arme bactĂ©riologique.
Comme une sorte de rĂ©ponse Ă la cĂ©lèbre saillie d’Audiard, Uwe Boll ose tout : terroristes demandant Ă Ben Laden le nombre exact de vierges au paradis avant de s’Ă©craser sur une tour du WTC, massacres d’enfants et d’handicapĂ©s dans un parc d’attraction, scènes de sexe avec une obèse (farine inclus)… et donc l’accroche du film : Bush et Ben Laden gambadant main dans la main. C’est peu de dire que le film est plus provocant, et vulgaire, que drĂ´le. On ne rit d’ailleurs pas beaucoup, surtout quand on regarde le film dans un Thalys entourĂ© d’hommes et femmes d’affaire. La surenchère permanente (la fusillade Ă la sĂ©cu US est plutĂ´t drĂ´le), quelques plans sexy et la trajectoire vengeresse du Postal Dude constituent malgrĂ© tout un plaisir coupable pour les amateurs.
Bande-annonce (qui annonce vraiment la couleur, j’aime bien l’encouragement final de Ben Laden sur le film) :


Par Pascal
7 juin 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma ComĂ©die
Au XXIIIème siècle, nous vivons dans un environnement aseptisĂ© sous des dĂ´mes gĂ©rĂ©s par des ordinateurs tout puissants. Enfin nous, c’est plutĂ´t vous car j’y serais dĂ©jĂ mort puisque chaque individu dĂ©passant 30 ans est dĂ©sintĂ©grĂ©. Logan 5 (Micheal York) est un sandman, une sorte de chargĂ© de traquer les rĂ©calcitrants. Il se fait passer lui-mĂŞme pour un fugitif afin de dĂ©manteler un rĂ©seau et finit par douter de la perfection de ce mode de vie.


Quand on regarde l’âge de Cristal, on se dit que Star Wars, sorti un an plus tard, est vraiment moderne, ou bien plus intemporel. Le film de Michael Anderson est en effet très marquĂ© par un style seventies dans les dĂ©cors, costumes et musique. La sĂ©quence du carrousel, le rituel de mise Ă mort des « vieux » de 30 ans, avec jets de flammes et balai en apesanteur sont la quintessence de ce style. Ce n’est pas mauvais pour autant. Le cĂ´tĂ© jeux du cirque et la ferveur du public donne beaucoup de force Ă ce massacre. De mĂŞme, si la rĂ©volution Star Wars n’a pas lieu, le futur dĂ©crit et les maquettes sont superbes.
La seconde partie du film est initiĂ©e par une confrontation avec un robot kitchissime dont Barney Legendary Stinson s’est forcĂ©ment inspirĂ© :


L’Age de Cristal raconte alors une sorte d’Adam et Eve dĂ©couvrant le monde non sans un certain humour (« Everything hurt ») et des superbes dĂ©cors d’un Washington oĂą la nature a repris ses droits. J’adore ces visions de notre monde ravagĂ© par l’apocalypse et il faut vraiment un truc comme 2012 pour me dĂ©cevoir. La fin est relativement facile (surchauffe de circuits imprimĂ©s) mais ne fait finalement qu’illustrer une sociĂ©tĂ© ne reposant sur presque rien. Les derniers moments rappellent fortement ceux de The Island (ce n’est pas la seule similaritĂ©s en fait).

CĂ´tĂ© acteurs, Richard Jordan, en meilleur ami, domine facilement le casting. En Logan, Michael York semble physiquement prĂ©figurer Harrison Ford et Mark Hamill (pour la coupe de cheveux). La ressemblance naturelle avec Harrison Ford a du pas mal lui porter prĂ©judice dans sa carrière. En comparse fĂ©minin, Jenny Agutter est vraiment charmante tandis que Farrah Fawcett, que je n’aime pas particulièrement (je dois ĂŞtre trop jeune) a un (petit) rĂ´le très très con et participe aux plus mauvais moments de ce film, par ailleurs sympathique.


Par Pascal
5 juin 2010 Catégories: Apocalypse Articles CinĂ©ma
Je critique souvent les traductions actuelles de titres de film mais dans les annĂ©es 70, on savait y faire aussi. A boy and his dog, dont on voit l’affiche dans Le Livre d’Eli, devient donc en français Apocalypse 2024 !
La troisième guerre mondiale dura 33 ans de 1950 Ă 1983. Mais c’est la quatrième guerre qui mit tout le monde d’accord en 5 jours et mit fin au monde telle que nous le connaissons. Vic (Don Johnson, avant Deux flics Ă Miami) erre dans ce monde dĂ©solĂ© avec son chien, avec qui il communique par tĂ©lĂ©pathie, en quĂŞte de nourriture… et de sexe. L’introduction gĂ©niale met tout de suite en place le lien entre Vic et son chien et leur(s) raison(s) de vivre. Rien de reluisant en somme : »You are not a good person » dit le chien Ă son maĂ®tre alors que ce dernier assiste au viol d’une femme et regrette que les ravisseurs l’aient tuĂ©e (sauvagement tailladĂ©e) car elle aurait pu « servir trois-quatre fois ».

Le gĂ©nĂ©rique est une chanson un peu country et semble en complet dĂ©calage avec ce dĂ©sert jonchĂ© de souvenirs de notre ancienne sociĂ©tĂ© de consommation, d’ordures diverses, de cadavres et de rats. Ce ton, plus propre Ă la comĂ©die, est celui entre Vic et son chien. Vic n’est pas vraiment le maĂ®tre mais au mieux un compagnon et souvent un Ă©lève/fils puisque le chien enseigne aussi bien la grammaire que l’histoire (!), enchaĂ®ne les remarques cyniques tout en rĂŞvant de se rendre sur une terre promise. Leurs Ă©changes donnent un peu de lĂ©gèretĂ© dans la barbarie ambiante et flirte un peu vers le western comique lors d’un vol de nourriture gonflĂ© avec Ă nouveau musique country et gunfight.

De Mad Max Ă La Route, Le Post Apocalyptique est souvent un genre qui se rapproche du western. Sans l’esprit pionnier mais exactement l’inverse vu qu’il s’agit d’un monde qui se termine s’accrochant Ă quelques souvenirs comme le cinĂ©ma, reprĂ©sentĂ© dans Apocalypse 2024 par des films Ă©rotiques en noir et blanc dont un western justement, A Fistful of Rawhide, vrai film qu’on risque pas de voir en DVD, et dont le titre emprunte aux titres de gloire de Clint Eastwood (qui joua dans A Fistfull of dollars et la sĂ©rie Rawhide).

Alors qu’on se dit que toute cette histoire va devenir une amourette, via l’apparition très voyeur de Quilla (Susanne Benton), vers la Terre Promise, Apocalypse 2024 bifurque vers une très Ă©trange Ă©vocation d’une sociĂ©tĂ© ultra-aseptisĂ©e et abominable perdue dans une espèce de joie obligatoire. Le village du Prisonnier n’est pas si loin et Quilla devient un personne très troublant. Le film trouve ici toute son originalitĂ© jusqu’Ă une fin relativement logique sur son issue mais avec une ellipse très immorale, tout en humour noir. ScĂ©narisĂ© par Harlan Ellison, A boy and his dog ne vole vraiment pas sa relative notoriĂ©tĂ©.

Par Pascal
4 juin 2010 Catégories: Apocalypse Articles CinĂ©ma
Comme le titre original, Young Sherlock Holmes, l’indique, le film de Barry Levinson raconte la jeunesse de Sherlock Holmes Ă l’universitĂ©. PrĂ©cisĂ©ment, il scelle les destins d’Holmes et Watson et donc le dĂ©but des histoires du premier racontĂ©es par le second. Loin de trancher avec l’imagerie traditionnelle comme le Sherlock Holmes de Guy Ritchie, Le Secret de la pyramide profite de la jeunesse du hĂ©ros, du cĂ´tĂ© prequel de la sĂ©rie, pour dresser la naissance de cet imaginaire autour du cĂ©lèbre dĂ©tective, de ses vĂŞtements Ă son cĂ©lèbre « Elementaire » qui se termine ici par un « Mon cher Holmes » puisque prononcĂ© par son maĂ®tre Ă penser et inventeur farfelu.


Cette approche n’est pas innovante, peut-ĂŞtre l’Ă©tait-elle un peu plus Ă l’Ă©poque, mais elle est plaisante, jamais ennuyeuse. On ne pourra guère reprocher Ă Levinson le rythme du film. En une quinzaine de minutes, il pose l’ambiance et les personnages secondaires (les deux mentors, un riche con, une belle Ă croquer…) et les capacitĂ©s exceptionnelles de Holmes Ă travers, entre autres exemples, un jeu de piste amusant.
La suite est une trĂ©pidante aventure avec une touche de surnaturelle que Holmes dĂ©fie avec toute sa logique. Avec Steven Spielberg Ă la production, on ressent la bĂ©nĂ©fique influence d’Indiana Jones et le Temple Maudit (la scène du sacrifice) sans ĂŞtre trop morbide ni toutefois aseptiser. MĂŞme s’il est assez prĂ©visible, le dĂ©nouement, sur base de la rĂ©plique « Never replace discipline with emotions », n’incite pas Ă la rigolade et s’avère une excellente base pour une sĂ©rie…


… qui n’a jamais eu lieu, le film n’ayant pas eu Ă l’Ă©poque un gros succès. Pourtant, je n’avais vu qu’une seule fois ce film enfant et il m’avait vraiment marquĂ©. Je me souvenais prĂ©cisĂ©ment de plusieurs scènes de relation mentor/Ă©lève (j’adore ça, comme par exemple ici le dernier duel amical Ă l’escrime) et surtout de la plupart des sĂ©quences Ă effets spĂ©ciaux. Certaines sont anthologiques (l’attaque des gâteaux !) d’autres historiques ainsi l’image vraiment spectaculaire du soldat sortant de son vitrail, sĂ©quence numĂ©rique dirigĂ©e par John Lasseter.


En plus d’un bon film d’aventure, Le Secret de la pyramide est ainsi en un tour de force technique avec de superbes dĂ©cors et une bonne musique. Tout semble soignĂ© malgrĂ© un casting britannique pas forcĂ©ment inoubliable. Le mĂ©chant mystique est excellent mais on retiendra particulièrement un Watson (Alan Cox) ressemblant comme deux gouttes d’eau Ă Harry Potter. Le rapprochement ne s’arrĂŞte pas lĂ puisque l’ambiance scolaire (uniforme/Ă©charpe inclus) rappelle bien les aventures du sorcier Ă la cicatrice. Et Ă bien y rĂ©flĂ©chir, il suffirait de remplacer les capacitĂ©s de Holmes par une baguette magique et nous ne serions pas si Ă©loignĂ© de l’univers J.K Rowling… il n’est pas alors très Ă©tonnant de retrouver au scĂ©nario Chris Colombus, rĂ©alisateur des deux premières adaptations.



Par Pascal
27 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Fantastique Thriller
A partir de rĂŞves d’Ă©vasion et de la dĂ©couverte d’une force Ă©nergĂ©tique immense, trois gamins un peu Ă l’Ă©cart dĂ©cident de construire un vaisseau pour partir dans l’espace.
Explorers dĂ©marre sur des visions qui rappellent Tron mais le film de Joe Dante dĂ©vie vers une sorte de version personnelle de Rencontre du Troisième type (Explorers y fait mĂŞme rĂ©fĂ©rence Ă travers un singe en peluche). La vision est d’ailleurs très personnelle et s’attache Ă une Ă©vocation d’enfants, un rĂŞveur (Ethaw Hawke), un scientifique (River Phoenix) et un « dur » lucide et indĂ©pendant (Jason Presson), dans une banlieue amĂ©ricaine typique ou plutĂ´t spielbergdienne.

Joe Dante en profite pour truffer son films de rĂ©fĂ©rences (que j’ai lues pour la plupart sur imdb…) entre l’Ă©cole Charles M. Jones (pour le faiseur de cartoons Chuck Jones) et des films de science-fiction vrais ou faux (l’excellent film Starkiller en rĂ©fĂ©rence au premier nom choisi par George Lucas pour celui qui deviendra Luke Skywalker). J’ai notĂ© aussi une vague obsession pour les chewing gum (entre le pilote de l’hĂ©lico, jouĂ© par son acteur fĂ©tiche Dick Miller et le chien).
En plus de cĂ©lĂ©brer une culture qui deviendra plus ou moins une norme Ă partir des annĂ©es 2000 (le « geekisme »), Joe Dante livre une histoire d’enfants très touchante avec un propos pour le moins invraisemblable mais qui devait enthousiasmer les gamins d’alors avec communication par talkie-walkie, tĂ©lĂ© dans la chambre, cave-laboratoire, Apple 2…
En mĂ©langeant rĂŞve, espoir et rĂ©alitĂ© et en Ă©vacuant rapidement tout manichĂ©isme, le metteur en scène parvient Ă ĂŞtre juste. MalgrĂ© une post production chaotique et une dĂ©possession de son film, il reste une quĂŞte puis une rencontre Ă©chappant Ă tout manichĂ©isme binaire. Le rĂ©alisateur Ă©vacue toute lutte entre « bons » et « mĂ©chants » pour ne s’attacher qu’au trio et ses fantasmes/aventures.

A tel point d’ailleurs qu’il est difficile de savoir oĂą le film veut en venir si bien que je me suis un peu dit que ça ne racontait pas grand chose si ce n’est une exploration. Vu le titre du film, je ne peux pas dire que je me suis fait avoir. En tout cas, le dernier acte est visuellement dĂ©lirant et gĂ©nial mais aussi plutĂ´t nihiliste. Les enfants sont mĂŞmes confrontĂ©s Ă ce qu’ils pourraient devenir, presque comme une mise en garde oĂą Dante dĂ©nonce la culture non digĂ©rĂ©e, la tĂ©lĂ©vision et son pouvoir avilissant en citant Le Faucon Maltais dans un rythme entraĂ®nant (All Around The World de Little Richard).
Explorers reste un bon film, qu’il convient peut-ĂŞtre d’avoir vu enfant puisque c’est lĂ qu’il aura le plus gros impact, portĂ©e par une musique exceptionnelle (carrĂ©ment) de Jerry Goldsmith.

Par Pascal
14 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction
Bien que reconnaissant son imagerie, je n’avais jamais encore vu Tron. Pour ĂŞtre honnĂŞte, je ne m’attendais pas Ă grand chose voire Ă ĂŞtre embarrassĂ© par le cĂ´tĂ© kitsch de l’entreprise. Ce fut plutĂ´t le contraire. DĂ©jĂ , je ne me souviens pas avoir vu ce design plutĂ´t original (et co-designĂ© par Moebius), relativement vieillot certes, comme souvent quand on traite de l’informatique, mais pas tant que ça. L’histoire elle-mĂŞme oscille entre le bancal et le passionnant. Avec quelques artifices, le vol de jeux vidĂ©os, le scanner miniaturiseur façon ChĂ©ri j’ai rĂ©trĂ©ci les gosses, Tron raconte le « kidnapping » de Kevin Flynn (Jeff Bridges) dans le système informatique de son ex-compagnie. Il dĂ©couvre alors des programmes douĂ©s d’une vie propre, ayant l’apparence de leur crĂ©ateur et soumis au Master Control Program, l’Intelligence Artificielle rĂ©gnant sur le système, sauf sur le programme Tron, et rejetant l’existence des humains.
Bien que peu approfondi, l’enjeu devient mystique opposant la croyance en un crĂ©ateur (l’humain en somme) ou la tentative d’Ă©mancipation de celui-ci. Il est illustrĂ© assez finement, et de l’intĂ©rieur, et nous voyons comment un programme progresse lui-mĂŞme jusqu’Ă aboutir Ă la conclusion que l’homme n’est pas bon, ou infĂ©rieur, et entreprend de rejeter son existence auprès des autres programmes. Invraisemblable ou dĂ©licieusement dĂ©lirant selon l’humeur. Et voir Kevin Flynn, le premier geek ?, tenter de pĂ©nĂ©trer depuis sa salle de jeu un système informatique distant prĂ©figure peu ou prou les autoroutes de l’information. Le film rapporta Ă sa sortie quelques 33 millions de dollars ce qui n’est pas transcendant, preuve que Tron, dont la suite sort en 2010, a su marquer durablement les esprits (grâce notamment au jeu qui lui fut associĂ©).

Par Pascal
11 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Science-Fiction
Troisième Ă©pisode des enquĂŞtes/aventures de Chan Ka Kui (Jackie Chan). L’intrigue, autour du trafic de drogue (avec des europĂ©ennes qui meurent d’overdose), demeure assez simple mais dĂ©veloppe une toile de fond intĂ©ressante sur la future unification de Hong Kong ou la Chine, oĂą Chan enquĂŞte et infiltre la pègre. Je dois louper des rĂ©fĂ©rences culturelles mais certaines sont intrigantes comme le fait que le film au dĂ©but alterne Cantonnais et Mandarin.

Dans ce troisième opus, Jackie Chan laisse la camĂ©ra Ă Stanley Tong. DĂ©jĂ responsable des cascades sur les deux prĂ©cĂ©dents films. Il fera des merveilles dans Jackie Chan dans le Bronx. Ce choix de rĂ©alisateur fut une contrainte imposĂ©e par la production (la Golden Harvest) trouvant Chan trop lent Ă la rĂ©alisation. Ce n’est pourtant pas un hasard si ce Police Story 3 est bien meilleur que les deux premiers, plus distrayant notamment quand il n’y a pas d’action. MĂŞme au niveau comĂ©die, le film m’a arrachĂ© quelques sourires ce qui n’Ă©tait pas le cas avant. Jackie Chan fait gentiment le clown et les passages limite vaudeville (la visite de la fausse famille de Chan) sont plutĂ´t rigolos.
CĂ´tĂ© action, les arts martiaux sont une composante mais pas la fin en soi du film. Le premier duel Ă mains nues est très impressionnant. Après une Ă©vasion vertigineuse et quelques passages comiques, le film prend son envol et livre 40 dernières minutes hallucinantes allant de la fusillade explosive dans la jungle Ă la course poursuite en auto, moto, train et hĂ©licoptère en plein Kuala Lumpur ! Pour tout dire, je pense que c’est un des meilleurs films d’action que j’ai vu, très imaginatif et nerveux. AccrochĂ© Ă une Ă©chelle d’hĂ©lico, Jackie Chan m’a une nouvelle fois fait très peur.


Le fait de voir le film en version original amĂ©liore Ă©galement la vision. Je dĂ©couvre ainsi une Maggie Cheung, (un peu) moins nunuche, (un peu) plus intĂ©ressante mais aussi (encore) plus belle, perdant parfois son cĂ´tĂ© enfantin pour gagner en fĂ©minitĂ©. Mais le joyau de ce Police Story 3 est Michelle Yeoh. Miss Malaisie 1983, sublime avec des nattes ou en uniforme strict, Ă l’aise dans la comĂ©die et dans l’action (oĂą elle donne de sa personne comme le rappelle le gĂ©nĂ©rique de fin), elle s’impose comme double fĂ©minin de Chan dans le film au point de jouer dans un spin-off de la sĂ©rie : Police Story 3 – Supercop 2 !







Par Pascal
6 mai 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
L’inspecteur Chan Ka Kui est de retour mais en uniforme, forcĂ© de donner des contraventions Ă une dizaine de camions Ă la fois (!) et de rĂ©gler la circulation. Mais son ennemi du premier Ă©pisode, Ă qui il avait donnĂ© une sĂ©vère correction, sort de prison et veut se venger. Il intimide ainsi sa famille ce qui met Chan hors de lui au point d’infliger une sĂ©vère correction Ă ceux qui se moquent de lui. C’est mal de se venger de la sorte mais je dois reconnaĂ®tre ce sentiment de plaisir dĂ©licieux de voir des mĂ©chants arrogants et bĂŞtes s’en prendre plein la gueule. Ça arrive un peu moins souvent dans la vie donc profitons-en.

L’action semble encore une fois « simple » mais tellement dangereuse. Quand Jackie Chan traverse une quatre voie avec des voitures roulant Ă vitesse rapide, on se demande vraiment s’il le fait vraiment avec des cameramen le filmant Ă l’arrache. Et d’un autre cĂ´tĂ©, nous assistons Ă des bagarres très prĂ©parĂ©es et chorĂ©graphiĂ©s avec des effets d’accĂ©lĂ©rĂ©s. Dans les deux cas, la fluiditĂ© des mouvements et la violence apparente des coups et des chocs sont vraiment impressionnants et immersifs. Une nouvelle fois, le gĂ©nĂ©rique du fin indique qu’on ne plaisante pas avec la moindre cascade.


Cette double histoire de chantage et vengeance est classique avec a priori un plus gros budget que Police Story et donc plus d’explosions. Le hĂ©ros est toujours partagĂ© entre son devoir et sa petite amie (toujours la craquante, et quelque peu horripilante, Maggie Cheung) et fera cavalier seul Ă la fin. Chan est plus sĂ©rieux que dans le premier opus, il accentue son cĂ´tĂ© excellent enquĂŞteur et se met en retrait dans la comĂ©die. Il faut quand mĂŞme se taper la chiasse de son chef Ă plusieurs reprises. La version anglaise n’arrange rien Ă l’affaire et donc, entre deux bonnes sĂ©quences de baston et quelques prouesses physiques, on peut trouver le temps très long. A vrai dire, je prĂ©fère regarder Shanghai Kid. On peut trouver ça grave. C’est peut-ĂŞtre culturel. Et j’adore Owen Wilson.

Un hommage Ă John Woo ?

Par Pascal
25 avril 2010 Catégories: Articles CinĂ©ma Polar
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